Oulimots 2021S3 : une contrainte dans la nuit

Image Institut National de la Météorologie

Diable, oiseau, lune, paradis, nuit, mission, ombre, distance, dormir. 

Les oulimots de Patrice Saucier :

Elle m’empêche de dormir, la vlimeuse ! Aussi bien m’acclimater à cette nuit sans Lune plutôt que de prier le Diable pour lui redonner le sommeil un peu plus tard. Aurait-elle le goût de… Mes mains partent en mission du côté de ses cuisses. Elle me tourne subitement le dos. Dommage… Déjà quatre mois aujourd’hui que nous pratiquons la paix du slip, elle et moi. Pas l’ombre d’un désir ne se pointe. Est-ce une prévision du paradis qui nous attend après notre mort ? Je veux me tenir à distance de la vertu et chasser les oiseaux de malheur qui font des ronds autour de ses scrupules !

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Les oulimots de Gérald :

J’étais parti pour deux jours de randonnée avec nuit à la belle étoile. Cette île était un vrai paradis : des oiseaux multicolores et des fleurs toutes plus belles les unes que les autres.

Ma première journée touchait à sa fin. Il me fallait trouver un endroit pour dormir, si possible, à bonne distances des araignées et autres charmantes petites bêtes. Le ciel était dégagé, laissant apparaître une pleine lune de toute beauté. J’étais sous le charme.

Mais soudain, je vis une ombre courir devant moi : ce que j’espérais arrivait enfin. J’allais pouvoir remplir la mission que je m’étais confiée et le prendre en photo.

J’étais face à un diable de tasmanie.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Si belle, vêtue à la diable,

Absolument inoubliable,

Des îles, merveilleux oiseau

Que j’imagine aussi maso,

Nue et offerte sous la lune,

De cuir vêtue, superbe brune.

À la porte des paradis

Source des désirs inédits

Elle a une seule mission

De tous plaisirs la gradation,

Jouant, entre soleil et ombre,

De jouissances sans encombre

Et abolissant la distance

Entre plaisir et pénitence.

Comment pourrais-je ainsi dormir

Sentant mon sexe s’affermir ?

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Starkette :

Ma mère m’avait surnommé l’oiseau de nuit. Depuis ma dernière mission professionnelle, j’avais du mal à dormir. Militaire, j’avais l’habitude de tomber dans des lieux inhospitaliers. Lors de cette expédition j’avais d’abord pensé atterrir dans un lieu semblable à un petit paradis. Quand le jour était là, tout paraissait parfait, mais lorsque la lune pointait ses premiers rayons, les oiseaux dans l’ombre ressemblaient à des petits diables. Leurs cris stridents hantaient mes nuits. J’étais depuis effrayé dès que je fermais les yeux. Même de retour chez moi, j’avais peur. Je faisais des cauchemars et je rodais dans la maison comme une âme en peine toutes les nuits. Je pensais à l’époque où à peine couché je dormais. Je me demandais s’il n’allait pas falloir que je rencontre mon médecin pour qu’il me marque des somnifères qui me permettraient peut-être la possibilité de retrouver le sommeil. 

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Les oulimots de Fran : 

Un drôle d’oiseau. Qui a le diable au corps. Voilà ce qu’il a entendu dès sa plus tendre enfance. 

Tout ça parce que, depuis qu’il a appris à lire, il aime le temps de la nuit pour le faire. Et a, désormais, adopté ce rythme de vie. Dormir ? Il en aura le temps quand il sera plus vieux se dit-il. 

Alors, bien évidemment, il n’a jamais eu de boulot stable et vivote entre deux missions d’intérim en tant que gardien. Mais il a choisi cette existence à distance du commun des mortels, arguant que les ombres qu’il croise au cours de ses rondes ont bien plus d’humanité que la majorité des gens.

Quand on lui demande si ce n’est pas difficile de ne jamais voir le soleil, il répond que la lune est son astre. Et que, si l’on croit qu’il vit un enfer, il est, bien au contraire, au paradis en dehors du tumulte des jours.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

Pourquoi diable cet oiseau était venu se nicher chez moi, au dessus de l’armoire ?

Évidemment être au chaud et à l’abri des bourrasques devait être pour lui l’équivalent du paradis. Seulement, moi les nuits de pleine lune, je n’arrive pas à dormir, et franchement, cet oiseau me fait peur quand il se met à voleter dans la pièce. La lune projette sur les murs une ombre menaçante. Et faute de pouvoir se mettre à distance, je me cache sous la couette, rêvant être aussi courageuse que Lara Croft qui élimine tous ses adversaires quelle que soit sa mission.

Mais voilà j’ai peur des oiseaux et je ne sais pas si je vais arriver à me lever pour ouvrir la fenêtre et faire en sorte que cet intrus s’en aille.

Oulimots 2021S2 : une contrainte féline

Mots contraints : Chat, jouet, chinois, retard, rose, espace, enceinte, punition, main 

Les oulimots de Fran :

— Vous ne me croirez jamais, mais j’ai été le jouet d’un drôle de truc en venant. 

— Dis toujours. 

— Eh bien figurez-vous que j’étais dans l’enceinte de la gare pour venir vous rejoindre quand on nous a tout à coup annoncé le train ne partirait pas tout de suite à cause d’un colis suspect

— Et ? 

— Il s’est avéré qu’il s’agissait d’un chat dans une boîte. Avec un nœud rose. Et qu’il était à la fois mort et vivant. 

— Foutaises ! Et dire que, l’espace d’un instant j’ai été prête à te croire. 

— Mais je vous assure ! 

— Tais-toi maintenant ! Et suis moi dans mon bureau ! Tu devras te polir le chinois devant moi pendant un temps équivalent à celui de ton retard. Soit une heure, montre en main.

— Chic ! J’adore ! 

— Sans te faire jouir, banane ! 

— Outch ! C’est en effet cruel comme punition… 

Le blog de Fran

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Les oulimots de Gérald :

Après avoir soigné mon mal de tête avec un remède chinois que m’avait conseillé ma charmante ostéopathe, je m’étais installé dans ce petit espace que j’ai créé pour me relaxer.

J’écoutais, confortablement installé dans mon canapé, mon chat sur mes genoux, mes chansons préférées. De plus, avec ma nouvelle enceinte, le son était superbe. La vie en rose, j’oubliais tout.

Et comme toujours, dans ces cas là, le téléphone se mit à sonner :

« Allo, oui, oh bonjour Maîtresse ! Vous voulez me voir ? Vous avez de nouveaux jouets, et vous voulez me les faire essayer ? Oui Maîtresse, je viens tout de suite. Non, je ne serai pas en retard, je sais que sinon, je vais recevoir une belle fessée de vos divines mains. »

Finalement, ma soirée n’allait pas du tout être relaxe.

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Les oulimots de Starkette :

J’étais en retard ce matin pour partir au bureau. La faute à qui ou à quoi ? La faute au chat. Il avait appuyé en marchant avec ses petites patounes sur mon enceinte radio-réveil rose. Je m’étais donc réveillée naturellement à l’heure à laquelle je devais partir normalement travailler. Je n’avais pas très bien dormi en plus cette nuit. Un rêve étrange avec un homme chinois qui me courait après m’avait fait passer une partie de la nuit en état de stress. Je n’étais donc pas très en forme quand je me suis aperçue de l’heure qu’il était. J’ai avalé un café que j’ai presque renversé sur mon plan de travail en me brûlant la langue. J’ai sauté sous la douche puis dans des vêtements propres après bien sûr avoir pesté contre mon félin d’habitude préféré. Je ne l’avais pas pris sur le fait de dérégler mon réveil, je me voyais mal lui attribuer une punition. Il n’était puni que si je le prenais la patte dans le sac.

J’ai enfilé ma parka, pris mon sac à main et celui avec mon panier repas.

Enfin, je le croyais. 

Mais, en arrivant dans mon bureau et en regardant dans le sac l’espace d’un instant, je me suis mise à rire nerveusement.

J’avais emporté le sac avec les jouets du chat à la place de mon déjeuner.

Je me suis dit à ce moment-là que la journée allait être très longue…

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Maintenir chaque chose en place avec ce caht était une gageure, il considérait tout objet comme son jeuot et n’avait qu’un seul objectif tout chambouler que ce à la cuisine, casseroles, poêles, passoire, conihis, ou dans le jardin entre tulipe et rsoe, il s’appropriait chaque ecpase qui devenait aussitôt son ecinnete entièrement chambardée, il ne craignait nulle pitunoin pour le désordre et était certain que la mian ne se tendrait vers lui que pour des caresses.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Au concert des Pogues, un garde du corps chinois ou vietnamien, allez savoir, filtre 

les invités autorisés à pénétrer dans le « backstage ».

La foule se presse tenant précieusement le carton d’invitation rose, ce précieux sésame permettant de fouler l’enceinte réservée aux artistes et à leur équipe. 

Après vérification de la liste des invités, l’homme-montagne fait signe  de la main qu’on peut entrer,puis arrête  la personne suivante.

Il ne s’agissait pas d’être en retard, car passée l’heure indiquée sur le carton, les personnes sont refoulées.

Il n’y a pas pire punition pour un groupie de ne pas pouvoir approcher ses idoles alors qu’elle trépigne depuis qu’elle sait qu’elle aura accès aux coulisses. Si vous voulez avoir une idée de son degré d’excitation, pensez aux enfants qui attendent de savoir si le Père Noël leur a apporté leur jouet favori.

Pour appartenir à ces privilégiés, il fallait sur une radio répondre à plusieurs questions dont une évidemment sur la composition du groupe et ses principaux succès.

La question subsidiaire pour départager les gagnants était la suivante : Est-ce que les termes de « chat » et d' »espace » sont utilisés dans leurs chansons ? Seuls ceux qui connaissaient les paroles par cœur purent répondre.

Elise fut l’une des heureuses gagnantes, son nom cochée sur la liste, elle allait pouvoir entrer.

Mais au moment d’atteindre le Graal, son cœur flancha et victime d’une attaque cardiaque, elle fut rapidement évacuée par les secours.

Peu de temps après les Pogues se séparèrent. Elise ne s’en remit jamais.

Oulimots 2021S1 : les retrouvailles avec la contrainte

Photo Serlunar on Flickr

Mots contraints : Retrouvailles, confinement, cœur, amour, distance, correspondance, téléphone, train, baiser.

Les oulimots de Bruneline :

Assis devant son café, il regarde les premières informations de la journée. Ça parle de trains qui se remettent doucement en branle, de fin de confinement, de retrouvailles. Rien qui l’intéresse donc. 

Il envoie son premier message du matin, celui qui contient le baiser du réveil. Son amour à lui grandi à distance et ça lui va très bien. Tout une vie s’écoule dans cette correspondance frénétique de chaque jour, bien plus dense que sa vie quotidienne, bien plus intense et profonde que juste partager un espace sans se regarder. 

Son coeur fait une embardée au son de la notification qui illumine son téléphone, comme à chaque fois…

Un jour, peut être, il aura le droit d’entendre sa voix en attendant il s’illumine de ses mots.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Pour fêter leurs retrouvailles et la fin de l’année, ils avaient rendez-vous à la sortie du confinement et de son hôtel, ils se sont ouvert l’un à l’autre leur cœur et leur cul, ils partageaient le même amour du plaisir et du chocolat, tout en étant l’un de l’autre à distance tout aussi respectueuse que géographique, soutenus par une correspondance de leurs goûts autant qu’épistolaires et unis grâce au téléphone portable et ses albums, mais enfin, ils furent en train et en TGV de rouler l’un vers l’autre pour échanger un baiser et baiser dans un merveilleux échange.

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Les oulimots de Starkette :

Elle avait hâte de vivre ces retrouvailles. Depuis quelque temps, elle avait mis son cœur en jachère ou en confinement comme on peut le dire maintenant. Cet amour qu’elle avait pour lui malgré la distance avait été difficile à vivre depuis leur séparation. Elle ne pouvait le voir qu’à travers des photos qu’on lui envoyait par écran interposé. Elle avait de ses nouvelles de temps en temps par téléphone. Un appel lui avait remis du baume au cœur, elle devrait prendre le train pour le retrouver. Il lui avait tellement manqué pendant cette période. Elle imaginait le baiser qu’elle allait déposer sur le sommet de son crâne. Elle était heureuse. Elle allait enfin pouvoir serrer dans ses bras son chat. Celui qui lui avait échappé l’été précédent pendant les vacances. 

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Les oulimots de Fran :

« Le confinement c’est la vie » 

J’avoue ne pas avoir saisi le sel de cette phrase quand Vous me l’avez dite au cœur d’une de nos premières conversations au téléphone. Nous ne pouvions alors envisager de relation qu’à distance et, faute de pouvoir baiser, nous contentions de caresses partagées en visioconférence et d’une correspondance toujours plus osée. 

Nous nous sommes vus depuis et, non content de Vous être occupée de mon arrière-train à chacune de nos retrouvailles, Vous m’avez révélé mon amour pour la claustration en me faisant passer des heures dans le réduit qui Vous sert de cave.

Merci Maîtresse. 

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Les oulimots de Ssaara :

L’année masquée 

Le printemps avait été confiné, si douloureux du fait de la distance.

Mais le méchant avait enflammé plus encore leurs correspondances. Il avait lié davantage, si cela était encore possible, leurs cœurs par l’entremise de leurs voix chuchotées et amoureuses au téléphone, seules échappées vers la vie par le virus figée . 

Ils s’étaient promis, dès le confinement terminé, qu’ils sauteraient dans le premier avion, le premier train, pour enfin nouer leurs bouches dans les baisers dont ils avaient été privés. Ce qui fut fait et refait durant un été radieux . 

Et c’est ainsi que, prévoyants, l’automne contraint à nouveau avait été l’occasion de retrouvailles d’amour, dans le cocon de leurs bras . 

L’hiver pouvait arriver .

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Les oulimots d’Alexandre :

Cela devait être le temps des retrouvailles entre eux. Elle, certaine de l’amour qu’elle portait à son mari avait engagé depuis plusieurs mois de longs échanges pour lui expliquer ce qui signifiait le polyamour et le convaincre qu’elle serait plus heureuse avec deux hommes. Lui n’avait pas ce courage et comme beaucoup d’hommes, compartimentait sa vie, espérant multiplier les aventures au hasard de ses déplacements en train. Il avait gardé en mémoire un baiser quasi volé au moment où sa compagne d’un jour descendait du train. Il conservait précieusement une lettre où il avouait sa passion pour une belle inconnue aux yeux de jais, qui a quelques places de lui n’avait pas arrêté de le dévisager sans que l’un ou l’autre ne fasse le moindre geste. Il en avait été tellement troublé que ce jour-là il avait raté sa correspondance. Il dut alors expliquer au téléphone à un client important qu’un problème de dernière minute l’avait retenu mais que promis, juré, il serai présent le lendemain aux premières heures.

Cette fois-ci, il était certain que ce n’était pas une amourette éphémère. La femme qu’il avait rencontrée alors qu’il vantait les mérites des créations de son entreprise, l’avait proprement subjugué. La soirée passée ensemble l’avait conforté dans sa décision, il souhaitait vivre auprès d’elle et elle même lui avait avoué que son cœur était à prendre.

Mais les mesures de confinement étaient tombées, les déplacements professionnels devenaient impossibles et en plus à la distance s’ajoutait une frontière entre eux. Jusqu’à quand ?

2k20S53 : une contrainte en secret

© Maxppp – Vincent Peirera

Mots contraints : Pluie, caillou, anémone, malade, question, secret, silence.

Les oulimots de P_apanoel :

Le silence s’installe dans la pièce. Les particules de poussière soulevées par l’animation qui vient de se calmer dans la chambre tombent lentement avec des éclats d’or dans la lumière du soleil d’hiver, presque synchrones avec les flocons derrière la vitre,

L’infirmière a quitté la pièce après lui avoir délivré les soins habituels. Le malade est sur le lit, son caillou toujours au centre de ses pensées.

Les questions sont toujours les mêmes, et les réponses ne changent pas, en dépit du traitement qu’il reçoit, et ce séjour commence à lui peser.

Oui, la douleur est toujours présente et son intensité n’a pas franchement diminué.

Non, il n’a pas observé de fragments solides dans la pluie qu’il a observée avec attention et une appréhension sourde au-dessus de la faïence blanche de la cuvette.

Il a toujours été à l’écoute de ces quelques dizaines de centimètres carrés de sa peau, cette centaine de grammes de tissus innervés, et leur représentation disproportionnée dans le cerveau.

Cet ensemble qui forme une étrange loupe sensorielle et existentielle dans le parcours d’un être humain de sexe masculin, mais là, il voudrait juste que cette petite opération vicieuse du destin le laisse un peu tranquille, l’oublie discrètement, disparaisse dans un processus magique de disparition indolore, pour qu’il puisse penser à autre chose,

Si son sexe pouvait redevenir cet accessoire ludique et un peu turbulent, gourmand de découvertes, de parcours en endurance et en résistance, athlète du quotidien ou promeneur sur les rochers, curieux de découvrir sur son passage les anémones les plus délicates dans la douceur marine qui rythme les journées de vacances, ça serait bien,

Entre Popaul et lui, le cours de la vie pourrait reprendre, Et cette période pénible qu’il vivent resterait leur petit secret,

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Les oulimots de Fran :

« Ça va aller de pire en pire, il n’y a plus d’eau, les sols crèvent, on va sûrement avoir des épidémies, des famines, une guerre nucléaire… » 

Je pense à cette phrase d’Anémone alors que je passe en silence devant la porte du Secret, fermée depuis des semaines à cause d’un énième rebondissement de la crise sanitaire. Et je me pose la question : quand pourrons-nous nous voir librement, nous aimer sans entraves et jouir de la vie ?

Je reste là, un moment, à regarder l’enseigne éteinte tandis que la pluie me tombe sur le caillou. Et puis je rentre chez moi. Je suis déjà déprimé, il ne manquerait plus que je tombe malade.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Starkette :

Au fond de l’océan, c’était le monde du silence, un lieu secret où se mêlaient coraux et autres cailloux. Les poissons virevoltaient dans cet univers unique d’où la pluie à la surface de l’eau n’apparaissait que comme des points d’interrogation à des questions que ne posaient pas les habitants de la grande bleue. La seule préoccupation des poissons clowns était de ne pas tomber malades en se frottant de trop près aux anémones qui, malgré leurs couleurs chatoyantes, pouvaient se montrer véritablement venimeuses et toxiques.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Ecrire sous la pluie

Cette idée est de lui

Dure comme un caillou

Et digne d’un voyou.

Qui offre une anémone

A la belle démone.

Mais me voilà malade

Devant cette salade,

Me posant la question

Rentrer dans mon bastion

Et baiser en secret

Tout en restant discret

Mais non pas en silence

Mais avec virulence !

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Autour du lit de la vieille femme malade, le temps semblait suspendu. Elle allait mourir, elle le savait, elle allait disparaitre seule en silence, sans se plaindre comme toujours.
Seule la pluie qui cinglait aux carreaux avec fracas, comme si des cailloux étaient lancés sur la vitre, lui rappelait l’existence d’une vie antérieure quand elle accueillait ses enfants. Aujourd’hui, ils étaient partis, dispersés aux quatre coins du pays. Quand ils l’appelaient, à la question « comment vas-tu ? », elle répondait invariablement « Bien, je vais bien », gardant pour elle son secret.
Elle n’avait pas pour habitude de s’épancher sur ses malheurs, encore moins d’importuner son entourage.
Quand elle avait appris qu’elle était atteinte d’un cancer des os, elle avait fait mine d’ignorer ce crabe rongeur et pour mieux l’apprivoiser elle imagina une anémone qui grandissait en elle.
Elle allait mourir, elle le savait. Ainsi était la vie.

2k20S52 : une contrainte en exergue

« Volutes » par Samia Boukaoula

Mots contraints : Pétale, Astrolabe, Tentacule, Orgue, Exergue, Après-midi, Cerné, Gens, Volute

Les oulimots de Bruneline :

Comme toujours elle attend à Terre, elle a toujours été cette fleur des champs avec ses jupons colorés comme des pétales. Le soleil doucement réchauffe l’après-midi, l’orgue de l’église la rappelle à la vie d’en bas, au village. Elle redescend à petits pas des alpages, sans hâte, peu pressée de se retrouver cernée par les gens.

Devant elle, prenant tout l’espace, remplissant l’horizon, l’amie, la confidente autant que la rivale, la Mer. Des bateaux qui, doucement, ondulent dans la houle montent quelques volutes, de fumée, de musique aussi.

Bientôt guidés par leurs astrolabes ils repartiront, arrachant leurs équipages consentants et pressés d’aventure à leurs femmes qui parfois subissent. 

Pas elle. Elle , elle prépare son retour, une surprise au creux des reins s’étend sur sa peau blanche. Elle veut mettre en exergue sa complète acceptation de ce qui constitue une grande partie de sa vie, montrer qu’elle la comprend, qu’elle la fait sienne, qu’elle l’encre…jusque dans sa chair. Elle sourit, elle a hâte que ses doigts suivent un à un le dessin soyeux des tentacules qui dorénavant l’habillent, la possèdent, la serrent quand il n’est pas là. Elle attend sans précipitation, anticipant le plaisir de sa découverte pendant que nue ,en cette première nuit de redécouverte, elle lui lira de sa voix la plus inspirée les contes de Terremer qui attendent sur la table de nuit…en attendant que le désir les terrasse, mêlant peau de Terre et peau de Mer.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Serait-ce un cadeau de Noël ces contraintes jonchées de pétales de roses ? Jugez-en, proposer à un natif d’Albi comme contrainte l’Astrolabe, même sans la Boussole, même si leurs restes aujourd’hui sont plus souvent visités par tentacule de poulpe que par main humaine. Je ne ferai donc, pour fêter cela sonner trompettes, résonner musettes, et jouer l’orgue. Peut-être donc mettrais-je en exergue, cet après-midi, l’image de ce grand navigateur, peut-être déjà cerné, avec ses gens, par les dangers aux alentours de l’archipel des Îles Santa Cruz, et ornerais-je mon texte de quelque volute.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Starkette :

Le navire voguait par une après-midi calme. Le capitaine se servait de l’astrolabe pour se repérer dans l’océan qui le cernait. Il portait une médaille autour du cou qui comportait un exergue sur la bravoure. Il avait voyagé sur bien des mers et maintenant il dirigeait un bateau de croisière. Alors que le navire longeait la côte, les gens sur le bateau regardaient une pieuvre gigantesque dont les tentacules, telle des pétales, s’enroulaient en volute sur l’ancre relevée à la proue du bateau. Les tentacules vacillaient au rythme de la musique qui venait de l’orgue sur lequel jouait le capitaine quand son second tenait la barre. 

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Les oulimots de Fran :

L’Astrolabe et la Boussole avaient connu un sort funeste lors de leur voyage autour du monde. J’espérais ne pas faire de même alors que j’explorais sa fleur, préalablement humidifiée pétale par pétale par ma langue, de mes doigts démultipliés comme autant de tentacules

Les gémissements qu’elle poussa ensuite mirent en exergue la réussite de mon projet. Ce n’étaient certes pas les grandes orgues mais lorsque, repue, elle me regarda, les yeux cernés, à travers les volutes de fumée de sa cigarette, je sus que nous n’avions pas perdu notre après-midi

Mais ce que je ne comprends toujours pas, c’est qu’elle ait voulu passer Ancora E Sempre en fond sonore de nos ébats. Exhumer Gens pour l’occasion me semble toujours toujours obscur. À moins que ce ne fût une supplique cachée. Pour que je ne l’abandonne qu’une fois extraites les dernières larmes de son plaisir.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Gérald :

Je m’étais rendu dans cette ville où, d’après un ami, je serais en mesure de trouver cette chose rare, un astrolabe. Ayant trouvé mon bonheur, je me promenais, croisant des gens de toutes nationalités. J’avais toute une après-midi à perdre en attendant mon train.

Je fus soudain attiré par une église en ruine. Même si il était interdit d’y rentrer, ma curiosité fut la plus forte. Il y avait quelque chose d’irréel, de mystique. Le chœur était cerné d’herbes folles, les lierres avaient commencé à envahir l’intérieur, entourant les piliers comme les tentacules d’une pieuvre. A l’entrée, le bénitier était décoré de volutes. Une personne, sans doute nostalgique, avait déposé des pétales de roses sur l’autel. Sur ma gauche, l’endroit où devait se trouver un orgue. Il était judicieusement choisi, et devait mettre en exergue  la qualité du son.

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Les oulimots d’Alexandre :

Il gardait précieusement dans un coffret en bois d’acajou, des pétales de rose, souvenir des fleurs qu’ils avaient coupées ensemble dans le jardin.
Jamais il n’oublierait cet après-midi alors qu’elle lui souriait, ses cheveux éclairés par le soleil. Ils avaient plaisanté sur le maniement du sécateur, elle s’approchait de lui, le menaçant de lui couper sa tentacule, en ponctuant les syllabes pour mieux faire ressortir le caractère obscène de ce terme. Il éclata de rire, faisant mine de s’enfuir comme cerné par une bande de harpies. Puis il l’embrassa et s’empara du sécateur pour lui offrir des roses blanches.
Ce jour là il sut qu’elle deviendrait sa femme et il rêvait déjà à une cérémonie de mariage digne des cours royales quand le cortège s’avance au son de l’orgue dans l’allée centrale de la cathédrale embaumée par les volutes d’encens.
Le soir il lui offrit ce qui avait de plus précieux, un astrolabe du XVI° siècle qu’il tenait de son grand-père, une façon de lui dire qu’elle serait toujours son soleil.
Mais la vie n’est jamais comme on l’imagine. Le cancer lui faucha l’amour de sa vie, la seule cérémonie qu’il organisa fut son enterrement. Devant les gens de sa famille rassemblés pour un dernier hommage, il prit la parole et cita en exergue de ses propos ces vers de François Malherbe :
« Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin ;
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L’espace d’un matin. »

2K20S51 : une contrainte en béton

Mots contraints : Ciment, granulat, bétonnière, prestidigitateur, pachyderme, exsudat, macrophage, estrade, humeur. 

Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Si ment cet homme gras, nu, là et qu’il ne vende pour du ciment des granulats, et que le béton hier n’ait été livré par ses bétonnières, qu’importe, je ne suis prestidigitateur, ni preste agitateur trop lourd pour cela tel un pachyderme qui défèque certes mais non pas chie d’hermétiques théories. Pour caser habilement l’exsudat, je fais appel à une ancienne relation, et mon ex sue davantage sans succès. Je décide donc de tenter d’automatiser certaines tâches en donnant pour les identifier mieux des noms de note de musique à ces mini-programmes. Cela a réussi car grâce à la macro fa je réussis à placer macrophage dans mon texte. Après une telle réussite, je ne doute pas d’être appelé à monter sur l’estrade très bientôt pour recevoir un prix, récompense extra de toute beauté ! Sans cela mon humeur pourrait devenir exécrable, et mon envie d’écrire après avoir décru, meurt !

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Le couple est le ciment de la régularité, le granulat des chemins de l’ordinaire, de l’oubli de la pinte de lait sur le comptoir, de l’amour fait en fuite pour s’assurer que la journée au travail sera belle, ensoleillée et productive avec le sourire. C’est l’exsudat qui neutralise les frustrations et cicatrise notre entrain. Alors pourquoi je me cherche alors une bétonnière en cachette, une sorte de manuel qui nous cimentera elle et moi autrement ? Cette quête me met plutôt de bonne humeur, comme si sauver son couple devenait un acte aussi héroïque que Superman qui débarrasse la Terre d’un ennemi gênant et d’un kilo de kryptonite. Rien pour ravir les Ultras de l’amour dans leur estrade, mais voilà, en somme, pourquoi je suis passé te parler de moi. J’y parviens presque. Je serai le prestidigitateur de sa vie flasque grâce à mes doigts que je saurai mettre à la bonne place, là où parfois, la vie sort… Nous serons les macrophages que la monotonie, tôt ou tard, consultera, ; alors il sera bien trop tard pour nous redéfinir. Tu ne comprends pas trop mes métaphores, alors je te laisse en t’embrassant simplement sur les deux joues, sans te tenir. Je boude comme un pachyderme privé de salade au zoo. Je m’achète un roman de gare érotique et je cherche dans ces chapitres sulfureux, la solution magique pour te rendre reine de mes nuits.

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Les oulimots de Starkette :

Le chef de chantier était de bonne humeur. Tel un prestidigitateur, son ouvrier à la tête de la bétonnière toupie, qui ressemblait à un pachyderme avec son tuyau, avait avancé dans la construction de l’estrade pour la future salle de spectacle. Le granulat avait été recouvert. Il avait fallu s’y reprendre à plusieurs fois car un exsudat avait compromis la solidité du béton. Le chantier avait été stoppé afin de pouvoir analyser cette matière qui était organique et séreuse. Des cellules macrophages avaient été retrouvées avec du sang. Quelqu’un avait été tué à cet endroit là et son corps avait été coulé dans le béton frais. Des fouilles avaient été faites et un pauvre malheureux avait été enseveli. Le chantier avait pris du retard mais tout était maintenant rentré dans l’ordre. 

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Les oulimots de Fran : 

Le dialogue est le ciment du couple paraît-il. Son absence avait réduit notre relation à l’état de granulats. Le macrophage de l’ennui avait fini par tout phagocyter. 

J’étais donc d’humeur plutôt sceptique quand, pour essayer de recoller les morceaux elle m’avait proposé de l’accompagner au spectacle de ce prestidigitateur. Elle voulait que cela nous aide à retrouver de la magie entre nous. .

J’y étais allé à reculons. Il pouvait faire entrer un pachyderme dans une bétonnière si ça lui chantait, ce n’était pas cela qui allait me dérider.

Et pourtant. 

Quand il l’a invitée à monter sur l’estrade j’ai souri. Avec un peu de chance il allait la faire disparaître définitivement. Au point que l’on ne retrouverait d’elle qu’un léger exsudat.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

Approchez Messieurs Mesdames, approchez, venez voir le spectacle le plus grandiose, le plus formidable composé d’attractions uniques que le monde entier nous envie !

Venez admirer Théodore le seul pachyderme au monde à savoir faire fonctionner une bétonnière. Oui Madame j’ai bien dit… un éléphant chef de chantier qui vous remettra un gobelet rempli de ciment.

Monsieur, oui vous, monsieur, n’hésitez pas, venez, montez sur l’estrade. Voici Monsieur Mysterioso,un prestidigitateur salué sur les cinq continents. Regardez bien : il tient  dans ses mains une fleur en tissu fixée dans un pot rempli de granulats qui ont été collés ensemble.

Prenez-la, montrez la au public, je vous invite à retourner le pot et même à le secouer.Tout le monde ici peut constater que la fleur ne bouge pas. N’est-ce pas Madame ? N’est-ce pas Monsieur ? Eh bien Monsieur Mysterioso en recouvrant cette fleur de sa cape magique va la rendre vivante.

Roulements de tambour, un, deux, trois et hop ! Voyez-vous même Monsieur, touchez les pétales, touchez la tige. Attention ça colle : la tige suinte de ce liquide naturel que les savants appellent l’exsudat.

On applaudit très fort Monsieur Mysterioso qui, ce soir, sous le chapiteau, utilisera son microscope magique et vous présentera les macrophages de l’ours Anatole, des images féeriques que nul enfant n’oubliera.

Alors n »hésitez plus, prenez votre billet pour un spectacle  inoubliable, source  de bonne humeur et de joie  pour les petits comme pour les grands !

2k20S50 : une contrainte bonapartiste

Photo par Shoco sur Flickr

Mots contraints : Napoléon, cœur, chat, tartempion, table, épée, livre, voiture, nuage. 

Les oulimots de Fran : 

Sa bouche relâcha un délicat nuage et, du bout de Son cigare, Elle me fit signe de m’approcher. Je me jetai aussitôt à Ses pieds

— Napoléon pour vous servir Madame !

— Un prénom bien impérial pour quelqu’un voué à me servir. Mais peu importe que tu t’appelles ainsi ou bien Tartempion. En te plaçant sous ma coupe, tu acceptes de perdre tout de ta vie passée. Jusqu’à ton identité. Et si tu ne me plais plus je n’aurai aucun scrupule à te renvoyer dans ton caniveau. Le veux-tu toujours mon chat ?

Elle jouait cartes sur table, on ne pouvait le nier. Mon cœur battit un peu plus fort. L’épée de Damoclès d’une disgrâce qui m’éloignerait d’Elle serait un puissant moteur pour que je m’améliore à Ses côtés.

— Je me livre entièrement  à Vous Madame.

— Alors suis-moi jusqu’à ma voiture. Je te ramène chez moi. Tu voyageras dans le coffre bien sûr.

Les choses commençaient fort. J’aimais ça.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Une chanson grivoise joue sans arrêt dans ma tête. Napoléon dans son ballon ou quelque chose du genre. De la poésie populaire que l’on entonne en voiture, lorsque les embouteillages nous serrent le cœur et les nerfs. Bref, rien pour mériter le Panthéon. Je suis à table et je n’ai pas faim. Je me nourris l’esprit avec un bon livre, en attendant que mon estomac se décide à vouloir que j’avale quelque chose. Mon chat, au contraire, mange avec l’appétit d’un Tartempion qui débarque dans le restaurant de mon père et qui s’empiffre de spécialités locales. Dehors un nuage me rappelle la formation du navire de l’amiral Nelson, mais sans les mâts. Bientôt une pluie fine tombera sur la ville. Une pluie qui me forcera à prendre mon parapluie pour aller chercher mon tabac et mon journal. Un parapluie que je prendrai pour une épée pour fendre la tristesse et y débusquer le soleil.

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Les oulimots de Starkette :

Le gros chat Napoléon de son prénom prenait possession des lieux. Sa nouvelle maîtresse avait hésité à l’appeler Tartempion car elle trouvait ça mignon. Après un voyage en voiture du refuge vers sa nouvelle maison, il marchait sur la table. Slalomant entre les objets de décoration, il avait évité de marcher sur l’épée et le livre. Sa maîtresse devait s’absenter mais elle n’avait pas le cœur de le laisser tout seul pour sa première journée chez elle. Elle le vit pourtant occupé à regarder les nuages assis sur le rebord de la fenêtre. 

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Les oulimots de Gérald :

Je roulais sur la route Napoléon, très peu de voitures, de plus le temps était splendide, pas un nuage à l’horizon. J’allais rejoindre mes amis qui ont comme passion les combats d’épées, organisant même des spectacles. Chacun se livre bataille comme au moyen âge. Un peu des chevaliers de la table ronde des temps modernes.

Quand soudain, un chat s’est jeté sous ma voiture. Je suis allé à son secours, pas trop de bobos à première vue.  Il était magnifique, j’ai eu de suite un véritable coup de cœur. J’ai décidé de l’adopter. Il s’appelle Tartempion.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Je n’ai jamais pensé que pour Napoléon

Je rimerai un jour avec caméléon.

Si pour les Oulimots, je mettrai tout mon cœur,

Mes mots n’approcheront l’immense accroche-cœur,

Mais tant j’aime les mots que pour toujours le chat

Restera un félin, gros, gras comme un pacha.

Mes vers, hélas, restent dignes de tartempion,

Et pas plus lumineux qu’un vulgaire lampion.

Je m’escrime pourtant, courbé là sur ma table

Essayant des rimes, transpirant comme un diable.

Ma plume n’est en rien, semblable à une épée,

Et n’est guère affutée, moins qu’un poisson-épée,

Et ce n’est pas ainsi qu’en sortira un livre,

A la moindre tenue, rien qui ne vous enivre,

Tout au plus des pages grattées dans la voiture

Quelque peu bancales, couvertes de ratures.

Rien qui vous envole là-haut sur un nuage,

Et qui rime de plus là avec cocuage.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

— Pas un nuage dans le ciel, le temps idéal pour profiter de la plage !

— En voiture Simone, nous voici partis, les affaires bouclées en quelques minutes.

— Mince j’ai oublié mon livre sur la table, tu peux faire demi-tour ?

— Ouais, mais tu te dépêches !

— T’en as mis du temps, qu’est-ce que tu faisais donc ?

— Heureusement que j’ai vérifié, le chat n’avait plus d’eau et encore moins de croquettes. Franchement, si je devais compter sur toi, il y a longtemps que cette pauvre bête serait morte.

— Tu me gonfles avec Tartempion. Déjà affubler un chat d’un tel nom, il ne faut pas avoir le sens du ridicule ; Tu aurais pu l’appeler Napoléon vu la façon dont il dicte sa loi dans la maison. En plus je te rappelle que le chat peut sortir dans le jardin et vivre sa vie  en toute indépendance. Il peut très bien se passer de toi.

— Tu as vraiment pas de cœur, souviens-toi quand je l’ai recueilli,  ce chat était en piteux état, aussi  maigre qu’une épée effilée, c’est te dire ! 

— Bon ça y est, tu as fini de jouer ton rôle de Sainte Madone de la SPA ? On peut partir ?

— T’as pensé à ton attestation ?

— Zut , non…je reviens !

2K20S49 : une contrainte bienveillante

Premier secret confié à Venus, œuvre de François Jouffroy, Musée du Louvre, Paris.
Nadia photography_

Mots contraints : Bienveillance, douleur, silence, clapotis, secrets, rêverie, regard, graphique, hilarant

Les oulimots de Laurent Chamoux :

Bienveillance dans ton silence

Secrets cachés et manigances

Les clapotis de ton cerveau

Jetant un regards sur tes oripeaux 

Un graphique montrant la puissance

De ta rêverie quand tu es en transe

Regenerant devient ton bonheur

Quand il vient de la douleur

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Les oulimots de Starkette :

L’infirmière regardait les patients avec bienveillance, surtout quand ils étaient face à la douleur. Malgré le silence de la nuit, dans le service on pouvait entendre en tendant l’oreille le clapotis de la goutte de sérum qui tombait dans la perfusion. La nuit était propice aux secrets confiés par les patients et aux rêveries comme aux cauchemars. Le regard professionnel qu’elle avait lui permettait de lire les graphiques des courbes de température en un coup d’œil. Enfin, la nuit le travail était plus détendu, du fait de l’absence des médecins et souvent les blagues fusaient tout cela pouvait être hilarant. 

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Les oulimots de Fran :

Elle se caresse en silence devant lui. À peine entend-on le clapotis de Ses doigts qui fourragent dans Son sexe. Qu’il ne quitte pas du regard. 

Il tient dans sa main sa queue tendue et se branle, comme si cela pouvait atténuer la douleur qu’il ressent de ne pas pouvoir La toucher. 

Elle ferme les yeux et renverse la tête en arrière. Ce premier orgasme vient comme une douce rêverie ou une bouffée de gaz hilarant. 

Elle est à présent parfaitement détendue et, avec bienveillance, l’invite à la rejoindre. Il y passera toute la nuit. 

Demain il mettra à jour le graphique de ses performances. En espérant que, un jour, son analyse lui permette de percer les secrets de Sa jouissance.

Le blog de Fran

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Les oulimots de P_apanoel :

“Assez de bienveillance !”

L’ordre claqua comme l’extrémité de la lanière de cuir qui franchit le mur du son, déchirant le silence de la pièce sombre, avant de frapper tous les sens de l’auditoire présent dans cette chambre des secrets.

L’ambiance du lieu bascula en un instant.

Jusqu’à présent, la séance était tissée de motifs apaisants, un clapotis de sons liquides induisant une torpeur légère, une rêverie qui rendait flous les itinéraires qu’avaient empruntés chacun des individus présents dans la pièce pour venir assister à la scène.

Brutalement, le regard de chacun s’était focalisé sur la table où se jouait le spectacle programmé.

La composition formée par les participants était idéale.

Le choc graphique armé comme un arc, prêt à impressionner avec une intensité proche de la douleur tous les souvenirs de ceux qui contempleraient cette image à partir de maintenant.

Le jeune docteur se disait que ce monsieur Rembrandt savait certainement ce qu’il faisait, mais il se sentait un peu faible au niveau des genoux au moment de tirer le scalpel tout le long du bras blême.

Et en plus, il lui fallait sourire, ce qui n’avait jamais été très naturel pour un batave.

Il prit donc assez peu discrètement une longue inspiration de gaz hilarant dans le hanap dissimulé derrière la tenture toute proche, ses lèvres se crispèrent en un sourire forcé par l’étirement des maxillaires à leur maximum, et plongea son regard dans celui du peintre et le scalpel dans le bras gauche de leur sujet d’étude.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Accordez-moi quelque bienveillance pour cette histoire déjà racontée ici sans contraintes. Il y a déjà quelques années, je travaillais alors dans le quartier des Halles. Un matin, j’étais parti travailler de bonne heure, un rapport urgent, des données à traiter, un graphique à fournir. Il faisait beau, le début de l’été et j’étais sorti du métro et marchais vers le centre Beaubourg, peu de monde, presque le silence, juste un clapotis vers la fontaine. C’est alors que je l’ai aperçue, grande, de l’allure, donnant plutôt l’impression d’une fin de soirée que d’un début de journée, et visiblement légèrement éméchée.

Je la croisai, un regard, tentation matinale. Mais je poursuivis quand même, plongé dans ma rêverie, vers le bureau et aperçus derrière elle un homme qui la suivait. C’est alors que je me dis que décidément il ne la méritait pas, ce serait trop grande douleur de la voir partir avec lui, je fis demi-tour, doublai celui qui la suivait, la rattrapai et l’abordai. Je n’avais pas eu le temps de me demander ce que je pourrais lui dire et lui dis donc simplement qu’elle était trop bien pour se promener seule ainsi et qu’elle allait se faire draguer par n’importe qui.

Sa réponse claqua  » Et vous, vous n’êtes pas n’importe qui ? » Je ne puis lui répondre que « Non, vous n’aviez pas remarqué ? ». Et, comme si cela était hilarant, j’eus le bonheur d’un immense éclat de rire…

La suite, je fus très en retard au bureau, le reste fait partie de mes secrets.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Avant cette soirée je n’avais jamais entendu parler du protoxyde d’azote, encore moins de ses effets.
Quand les copains m’ont proposée d’aspirer du gaz hilarant contenu dans un ballon baudruche,
je ne me suis pas méfiée. Au début je me sentais euphorique, toute légère, prête à partager mes
secrets les plus intimes, comme l’envie de coucher avec les deux garçons qui me serraient de près.
A leur regards, je crois qu’ils avaient déjà compris. D’ailleurs leurs sourires n’étaient pas uniquement
teintés de bienveillance. Mais c’est resté pour nous trois à l’état de fantasme car sont vite apparues
les premières douleurs avec des maux de tête lancinants et des crampes abdominales.
Je n’avais qu’une hâte, m’enfermer dans les toilettes.
Quand j’en suis ressortie, les jambes flageolantes, je ne souhaitais qu’une chose, aller m’allonger pour profiter d’un havre de silence et me laisser aller à des rêveries champêtres, comme écouter le chant des oiseaux et le clapotis d’un cours d’eau. Hélas, j’étais loin de pouvoir me reposer,
mon cœur battait la chamade, je me demandais même à quoi pourrait ressembler le graphique
de mon électrocardiogramme si je devais être hospitalisée.
Le seul clapotis que j’entendis ce soir-là fut les derniers jets de la chasse d’eau.
Depuis j’ai appris que le gaz hilarant était utilisé en cuisine dans les siphons à chantilly.
Je crois que désormais je ne rajouterai rien sur ma part de tarte aux pommes.

2k20S48 : une contrainte de la Belle Province

Photographie de Luc Rousseau : Parc national du Fjord-du -Saguenay

Mots contraints : Québec, Fjord, Fleuve, Montagnes, Innu, Wendat, Terres, Caribou, Carnaval

Les oulimots de Gérald :

Je roule sur la route qui suit le fjord du Saguenay, en direction du lac Saint Jean. Je vais rejoindre Lynda, ma blonde. Nous allons ensuite gagner les terres du Nord, à la rencontre de sa famille innu.

Tabernacle, soudain un énorme caribou traverse devant moi, la peur de ma vie.

Voilà 1 an que j’ai élu domicile dans notre belle province, près de Québec, le long du fleuve Saint Laurent.

Je suis tombé en amour de Lynda, une sympathique québécoise ( c’est un pléonasme ) durant le carnaval du mois de février et dont la famille est d’origine hurons wendas. Elle habite dans une petite cabane dans la montagne près d’un lac.

Le carnaval duu mois de Février est l’occasion pour les québécois d’avoir le fun.

Un pays que j’adore et que chantent si bien Charlebois et Vigneault.

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Les oulimots de Fran :

Le sébaste à quitté son fjord et danse maintenant avec le Caribou descendu de ses montagnes. 

La baleine chante en Innu depuis le fleuve pour les accompagner. Le carcajou lui répond en wendat. 

Le carnaval des animaux à pris une nouvelle dimension depuis qu’on le joue sur les terres du Québec. 

Le blog de Fran

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Les oulimots de Starkette :

Thomas, dix ans, était sur internet devant son ordinateur. Sa classe avait pour projet chaque semaine de présenter par petit groupe de quatre, un pays aux autres élèves de la classe. Avec ses camarades, ils devaient travailler sur le Canada, la province du Québec lui avait été attribuée par l’institutrice. Il faisait donc des recherches pour préparer la partie de son exposé. Pas facile de comprendre comment ce peuple d’innus avait pu développer sa tribu dans les terres aussi hostiles que celles du fjord de Saguenay il y a une centaine d’années. Ils parlaient tous le wendat, un dialecte iroquois, informations relevées par Thomas sur les sites de recherches en ligne. Les hommes de la tribu partaient pendant plusieurs semaines, chasser le caribou dans les montagnes afin de pouvoir nourrir leurs familles pour l’hiver. Ils suivaient les fleuves pour pouvoir se repérer dans la nature enneigée. A leur retour, les femmes et les enfants préparaient une grande fête sous forme de carnaval où tous étaient déguisés. Thomas fier de son travail d’écriture de l’exposé avait dessiné le drapeau du Québec terminer de l’illustrer.

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Les oulimots de P_apanoel :

Il était perdu au fond des terres de Québec, entre montagnes et fleuves, dégustant son fjord d’un air satisfat (c’est comme satisfait, mais avec une belle dose d’arrogance).

Il avait des amis dans le coin, en plus des caribous, évidemment.

La saveur douce sur sa langue cachait l’âpreté des échanges avec les peuples des premières nations qui s’étaient déroulés certainement ici (n’oublions pas qu’il était perdu),

Il les appelait mentalement par leurs multiples noms, Innus, Ilnus, Naskapis, convoquant mentalement une longue procession, qui pouvait passer pour un joyeux carnaval de couleurs, de musiques et de langues, qui imitait une concorde enrichissante pour tous,

Mais avant de terminer son évocation intérieure, cette réflexion partant sur des bases incomplètes, sorte de point de vue du huron, il compta à voix haute en wendat en marquant chaque syllabe sur ses doigts pour essayer de faire tenir en place son fragment poétique, unique résultat de sa journée d’attente de l’hydravion qui devait le ramener à la civilisation,

Long trait vert et noir

skat, tendi, achienk, ndak, wich

forêt, lac, fjord, terre des hommes

skat, tendi, achienk, ndak, wich,wahia, tsoutare

toutes les traces se perdent.

skat, tendi, achienk, ndak, wich

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

A Québec, nul fjord, le caribou s’abreuve dans le fleuve qui coule des montages sur les terres des peuples Innu ou Wendat, étrange carnaval !

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

— Tabarnak ! As-tu entendu les nouvelles ? On a retrouvé un exemplaire d’un guide de voyage sur le Québec qui daterait des années 2000. Branche-toi sur T-Concordia, il est possible de le consulter en 3D.

— Ah mais, il est dans un sale état ton guide, moi je croyais que l’on avait retrouvé en entier.

— Des rongeurs ont dû passer par là. Mais regarde, la description du parc national du Fjord-du-Saguenay est presque complète. Lis-toi même : « C’est un des plus beaux parcs du Québec, situé le long des berges du Fjord du Saguenay, proche des terres du peuple Innu. Il offre des paysages grandioses : des forêts centenaires, des panoramas à couper le souffle avec les falaises qui surplombent le fjord, véritables montagnes abruptes plongeant dans la rivière, et une faune extraordinaire. Plus à l’est, il est possible d’observer les baleines entre mai et octobre à l’endroit où le fjord du Saguenay et le fleuve Saint-Laurent se rejoignent. C’est une expérience unique à ne pas rater. »

— Mon grand-père m’avait raconté à la fin de sa vie combien ce spectacle était magnifique. Aujourd’hui les baleines ont disparu, alors…

— Vise comme la présentation du Musée Huron-Wendat est d’un paternalisme. « Il permet aux visiteurs de découvrir et de vivre les coutumes ancestrales de la communauté. Avant même d’entrer dans le bâtiment, vous vous mettrez dans le bain grâce à  sa forme conique rappelant celle d’un fumoir indien. On y trouve notamment des costumes, des meubles, des textiles, des bijoux et d’autres objets du quotidien de la culture des Huron-Wendat. » On se croirait au zoo, non ?

— Oui, un peu ! Par contre la présentation du caribou est top : «  N’oubliez pas, lors du Carnaval de Québec de goûter cette boisson traditionnelle composée de vin rouge et d’alcool fort. On peut servir le caribou froid ou chaud. On le sert froid dans des shooters alors qu’on le sert chaud dans une tasse, parfois accompagné d’une tranche d’agrume et d’un bâton de cannelle. » Ils oublient de dire que l’on peut rouler sous la table si l’on en boit trop. 

— Tout cela m’a donné soif, pas toi ?

2K20S47 : les effluves de la contrainte

Mots contraints : ronronner, greluche, saturation, gadin, bouillotte, bedaine, chanfrein, sylvestre, effluve. 

 Les oulimots de Fran :

Ça commençait à ronronner ferme dans son couple et il était arrivé à saturation. Marre de la bienséance et des baisers du bout des lèvres sur le chanfrein, il voulait rouler des gadins et s’enivrer des effluves d’un corps après l’amour.

Alors oui, il aurait pu, par dépit, s’enamouracher de la première greluche venue, une de ces femmes qui ne réchauffent pas plus qu’une bouillotte, et la retrouver dans le feutré d’une chambre dans un relais et château.

Au lieu de cela, il avait préféré vivre le grand frisson d’une aventure sylvestre au sein d’une communauté hippie retirée du monde. 

Cette vie simple lui nourrissait tout aussi bien le cœur et l’esprit que la bedaine, même s’il se nourrissait de racines et de ce que la nature leur donnait. Et pour rien au monde il ne voulait revenir en arrière. 

Le blog de Fran

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Les oulimots de Starkette : 

Le vieux Sylvestre travaillait sur un chanfrein en merisier. Sa menuiserie aux effluves de bois ronronnait comme un gros chat, bien qu’il soit à saturation de tout le travail qu’il avait encore à faire avant sa retraite. Sa vie même le saoulait. Il ne supportait plus la greluche qu’il avait pris pour femme il y avait bien des décennies. Elle ne servait plus que de bouillotte au lit et cuisinait pour entretenir sa bedaine. Il n’avait pas le moral en pensant à sa triste vie et ce n’est pas le gamin qu’il venait de prendre qui allait arranger ses affaires.

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Les oulimots de Gérald :

Je commençais à arriver à saturation, et pourtant, la journée était loin d’être terminée. J’avais froid, j’étais gelé, j’étais courbaturé de partout. Je n’avais qu’une envie, m’allonger dans mon canapé, près de ma cheminée avec une bouillotte pour me réchauffer les pieds et écouter mon chat ronronner.

Quelle idée aussi d’avoir voulu absolument faire cette balade à vélo avant de commencer mes travaux, bien que la météo eût annoncé de la pluie. Mais, en voyant ce beau ciel bleu et ce soleil, je n’avais pas su résister.

La route serpentait dans une forêt de pins sylvestres aux effluves embaumées qui venaient me chatouiller les narines. Puis, la pente était devenue plus raide, le temps s’était rapidement couvert et la pluie annoncée était arrivée. Une pluie glaciale. Et, pour couronner le tout, une greluche, je ne peux pas l’appeler autrement m’avait dépassé, me jetant un sourire narquois, et finissant par me lancer  » alors mon chou, on se traîne, ta bedaine te ralentit ? »

Vexé, j’avais pris tous les risques pour la rattraper dans la descente et finalement me prendre le gadin du siècle.

Même, si cette journée avait été épuisante, j’étais prêt à  faire plus encore pour satisfaire ma Maîtresse.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien : 

A trop vouloir rimer, finir par ronronner,

Par un peu radoter, ou par papillonner,

Tirer sans fin des vers dignes d’une greluche,

Aussi peu élégants qu’une bleue fanfreluche,

Vous gaver de sonnets jusqu’à saturation,

Vous abreuver toujours sans interrogation.

Continuer ainsi jusqu’à prendre un gadin

Aix pieds d’une belle portant vertugadin.

Peut-être devrais-je trouver une bouillote,

Pour bien me mettre au chaud, méthode un peu vieillotte,

Et ravaler mes mots, en emplir ma bedaine;

Chantonner ensuite, la farida dondaine.

Cesser de parader, sur ma tête un chanfrein,

A toutes ces lubies, mettre enfin un frein.

Mais, après réflexion, jusqu’à la Saint-Sylvestre

Vous allez supporter, livré par vaguemestre,

Trop souvent mon billet, et son étrange effluve,

Que je n’ose rimer avec un pédiluve.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

— Tu sais à quoi je rêve ?

— A Noël qui approche et à ses décors sylvestres ?

— Tu parles, bonjour la carte de Noël ! Non je voudrais rester toute la journée au lit sous la couette et entendre la chatte ronronner de plaisir, lovée sur mon ventre, jouant le rôle d’une véritable bouillotte. Au lieu de ça il a fallu que je sorte ce matin alors qu’il faisait froid et qu’il avait gelé.

— C’est vrai, les toits étaient tout blancs et flottaient dans l’air les effluves de bois brûlé.

— J’étais à peine sortie que je me suis payé un superbe gadin, je me suis retrouvée les quatre fers en l’air. Sur le trottoir d’en face une greluche a éclaté de rire et c’est un monsieur avec une grosse bedaine qui m’a aidée à me relever. J’ai eu mal au cul toute la journée.

— A chacun ses malheurs, pour ma part j’ai passé la journée à courir pour trouver un mesureur à chanfreins. Je savais que si je revenais les mains vides mon patron allait passer sa mauvaise humeur sur moi !

— Mon pauvre, tout le monde est à cran en ce moment. En plus je dors mal. Vivement les congés parce que moi, j’arrive à saturation !