Oulimots 2021S15 : une contrainte en cachette.

Mots contraints : Ouvrir, blessure, magnifique, course, cachette, choix, version, nouveau, même

Les oulimots de Gérald :

Retrouvailles. 

A nouveau, je voulais la revoir, pour cela, je m’étais inscrit à une course à pieds près de chez elle, malgré une blessure encore bien présente.

Pour cette épreuve, les organisateurs voulaient que l’on participe déguisé. Pour cela, j’avais acheté en cachette ,pour lui faire la surprise, une magnifique perruque version licorne, son animal fétiche.

Même si j’avais le choix du parcours entre un 10 kms et un semi marathon, j’avais privilégié le semi qui passait juste devant chez elle.

Je m’imaginais passant devant sa maison, la voyant ouvrir sa fenêtre et me reconnaissant avec ma perruque.

Ce serait le bonheur. 

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Les oulimots de Bruneline :

Non il ne faut pas ouvrir cette porte!!

Laisse moi juste montrer ma version magnifique. Celle où je suis moi en mieux. Celle où jamais ma course ne s’arrête. Celle où je souris sans blessure. Celle où tous les choix sont encore possibles. Mais ce n’est pas vrai, ce n’est pas nouveau… Je veux rentrer dans la cachette où même toi tu ne peux pas aller quand je suis épuisée, recroquevillée.

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Les oulimots de Fran :

De ses doigts en ciseaux, elle vient d’ouvrir son sexe, blessure magnifique qui découpe le bas de son ventre. 

Je m’assois en face d’elle, ne pouvant pas détacher mes yeux de sa béance. Même le temps doit interrompre sa course devant un tel spectacle me dis-je. 

Son clitoris est sorti de sa cachette et darde fièrement dans ma direction, ne me laissant pas d’autre choix que celui d’honorer cette sublime version vivante de l’Origine du Monde.

Cette façon qu’elle a de s’offrir à moi n’a pourtant rien de nouveau. C’est même devenu un rituel entre nous. Il n’en demeure pas moins que c’est un perpétuel émerveillement pour moi.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Ssaara :

Elle était là, dans ce lit d’hôpital, emplie d’une panique qui conférait à la douleur, d’un sentiment mitigé de soulagement et de terreur.

Bientôt le médecin allait ouvrir les pansements qui, encore, dissimulaient la blessure que quelques jours avant le bistouri avait générée.

Elle avait tant pleuré en cachette, à la terrible perspective de voir sectionnés d’elle ceux avec lesquels elle avait frémi, aimé, nourri ses bébés, ceux qui contribuaient tant à la faire femme.

Mais il n’y avait pas le choix : la course pour la vie avait commencé quelques mois plus tôt avec la pose de la chambre implantable et les instillations si délétères de poison destiné à tuer le crabe qui grignotait ses tendres globes blancs de l’intérieur.

Elle n’était déjà plus que la moitié d’une femme ,sans cheveux, faible et amaigri. Et, aujourd’hui, son torse, hier encore si rond et doux, avait été rayé de la carte.

Il allait bien sûr y avoir une version nouvelle de Ssaara, une œuvre de réparation du magicien en blouse verte. Mais allait-elle savoir adopter ces pièces de consolation ?

Elle ne savait pas encore qu’un jour la vie redeviendrait, magnifique, et que, femme, elle le serait encore et plus encore.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Au risque d’ouvrir une vieille blessure, mais je ne suis nullement responsable du choix de mots pour ce soir, un magnifique choix au demeurant, je voudrais évoquer un sujet sensible. Je n’évoquerai certes pas le fait que j’ai cessé la course à pied depuis déjà quelques mois, ni les jouets potentiellement rangés en quelque cachette, mais mon choix de cesser d’écrire ou de publier, il y a déjà quelque temps, après l’échec de la dernière version de mon format de publication qui finalement n’est pas si nouveau et même un peu trop classique.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Ouvrir un pot de confiture et se faire une blessure. 

Magnifique temps pour cette course en marchant. 

Tu as trouvé une cachette ? Ici il n’y a que l’embarras du choix dans cette maisonnette.  

Cette version n’a rien de nouveau, on dirait la même version 2.0. 

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Les oulimots d’Alexandre :

Merde ma blessure est en train de s’ouvrir, je ne vais pas pouvoir aller loin avec cette entaille au ventre. Les chiens vont vite retrouver ma trace.

Mais je n’ai pas le choix, il faut que je trouve une cachette pour la nuit avant de reprendre à nouveau ma course pour échapper à ce fou de Zharoff.

Comment ai-je pu croire à cette magnifique version d’un emploi de gouvernante payée rubis sur ongle ? Même pas vrai… Pourquoi faut-il que je sois toujours aussi naïve ?

En attendant cours de toutes tes forces !

Oulimots 2021S14 : une contrainte savante

Mots contraints : Aimables, têtus, lâches, bourbeux, vils, enchanté, riche, savant, chimiste, répugnants

Les oulimots de Ssaara :

Adeline avait décidé d’affronter son riche savant chimiste de père . 

Elle avait convenu de l’informer qu’elle allait partir avec le gentil Adrien, dont celui-ci ne voulait pas entendre parler, un poète ne pouvait être acceptable aux yeux de son trop conventionnel paternel. 

Il n’avait en effet rien à voir avec les répugnants prétendants auxquels il essayait vainement de la marier.

A ses yeux ils n’avaient rien d’aimable ces vils et lâches carriéristes qui ne voyaient en elle que la fille de, une garantie de belle carrière dans le laboratoire de leur supposé futur beau père.  

Ils étaient cependant aussi têtus l’un que l’autre et rien de l’empêcherait désormais de se construire une vie enchantée auprès de l’élu de son cœur, et non un avenir sombre et bourbeux auprès d’un homme qu’elle n’aimerait jamais. 

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Les oulimots de Fran :

Lécher son cul rendu bourbeux par ma semence et  lâche par les va et vient de ma queue : d’aucuns pourraient trouver cela répugnant. Eh bien moi j’en suis enchanté et il ne faut pas être un grand savant pour comprendre qu’elle apprécie cette aimable attention. 

Notre relation est riche de ces actes que les puritains disent vils. Et, pour peu qu’on essaie de nous convaincre de revenir sur le droit chemin des amours policées, comme nous sommes têtus, nous nous enfonçons un peu plus dans le stupre.

C’est la magie du contact de nos deux peaux, celle qu’aucun chimiste ne peut reproduire dans ses éprouvettes. Et c’est tant mieux. 

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Les oulimots de Starkette :

Je trouve cette liste de mots répugnante. Je ne vais pas faire ma têtue, je ne vais pas être lâche mais juste rester aimable pour écrire ce texte pour les oulimots. Je vais éviter les chemins bourbeux des mots savants et même si mon vocabulaire n’est pas assez riche, je ne suis pas enchanté de ce que j’écris. Je pense que je ne fais pas trouver une formule magique de chimiste pour vous passionnez par mon écriture. Sachez que je n’ai pas pas de vils sentiments envers la personne qui a choisi ces mots là.  

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Ils sont vraiment aimables, cependant si têtus, certains les disent lâches, et à l’esprit bourbeux, peut-être même vil, mais pas moins enchantés, avec un cerveau riche, et foutrement savant.

Ce sont de vrais chimistes, point du tout répugnants.

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Les oulimots d’Alexandre :

Ah les lâches, les répugnants, se faire du fric sur le dos de la misère humaine, quels salauds  ! Ils sont nombreux à profiter en ces temps de pandémie, de la crédulité des gens.

Se vanter d’être un savant de renom, chimiste de son état et promettre un remède miracle disponible immédiatement, cela devrait être interdit. Il aurait mieux fait de rester dans sa fange, les pieds bourbeux. Mais penses-tu, les réseaux sociaux  plus vils que jamais ont saisi leur flûte enchantée et les médias lui courent après tous plus aimables les uns que les autres pour obtenir une interview.

Les faits ont beaux être têtus prouvant que son remède est de la poudre à perlimpinpin, j’en connais un qui est devenu riche pour notre plus grand malheur, comme si le bicarbonate de soude pouvait tous nous guérir.

Oulimots 2021S13 : une contrainte brute.

Mots contraints : Beurre, fruit, fluorescent, moisi, unique, démon, frais, ornement, brut. 

Les oulimots de Lib Noa :

Jour 666

Le jour du Démon

Je soulève les rideaux en plastique à l’entrée de la serre. Le dernier tube fluorescent au plafond grésille, il faudrait que je le change. Si j’en trouve un neuf, ou tout du moins un qui fonctionne. Je parcours du regard les quelques branches desséchées qui ont survécu au manque cruel d’eau. Le poirier a donné ! J’imagine déjà le jus frais et sucré qui m’emplit la bouche. Je saisis avec enthousiasme l’énorme poire à la peau rugueuse et mes doigts entrent dedans comme dans du beurre. Le premier et dernier fruit de la saison a déjà moisi. Sale journée. 

Puis merde, on va pas se laisser abattre. J’emballe la poire pourrie dans un filet de pêche qui traînait là, y plante des bouts de bois brut pour la transformer en hérisson, et fixe le tout avec du fil du fer, au bandeau qui dégage mon front de ma tignasse hirsute. Je marche avec fierté, cet ornement sur la tête comme unique coquetterie. Certes, il n’y a plus personne en ce monde pour me voir, mais la folie est une douce compagnie.

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Les oulimots de Fran :

L’industrie agro-alimentaire ne sait plus quoi inventer. 

La dernière en date : le beurre qui devient fluorescent quand sa date de péremption approche. Soi-disant pour éviter de le consommer moisi. Ben voyons. 

Je ne sais quel démon m’a pris de l’utiliser comme lubrifiant lors de ma dernière rencontre. Peut-être était-ce parce que c’était l’unique moyen que j’avais de répondre à sa demande d’un moment de sexe un peu plus brut qu’à l’accoutumée.

Taper dans la plaquette c’était tellement plus « roots ». 

Mais à présent j’en suis pour mes frais. J’ai la queue qui brille la nuit et je me serais bien passé de cet encombrant ornement.

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Les oulimots de Starkette :

Non ce n’est pas une blague moisie, nous sommes bien le premier avril. C’est un jour unique ou les pires démons vont s’en donner à cœur joie et récolter les fruits frais de leurs blagues. Parfois vous recevrez l’ornement fluorescent ou pas d’un poisson malicieusement accroché dans votre dos. On vous caressera dans le sens du poil, on vous le collera et ça passera comme dans du beurre. Sachez bien que ça ne sera pas brut de décoffrage mais tout en finesse que vous vous ferez avoir. 

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Je voudrais le beurre et l’argent du beurre

Mais je devrais me lever de bonne heure

Afin de mon travail cueillir le fruit

Montrant par mes vers que je suis instruit

Mais sans tracer de mots fluorescents

Comme lorsque j’étais adolescent.

Une odeur de moisi

Loin de la bourgeoisie

Cela serait unique

Mais quelque peu inique

Cédant à un démon

Moins pur que Salomon.

 Mon pseudo-poème n’est pas très frais

Et devrait de cacher dans un coffret

Décoré de fabuleux ornements

Pour y rester caché peinardement

Car je vous l’ai livré quelque peu brut

De décoffrage et de manière abrupte

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Les oulimots de Lady Annia :

J’allume le néon fluorescent à l’entrée de la cuisine, j’ouvre le frigo à la recherche du pot de beurre de cacahuètes que j’avais acheté il y a une semaine, et je me rends compte que ma colocataire l’a fini sans aucune gêne ! 

Je vois qu’il y a plusieurs bouteilles de champagne brut, un fruit moisi que je n’arrive pas à identifier et quelques légumes frais .

Je me dis qu’un bon smoothie c’est un bon choix, surtout si j’ajoute du laurier, qui est un arbre d’ornement en plus d’être une plante aromatique.

Je t’entends m’appeler et, en prenant une des bouteilles de champ, je décide de retourner dans le lit te rejoindre toi, le seul et l’unique qui nourrit mon corps, en faisant ressortir le démon qui l’habite.

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Les oulimots d’Alexandre :

Bon sang ! Quel démon d’entre vous a laissé le beurre sorti ? Mais ce n’est pas possible !

Hier c’étaient les fruits abandonnés derrière le frigo que j’ai retrouvés moisis, aujourd’hui le beurre et demain qu’est-ce que ce sera ? Hein ?

Sachez garnements que la nourriture ne se gaspille pas. Si je m’efforce avec mon unique salaire de vous acheter des produits frais, ce n’est pas pour qu’ils servent d’ornement ou qu’ils se retrouvent à la poubelle.

C’est le seul moyen d’éviter des produits industriels qui contiennent je ne sais combien de produits qui rendent la peau fluorescente

Oui, parfaitement , fluorescente ! Je l’ai vu sur les réseaux sociaux. Je crois même que c’était une vidéo en ligne de Brut si ma mémoire ne trompe pas.

Mais bon, votre pauvre mère n’a pas toujours sa tête, cochonnerie de médicaments…

Oulimots 2021S12 : il faut alimenter la contrainte

Mots contraints : Occuper, travailler, alimenter, nourrir, être, faire, payer, rentrer, croire

Les oulimots de Starkette :

S’occuper, travailler, s’alimenter, se nourrir, être, faire, payer, rentrer chez soi et croire ou pas en l’avenir. Quelle vie ! Zéro distraction ! Putain de COVID. 

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Les oulimots de Fran : 

On avait voulu me faire croire que, pour nourrir le moindre espoir de rentrer chez moi et reprendre une vie normale, il me suffisait de travailler sur moi et on m’avait conseillé un spécialiste.

Tout cela pour constater au bout d’un moment que mes séances, loin de me faire avancer sur le chemin de la rédemption, ne servaient qu’à alimenter mon désir de liberté.

Être un nouvel homme, loin de tous les jougs sous lesquels on avait voulu me faire plier : c’était à cela que je devais m’occuper désormais.

Un nouvel avenir s’ouvrait devant moi.Tant pis pour mon passé.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Ssaara :

Ma vie au temps de la COVID

Travailler sans plus avoir le droit de me cultiver ou de rêver au cœur d’une assistance humaine. 

Rentrer chez moi comme un sage mouton à l’heure dite.

Alimenter les GAFA pour tromper le vide alentour.

Soutenir ceux qui occupent les théâtres pour crier à la vie de revenir et à ses travailleurs de pouvoir se nourrir.

Chérir les miens pour diffuser comme on peut de l’amour privé d’embrassades. 

Rêver de faire payer à ceux qui nous enfument cet emmurement en les condamnant au silence au plus vite. 

Être et rester moi même autant que faire se peut.

Attendre des lendemains qui ressembleront à des hier. 

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Oulimots, jolie manière de s’occuper,

Une belle façon de travailler,

Et, ce projet, alimenter,

Et, mon esprit, nourrir,

Car il faut être,

Afin de pouvoir faire,

Même si ça doit se payer,

En suant pour faire les mots rentrer

Cependant à y arriver je veux y croire.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Lady Annia :

Il vivait principalement pour s’occuper de sa fille de 12 ans.

La mère de l’enfant les avait abandonnés deux ans plus tôt et ça avait tout chamboulé. Il rêvait parfois qu’elle allait un jour rentrer.

Désormais, sa vie ne consistait plus qu’à aller travailler pour nourrir sa fille, et l’aimer pour deux.

Il semblait croire que payer les factures était la seule chose vraiment indispensable.

De temps en temps, il prenait quand même le temps d’alimenter son âme avec un livre. Il voulait juste être un bon père et faire de sa fille quelqu’un de bien.

Le blog de Lady Annia

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Les oulimots d’Alexandre 

La vie semble se résumer à s’alimenter, travailler et rentrer chez soi. Avouez que cela n’a rien d’exaltant.

surtout quand nos efforts pour croire aux mots d’ordre  de son employeur et les appliquer ne sont guère payés en retour.

On finit par faire le minimum, juste de quoi nourrir sa progéniture, faisant semblant d’être occupé par des dossiers urgentissimes qui réclament toute notre attention alors qu’il n’en est rien.

Être ou ne pas être un bon employé, c’est tout vu !

Oulimots 2021S11 : une contrainte pas si facile que ça

Mots contraints : Petit ami, week-end,  Médiumnité, captivité, facile, rapprochement, poignée, fanfaron, infini

Les oulimots de Lady Annia :

J’avais hâte que le week-end arrive, mon petit ami allait enfin me présenter sa famille après une année et demie de relation. Il m’avait tellement parlé d’elle que j’avais déjà l’impression de la connaître. Sa mère qui adore les beaux livres et qui est férue de médiumnité, son père qui aime le golf et qui a une poignée de main bien ferme, son grand frère qui est un fanfaron au grand cœur et coureur de jupons, sa petite sœur qui est une enfant au contact facile et douce à souhait. 

Ce que je redoute de cette rencontre, maintenant que les choses vont devenir sérieuses, vraiment sérieuses, est le fait de perdre cette liberté que j’aime tant, et cela malgré mon amour infini pour lui. 

Si je fais le rapprochement entre ma perte de liberté et la rencontre de sa famille, c’est parce que mon expérience m’a appris que les deux sont un peu liés. 

Je n’apprécie pas la captivité, même si les murs sont invisibles.

Le blog de Lady Annia

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Un chinois n’est pas une passoire, ni même un tamis, ni même un petit ami. J’en conviens, le jeu de mots est un peu facile. L’excuse du week-end qui vient ne peut tout expliquer, et j’en conviens ce rapprochement ne vaut pas une poignée de pois chiches, pas de quoi faire le fanfaron après une telle production.

J’espère que cette production d’un vide infini ne me vaudra pas des années de captivité, mais n’ayant aucun don de médiumnité, je ne saurai donc pas comment ce billet sera reçu.

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Les oulimots de Starkette :

Ce week-end, j’organise une séance de médiumnité pour mes amies. J’ai ce don depuis que je suis toute petite. Ma grand-mère avait le pouvoir de communiquer avec les morts et elle me l’a transmis. Nous sommes donc toutes autour de la table et chacune annonce avec qui elle veut communiquer. Nous avons besoin de ce rapprochement physique en se tenant les mains pour que la séance fonctionne. L’une d’entre elles indique qu’elle veut entrer en communication avec sa sœur disparue, une autre avec son petit ami décédé il y a un peu plus d’un an dans un accident de la route. Je me concentre. C’est facile pour moi depuis le temps que je le fais. Je commence à invoquer les esprits des êtres disparus avec qui nous voulons entrer en contact. Nous n’avons pas toute la nuit pour le faire alors j’appelle nos chers disparus à se manifester. La poignée de la porte ouverte bouge alors que personne n’est autour d’elle. Mes amies sont étonnées et impressionnées. C’est Maxime, le petit ami qui est là. Il me parle, il a toujours ce côté arrogant et fanfaron qui a eu raison de lui. Il s’est tué en défiant un de ses amis lors d’une course de motos illégale. Il veut dire à mon amie qu’il regrette de ne pas l’avoir écouté et d’avoir enfourché sa moto un soir de novembre. Marie est émue aux larmes. Elle a toujours pensé qu’elle aurait dû insister. Mais Maxime avait ce caractère impossible et n’écoutait rien. Il lui demande de lui pardonner et lui fait dire par mon intermédiaire qu’il l’aime et l’aimera pour l’infinie éternité. 

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Les Oulimots de Fran :

Je ne fais pas le fanfaron alors que, celui que j’ai décidé d’accompagner pour un week-end de sexe sans prise de tête, vient de me coller dans les griffes de ses parents en m’annonçant comme étant son petit ami.

Ces quelques jours durant lesquels j’espérais bien m’accrocher à ses poignées d’amour viennent de se transformer en captivité et un infini désespoir m’envahit.

Je fais d’habitude le rapprochement entre un plan d’apparence trop facile et les potentielles embrouilles que cela peut cacher. Mais là je n’ai rien vu. Et le ciel m’est brutalement tombé sur la tête.

Ma médiumnité m’aurait-elle abandonné ? 

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Les oulimots de Ssaara :

Je t’en fiche moi de la soi-disante médiumnité de ma copine Astrid !

Quand je pense que comme un fanfaron certain du facile rapprochement qu’elle prédisait, j’avais réservé pour elle la plus belle chambre pour ce week-end d’un luxe faramineux et m’étais ridiculisé avec le type de l’hôtel en me présentant comme le petit ami de la belle Déborah .

Et quand celle-ci était arrivée, répondant avec une hâte qui m’avait réjoui à mon invitation ! , accompagnée de sa meilleure amie avec laquelle elle comptait partager sa chambre, je n’ai plus vu que l’infini de ma pitoyabilité. 

Et je ne vous dis pas cette sensation de vide sidéral quand le garçon d’étage a déposé les valises des filles dans leur chambre, son clin d’œil narquois quand il a abaissé la poignée de la porte pour leur laisser le passage.

J’aurais encore mieux fait de ne pas chercher à échapper à la quasi captivité dans laquelle ma mère me maintenait prétendument pour m’aider . 

Clairement j’étais le loser de l’année et je n’étais pas près de pouvoir enfin arborer à mon bras une belle fille à faire pâlir mes amis de jalousie.

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Les oulimots d’Alexandre :

Mon petit ami m’avait convaincue de participer à une séance de médiumnité. Il me disait, tu verras, tu vas pouvoir entrer en contact avec des êtres chers disparus. Je le savais un peu fanfaron, mais après tout, pourquoi ne pas essayer ?
Nous voilà réunis ce week-end, accueillis par un grand maître du spiritisme. Nous nous asseyons autour de l’ ouija : une planchette en bois sur laquelle on peut lire les mots « oui », « non », les lettres de l’alphabet et les chiffres de 0 à 10. Sur la planche, une pièce en forme d’amande reposant sur trois billes.
Nous plaçons tous deux doigts dessus, effleurant le bois. Le grand maître demande si une « entité » est présente. Lentement, la pièce en bois – et nos doigts avec elle ! – se déplace vers le « oui ».

« Avez-vous un message pour une personne autour de cette table ? » demande-t-elle.
L’objet glisse vers moi. Le mouvement devient soudain très franc, à plusieurs reprises mes doigts se détachent de la pièce en bois, qui continue sa route et s’arrête sur une lettre.
L’entité affirme être un parent.


« De quoi êtes-vous mort ? » Réponse en toutes lettres : faim !
Je me souviens de mon grand-oncle mort en captivité. Je lui demande son nom de famille pour confirmer.
Il en écrit le début. Suffisant pour me troubler.
Je sais bien qu’il n’y a qu’une poignée de lecteurs qui vont me croire et que ce sera facile pour la très grande majorité
de se moquer de ma crédulité. Pourtant je vous assure que tout ce récit est exact et celui qui était le plus pâle
pendant cette séance était mon petit ami, bien plus impressionné que moi et à qui il ne fallait pas promettre de revenir
dans ces lieux à l’infini.

Oulimots 2021S10 : pas d’erreur, c’est la contrainte

Mots contraints : Sottise, erreur, péché, lésine, esprits, corps, remords, mendiants,  vermine.

Les oulimots de Starkette :

Ça n’était ni une sottise ni une erreur. Il n’avait pas lésiné pour faire de la publicité pour sa boutique pour la fête d’Halloween. Il savait  qu’il surprendrait ses clients qui étaient habitués à ses produits haut de gamme. Ils craquaient souvent par péché de gourmandise mais cette fois-ci, bien qu’il soit sain de corps et d’esprit il avait décidé de les faire se dépasser niveau gustatif. Il ne voulait pas avoir de remords alors il s’était lancé. Outre les mendiants qui étaient des chocolats connus et reconnus, il avait sorti une gamme de produits avec des noms plus dégoûtants les uns que les autres. La vermine et la saleté étaient donc ses nouvelles créations. 

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Les oulimots de Fran :

À chaque fois que cela arrive, c’est le même schéma. Il ne lésine pas sur les anxiolytiques mais il n’empêche : les remords le rongent. La faute à quoi ? À son corps défendant, il a toujours péché par excès de culpabilité au moment de laisser son passé derrière lui. Il sait pourtant que c’est une sottise de ne pas trancher avec la vermine que sont ces mendiants de l’amour qui s’accrochent à ses basques. Mais il commet quand même systématiquement l’erreur de leur accorder cet ultime rendez-vous. Et s’en mord les doigts à posteriori. 

Quel cruel manque d’esprit de sa part… 

Le blog de Fran

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Les oulimots de Ssaara :

Le vieil homme, comme chaque jour, était là dans ce parc, au même endroit, déclamant à haute et puissante voix des propos qui de loin étaient inintelligibles. 

A force de le voir, débordant de conviction, haranguer les passants, pour la plupart méfiants à l’égard de celui qui paraissait un mendiant, à vrai dire très crasseux et qu’ils supposaient sûrement couvert de vermine, il avait fini par se dire que que ce serait sottise que de ne pas lui accorder, même à son corps défendant un peu d’attention. 

Ce matin-là, il s’était discrètement approché, s’était assis sur l’herbe, le visage tourné vers le vieil original.

Ce dernier ne lésinait pas dans ses efforts pour capter les esprits. Il l’avait vu et ne semblait plus réciter que pour lui.

Et, très vite, il s’était trouvé happé par une voix profonde et une articulation parfaite, qui narraient à qui acceptait de l’entendre des contes anciens. L’homme bougeait, mimait, riait, pleurait au fil de son récit.

C’était un griot, un griot à la peau burinée qui vous emportait en voyage d’enfance, vous berçait, émouvait, terrifiait sans remords au fil de son histoire. 

Depuis lors, dès que l’occasion lui en était donnée, il revenait se nourrir de sa dose de rêve, retomber en enfance dans les mondes fantastiques du conteur, comme lorsque, petit, sa grand-mère lui racontait des histoires. 

Puis, un matin, il trouva l’endroit vide.

Le lendemain aussi, et encore et encore .

Le vieux avait dû partir conter sur d’autres rives. 

A la fois résigné mais rempli de tout ce bonheur offert il se dit, reprenant l’expression favorite de sa grand-mère, aujourd’hui décédée aussi, que vraiment «ç’aurait été pêché de ne pas profiter de ce cadeau».

Et il entra dans une librairie et se dirigea directement au rayon mythes et contes. 

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Les oulimots de Gérald :

Aucun remords, et mon esprit me dit que c’est bon pour mon corps, de toutes manières, la gourmandise n’est pas un péché, et c’est si bon de se laisser aller à quelques sottises de temps en temps. Comment résister devant de si succulents mendiants au chocolat.

Et, cette fois, pas question de faire la même erreur que précédemment, je ne lésine pas sur la quantité.

Et comme disait Jules Renard. Scrupules, vermine de la volonté.

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 Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Sottise que ces mots, erreur cette expérience,

Péché d’orgueil certain, lésine en conscience,

Esprits tumultueux, corps et âmes assortis,

Remords d’avoir tenté, mendiants vers la sortie,

Vermine sans idée.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Lady Annia :

À notre rencontre nous étions comme deux mendiants sans but, cabossés par la vie, sans espoir de lendemain.

Son sourire et ses baisers m’ont laissé croire que l’amour et l’espérance existaient bel et bien.

Je me suis laissée bercer d’illusions et le fait que je sois une grande romantique ne m’a sûrement pas aidée.

Tomber amoureuse de lui, fut-ce une sottise ?

Oui, sans aucun doute. 

J’ai péché le jour où je lui ai ouvert mon âme.

J’ai aussi péché chaque nuit où je lui ai offert mon corps.

Je ne lésine pas quand je me donne à quelqu’un, surtout quand nos esprits s’entendent aussi bien que s’entendaient les nôtres.

Je sais que les remords de cette relation chimérique ne vont même pas le ronger car il n’était malheureusement qu’une pauvre vermine.


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Les oulimots d’Alexandre :

Sale vermine, tu n’as pu t’empêcher de boulotter tous les mendiants ! En plus pas n’importe lesquels, ceux de la maison « Esprits de cacao » ! Et je suis certain que tu n’as aucun remords. Oh tu peux me regarder avec des yeux de cocker malheureux, cela ne change rien, Ta gourmandise te perdra. Tu sais que c’est péché mortel. Vraiment ! Ne pense pas que que tu n’ as commis qu’ une petite sottise Tu devrais savoir que manger du chocolat c’est la pire erreur que tu puisses faire. Tu peux y rester !

Tu serais un écureuil, je comprendrais que la lésine te soit indispensable pour tenir l’hiver, le corps bien rempli. Mais Boule tu n’es qu’un chien et le chocolat est toxique pour toi et tous tes copains.

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Les oulimots de Charles B. :

La sottise, l’erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

Oulimots 2021S9 : une contrainte douce-amère

Mots contraints : Vin, titre, meilleur, ange, respirer, doux-amer, voix, bras, orange. 

Les oulimots de Fran :

— Tu as encore soif ? Attends-moi, je vais aller chercher du vin mon ange.

Il était déjà un peu pompette et aurait dû s’abstenir de sortir dans cet état à plus d’un titre. Car, si la maréchaussée lui était tombée dessus à bras raccourcis à cause d’une conduite peu académique, le meilleur restait à venir quand on avait découvert le corps d’une femme ligoté et bâillonné dans le coffre de son véhicule. Les policiers en étaient restés un long moment sans voix avant d’aller lui faire respirer l’air doux-amer d’une cellule.

Et sa femme ? Elle n’allait certainement pas venir lui amener des oranges. Elle venait de se débarrasser tout à la fois d’un mari volage et d’une rivale devenue trop encombrante.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Ssaara :

Un jour, un ange inattendu est apparu dans mon ciel. Il a rouvert les volets tout grippés de mon cœur.

Depuis je bois au vin de sa bouche, je respire au rythme de son souffle, je m’apaise blottie dans ses bras, je m’endors au son de sa voix.

Et nos vies ont le délicieux goût doux-amer de nos séparations, prémices de nos retrouvailles bonheur. 

C’est ma moitié d’orange. Il n’est pas de meilleur titre pour le définir.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Avez-vous cru qu’il est vain de rappeler que lorsque le vin est tiré, quelle que soit la manière dont il est titré, quel que soit son titre d’alcool, il faut le boire, qu’il soit dans les vingt meilleurs crus ou une abominable piquette tout juste digne d’être distillé permettant à chaque ange de respirer sa part. L’obtention ainsi d’une liqueur au goût doux-amer est peut-être dans ce cas la meilleure voie en versant de l’orange dans le distillat. J’entends certes déjà la voix de certains d’entre vous qui ne sont pas des anges, prêts à me tomber dessus à bras raccourcis, me reprochant l’air que j’ai dû respirer pour proférer de telles absurdités. Dois-je préciser alors que je n’apprécie guère le vin d’orange, fut-il des meilleurs.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Starkette :

Le titre sur la bouteille était prometteur, Vin d’orange, cuvée primée au concours agricole 2020. Il avait été acheté chez un caviste dont la boutique s’appelait la part des anges. Je l’avais débouché pour le laisser respirer. Il avait un goût doux-amer qui vous enveloppait tel les bras de votre bien aimé. Son goût était caressant comme la voix de Barry White. 

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Les oulimots d’Alexandre :

— Entrez, entrez messieurs-dames ! N’hésitez pas à aller au fond, vous êtes dans la partie la plus ancienne de la propriété. Cette cave date du XVIII° siècle et vous pouvez admirer disposés de chaque côté ces fûts de chêne qui contiennent ce vin si particulier, appelé à être conservé six ans.

— Mon garçon, sais-tu comment s’appelle ce vin ?

— le vin orange ms’ieur ?

— Presque, il s’agit du vin jaune issu d’un cépage local, le savagnin. Ce vin, disais-je est conservé pendant six ans, sans aucune intervention de l’homme, une partie de l’alcool contenu dans ce vin s’évapore naturellement, on appelle cela la part des anges. Cette expression viendrait de l’alchimie, où les composés volatils sont appelés anges.

Une petite anecdote. « La part des anges » est le titre d’un film de Ken Loach. l’histoire se déroule en Écosse qui, comme chacun sait, est la patrie du meilleur whisky quoi qu’en pensent les Irlandais et autres Japonais.

Et nous obtenons au final un vin intense qui met en joie vos papilles et vous laisse sans voix. Sentez moi cela ou plutôt respirez moi ces arômes de noix fraîche, de fruits secs et d’épices douces.

Monsieur, je vous vois lorgner sur le prix de la bouteille. Je vous l’accorde, s’offrir ce plaisir vous coûte un bras mais quand on aime, on ne compte pas ! Déjà ce n’est pas n’importe quel flacon, il s’agit du clavelin, créé sur-mesure il y a plus de trois siècles. Cette bouteille unique contient 62 cl, soit environ ce qu’il reste d’un litre de vin après son vieillissement. Ensuite quand vous aurez accompagné un verre de vin jaune avec un vieux comté de 30 mois, vous vous sentirez comme l’égal des Dieux. Alors n’hésitez pas à vous porter acquéreur de ce nectar plutôt que de repartir de cette visite avec le goût doux-amer de ne pas avoir su profiter des splendeurs de la vie.

Oulimots 2021S8 : une contrainte musicale

Mots contraints : Blanche, ronde,  portée, silence, bémol, piquée, ut, mineur, canon

Les oulimots de Starkette : 

Sa peau était blanche,

Elle était ronde,

Portée sur le sexe,

Qu’elle pratiquait en silence, 

Actuellement, il y avait un bémol,

Elle avait été piquée,

Au niveau de son ut, euh de son cul, 

Mais l’impact était mineur, 

Elle n’en restait pas moins canon.

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Les oulimots de Fran : 

D’aucuns pourraient me trouver trop ronde, pas dans les canons de beauté actuels. Ils ne savent pas ce qu’ils perdent. Car chaque rencontre avec moi n’est pas piquée des hannetons et surtout pas autorisée à un public mineur. Je mesure la portée de mes paroles quand je déclare que personne n’est sorti indemne d’avoir passé une nuit avec moi. Car elles sont souvent blanches.

Petit bémol : il me faut bien évidemment garder le silence sur l’identité de certains de mes amants, qui pourraient bien mieux parler de mes prouesses que je ne peux le faire, et qui ont été capables de me faire chanter un contre-ut sous leurs assauts. Je dois savoir faire le distinguo entre notre vie privée et leur vie publique.

Je connais la musique.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Ssaara :

La vie est une symphonie, une étrange mélodie, tu sais. 

Certains jours elle te charme en mode allegretto, ronde et harmonieuse, ponctuée de silences et d’envolées joyeuses.

Tantôt fortissimo ! , claquante et piquée de fleurs.

Tantôt doloroso faite de nuits blanches, sombre et dissonance. 

Puis en canons polyphoniques, jubilatoires partages, où l’on exulte choral.

Puis sotto vocce, presque inaudible, te plongeant dans l’engourdissement, petits instants réconfort et mineurs. Le seul bémol de ces moments sourds est de ne pas s’y oublier. 

J’aimerais savoir mettre en ut, en fa dièse, en chanson, tracer sur une portée ma vie en mélodie. 

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Blanche, valant deux noires, en musique,

Ronde en quatre temps emplit la mesure

Portée en noir sur blanc et sur cinq lignes

Silence entre une pause et un soupir,

Bémol, signe d’un bel abaissement

Piquée, un beau détachement pointé,

Ut il est indispensable à la clé

Mineur, naturellement la mineur.

Canon, dernier arguments des rois, non ?

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Jeanne_écrivant :

 Je peux être blanche ou ronde et c’est souvent un avantage pour être bien perçue. En effet, on assoit son effet à être ainsi tenue. Le seul bémol à cette description somme toute très succincte, c’est que loin d’être canon, piquée par le silence qui me succède, que ce soit en ut ou en la, je deviens mineure et ma portée n’est plus la même quand l’interprète me raccourcit.

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Les oulimots d’Alexandre :

Blanche est une jeune fille un peu ronde, que ses formes appétissantes rendent canon aux yeux des mâles en rut prêts à se jeter sur le premier gibier à leur portée. Mais ces derniers ignorent que Blanche préfère les filles depuis qu’elle a eu une aventure l’été dernier avec sa cousine. Toutes les deux ont fait le serment de vivre ensemble, signant un contrat d’amour éternel en lettres de sang après que chacune se soit piquée une veine. Bel élan de romantisme, allez-vous me dire, mais il y a un bémol dans cette histoire. Blanche et sa cousine, Agathe, sont encore mineures et ne peuvent crier leur amour au grand jour.

Elles doivent garder le silence jusqu’à leur majorité prochaine. Alors c’est certain, elles s’enfuiront en prétextant une inscription commune dans l’une des universités du Groupe UT, Troyes, Belfort ou Compiègne, peu importe mais loin de leurs familles.

Oulimots 2021S7

Mots contraints : Cerise, manette, lunette, correspondance, volet, fauteuil, souris, chocolat, cahier.

Les oulimots de Ssaara :

— Madame , j’ai trouvé ce qui ne va pas  pour le volet : rien de bien grave : c’est un faux contact dans la prise.

— Pourquoi vous me parlez de tarte à la cerise ?

— Non la PRISE !  Là où le mécanisme est branché !

— Ah un cahier ? , je dois avoir ça . Je vous le cherche 

Devant les yeux ébahis du technicien, la vieille dame s’extrait de son fauteuil en abaissant d’abord la manette pour l’aider à se révéler , ôte ses lunettes et trottine dans la pièce adjacente.

Il entend un tiroir qui grince , des soupirs , le bruit de quelqu’un qui fouille , et une petite exclamation .

Elle revient à petits pas pressé un sourire fiché sur son beau visage ridé : 

— Voilà jeune homme , j’avais ce cahier au fond de mon tiroir , celui où j’ai gardé toutes mes correspondances avec mon amoureux , si vous voulez je vous en lirai , il m’écrivait de si belles lettres mon Jules. 

Interdit , il saisit le vieil objet jauni , et qui semble grignoté à un coin . Elle intercepte son regard un peu dégoûté .

— Eh oui que voulez vous , pour les souris , le papier c’est comme du chocolat , mais dites moi , mon volet , est ce que vous allez pouvoir me le réparer ? 

Je sens qu’on est pas rendus , pense-t-il , entre agacement et attendrissement avant de s’asseoir en face d’elle et de lui répéter fort et lentement en quoi va consister son travail tout en pensant 

— A défaut je pourrai toujours écrire sur ce cahier en espérant que ses lunettes sont adaptées à sa vision !

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Les oulimots de Fran :

J’attends ma correspondance sur le quai de la gare en griffonnant quelques mots sur un cahier quand elle vient s’asseoir sur le même banc que moi. Elle me dévisage avec un regard trouble et ses lèvres se retroussent sur ses dents, comme si elle allait me dévorer tout cru. Cerise sur le gâteau, en se penchant vers moi elle m’offre un point de vue incomparable sur son décolleté. Je lui souris, l’imaginant déjà aux manettes et nous amenant dans un fauteuil vers des plaisirs inoubliables.

Elle pose sa main sur la mienne. Je bande déjà. C’est alors qu’elle chausse une paire d’épaisses lunettes de myope. 

— Oh pardon ! Je vous avais pris pour quelqu’un d’autre ! 

Et elle se lève avant de disparaître dans l’escalier, me laissant chocolat. 

Encore un volet de ma vie de séducteur sur lequel je ne vais pas m’apesantir.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Starkette :

Le chat s’appelait Chocolat. Sa maîtresse l’amenait chez le vétérinaire pour lui faire enlever les cerises. Elle avait pris le bus et avait presque raté sa correspondance tant le chat était lourd et agité dans sa boîte de transport. Elle avait fini par arriver au cabinet vétérinaire et avait rempli les formalités d’usage en fournissant le cahier de santé de cette pauvre bête qui s’époumonait en miaulant avec force. Ceci fait, l’assistant avait pris la cage du matou et était entré dans la salle pour l’intervention. Les volets en étaient baissés. Le vétérinaire assis dans un fauteuil, lunettes chaussées sur le nez, préparait les ustensiles et autres manettes pour réaliser l’opération. Puis le chat avait été sorti de sa caisse et posé sur le billard avant de respirer le gaz anesthésiant et de s’endormir, sûrement en rêvant de quelques souris. 

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Cerise, le printemps, joli petit fruit rouge,

Manette, jeu, écran, plus de points de vie, rouge,

Lunette colorée, monde devenu rouge,

Correspondance entre la lettre I et rouge,

Volet clos, chambre obscure, au centre un grand lit rouge,

Fauteuil, lieu d’abandon, envie vraie, désir rouge,

Souris courant dans l’herbe, mais une souris rouge,

Chocolat, noir, amer, enveloppé de rouge,

Cahier, mots, noir sur blanc, sous couverture rouge.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Aux manettes, votre serviteur ! Je vous ai concocté une playlist qui vous fera danser jusqu’au bout de la nuit. Lumière tamisée, volets fermés, meubles et fauteuils repoussés, avouez que cette pièce a pris une allure de dancefloor.

Allez on se lance, inutile mademoiselle de vous glisser dans un trou de souris, invitez au contraire votre voisin, oui ce beau jeune homme à lunettes qui n’attend qu’un signe de votre part.

Vous êtes fatigués d’avoir trop dansé ? Profitez du buffet spécialement dressé pour les gourmandes et les affamés : goûtez donc les brownies au chocolat, vous m’en direz des nouvelles, les plus téméraires dégusteront les cerises à l’eau de vie, préparées selon une recette de ma grand-mère. Elles vous donneront, Messieurs, courage et vigueur pour emballer votre partenaire.

Après cette soirée, je suis prêt à parier que personne n’ira inscrire une réclamation sur le cahier posé sur la table à l’entrée. Je vais vous dire, la dernière fois, certains ont préféré rater leur correspondance plutôt de partir trop tôt.

Allez musique !

Oulimots 2021S6 : la voix de la contrainte

Mots contraints : Tout, misère, plage, seul, moderne, retour, voix, sens, vie 

Les oulimots de LibNoa :

Je pousse la voix un peu plus fort, pour qu’on m’entende de loin. Je ferme les yeux et me laisse emporter. Loin d’ici, sur une plage avec des amis tout autour. Assise sur le sable chaud, autour d’un feu de camp, les cheveux dans le vent, un air de guitare et moi qui chante. Le tintement d’une pièce dans mon chapeau me ramène violemment sur le bitume, dur retour à la réalité froide de ce quai de métro. Je suis seule au milieu de cette foule qui ne me voit pas, qui ne m’entend pas, même si je chante encore plus fort. Mes cheveux je les ai rasés, pour enlever toute féminité, car être une femme dans la rue, c’est être une proie. Où est la réalité? Cette vie ne peut être la mienne, c’est impossible, ça n’a pas de sens. La misère, c’est pour les autres. Moi j’étais censée être de l’autre côté, du côté de ceux qui réussissent, ceux qui se lèvent tôt, qui bossent pour se payer leurs 2 semaines sur la côte d’azur. Putain de mensonge du monde moderne.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Tout va toujours très bien malgré sa sale toux,

Misère de santé, cependant la miss erre,

Plage de temps perdu ? Elle met à plat « Je ».

Moderne elle cherche et fait, de mots d’air, nœud.

Seul ce mot dans les neuf garde son sens, un seul !

Retour brutal sur terre après un heureux tour,

Voix brisée dans ce temps mais sans trouver la voie,

Sens perdu dans la quête éperdue des cinq sens,

Vie vouée au plaisir et au désir du vit !

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Julie Plume :

La misère  de cœur et des sens en ce monde moderne? Une vie sans retour, une voix trop minimale d’essence primale de l’individu contraint d’explorer seul tout l’univers des corps masqués inatteignables et incontournables cependant !

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Les oulimots de Gérald :

J’avais quitté le monde moderne pour vivre seul en ermite dans ce coin perdu. Certes dans une relative misère mais avec un tel bonheur.

J’étais perdu dans mes pensées, seul sur la plage quand j’entendis sa voix juste derrière moi. Je n’aurais jamais imaginé un seul instant qu’elle puisse me rejoindre. Je lui avait bien laissé un SMS pour lui dire où je partais, mais de là à ce qu’elle me rejoigne, c’était inespéré. Son retour était tout pour moi. Elle qui avait donné un sens à  ma vie.

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Les oulimots de Starkette :

Plus rien n’avait de sens. En quelques heures, toute ma vie s’était effondrée et je m’étais isolé pour réfléchir. J’étais seul sur la plage.  Je marchais en longeant le bord des vagues. Je me sentais comme vide, je ne pouvais plus penser à rien. Une fois de plus la misère m’était tombée dessus et je ne savais pas si j’allais pouvoir revenir à une vie différente. Comment allais-je faire pour traverser une nouvelle épreuve?

Je l’avais rencontré quand nous étions étudiants et le coup de foudre s’était produit. Notre vie s’était construite ainsi, nous avions évolué ensemble allant même jusqu’à monter notre entreprise à deux. Nous étions dans l’événementiel coquin. Elle en était la patronne : normal vu sa position dans notre couple. Moi, son simple collaborateur. Je faisais tout pour lui rendre le travail facile et agréable. J’étais à ses pieds,  son soumis depuis le début de notre relation.

Et puis lors d’un événement, elle avait rencontré un dominant qui lui avait donné l’envie de se soumettre. Il l’avait guidée de sa voix puissante vers des chemins qu’elle ne pensait pas découvrir. Pour elle, aucun retour en arrière n’était possible. Elle désirait une relation plus moderne en vivant le polyamour et je ne le voulais pas. Elle m’avait posé un ultimatum pour accepter cette nouvelle vie. Mais je ne m’étais pas senti capable de partager ainsi ma Maîtresse.

Je me retrouvais seul maintenant. J’avais tout perdu en un instant. 

Les oulimots de Fran : 

N’avoir de  plage horaire que le temps d’une pause déjeuner pour chambouler ses sens , quelle misère.

Voilà ce à quoi je pense en attendant son retour. Car elle revient toujours, même si ces rapides étreintes post prandiales sont tout ce que je peux lui offrir. J’illumine sa vie me dit-elle, et ça, elle ne l’abandonnera pas si facilement. Moi non plus. 

Alors nous restons sourds aux voix de la raison et, presque chaque jour, nous courons nous enfermer ensemble dans une salle de réunion sitôt que les rares collègues qui ne sont pas en télétravail sont descendus chercher leur repas.

Je ne sais pas combien de temps durera notre variante moderne des amours clandestines. Je ne veux pas le savoir. Je cueille avec elle les roses de la vie et, même si cela ne nous rassasie pas tout à fait, c’est déjà mieux que rien.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Airelle :

Tout un ensemble de misère éparpillées sur la plage des points de non retour. Devrais-je donner de ma  vie, de ma seule voix, pour un peu de sens moderne et non conventionnel en amour ?

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Les oulimots de Louarn Breizh :

Elle a rompu la veille de notre départ en week-end pour Cancale. Je mentirais en disant que je n’avais rien vu venir. Notre relation n’avait plus aucun sens. D’ailleurs, elle n’en avait jamais eu. Qu’attendre d’une liaison commencée dès le premier rendez-vous, comme si la misère affective dont nous souffrions nous avait jeté dans les bras l’un de l’autre ? Nous avions banalement commencé à échanger sur un site de rencontre, outil moderne et terriblement froid pour rapprocher les âmes laissées au bord de la route de l’amour. Immédiatement, sa voix m’avait mis mal à l’aise. Un côté rocailleux qui aurait pu lui donner du charme mais que j’avais trouvé férocement vulgaire. Pourtant, nous nous sommes donné ce premier baiser après une petite heure de discussion sur les quais de Seine. Peut-être son regard, ses mots sincères, sa robe dévoilant une peau visiblement douce et chaude. Nous avions fini l’après-midi chez elle, partagé une bouteille de vin et abandonné nos vêtements… Sur le chemin du retour, malgré l’ivresse de ces instants, j’étais déjà assailli de doutes, presque de remords. La peur de la solitude avait été plus forte que le bon sens. Pendant deux mois, nous nous sommes beaucoup vus, nous avons souvent fait l’amour, mécaniquement, sans y mettre véritablement du cœur. Ses injonctions à baiser me faisaient perdre mes moyens alors que j’avais déjà si peu de confiance en moi. Nos discussions étaient, au fil des jours, de plus en plus empreints de lourdeur et d’incompréhension. Tout ou presque nous opposait et pourtant, nous nous accrochions l’un à l’autre. Nos échanges devenaient oppressants, l’ambiance mortifère. Alors, pourquoi sommes-nous restés si longtemps ensemble ? Espérions nous trouver un subterfuge de bonheur ou simplement l’assurance que nous pouvions être intéressants, séduisants, baisables ? 

J’ai pris ma voiture, fais la route avec la radio comme seule compagne. C’était presque apaisant, cette absence d’obligation de combler les silences. Je me suis retrouvé seul sur la plage de Cancale avec un sentiment de liberté et la sensation d’être véritablement en vie. 

Louarn Breizh

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Les oulimots de Ssaara :

Un prochain jour peut-être , la vie sera plus douce ,

Sa voix retentira , il sera de retour .

Tout dans cette ville moderne leur sera de velours ,

La misère s’enfuira : le bonheur éclabousse .

Ils iront sur la plage seuls au milieu de tous

Respirer le soleil le bonheur et le jour .

Il volera sa main dans la sienne, son amour .

Elle captivera ses sens , ils rêveront de toujours .

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Tout me ramène à la plage. Là où la misère fond au soleil. Seul sur ma serviette, je lis en paix et, débarrassé de ma honte d’être pauvre, je me prends pour un riche industriel. C’est louche. Les industriels ne lisent pas, sauf les cotes de la bourse. Jouer un personnage ne me donnera nullement un sens profond à ma vie. Dans la mer, toutefois, il y a cette femme qui m’aborde. D’allure moderne et raffinée, elle me parle du dernier roman qu’elle a lu avec une voix inhabituellement douce et franche. Je rapporterai certainement ce souvenir sur le chemin du retour.

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Les oulimots de Camille Sorel :

Je voudrais savoir vivre sans y mettre tout ce que j’ai.

Cette histoire avec toi, forcément lumineuse. Intense, immorale, magnifique, interdite.

Un interdit sans âge, d’ailleurs, de ceux qui ne fanent pas.

Nous croyions-nous modernes d’oser le contourner ? Originaux, peut-être ?

Misère. Triste banalité. D’autres, trop proches, ont flanché, des premiers babillages aux râles de jouissance. Et pourtant. Cette malédiction, le mur qui s’éleva, nos colères et même… les envies de coups. C’est elle qui a frappé.

Pas un seul jour depuis sans tourner ces pensées comme un fauve qui arpente une cage trop étroite. J’entends ta voix : « Je t’ai toujours aimée, je t’aimerai toujours ». Je ne croyais plus les hommes, mais toi, tu n’étais pas « un homme » ! Je t’aimais au berceau. Pas un jour dans l’enfance, les trop rares ensemble, où tu ne fus aimant.

L’été dernier sur la plage, nous nous moquions de tout. Les convenances, les rumeurs, la gêne de notre famille… au diable ! Nous nous tenions la main, nous embrassions, amants. Impudiques, seuls au monde. Ma vie était à toi, je voulais toutes mes nuits dormir contre ton corps. Le monde s’y ferait, notre amour éclatait !

Mais la malédiction ne m’avait pas omise. Comme des serpents vicieux, elle s’est insinuée, répandant en tout sens son venin trop amer.

Le retour à la vie fut retour à la rage.

Le blog de Camille Sorel

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Les oulimots d’Alexandre :

Le jour où tu te retrouves tout seul sur une plage entouré de couples qui se bécotent sans vergogne ou de familles aux bambins joyeux, tu te dis que tu as peut-être raté quelque chose.

Sans pour autant parler de misère sexuelle, tu te demandes si, à force de jouer à l’homme moderne, toujours accaparé par les créations, le travail, bref la réussite, tu n’a pas su voir celle qui aurait donné un autre sens à ta vie, celle qui aurait été ton double parlant d’une même voix  des passions partagées.

Et puis au retour, coincé dans les embouteillages, comme tout le monde, tu changes d’avis en voyant les parents excédés demandant à leur progéniture de se calmer à l’arrière de la voiture ou quand tu observes que visiblement l’amour n’est plus  au beau fixe entre le garçon en train de faire la gueule et la jeune femme semblant te trouver un charme fou, le temps d’une œillade.