Oulimots 2021S24 : une contrainte folle

Mots contraints : Rêve, crime, quelqu’un, mériter, vidéo, délavé, gens, Vienne, fou.

Les oulimots de Laurent Chamoux :

J’ai fait un rêve, je dois être fou, j’ai rêvé d’une vidéo où un homme sortait de l’écran et partait au milieu des gens pour parcourir les rues de Vienne. Perdu dans la cité, il avançait comme un diable sortit de sa boîte. Il courait à la recherche de quelqu’un avec en tête une idée, réaliser un crime. Il devait le retrouver et le tuer,de toute façon il l’avait mérité, il avait blessé la jeune fille au jean délavé.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

La vidéo filmée du crime n’avait rien d’un rêve,l’image était délavée. Quelqu’un, des gens présent  étaient complètement fous. Personne ne méritait d’assister à ça. Il a fallu que la police vienne pour disperser la foule. 

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Les gens marchent dans les rues de Vienne. Je suis parmi eux. J’observe, je traque. J’ai l’air d’un touriste avec ma caméra vidéo.

Mais en réalité, je suis quelqu’un. Plus précisément cette belle femme qui porte un jean moulant délavé. 

J’ai envie qu’elle fasse partie de mon rêve, mais cela doit se mériter. Je lui ai proposé un café et elle a accepté. Normal ! elle est tombée sous mon charme. Nous avons discuté et je lui ai dit que j’étais photographe et que je pouvais lui montrer mes œuvres. Je la dévore des yeux. Elle porte un haut blanc quasi transparent avec un décolleté très profond. Un canyon se dessine entre ses seins. J’ai très envie d’elle.

Elle a accepté mon invitation. En ouvrant la porte de la maison et en voyant les murs vides, elle a compris que je lui avais menti. Avant qu’elle ne se retourne, je la pique avec une seringue sur le cou. Mon crime va être délicieux.

Je la déshabille et la pose, en sous-vêtements, sur le lit. Mes doigts glissent le long de son corps. Même endormie, sa peau frissonne. Je deviens fou. Je pose mes mains sur son cou et je serre jusqu’à ne plus sentir son souffle et ne plus entendre son cœur battre. Je vais maintenant changer de pays. Mon rêve est fini ici.

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Les oulimots de Dick :

Quel crime ai-je donc pu commettre pour mériter cet opprobre ? Celui de ne pas aimer la bonne personne ? C’est un amour fou, je le sais, car tout nous oppose. Y compris ce que pensent les gens.

Mais peu importe. Il me suffit de me plonger dans le bleu délavé de ses yeux pour tout oublier.

Il faut toutefois attendre que vienne la nuit pour nous retrouver. Elle rend les choses anonymes. Car si quelqu’un de mal intentionné venait à nous dénoncer, nous serions de nouveau la cible d’attaques par vidéos interposées. 

Je rêve d’un monde plus tolérant. Beaucoup en font un enfer. 

Le blog de Dick

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Les oulimots d’Alexa D:

Hôpital psychiatrique Hussel de Vienne 

Le 20 mars 1957

Mes notes et transcriptions vidéo du patient 4933 en isolement depuis 72 heures.

Rappel du contexte : Admission du patient il y a 69 jours, de sexe masculin, trouvé nu et en hypothermie par la police rue Latreille à 23 heures le jeudi 10 janvier 1957, placé dès le lendemain dans cet hôpital le temps que quelqu’un puisse l’identifier et garantir sa médication. J’ai pu établir dès la première semaine d’internement un examen paraclinique de la schizophrénie. Au fil des mois je remarquais son teint délavé par les effets secondaires de son traitement : quelques gouttes d’un puissant neuroleptique contrôlant les hallucinations, délires, et l’agressivité mais engendrant somnolence, tremblements, contractures musculaires, fièvre et maux de tête. 

Il y a 72 heures le patient 4933 aux contentions ajustées se réveilla à 6h30, la sonnerie retentissante le sortit d’un rêve agité, il se mit à hurler sans s’arrêter. Je savais qu’il n’était question que de quelques minutes pour en être averti. En effet, l’infirmière entra dans mon bureau, sans taper pour me signaler sournoisement son irritation. Je lisais en elle comme dans un livre ouvert. J’entendais ses pensées : « qu’ai-je fait pour mériter de travailler dans cet asile de fou ! »  Je comprenais les traits crispés sur son visage, la journée du 17 mars commençait comme toutes les journées passées à l’hôpital psychiatrique d’Hussel : dans le chaos.

Une fois les documents pour le placement en isolement signés  et remis à l’infirmière, celle-ci se retourna et me regarda d’un air surpris. En effet mon écriture manuscrite faisait mention d’une « chambre d’isolement avec caméra d’enregistrement . Elle emmena donc le patient 4933 en isolement. 4933 : quatre chiffres pour une identité inconnue, quatre chiffres éradiquant l’histoire d’un être humain. J’avais l’intime conviction que 3 jours dans ce bloc de 8 mètres carré le ferait sortir de ses gonds et je devais en analyser les images. 

Les premières heures d’enregistrement montraient un homme las, excédé d’avoir hurlé sa frustration. Il fixait la caméra sans cligner des yeux, assis sur le matelas, le dos courbé comme si le poids du monde s’abattait sur lui. Son seul crime connu était la nudité un soir d’hiver. Que voyait-il lors de ses crises ? Ou que ne voyait-il pas ? Se pensait-il seul en pleine rue ou pouvait-il voir les gens le pointer du doigt et hâter le pas en direction opposée ?

Je  fixais l’écran, comme lui, sans cligner des yeux, à attendre le moindre geste de sa part, jusqu’à annuler toutes mes consultations prévues ce jour. J’étais tenté de passer la bande en accéléré, sidéré par son corps figé. Au bout de 6 heures, il se leva. Enfin un mouvement. Le patient 4933 repris possession de son corps. Des pas très lents comme pour éviter que sa blouse ne touche sa peau. Instinctivement je pensais à ces vers de Racine dans Phèdre :

« J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné

Ma blessure trop vive aussitôt a saigné »

Il se précipita vers la caméra, y plaça de chaque côté ses mains comme si c’était ma tête, mes yeux fixant les siens. J’entendis sa première phrase en 69 jours : « impurs, nous sommes impurs »

Il donna des coups de poings et réussit à faire tomber la caméra de son support. Elle filmait maintenant le sol. J’entendais des bruits de papier froissé. Ses pieds passèrent plusieurs fois devant la caméra alors que les bruits s’intensifiaient témoignant d’une grande agitation. J’assistais à l’acmé. Des morceaux de blouse tombèrent au sol ; cet homme se voulait nu pour regagner sa pureté. L’infirmière lui administra de nouveau son traitement, enleva la caméra de la chambre et déposa une nouvelle blouse sur son matelas « au cas où » lui dit-elle. 

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Une vidéo d’un crime, des gens morts à Vienne, quelqu’un rêve, regard délavé un peu fou, a-t-il mérité cela ?

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Saara :

Clairement elle ne le méritait pas .

Il avait été  fou d’elle et n’avait jamais été aussi  ridiculement dévoué à quelqu’un .

Il avait cherché à aller au bout de ses rêves à elle, se serait volontiers compromis dans le crime ou d’autres exactions inacceptables . 

Il avait délavé ses yeux à force de pleurer son absence ou son indifférence.

Il l’avait suppliée, lui avait envoyé messages, lettres, vidéos pour lui exprimer la profondeur douloureuse de son amour . 

Mais rien n’y avait fait , elle revenait vers lui , concédant quelques instants de leurre de bonheur puis se rétractait dans son silence .

Et là, dans ces rues de Vienne où il s’était enfui pour ne plus penser à elle, croisant des gens pressés et indifférents à sa peine , il fredonnait en lui même cet air de Barbara que lui diffusaient ses oreillettes.

« Si je t’écris ce soir de Vienne

J’aimerais bien que tu comprennes

Que j’ai choisi l’absence comme dernière chance

Notre ciel devenait si lourd

Si je t’écris ce soir de Vienne

Oh que c’est beau l’automne à Vienne

C’est que sans réfléchir, j’ai préféré partir

Et je suis à Vienne sans toi

Je marche, je rêve dans Vienne »

Des larmes lui montaient aux yeux, on aurait dit qu’il aimait se complaire dans sa situation d’homme trahi et bafoué. 

Puis l’évidence lui sauta aux oreilles dans la chanson suivante :

«J’ai beau t’aimer encore, j’ai beau t’aimer toujours,

J’ai beau n’aimer que toi, j’ai beau t’aimer d’amour,

Si tu ne comprends pas qu’il te faut revenir,

Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs,

Je reprendrai la route, le monde m’émerveille,

J’irai me réchauffer à un autre soleil,

Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin,

Je n’ai pas la vertu des femmes de marins »

Clairement elle ne le méritait pas.

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Les oulimots d’Alexandre :

J’ai fait un rêve étrange, je déambulais dans les rues de Vienne.

Pourquoi Vienne ?

Ne me demande pas. C’est fou. Je ne suis jamais allée en Autriche, je ne parle pas l’allemand mais cela n’avait pas d’importance car les gens s’exprimaient en français.

Je marchais quasi nue ne portant qu’un short en jean délavé quand quelqu’un s’est adressé à moi en me traitant de « sale pute » et en brandissant un couteau. « Tu es une offense à notre Dieu » criait-il. Il prenait la foule à témoin « Ne mérite-elle pas la mort ? Et les individus qui m’entouraient de crier « La mort, la mort »

Paralysée par la peur, je ne fis aucun geste pour me protéger quand il me frappa de plusieurs coups de couteaux. Je suis écroulée au milieu de hurlements de joie.

Je me suis réveillée brusquement en sueur, je me suis aperçu que la télévision était restée allumée. Tu me croiras ou non mais à ce moment passaient en boucle les images d’un crime affreux enregistré par une caméra de vidéo-surveillance : celui d’une femme tuée par un désaxé avec un couteau de cuisine.

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Oulimots 2021S23 : Seigneur, une contrainte

Mots contraints : Désordre, seigneur, candidat, aperçu, aube, contrôle, ombre, sauvagerie, souvenir

Les oulimots d’Alexa D :

Aussi loin que je me souvienne, c’était la piété qui l’animait. A chacune de ses croisades il se distinguait toujours : cavalier émérite, il brandissait plus son bouclier pour annoncer ses armoiries que pour se défendre de l’ennemi. De l’autre main c’était son fléau d’armes qui s’agitait à chaque galop de son cheval. La puissance et le contrôle de chaque mouvement signaient ses crimes de la plus extrême sauvagerie. Le champ de bataille était son quotidien et les corps ensanglantés un aperçu de son moyen d’expression le plus évident. Vassal de son seigneur, il gardait en tête les réminiscences de la cérémonie où il prêta serment : la veille de ce grand jour, cet écuyer jouvenceau avait passé la nuit éveillé à prier et jeûner dans une chapelle jusqu’à l’aube. Les premières lueurs de l’aurore avaient éclairé des traits inquiets sur son visage : confusion et désordre se lisaient dans son regard. Etait-il le candidat seyant pour recevoir la collée de son seigneur ? Chemin faisant, preux chevalier, l’ombre de ses inquiétudes déclinait tel un fantôme évanescent.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Il régnait un vrai désordre dans la sacristie et il n’aimait pas ça. Il s’appliquait après chaque messe à tout remettre en ordre.  Depuis qu’il était prêtre dans cette paroisse de campagne, il se sentait abandonné du seigneur. Il avait pourtant reçu l’appel et pensait être le candidat idéal pour faire revenir la foi des paroissiens dans cette petite bourgade. Il parcourait la ville de l’aube au crépuscule prêchant la bonne parole, la seule pour lui, celle de Dieu. Il faisait toutes les semaines un contrôle du nombre de fidèles qui étaient venus à l’office. Sans l’ombre d’un doute, les bancs se remplissaient petit à petit, pas dans la sauvagerie mais dans le respect du lieu sacré. De temps en temps il avait le souvenir du temps où il était enfant de cœurs et que la quête de la messe était beaucoup plus fructueuse que de nos jours. C’était le bon vieux temps pensait-il. 

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Les oulimots de Dick :

Que le premier ministre, candidat à la présidence, ait été arrêté à l’aube en compagnie d’une autre femme que la sienne à l’occasion d’un contrôle de routine, cela pouvait encore passer. Mais que les policiers aient alors constaté que les vêtements de sa passagère portaient encore des traces de la sauvagerie de ses assauts et vous aurez un bref aperçu du désordre qui allait frapper la majorité en place avec un de ses leaders qui risquait de se retrouver à l’ombre. 

Seigneur ! Ces gens là se croient-ils donc tellement au-dessus des lois pour se conduire ainsi ? 

Quoi qu’il en soit, je crois que sa carrière politique ne sera plus qu’un lointain souvenir. 

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Les oulimots d’Eshi :

Non, je ne me rendrais pas. Je ne baisserais pas le regard devant toi. Tu me veux soumise comme je sais l’être, mais cette soumission je ne te la donnerai que si tu arrive à prendre le contrôle des ombres de mon cœur. Dans le désordre de cette chambre sombre, tu me toise, fier des souvenirs dont tu es le dépositaire. Tu n’avais donc pas perçu le combat constant de nos ébats? La sauvagerie de celle que tu appelais ta soumise? « Tu es à moi » me disais-tu. Tu ne dis plus rien. De l’aube au crépuscule, fatiguée d’attendre, l’aperçu des hommes candidats à prendre ta suite te font serrer les dents. Grand seigneur, tu tournes les talons. Moi, je ne me rendrais pas.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Un homme est arrivé dans notre communauté semant le désordre.

Il nous parlait d’un seigneur qu’il fallait adorer. Il voulait prendre le contrôle de nos vies. Il nous disait que notre peuple n’était que sauvagerie. Et cela n’est qu’un aperçu de ce qu’il voulait faire de nous.

Nous ne l’avons pas écouté. Nous l’avons fait prisonnier. Il va faire un bon candidat pour nos Dieux. 

À l’aube, Kinich Ahau, notre Dieu soleil se fait attendre. Une ombre recouvre notre pyramide. 

Au bout d’une heure, il apparaît et nous pouvons enfin monter le prisonnier qui prie son Dieu. Nous le couchons sur la pierre sacrificielle. Nous sommes enfin prêts à le maintenir et à lui extraire le cœur, encore palpitant de sa cage thoracique avec notre couteau en obsidienne.

Il hurle de terreur voyant la lame s’approcher de lui. Son sang coule sur les marches de la pyramide. Le travail terminé, notre chaman pourra danser avec sa peau sur le dos. 

J’espère qu’il n’y en aura pas d’autres qui viendront et que cet homme et ses mots ne seront plus qu’un vieux souvenir.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Désordre religieux seigneur ! Pas un candidat aperçu disposé à revêtir l’aube pour aller sans contrôle dans l’ombre paisible de l’église pour, sans sauvagerie, célébrer le souvenir du dernier repas.

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Les oulimots de Bruneline :

Dans cette chambre qui sent le savon et la peau de vieille personne, elle est assise sans sommeil, les yeux brillants. Elle a décidé de passer une de ses dernières nuits à se souvenir.

De ces hommes, de cet homme en particulier, qui eut parié qu’il était le meilleur candidat à l’épanouissement d’elle même qu’elle ne savait même pas rechercher?

Elle avait commencé avec légèreté à l’aube de cette demie vie qu’on dit lourde à franchir, à chercher un peu, à s’affranchir du contrôle pesant de son esprit sur ses sensations et ses envies. Elle avait eu un aperçu du gentil désordre qu’elle pouvait mettre dans un lit et dans ses sens. Croisé des humbles et d’autres qui se comportaient comme des seigneurs, des curieux et des blasés. Elle avait pensé découvrir, se découvrir et s’était dit  » ce n’est que cela finalement ? » 

Et puis le hasard l’avait mené à lui qui semblait lumière essentiellement, une jolie rencontre forcément, quoi de plus?

Mais quand la nuit était tombée, le désir à peine entamé mais les corps déjà fatigués elle avait senti monter la part d’ombre, la sienne autant que celle de celui dont les yeux ne brillaient plus d’amusement. Ils avaient laissé s’exprimer leur sauvagerie mutuelle nuits après nuits, nourrissant cette zone affamée qu’on ose pas toujours regarder, l’apaisant en la laissant rugir, face à face. Un combat de fauves, entrecoupé de douceurs inimaginables. Et ils s’étaient regardés éblouis et étonnés de revenir à l’aube chaque fois plus complets et plus lumineux encore.

Elle ferma les yeux un instant, enfermant derrière les paupières cet éblouissement qui la saisissait toujours lorsqu’elle pensait à lui. Maintenant elle pouvait dormir, entre ombre et lumière, sans peur.

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Les oulimots d’Alexandre :

— Mes hommages mon Seigneur

— Avancez ! Ainsi vous êtes candidat à la fonction de chroniqueur ?

— Oui mon Seigneur

— Vous me paraissez bien jeune. Auprès de qui avez-vous déjà servi ?

— Auprès du duc de Clermonterre, mon Seigneur. Permettez-moi de vous lire un extrait de la chronique
que j’ai rédigée à son retour de sa lutte pour la Sainte Croix.

— Ils partirent à l’aube puissamment armés chevauchant les orques caparaçonnés de métal. L’ennemi aperçu au fond de la vallée, ils chargèrent semant le désordre parmi la piétaille. Vint alors le face à face entre nobles guerriers qui se toisaient avant l’épreuve finale. Aux rugissements des uns répondait la frappe rythmée des boucliers. C’était à celui qui sèmerait l’effroi parmi son adversaire.

Ils s’élancèrent enfin dans la poussière et la rage de vaincre.

Toute la journée le combat fut d’une rare sauvagerie, le sang coula de part et d’autre. Le soir quand l’ombre de la nuit commença à envahir le champ de bataille. Râles et gémissements se faisaient entendre, l’odeur pestilentielle de la mort prenait à la gorge.

L’ennemi était terrassé, sa domination n’était plus qu’un souvenir. Vainqueur le Duc prit le contrôle de toute la contrée.

— Pas mal, je vous prends à l’essai. Et si ce que vous écrivez me déplaît, je vous ferai couper la langue.Ainsi je n’entendrai plus vos verbiages.

Oulimots 2021S22: une contrainte en lumière

Image MW (Flickr)

Mots contraints : Ville, digitale, rivière, encre, lumière, traquer, rouge, oasis, ciel

Les oulimots d’Eshi :

Elle marche dans les lumières de la ville, juchée sur ses talons. Son mascara coule sur ses joues, lui donnant un air tragique. Ce n’est plus important pour elle. Elle essaie de contenir ce cœur prêt à exploser de douleur. Elle est au bord de la Seine à présent. Elle s’assoit, ferme les yeux et respire profondément. Cet homme était son oasis. Il lui a fait vivre des choses incroyables. Et là il l’a congédié. Elle s’était trop épanchée peut-être… elle avait perdu son glamour à ses yeux. Elle ne perdait pourtant pas espoir de le reconquérir. Tentatives futiles, ne pas montrer sa détresse, ce n’est pas sexy. Rire, ça lui donnera envie de la revoir. S’entourer de prétendants et le regarder avec toute la tendresse qu’elle a pour lui dans les yeux. Futiles tentatives. 

Traquer quelqu’un à qui on n’inspire plus qu’indifférence est inutile. 

Qu’est-ce qu’elle peut bien faire pour le reconquérir? Ses amies lui disent qu’il n’en vaut pas la peine, qu’elle est une reine et que c’est à lui d’essayer de regagner son cœur. Elles ont peut-être raison. Mais la raison n’a pas d’incidence sur ses sentiments pour le moment. 

Son téléphone vibre dans son sac. À la lumière digitale de ce message qui apparaît, son sourire renaît timidement. Il veut bien la revoir. Elle ne se fait pas d’illusions, il l’enverra au septième ciel, la rejoindra. Elle ne lui montrera plus la rivière de ses émotions, l’encre rouge de son cœur est trop intense pour lui. 

Elle s’en remettra. Elle s’en est toujours remise. Et elle partira sans larmes cette fois.

Le blog d’Eshi

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Les oulimots de Ssaara :

La ville était loin déjà, la nature était tranquille, le ciel était d’un bleu qui commençait à se fondre dans l’orangé de la lumière du crépuscule. 

Rien ne semblait pouvoir briser cette douce quiétude.

Elle était là allongée au bord de la rivière, alanguie comme après l’amour dans cette oasis de verdure. 

Qui aurait pu supposer, à la voir là, lèvres rouges entrouvertes dans son sommeil, que ses beaux yeux bleu encre étaient définitivement clos sous ses paupières  nacrées ? 

Qui aurait pu imaginer qu’elle avait fini par succomber aux clochettes toxiques des belles digitales qu’il était parvenu à lui faire absorber ? 

Il se sentait presque triste. Il n’aurait plus cette obsession qui le faisait le faire se lever chaque matin : traquer la belle qui se refusait à lui .

Mais elle était sienne désormais, pour toujours

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Les oulimots de Bruneline :

Il était tard dans la ville oasis, le soleil posé sur l’horizon répandait une lumière rouge sang sur les vitres et les structures métalliques, squelettes élancés vers le ciel. Pour prendre le grand ascenseur de verre qui s’élevait au-dessus du vide, montant droit dans le ciel, vers la rivière qui coule vers l’amont, il faudrait encore transformer ses empreintes digitales, pour ne pas être identifié, ne pas être traqué. Il était le dernier.

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Les oulimots de Dick :

Sa dernière invention lui avait fait gagner une fortune et il avait pu s’offrir le cadeau dont il rêvait tant. Dans l’oasis feutrée d’un hôtel de charme, il avait passé sa première nuit d’amour avec Elle. Elle n’avait été vêtue que d’une rivière de diamants tout au long de celle-ci et, bien sûr, ils n’avaient eu de cesse que de s’envoyer au septième ciel. 

C’est quand les premiers clichés étaient parus dans la presse à scandale qu’il avait compris. Des paparazzi avaient dû les traquer depuis qu’ils étaient arrivés en ville et, à la lumière de l’article qu’il lisait, leur relation allait faire couler beaucoup d’encre. 

Le rouge lui était monté au front. Il allait se venger de ce torchon. Et ses compétences en matière de transformation digitale allaient lui servir.

Le blog de Dick

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Je quittais cette ville où tout n’était que modernité, technologie digitale. Au bord de la rivière, je remarquai que sa couleur n’était semblable à aucune encre de ma vie. Sa lumière étincelante et les rayons du soleil traquaient les reflets rouges de cette eau qui charriait de drôles d’embarcations. Je décidai, pour m’enfuir au plus vite, d’en voler une, amarrée à la rive. Je voulais atteindre au plus vite cette nouvelle cité tournée vers la nature et les animaux, une vraie oasis de paix. Mes amis avaient déjà franchi le cap de tout quitter pour s’y installer et j’allais les rejoindre pour recommencer ma vie sous une nouvelle identité. Le ciel s’ouvrait à moi !

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Je veux quitter cette ville. Je veux m’enfuir vers la nature. Ici, je ne suis rien, rien qu’un pion sur un échiquier. Un être invisible. Un pion qui tourne en rond entre des murs de briques et qui ne sert à rien.

Je veux laisser mon empreinte digitale à l’encre indélébile sur un rocher pour qu’on sache que j’ai existé.

Partir là, où il y a un horizon sous un ciel rouge orangé, où les gens existent et se voient.

Trouver cette oasis, ce havre de paix.

Entrer dans une forêt, écouter le son d’une rivière, suivre un chemin sous les rayons de lumière qui transpercent la canopée. Profiter de cet air non vicié.

Toujours traquer cette nouvelle vie qui m’attend quelque part sans jamais renoncer, car la ville n’est pas faite pour moi.

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Oulimots 2021S21 : une contrainte au cœur

Photographie  : Jean-Guy Huot on Flickr

Mots contraints : Terrain, soleil, cerisier, apiculteur, possible, aquarium, direct, petit, cœur. 

Les oulimots d’Elisa Stark :

Tout était une évidence entre eux, leur relation était franche et directe. Ils s’étaient ouverts le champ des possibles pour mieux vivre leur avenir et ne pas se sentir prisonniers comme dans un aquarium. Ils avaient planté les graines de leur relation sur un terrain solide, illuminé de soleil et l’arbre de leur vie, le cerisier, poussait tous les jours grâce à leurs petits cœurs battant à l’unisson. Elle l’appelait son apiculteur car il avait su récolter tout son amour.

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Les oulimots de Dick :

Le terrain était propice à la bagatelle. Un grand soleil brillait au-dessus de nos têtes et nous nous étions réfugiés à l’ombre d’un cerisier.

Elle avait troussé sa robe très haut pour me donner accès à son sexe et, en bon apiculteur, je recueillais des doigts et de la langue le miel qui en ruisselait.

Je goûtais, elle aimait. Était-il possible de passer un meilleur moment ? 

—Direct dans deux minutes !

Mon cœur avait failli s’arrêter en entendant la voix de l’ingé son. Je m’étais assoupi et la réalité m’avait rattrapé.Je n’étais pas à la campagne mais dans l’aquarium d’une station de radio pour faire la promotion de mon dernier livre, un recueil de contes érotiques. 

Mais ce petit rêve venait de me donner des idées pour le fil conducteur de l’interview.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Croyez-vous que cette histoire soit possible ? Je sors la tête hors de l’eau et je le vois au loin près d’une superbe maison, enfumant une boîte au pied d’un cerisier en fleurs. Mais je ne peux pas quitter l’océan de jour. Ce soir, j’irai lui rendre visite. Je vais fouler de mes pieds un terrain inconnu. Le soleil se couche et j’avance lentement vers la lumière. Pourquoi ai-je l’impression qu’il m’attend ? La porte de la baie vitrée est ouverte et mon coeur palpite. J’entends un petit son. C’est de la musique. Il se lève et me regarde. Il s’approche de moi et d’un geste direct, caresse ma peau. Je ne bouge pas. Je suis attirée par sa beauté. Ses doigts glissent le long de mon corps, puis ses mains accrochent mes hanches pour me tirer vers lui et m’embrasser. Ses lèvres ont un goût de miel. Il est apiculteur alors rien d’étonnant. Il me fait l’amour. Je me réveille avant l’aube, terrifiée. Je dois vite rejoindre l’océan. Il me retient, prend ma main et m’amène dans une pièce où se trouve un aquarium géant rempli de poissons multicolore et d’algues. Quelques nénuphars flottent en surface. Le plafond est en verre et je vois le lever du soleil. Tout cela est pour moi. J’entre dans l’eau et mes jambes se transforment aussitôt. Je suis heureuse et je nage en fredonnant des chants de sirènes.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Un superbe terrain, au grand soleil d’été

Au centre un cerisier, vient un apiculteur,

Un essaim, possible ? Un aquarium, pourquoi ?

Je vais être direct, prendre un petit chemin,

Rentrer auprès d’Elle, qui est chère à mon cœur.

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Les oulimots d’Alexandre :

Consigne
Rédiger un poème d’amour sur le thème du printemps

Quittons sans tarder ma mie cet hiver gris
où nous avions le sentiment d’être
enfermés à jamais dans un petit aquarium

Embrassons-nous ma mie de toutes nos forces
A ta vue, mon cœur s’enflamme
Tu es comme un cerisier en fleurs

Butinons ma mie, le soleil est de retour
Je suis un apiculteur impatient
de repousser les champs du possible

Vibrons ensemble ma mie avec la même fièvre
que lorsque nous suivons en direct une finale
sur le terrain cendré d’un court de tennis

Poème composé de platitudes aux métaphores creuses
A refaire !

Oulimots 2021S20 : une contrainte magnétique

 Mots contraints : Exemple, perdu, novembre, grimé, vision, spirale, accord, magnétique, mélancolique. 

Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Par exemple, ce jour perdu, premier novembre

Bien sûr grimé, pâle vision, regard spirale,

Accord parfait, magnétique, mélancolique.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Elisa Stark :

J’étais complètement perdue. Bien que nous soyons au mois de mai, le temps ressemblait à celui de novembre. Mon moral était tel une spirale mélancolique, je n’étais plus en accord avec moi même. J’avais l’impression d’être grimée et de porter un masque. Ma vision me semblait de plus en plus sombre et je ne retrouvais le moral que lorsque je faisais fonctionner ma carte magnétique. 

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Les oulimots de Dick :

Cela remonte à novembre dernier. Et pourtant cette vision ne cesse pas de me hanter.

J’avais eu son accord pour aller voir ailleurs, ce qui m’avait beaucoup surpris. Mais il y avait une condition : je devais me présenter avec tous les attributs d`une fille pour aller rencontrer cet autre, qui avait été mise au courant de ce deal.

J`avais accepté et je m’étais retrouvé ainsi grimé sous le regard magnétique de cette femme qui avait ensuite profite de mon corps de toutes les façons possibles.

A mon retour, j’avais dû illustrer par l’exemple les pratiques qui avaient été les plus invasives pour moi, celles qui avaient définitivement fait de moi la salope que je suis devenue.

Je ne le savais pas à l’époque, mais je venais d’entrer dans une spirale infernale et, à présent, je me sens perdu si l’on ne s’occupe pas de moi ainsi, tout comme je me sens mélancolique quand je repense a cette première fois.

Le blog de Dick

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Les oulimots de Ssaara :

Tu sais Mamie que tu ne m’as jamais raconté ta jeunesse ? Par exemple, comment as- tu rencontré mon grand-père ? 

Ma petite chérie c’était en novembre 1970, j’étais installée dans le parc derrière la mairie et j’attendais mon amie Marie. J’étais un peu mélancolique et perdue dans mes pensées, et j’avais froid, je regardais la buée sortir en spirale de ma bouche .

Avec Marie nous devions nous rendre chez sa grand-mère après son travail pour trouver dans son grenier de quoi nous grimer pour une fête qui était prévue la semaine suivante .

Je n’avais pas très envie de m’y rendre mais, tu sais, une jeune fille ne devait pas sortir seule et j’avais promis à Marie que nous irions ensemble .

C’est là que j’ai eu la vision d’un jeune homme plutôt grand et beau qui venait vers moi .

Il s’est approché et m’a demandé si je connaissais la ville . Il venait d’arriver disait-il et il cherchait le bureau de poste . Il avait quelques lettres dans la main . 

Quand nous nous sommes regardés, je suis restée interdite et lui aussi . 

Je crois qu’on a su tous les deux qu’on allait passer notre vie ensemble. Il y avait déjà comme un accord magnétique entre nous .

Et tu vois on a passé 50 ans côte à côte.

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Les oulimots d’Alexandre :

Peine perdue, en ce jour gris du mois de novembre, il ne faut pas espérer bronzer en plein soleil. L’été a filé trop vite, l’automne comme beaucoup de personnes me rend toujours mélancolique, et cette année particulièrement.

Je garde en mémoire cette rencontre lumineuse avec S. Je ne la nommerai pas mais si elle me lit, elle se reconnaîtra. Le temps d’un séjour au bord de la mer, nous fûmes l’exemple d’un couple radieux avec ce sentiment que nous nous étions toujours connus. Vous savez parfois, l’on parle d’accord magnétique pour caractériser la relation d’un couple. Et bien cette vision était exacte. Aux côtés de mon aimante, je ne touchais pas le sol, j’ai vécu des semaines merveilleuses. Nous nous sommes découverts des passions communes et je l’avoue, j’étais à ses pieds dès que la porte de la chambre était close. Pourtant notre bonheur s’est fracassé en une journée quand elle refusa toute idée de mariage encore moins avec une personne d’une autre religion que la sienne.

J’étais prêt à tout pour rester à ses côtés, même à me convertir ou à pactiser avec le diable, peu importe dans quelle spirale j’allais être entraîné. Mais la rupture fut définitive, du jour au lendemain elle disparut en m’intimant l’ordre de ne pas chercher à la revoir.

Alors je suis rentré chez moi, laissant croire à mes proches que ces vacances m’avaient permis de recharger mes batteries tandis que moralement j’étais au fond du trou. Pour donner le change, je me suis grimé, arborant le plus beau des sourires et exhibant mon bronzage étincelant.

Dieu que cet automne est long, vais-je réussir à supporter les matins blêmes du prochain hiver ?

Oulimots 2021S19 : la promesse d’une contrainte

Japon, étrange, gay, promesse, partir, foule, coloré, honte, toujours

Les oulimots de Gérald :

Je lui avais fait la promesse de lui faire visiter le Japon. Elle adorait cette destination depuis toujours. Ce pays, avec ses rites et ses coutumes parfois étranges, la fascinait. Il restait juste à trouver la date pour partir.

Pour la faire patienter et la mettre un peu dans l’ambiance, je lui avais proposé d’aller à la Japan expo, qui est un salon événementiel très coloré sur la culture japonaise.

Ce que j’adore dans ce salon, c’est cette foule bigarrée, et surtout les cosplays qui s’amusent à imiter sans honte leurs personnages préférés des mangas, que ce soit, aussi bien une prostituée, un gay, ou un héros comme  » chapeau de paille « . Leurs déguisements sont toujours superbes et criants de vérité.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Je suis gay et toute ma vie a été parsemée de honte. Je vais fuir la foule qui m’a souvent jugé. Je vais partir, m’élancer sur les chemins de la forêt de Jukai, au Japon. Là où le printemps est toujours coloré, face à ce géant de feu qui ne jugera jamais mon étrange vie.

J’ai fait une promesse à mon amour, que je ne peux plus tenir. Je voulais avoir la force de survivre à cette épreuve, mais je n’en peux plus. La forêt emportera mon âme, mes rêves et mon amour pour lui.

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Les oulimots de Dick : 

Toujours friand de ce qui touche au Japon, je ne pouvais pas passer à côté de son profil sur lequel il publiait des Haïkus d’une puissance inouïe. Et, bien sûr, j’avais succombé au charme de la personne qui se cachait derrière la poésie. Rien d’étrange alors au fait que cela avait fait remonter en moi la remarque d’un ami gay lors d’une sortie en discothèque :

— Tu plais aux hommes, c’est un fait avéré. Mais comment réagirais-tu si l’un d’entre eux essayait de te séduire ?

A ma grande honte, je n’avais su que répondre à cette époque. Enfin, rien d’intelligent. Mon visage s’était juste coloré de rouge.

Et là, sur la promesse de découvrir le wakashudo, j’avais pris l’avion pour Tokyo sans réfléchir. J’aurais pu pourtant me poser une foule de questions quant à cet amour subit. Mais non. Partir le retrouver m’était paru si

évident.

Le blog de Dick

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Il y a quelques années je me rappelle que j’ai pu partir faire un voyage au Japon. C’était un échange entre étudiants. J’avais accueilli Akiharu et c’était à mon tour d’aller à la rencontre de sa culture. Nous étions très proches depuis le début de nos échanges et avions totale confiance l’un envers l’autre. Aussi, j’avais révélé à mon correspondant et ami que j’étais gay lors de sa venue chez moi. Il m’avait dit être très heureux que je partage ce secret avec lui.

Mon voyage avait été programmé au début du printemps et j’avais une chance incroyable d’être sur les lieux pour la fête du Hanami, la fête des cerisiers en fleurs.C’étaient des journées pleines de bonheurs et de promesses en tout genre, la fête était partout en ville.

Il m’avait fait la surprise de me révéler qu’il aimait pour l’occasion se déguiser en Geisha. Il n’avait eu aucune honte à déambuler ainsi habillé pendant cette période. J’avais toujours eu envie de m’habiller en femme et ce fut l’occasion parfaite. Nous étions là au milieu de la foule à admirer les cerisiers. En rentrant en France j’avais décidé, en souvenir de ces quelques jours passés avec lui, de me faire tatouer une sakura sur le poignet.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Elle rêvait d’une île, flottante, ou le Japon, et eut une envie étrange et soudaine, aussi, bien qu’il soit gay et peu joyeux elle lui fit une caresse et une promesse, elle le laisserait tranquille et partir, il pourrait ainsi se noyer dans la foule et dans l’alcool bu, comme à son habitude, dans un verre coloré et plein, au risque de se retrouver empli de honte et d’eau-de-vie qu’il aimait toujours et assidûment.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Ssaara :

Il était dans la salle d’embarquement de Roissy.

Son vol pour l’aéroport de Haneda était sur le point de décoller. Ça faisait au moins 10 ans qu’il rêvait  de partir un jour au Japon . Et là on y était ! 

Pourtant c’était étrange, alors qu’il était toujours si excité au milieu de la foule colorée et cosmopolite des voyageurs d’un aérogare , le cerveau bouillant de promesses de découvertes, il avait ce jour là en lui une déplaisante sensation d’inachevé et de honte qui lui collait à la peau.

Il avait rencontré cette fille il y avait une semaine déjà à l’anniversaire de mariage de ses potes Alex et Léo, et il n’avait pas été fichu de lui parler.

Ils s’étaient cherchés du regard  plusieurs fois dans la soirée mais il était certain qu’elle avait pensé qu’il était gay aussi. Et il n’avait pas été fichu avec sa timidité maladive de l’aborder. 

Il n’avait même pas été capable de demander son prénom à ses amis. 

Et quand il allait rentrer il en était sûr, elle aurait oublié jusqu’à son existence.

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Les oulimots d’Alexandre :

C’est au Japon que j’ai rencontré Rudy. Au milieu de la foule colorée, il ne pouvait pas passer inaperçu.
Grand, élancé, les cheveux blonds coiffées en arrière, le regard étincelant, à coup sûr c’était un top model.
Je l’ai abordé, précisant que j’aimerais bien faire un shooting avec lui. Il m’a souri, l’air amusé et me répondit
que c’était impossible. J’ai insisté, il me précisa qu’il était sur le départ. En effet, le lendemain, il prenait un avion pour aller voir ses parents en Allemagne mais, j’ignore pourquoi, il me fit la promesse qu’il me recontacterait à son retour.
Sur le moment j’étais dépitée et puis le temps passa. J’ai fait ma place dans le milieu de la mode et j’avoue à ma grande honte que je l’avais oublié quand il me recontacta .
Dans le studio loué pour l’occasion, je le menais progressivement à se dévoiler au propre comme au figuré. Les premiers portraits lui plurent et nous passâmes à des photos de nu. Avouez que c’est étrange, de voir un homme montrer son corps sous le regard d’une photographe jusqu’alors inconnue.
Ne croyez pas que cela s’est terminé au lit comme on le croit toujours dès qu’il s’agit de photos dénudées.
Nous discutâmes simplement toute la soirée, partageant des lambeaux de vies. Ce fut presqu’au moment où il allait partir qu’il m’avoua qu’il était gay. Ses parents ne l’acceptaient pas et l’avaient même renié lors de son dernier séjour. Il était reparti furieux et il escomptait ne plus revenir en Allemagne.
Quelquefois le malheur est bon car notre rencontre fut déterminante pour Rudy. Mes photos furent plébiscitées et si j’eus la reconnaissance de mes pairs et des agences de mode, c’est Rudy qui se trouva propulsé comme icône gay, trônant sur les couvertures des magazines. Triomphe ultime, le journal « Stern »
que ses parents lisaient chaque semaine lui consacra un portrait sur deux pages vantant la réussite d’un gaijin au pays du soleil levant.

Oulimots 2021S18 : une contrainte brûlante

Mots contraints : Brûlant, survivre, balade, sommet, rêve, perle, âme, pose, jungle 

Les oulimots d’Elisa Stark :

La vie est une jungle me disait ma grand-mère quand je lui parlais des problèmes de mon existence. On ne doit pas imaginer sa vie mais la vivre en son âme et conscience. Ce n’est pas une question de survivre mais d’oser vivre ce que l’on a envie. Ne pas s’infliger des sommets trop difficiles à atteindre et parfois préférer prendre le chemin pour une balade plutôt qu’un sentier tortueux et boueux. Prendre le temps de s’arrêter, même prendre la pose pour immortaliser un moment de pause mentale et de réflexion. Se laisser gagner par ses propres rêves à réaliser comme dans l’écriture, le dessin ou tout autre chose qui peut faire du bien. La vie est précieuse et délicate comme une perle et il faut en prendre soin. On en a qu’une, alors il faut en profiter. Vivre chaque moment comme s’il allait être le dernier. Vivre pour soi car on est la personne la plus importante de sa vie.

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Les oulimots de Dick :

Elle n’est pas humaine. Elle danse au sommet du mur d’enceintes depuis des heures sur des tempos brûlants de jungle music et c’est à peine si elle transpire. Et je ne peux justement pas détacher mes yeux de cette petite perle qui, née à la base de son cou, s’apprête à présent à disparaître dans l’échancrure de son t-shirt après avoir emprunté le sillon qui sépare ses seins. 

Cela ne doit pas être une balade de tout repos de sortir avec elle me dis-je. Et, pourtant, j’en rêve depuis que j’ai posé mes yeux sur elle. Mais elle semble tellement inaccessible. Alors je me contente de la regarder de loin, accoudé au comptoir de la boîte de nuit. 

La musique s’est arrêtée et elle a fini par redescendre parmi les mortels, fraîche comme une rose. C’est incroyable. Comme la pose provocante qu’elle vient de prendre en se plantant devant moi. Suis-je son élu ? Celui qui va accompagner la fin de sa nuit ?

Cette perspective me fait sourire tout autant qu’elle m’inquiète. Je devrais certes survivre à l’épreuve de son corps. Mais j’ai peur d’y laisser mon âme.

Le barman pose un verre à côté de moi tandis qu’elle vient de glisser un « Salut toi » mouillé au creux de mon oreille. J’ai cru sentir sa langue me chatouiller le lobe et sa main a pris possession de mon épaule. 

Il va falloir se montrer à la hauteur à présent.

Le blog de Dick

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Les oulimots de Saara :

Le ciel était brûlant. Cette petite balade qui avait commencé comme un rêve était devenue un enfer. 

Elle se demandait comment elle allait survivre dans cette forêt du fin fond de la Sologne qui lui semblait désormais aussi hostile qu’une jungle. 

Pas âme qui-vive à l’horizon, elle avait juste envie de pleurer de rage. Des arbres, des moustiques, des moustiques, des arbres…. 

Le soi-disant prince charmant romantique rencontré sur « le parfait gentleman » – quel nom à la con – atteignait les sommets de la goujaterie en cavalant comme un dératé devant elle sans mot dire, ridiculement harnaché comme un trekkeur en Himalaya. 

Pour parfaire le tableau il n’avait plus quelques perles  de sueur éparses sur le front mais il était inondé d’une transpiration abondante et puante .

La nausée aux lèvres, elle se disait que, quand enfin elle allait pouvoir se poser dans la voiture, il allait falloir qu’elle affronte un cloaque en priant tous les Dieux de l’univers qu’il ne tente aucune approche.

Et dès qu’elle serait rentrée, c’est sûr, elle allait supprimer la mention « randonnée-marche » sur son profil !

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Brûlant d’envie de survivre à cette balade,

Vers le sommet, tel un rêve, comme une perle

Près de l’âme qui se pose, fuyant la jungle.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Enfin son rêve se réalise.

Lui qui s’est toujours imaginé au sommet d’une montagne surmontant la jungle, il est là, aux confins de l’Amazonie, en train d’escalader un volcan toujours en activité que les indigènes désignent comme « la perle des Andes ».

La démarche est lourde, les pieds s’enfonçant dans la cendre.

Ce qu’il pensait être une balade tranquille, devient une épreuve, la tête lui tourne sous un soleil brûlant, des gouttes de sueur glissent du front, à peine retenues par ses sourcils épais, sa gorge est sèche. Il ne faudrait pas que la montée ne dure trop longtemps sinon il a le sentiment qu’il ne pourrait pas survivre à ses efforts de plus en plus difficiles. Désormais il est à la traîne, la colonne de marcheurs qu’il précédait au début est désormais loin devant. Bientôt il se retrouve seul, plus une âme qui vive à l’horizon, devant lui une pente grise et sèche striée par la marque des pas de ceux qui l’ont précédé.. Il n’en peut plus, les jambes coupées, il pose son barda, cherche de l’air, boit une gorgée d’eau tiédasse et honteux il décide de redescendre.

Il ne réalisera pas son rêve.

Deux jours après, il apprend que les hommes qui l’avaient rapidement distancé avaient été surpris en descendant dans le cratère par une émission de gaz toxiques. Il n’y avait eu qu’un seul rescapé.

Alors il remercie les dieux. La montagne ne l’avait pas vaincu mais épargné.

Oulimots 2021S17 : une contrainte interlope

Mots contraints : Indochine, Téléphone, Alliage, Air, Interlope, Minuit, Endimanchés, Métal, Urbain

Les oulimots de ArthK :

Demain j’ai dix huit ans, la force de l’âge, une belle gueule, une dégaine un peu interlope, genre mi-dandy, mi-voyou, mi-bon fils de famille, would-be aventurier. Preuve, je passe la nuit dans un rade, l’air empli de fumée, j’aime bien les images comme ça, me croire dans un film de Garel, à discuter linguistique et beat culture – mon côté urbain –  avec un argentin qui enquille les verres, divague, parle de Cortazar, de Bacon, de Vertigo, des colonels et de comment il a servi la France en Indochine, ses petits arrangements entre amis, ce qu’il appelle ses “safaris sous la lune”; quand il part avec d’autres argentins paumés en maraude après minuit, piquer du câble sur les chantiers, récupérer je ne sais quels alliages spéciaux revendus illic au prix du vulgaire métal, et, évidemment, faire les caves pour boire le pinard du bourgeois, pour finir fin bourré à écrire sur les murs des slogans comme “sale bourgeois j’irais chier dans ton vomi !”

Bref, ça c’est ma vie rêvée mais – ah, le temps qui court, la vie qui passe – pépé est mort hier, juste un coup de téléphone de ma’,  pour que je la rejoigne fissa. “Tu sais, les hommes morts sont dangereux », a-t- elle dit. Résultat, au lieu d’être en train de m’enfiler des coups au Lapin Agile ou quelque autre rade branché à dragouiller une Cendrillon de passage, je suis là, tout endimanché, face à la campagne immense, et à la nuit qui tombe (à 18h, aujourd’hui).

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Les oulimots daphnesques de La Ligne Douce : 

Musical Vertigo 

Je suis rentré d’Indochine hier matin. 

A Minuit, le cœur en vrac, j’ai quitté le cockpit. 

La nuit, tout recommence, les souvenirs me rendent fou, Alliage de tout le mal que j’ai fait. 

Ce matin-là, un singe astronaute me soufflait l’Air 

Où sont les héros au corps d’athlète ? Sexy boy

Go go go dansez ! 

T’as pas besoin de gueuler,  décroche ton Téléphone. 

Sors donc la 403, hurlaient les Endimanchés pour le grand bal du 15 août 

Clé de contact du Métal Urbain

Ton corps

Tu déguises

Jouis

Ton …

Ctrl Syst

                Interlope

                                      Biiiiiiip

Le blog de La Peau Douce

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Les oulimots de Laurent Chamoux :

Dans un bar brumeux au fin fond de l’Indochine, il est environ minuit, l’air devient chargé, irrespirable, une odeur de métal se répand dans ce milieu urbain très dense. Des hommes endimanchés font leur apparition dans ce milieu interlope. Il règne une grande confusion dans ce bouge, alliage d’odeurs, de bruits, de sensations étranges retentit le téléphone.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

C’était le jour de la St Urbain quand, endimanchée, je décidais de sortir prendre l’air. Je n’étais pas une adepte des promenades en journée, je préférerais marcher seule dans la nuit vers minuit. J’en profitai pour aller faire des courses et me rendre dans mon restaurant préféré qui s’appelait Indochine. Il avait plusieurs plats dont divers alliages de cuisine asiatique. Sa devanture était composée de décorations de dragon en métal. Ce restaurant n’avait rien de traditionnel, il était même futuriste dans son décor d’ensemble.

Ma commande passée, j’étais assise dans un coin quand le téléphone de l’établissement se mit à sonner. Le patron répondait par onomatopées à son interlocuteur. Il se mit à crier dès qu’il eut raccroché. La BAC arriva quelques minutes après le coup de fil, les employés courraient dans tous les sens. Ce restaurant était en fait un établissement interlope, qui blanchissait l’argent de la mafia chinoise de tout le quartier. Je justifiai ma présence sur les lieux. Heureusement pour moi, je fut relâchée sans problème, l’inspecteur ayant compris le sens de ma présence dans le restaurant. 

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Les oulimots de Gabriel Kevlec :

Si Indochine rêvait d’un monde au satellite blond, tu sembles préférer ma lune blanche, révélée à peine le manteau tombé devant ta porte. Tu t’attendais peut-être à me voir endimanché, j’aspire à me sentir emmanché, nu contre ton torse large, jambes crochetées à tes hanches, emplissant la brise de nuit des clapotis de nos peaux rendues liquides. Entre tes bras, je deviens océan, plonge, plonge en apnée, viens flatter mes abysses de ta langue, de ta queue ceinte de cet anneau de métal qui la fait plus roide encore. Oublie les autres, oublie l’air de la ville, le paysage urbain qui s’étend sous les fenêtres de ton appartement, et vogue avec moi dans cette parenthèse, fais de moi la virgule de ta phrase, le soupir de ta mélodie, délice de catin interlope à tes lèvres soumise, vice de satin à ta hampe promise, oublie que je suis homme, oublie mon sexe tendu contre ton ventre, et avant que ne sonnent les douze coups de minuit nous renvoyant à la fadeur du réel, fais de moi un conte, un alliage de personnages taillés à ta mesure, taillant ta démesure, hétaïre sous ta baguette, jolie princesse en levrette… Il était une fois un coup de reins qui m’arracha des suppliques débordant le livre ; accroché à tes épaules, je divague, je dis encore, je disparais ; remplis-moi que je sombre et dans l’obscurité de ta chambre, attrape ton téléphone, et fige l’instant précieux où la rose dégorge langoureusement de toi sur les draps. Minuit résonne. Je t’abandonne. Dis-moi que tu frissonnes…

Le blog de Gabriel Kevlec

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Les oulimots de Ssaara : 

Il était minuit déjà et il savait bien qu’il n’aurait jamais dû goûter au breuvage interlope concocté par Max. 

Il n’en avait pas l’air Max, avec sa tenue de communiant endimanché, mais il s’y connaissait en cocktails chelous, qui vous envoyaient planer dans une autre dimension .

Alors que ses goûts musicaux ne l’entraînaient que vers les musiques urbaines tels rap et R’n’B, le Métal aussi, le voilà avec les autres abrutis en train de beugler des chansons de Téléphone et même d’Indochine dont il ne pensait même pas connaître les paroles.

Mais il avait atteint le summum de la honte quand ils en étaient arrivés au répertoire du Boys Band Alliage, chorégraphies incluses.

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Les oulimots de Dick :

On m’avait donné rendez-vous à minuit dans un club Interlope des bas-fonds. Un de ces endroits dont aucun secret ne sort. Notre conversation ne pouvait en aucun cas se faire au téléphone, son sujet étant trop sensible, et j’étais déjà probablement sur écoute.

J’étais arrivé à l’heure prévue et avais donné le mot de passe au portier, un colosse étrangement endimanché pour le lieu mais dont l’air bien peu urbain suffisait à dissuader quiconque d’essayer d’entrer. Je ne m’étais pas installé au comptoir. Trop visible. J’avais préféré un coin sombre, un peu à l’écart, sachant très bien qu’on me trouverait facilement et que nous serions plus tranquilles pour discuter.

Il allait falloir jouer serré. Le fabuleux métal dont je voulais avoir l’exclusivité de l’extraction ne mûrissait certes pas dans les mines lointaines de Cipango, en Indochine plutôt, mais les mafias d’extrême-Orient n’étaient pas commodes d’où qu’elles soient. Et j’en avais besoin pour la fonte d’un alliage qui ferait de moi, à coup sûr, l’homme le plus riche du monde.

J’attendais depuis une dizaine de minutes lorsqu’un petit bout de femme vint se planter devant moi. 

— Vous êtes à l’heure. Et seul. C’est bien. Je serai votre unique interlocutrice. Vous avez l’air surpris. Mais ne vous fiez pas aux apparences.

Les deux hommes qui venaient de se placer à mes côtés et qui vérifiaient que j’étais clean lui semblaient tout dévoués. Je lui souris timidement en l’invitant à s’asseoir. Les femmes de pouvoir me fascinaient depuis toujours.

Le blog de Dick

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Les oulimots de Ssslll2 : chut un pétale :

— Oh c’est quoi cette interlope ?

— Tu manques pas d’air !

— C’est pas parce que tu es endimanché que tu peux me manipuler à minuit ! Pour écouter du métal en plus.

— Je te rappelle qu’en Indochine on respecte son téléphone ! Cet alliage précieux de plastique  et de verre raffiné. La prochaine fois tu srras bien urbain de me laisser dans ta poche !

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Les oulimots de Gérald :

Elle m’avait donnée rendez-vous à minuit au bar de l’Alliage. J’avais l’air plutôt idiot en entrant dans ce bistrot un peu interlope.

« Je te veux endimanché » m’avait-elle ordonné.  Habitué à lui obéir, je m’étais exécuté.

Bien entendu, elle n’était pas à l’heure. Pour patienter, je décidai de faire un Paris Mutuel Urbain.

Au fond du bar, des types louches écoutaient de la musique du groupe Indochine, ainsi que du heavy Metal.

Je m’apprêtais à  prendre le téléphone quand je la vis entrer. Tous les regards se focalisèrent sur elle. Elle était superbe, tout habillée de cuir. Ma soirée s’annonçait sous les meilleurs auspices.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Quel point commun entre Marguerite Duras et le rock ? Vous ne trouvez pas, n’hésitez pas à me donner un coup de téléphone, même après minuit, mais si je vous précise que ce n’est pas de l’interurbain, je vais avoir l’air d’un de ces vieillards cacochymes endimanchés qui rêvent d’aller écouter du métal dans un bar interlope.

J’avoue, cet assemblage de mots hétéroclites est un étrange alliage. Je vais donc abandonner cet exercice d’écriture et filer écouter un vieux disque d’Indochine.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Il va bientôt terminer de nous casser les oreilles avec sa musique heavy metal ? Passe encore qu’il écoute en boucle Téléphone ou Indochine, mais cette musique de barbare jusqu’à minuit et plus, non je refuse, il a beau être mon fils, j’appelle la police !!

De mon temps, on savait se tenir, on allait en guinguette, propres sur nous, endimanchés quoi et on dansait sur un air de java. Il y avait bien quelques personnes qui avaient l’air un peu louches. On les qualifiait d’interlopes mais ils n’étaient pas méchants, ils faisaient partie du décor.

Oh je sais ! Pour son anniversaire, je vais lui offrir un disque des boys band d’Alliage, je pense qu’il comprendra le message subliminal : restons urbains, pas de musique de sauvages à la maison !

Oulimots 2021S16 : et toujours la contrainte

Jeanne J, un cul-rond en baie de Bourgneuf

Mots contraints : calfeutrer, priorité, route, chaloupe, lettre, jamais, toujours, encore, arbre.

Les oulimots de Laurent Chamoux :

Belle route du Morgan qui s’enroule autour des arbres de la forêt, tes couleurs flamboyantes dont je me rappellerai toujours les tons lorsque je serait loin de toi. Toujours cette maudite galvache qui m’expédie loin de chez moi. J’attends avec impatience ta lettre quand je serai au bas pays où j’arriverai doucement au pas chaloupé de mes bœufs qui ont ma priorité ces temps ci. De lourds travaux nous attendent avant de rentrer se calfeutrer pour l’hiver. Jamais j’oublierai mon beau pays moi le pauvre galvacher

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Les oulimots d’Elisa Stark :

La lettre était arrivée en priorité, ou plutôt en prioritaire. Il l’avait postée lors de sa dernière escale avec sa chaloupe. Ce voyage lui permettait de faire le tour du monde pendant la pandémie, il avait évité de ce fait d’être calfeutré chez lui dans son appartement. Le navigateur avait profité de descendre à terre pour s’approvisionner et se faire le plaisir d’aller pisser contre un arbre, la nature lui manquait en pleine mer. La route vers le sud était sa priorité, il n’avait jamais visité cette partie de l’hémisphère. Il en avait toujours rêvé de cette escapade, il la racontait dans les cartes postales qu’il envoyait à sa vieille mère. Il lui écrivait régulièrement, savait qu’elle devait les collectionner et à chaque fois penser, encore une. 

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Les oulimots de Béroalde :

A l’approche du matin, la tempête redouble de violence. L’arbre tient bon, je l’ai choisi pour sa solidité et la vue qu’il me donne sur l’océan, mais la cabane est bien près de céder. Les murs de planches prises à l’épave de la chaloupe, que je m’étais appliqué à calfeutrer de mousses et de goémon grincent et craquent sous les bourrasques. J’espère encore, tremblant de froid sur ma couchette, la venue d’une accalmie, mais la force du vent augmente toujours. Je sais que jamais je ne retrouverai le courage de reconstruire aussi haut dans les branches, malgré la priorité que je m’étais fixée de garder les yeux sur l’horizon. Il reste de toute façon désespérément vide, si loin de toute route maritime. 

Quand la tempête aura cessé, et si j’y ai survécu, il faudra que je retourne sur la plage. Avec du bois flotté et des galets, je reformerai les trois lettres géantes que jusqu’ici aucun avion n’a vues : S. O. S.

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Les oulimots de Dick :

Le temps est particulièrement moche aujourd’hui et je n’ai qu’une envie : rentrer me calfeutrer chez moi, prendre une douche brûlante et m’effondrer sur le canapé avec du Bach dans les oreilles et une tasse de thé dans la main.

La route entre mon bureau et chez moi n’est pas longue et ma priorité est de perdre le moins de temps possible entre ces deux points. Je me laisse pourtant distraite par le cul qui chaloupe devant moi. Large et rond, il appartient à un petit bout de femme aux cheveux très courts auquel je succombe immédiatement. 

Vais-je, comme toujours, passer mon chemin et ne garder qu’un souvenir fugace de ses rondeurs ? Non, pas cette fois encore. Je presse donc le pas pour la retrouver.

Je n’ai que quelques mètres à faire. Elle m’attendait visiblement. Elle me sourit.

— Tu viens Chéri ? Pour deux cents balles on va se mettre au chaud un bon moment tous les deux. 

Une professionnelle. Je n’ai jamais eu à faire appel aux services de l’une d’entre elles. Et pourtant, là, sous cet arbre, cela me semble tellement évident d’oublier un peu ma vie dans ses bras. 

Je lui rends son sourire. Je ne vais finalement pas suivre mon programme à la lettre et c’est tant mieux.

Le blog de Dick

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Les oulimots de Ssaara :

Je suis ta route 

Sur mes chemins secrets

Au tracé toujours parfait 

Viens suivre la sente

Qui chaloupe en secret 

Dans tes pensées je suis calfeutrée 

Tu sais que tu as la priorité 

Et qu’entre arbre et buisson moelleux 

Le voyage sera encore mieux 

Cette lettre mon voyageur

Pour te dire qu’encore et peut être à jamais 

Nous tracerons ensemble les virages 

Vers notre destination commune

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Les oulimots de Gabriel Kevlec :

Théâtre de rue

Louve urbaine juchée sur des talons aiguille, elle a la démarche en chaloupe, animale, prédatrice. Sur le sentier qui serpente hésitant entre les arbres centenaires, ses longues jambes gainées de noir se croisent, se frôlent, affolant mon regard et mes respirations. Je crois sentir dans l’air les effluves d’une fragrance brune, un parfum riche traçant une route olfactive entre elle et moi. Ses longs cheveux d’obsidienne balancent en rideau de théâtre, et je deviens l’acteur au trou de mémoire, rêvant de m’y calfeutrer pour ne jamais refaire surface. Ferré, hypnotisé, je coupe la priorité à un cycliste qui m’envoie quelques verbes fleuris dont j’attrape les lettres enragées pour composer une déclaration. Mais que dit-on à une inconnue que l’on croise pour la première fois, dont on n’a jamais vu le visage ? Lui dit-on que son empreinte restera toujours gravée sur l’écran de sa mémoire ? 

Les jérémiades du vététiste arrêtent sa course, et lorsqu’elle se retourne, son regard aspire tout l’oxygène de mes poumons, du parc, du monde entier. Sur son cou gracile qu’un léger chaume vient joliment ombrer, le sursaut d’une pomme d’Adam proéminente marque sa déglutition. L’œil alourdi de mascara m’envoie un clin d’œil. 

En matière de théâtre, il semblerait que j’ai encore beaucoup à apprendre…

Le blog de Gabriel Kevlec

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Calfeutrer le navire est évidemment une priorité pour pouvoir prétendre poursuivre la route sans risquer de finir dans la chaloupe jetant une bouteille à la mer contenant sa dernière lettre dont l’on ne saura jamais ce qu’elle deviendra, même si l’on espère toujours qu’elle arrivera encore à terre, près d’un arbre.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Quand te décideras-tu à calfeutrer cette porte ? Encore une fois, tu n’as rien fait, l’hiver viendra et j’aurai toujours aussi froid dans cette vieille maison.Tout que je peux réclamer reste toujours lettre morte. A croire que ta priorité c’est d’aller courir les filles ou de tailler la route.
Tu n’as rien à faire de ta pauvre mère. Ce n’est pas toi qui est coincée sur ce fauteuil roulant. Maudite soit cette plaque de verglas qui a provoqué une sortie de route contre un arbre. Pourtant la soirée avait si bien commencée, le dîner à « La Chaloupe » avait été un délice et le désir réciproque de connaitre une nuit torride se lisait dans nos yeux.
Hélas ton pauvre père est mort sur le coup et moi jamais plus je ne pourrai marcher.
Ne pars pas si tu me laisses seule, je fous le feu à la maison.

Texte inspiré du personnage de Stéphane Audran dans « Poulet au vinaigre »

Oulimots 2021S15 : une contrainte en cachette.

Mots contraints : Ouvrir, blessure, magnifique, course, cachette, choix, version, nouveau, même

Les oulimots de Gérald :

Retrouvailles. 

A nouveau, je voulais la revoir, pour cela, je m’étais inscrit à une course à pieds près de chez elle, malgré une blessure encore bien présente.

Pour cette épreuve, les organisateurs voulaient que l’on participe déguisé. Pour cela, j’avais acheté en cachette ,pour lui faire la surprise, une magnifique perruque version licorne, son animal fétiche.

Même si j’avais le choix du parcours entre un 10 kms et un semi marathon, j’avais privilégié le semi qui passait juste devant chez elle.

Je m’imaginais passant devant sa maison, la voyant ouvrir sa fenêtre et me reconnaissant avec ma perruque.

Ce serait le bonheur. 

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Les oulimots de Bruneline :

Non il ne faut pas ouvrir cette porte!!

Laisse moi juste montrer ma version magnifique. Celle où je suis moi en mieux. Celle où jamais ma course ne s’arrête. Celle où je souris sans blessure. Celle où tous les choix sont encore possibles. Mais ce n’est pas vrai, ce n’est pas nouveau… Je veux rentrer dans la cachette où même toi tu ne peux pas aller quand je suis épuisée, recroquevillée.

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Les oulimots de Fran :

De ses doigts en ciseaux, elle vient d’ouvrir son sexe, blessure magnifique qui découpe le bas de son ventre. 

Je m’assois en face d’elle, ne pouvant pas détacher mes yeux de sa béance. Même le temps doit interrompre sa course devant un tel spectacle me dis-je. 

Son clitoris est sorti de sa cachette et darde fièrement dans ma direction, ne me laissant pas d’autre choix que celui d’honorer cette sublime version vivante de l’Origine du Monde.

Cette façon qu’elle a de s’offrir à moi n’a pourtant rien de nouveau. C’est même devenu un rituel entre nous. Il n’en demeure pas moins que c’est un perpétuel émerveillement pour moi.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Ssaara :

Elle était là, dans ce lit d’hôpital, emplie d’une panique qui conférait à la douleur, d’un sentiment mitigé de soulagement et de terreur.

Bientôt le médecin allait ouvrir les pansements qui, encore, dissimulaient la blessure que quelques jours avant le bistouri avait générée.

Elle avait tant pleuré en cachette, à la terrible perspective de voir sectionnés d’elle ceux avec lesquels elle avait frémi, aimé, nourri ses bébés, ceux qui contribuaient tant à la faire femme.

Mais il n’y avait pas le choix : la course pour la vie avait commencé quelques mois plus tôt avec la pose de la chambre implantable et les instillations si délétères de poison destiné à tuer le crabe qui grignotait ses tendres globes blancs de l’intérieur.

Elle n’était déjà plus que la moitié d’une femme ,sans cheveux, faible et amaigri. Et, aujourd’hui, son torse, hier encore si rond et doux, avait été rayé de la carte.

Il allait bien sûr y avoir une version nouvelle de Ssaara, une œuvre de réparation du magicien en blouse verte. Mais allait-elle savoir adopter ces pièces de consolation ?

Elle ne savait pas encore qu’un jour la vie redeviendrait, magnifique, et que, femme, elle le serait encore et plus encore.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Au risque d’ouvrir une vieille blessure, mais je ne suis nullement responsable du choix de mots pour ce soir, un magnifique choix au demeurant, je voudrais évoquer un sujet sensible. Je n’évoquerai certes pas le fait que j’ai cessé la course à pied depuis déjà quelques mois, ni les jouets potentiellement rangés en quelque cachette, mais mon choix de cesser d’écrire ou de publier, il y a déjà quelque temps, après l’échec de la dernière version de mon format de publication qui finalement n’est pas si nouveau et même un peu trop classique.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Ouvrir un pot de confiture et se faire une blessure. 

Magnifique temps pour cette course en marchant. 

Tu as trouvé une cachette ? Ici il n’y a que l’embarras du choix dans cette maisonnette.  

Cette version n’a rien de nouveau, on dirait la même version 2.0. 

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Les oulimots d’Alexandre :

Merde ma blessure est en train de s’ouvrir, je ne vais pas pouvoir aller loin avec cette entaille au ventre. Les chiens vont vite retrouver ma trace.

Mais je n’ai pas le choix, il faut que je trouve une cachette pour la nuit avant de reprendre à nouveau ma course pour échapper à ce fou de Zharoff.

Comment ai-je pu croire à cette magnifique version d’un emploi de gouvernante payée rubis sur ongle ? Même pas vrai… Pourquoi faut-il que je sois toujours aussi naïve ?

En attendant cours de toutes tes forces !