Oulimots 2022S03 : une contrainte rugueuse

Mots contraints : Sensation, rugueux, festivités, médical, jeu, appeler, dehors, exil, foule. 

Les oulimots d’Ada :

Sensations nouvelles, charmes rugueux, festivités de l’âme à effet non pas médical mais néanmoins anesthésiant ; jeux qui nous appellent au dehors, vers l’exil de nous-mêmes, vers l’ivresse de la foule, ses extrêmes.

Le blog d’Ada

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Les oulimots d’une nymphe des forêts :

Pour des raisons sanitaires évidentes, les festivités hivernales devront contenir la foule dehors, tel un exil médical.

Ce jeu épuisant fera une fois de plus, ressurgir et appeler une étrange sensation d’eclusion et de malaise social.

Que de rugueux déchaînements en perspective !

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Les oulimots de Dick :

Il y a une foule de prétendants à l’exil en ses terres. Je sais pourtant que la plupart, sous des dehors rugueux, ne sont que des mous dont elle n’aura que faire. Le but du jeu est donc, au cours d’un bref entretien, de séparer le bon grain de l’ivraie afin de ne lui présenter que quelques candidats sérieux. Après debrief, il ne me restera plus qu’à appeler les élus pour les convier à nos festivités. Enfin, sous réserve qu’ils puissent nous produire un certificat médical délivré par un médecin du sport. Trop de leurs prédécesseurs ont fait des malaises en s’agitant de façon excessive pour la satisfaire et nous avons mieux à faire que de les conduire aux urgences. 

Le blog de Dick 

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Les oulimots de M :

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Il va vivre de drôles de sensations aujourd’hui. En premier lieu, j’utiliserai des ustensiles rugueux contre sa peau. Les festivités ne commenceront vraiment qu’avec le jeu médical. Je veux le faire m’appeler, me supplier d’arrêter ou de continuer devant la foule qui est en dehors de la scène. Je prévoirai son exil de mon donjon seulement s’il me déçoit durant cette séance qui doit être un spectacle devant mes pairs.

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Les oulimots de Gérald :

J’ai enfin mon certificat médical, mon sésame pour avoir l’autorisation de courir des marathons. Et notamment mon préféré, celui du beaujolais.

Et même si le parcours est difficile, sur un terrain rugueux, c’est plus un moment de festivités qu’une vraie course. Le jeu consiste à courir avec un déguisement, et tous les gens sont dehors pour t’encourager. C’est une sensation de bonheur unique de voir toute cette foule qui applaudit.

La première chose que je fais, une fois mon marathon terminé, c’est de l’appeler et de lui envoyer une photo de moi, déguisé en licorne. Celui qu’elle préfère. La vie loin d’elle est pour moi, comme un exil.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Je suis heureuse d’avoir eu ces sensations hier soir. Cela s’appelle le festival des lanternes de Blagnac. Rien de rugueux ou d’agressif, mais de la douceur et de la poésie dans les jeux de lumières. Ces festivités se passent dehors et il y avait une foule raisonnable. On y trouve différentes animations avec des scènes de nature d’une précision médicale. L’Asie est mise en avant cette année, cela m’a presque donné envie d’y  partir en exil.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Les yeux bandés, tous les sens concentrés sur cette sensation, un objet rugueux qui effleure ses fesses nues, un claquement sec succède bien vite à la caresse, marquant le début des festivités et provoquant murmures approbateurs parmi les personnes qui assistent au spectacle. Bientôt le matériel médical entrera en jeu aussi. Puis quelques mots vont appeler celles et ceux qui le souhaitent à jouer de son corps offert et abandonné. Mais aucune inquiétude n’existe dans son esprit : si d’aucuns ne respectaient pas les règles ils seraient aussitôt jetés dehors en exil. Alors que pendant ce temps, des escarpins pourront fouler son corps humilié jusqu’à la plus extrême jouissance.

Le blog d’un Joueur Parisien 

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Les oulimots de Lady Annia :

C’est bientôt mon anniversaire et je ne peux cacher cette sensation d’excitation qui me parcourt.

Pour bien débuter les festivités, j’ai décidé d’appeler mes plus proches amis pour fêter ça comme il se doit. Il y a ceux qui, comme Benjamin, aimeraient qu’on organise une fête, mais je ne suis pas très emballée car je déteste la foule. Il y a celles qui, comme Val, aimeraient plutôt qu’on aille dehors recréer un jeu de notre enfance, mais j’ai peur que les températures soient trop froides en ce moment. Et bien sûr, il y a ceux qui, comme Joachim, essaient de se rendre utiles en me proposant de commander le gâteau dans la boulangerie qui vient d’ouvrir à côté du centre médical, mais je ne suis pas sûre, car pour avoir croisé le patron, il a l’air d’avoir un caractère rugueux et pas commode.

Je crois qu’à choisir, je préférerais un exil aux Bahamas en charmante compagnie et passer mon anniversaire au bord de la plage en sirotant une margarita.

Le blog de Lady Annia 

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Oulimots 2022S02 : l’appel de la contrainte

Image San Hwu / Flickr

Mots contraints : Rose, cicatrice, appel, champion, désarmer, aspect,  sabre,  casser, roi. 

Les oulimots de Laurent Chamoux :

Comment devenir ton roi ? T’offrir une rose couleur de ciel,répondre à tous tes appels. Être ton champion, un leader capable de tout casser pour toi ? Je suis désarmé devant toi, mon aspect est celui d’un pleutre, mon sabre dont j’étais si fier n’est qu’un vulgaire jouet en plastique. 

Il ne me reste de toi qu’une cicatrice, de celle qui se referme mal, qui ne guérit pas, celle du cœur.

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Les oulimots de Ssaara :

Ça y était !

Appel du bloc pour signaler que c’était à son tour de passer sous le sabre du roi en vert.

Désarmée et docile, elle se laissait livrer au champion qui allait lui rendre un aspect qui lui convienne et éradiquer le mal.

Elle sortirait, douloureuse, endormie et mais réparée , avec au sein une cicatrice qui finirait par devenir d’un doux rose, trace du combat de plus.

A la devise « ça passe ou ça casse », à ce jour elle était encore de celles qui poursuivaient la route.

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Les oulimots de Dick :

Un bouquet de roses et une bouteille de champagne qu’il sabre. Sous bien des aspects, cela pourrait apparaître comme les actes d’un champion de la galanterie. 

Ce n’est pas le cas ici.

Il s’est juste conduit comme le roi des cons en me cachant qu’il flirtait avec une autre et essaie maintenant de mettre du baume sur la cicatrice qu’il a faite à mon amour propre.

En vain. 

Ma colère ne désarme pas. Il peut se casser où il veut et aller retrouver sa pouffiasse si ça lui chante, il a perdu ma confiance et c’est sans appel. 

Je n’étais pas contre le fait qu’il s’amuse pourtant. Ni contre un éventuel trio. Mais monsieur n’a pas voulu jouer franc jeu et cela a causé sa perte.

Le blog de Dick  

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Les oulimots de Nicolaï Drassof :

Il était resté le roi, le champion. Il n’avait ni cassé son sabre, ni abdiqué son orgueil. Quant à désarmer sa fureur, il n’en était pas question.   Au moindre appel, il se dressait avec l’aspect terrible que lui donnait la grande cicatrice rose qui couturait son visage, l’oeil restant exorbité et la bouche tordue de rage.

Parfois, il alignait les trophées gagnés au long de sa glorieuse carrière sportive, et d’un de ces larges mouvements de lame qui l’avaient rendu célèbre, il sabrait, blessait coupes et médailles, les réduisant au chaos qu’était devenue sa vie.

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Les oulimots de Caroline / petite plage 66 :

Il était une fois, dans un pays lointain et dans res temps reculés, un roi à l’aspect effrayant. Son corps n’était qu’une cicatrice. Son épouse, la reine Rose, n’avait jamais pu désarmer le bras de son champion. Il aimait se battre, ne résistait à l’appel d’aucun combat de sabre et était connu pour son habileté à casser ses adversaires. Elle, par contre, aimait soigner les hommes et les bêtes et pratiquait sans répit les travaux d’aiguilles. Malheureusement pour lui, elle n’était pas habile, d’où son aspect repoussant.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Il était le champion et ne s’était jamais laissé désarmer. Il faisait toujours attention de manier le sabre afin que l’aspect de la cicatrice ne soit pas sans appel, cela devait être parfait. Surtout ne pas casser cette petite rose qui, greffée, ferait de lui le roi de cette discipline.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

C’était au printemps, les cerisiers étaient en fleurs. J’avais fait appel à un champion du combat au sabre. 

Lorsqu’il vit que j’étais une femme, il ne voulut pas me donner de cours. Comme si j’étais une femme fragile et qu’il ne fallait pas qu’il me blesse, mais je voulais simplement apprendre à me défendre. Je finis par le convaincre. La lame de son sabre avait l’aspect brillant d’une arme plutôt bien affûtée alors que la mienne était quelconque.

Nous nous saluâmes et au premier coup, mon sabre se tordit. Je ne voulais pas le casser, mais je crois qu’il était légèrement fendu.

Au second coup, il voulut me désarmer, mais je réussis à parer son coup. Puis il reprit le dessus. C’est là qu’il alla un peu plus fort.  Au troisième coup, je sentis la vibration sur mon avant-bras et je lâchai mon arme.

Il tenait son sabre droit, la pointe sur ma gorge. Un filet de sang s’écoulait entre mes seins. J’avançais doucement vers lui. Ne sachant plus quoi faire, il baissa subitement son arme et la posa sur le tatami.

Il semblait vouloir continuer le combat à la main. Il agrippa mon kimono, me jeta au sol et m’immobilisa avec son bras. J’étais à sa merci et soudain, il prit une inspiration. Sans doute avait-il senti mon parfum à la rose.

Mon kimono était ouvert et je n’avais que mes sous-vêtements en dentelle. Je le regardais et le laissais glisser ses mains sur mon corps.

Mes mains baissèrent son kimono pour s’aventurer sur son dos qui portait une cicatrice géante. Le vestige d’un combat du passé. Nous nous embrassâmess et nos corps s’entrelacèrent. .

Il était devenu mon roi le temps d’un printemps et c’est le plus beau souvenir dont je me souviens.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Avez-vous connu la revue Les feuillets roses. L’effeuillée rose, une revue qui, faut-il le préciser, n’a aucun rapport avec la bibliothèque de même couleur ? L’arrêt de sa publication a laissé une cicatrice indélébile dans la littérature érotique. Ne devrions-nous lancer un appel pour chercher un héros, un champion capable de désarmer toutes les oppositions afin de faire revivre cette revue sous le même aspect, un repreneur tranchant comme un sabre, prêt à tout casser, en quelque sorte un roi !

Le blog d’un Joueur Parisien :

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Les oulimots de Youngmccaffrey :

Champion de l’aspect rose cassé façon cicatrice, le sabre désarme le roi à son appel. 

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Les oulimots de Lady Annia :

J’ai une cicatrice en forme de rose dans l’âme, depuis le jour où il est parti. Pour résoudre ce problème, je voudrais que ce soit aussi facile que de faire appel à un médecin et qu’il soit champion dans l’art de réparer des choses qu’il ne peut pas tenir entre ses mains.

Je pense plutôt avoir besoin d’un roi de cœur qui saura caresser mon être tout entier, sans jamais envisager de le casser ni de l’amoindrir pour son simple plaisir. 

Son aspect n’est pas important, tant qu’il aura un regard qui pourra me désarmer, même lors des jours gris, et qui préférera avoir un sabre plutôt qu’une épée en tant qu’arme de prédilection : j’aime les hommes surprenants.

Le blog de Lady Annia

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Les oulimots de Gérald :

Depuis peu, j’ai emménagé dans la ville rose. Et, désirant m’intégrer rapidement, j’ai décidé de m’inscrire dans un club d’escrime afin de me faire des connaissances ainsi que pour pratiquer l’épée et le sabre. Mes passions qui m’ont d’ailleurs laissé quelques belles cicatrices. 

Ma première rencontre fut face au champion local, surnommé le roi du fleuret.  Si mon but, n’était pas de le désarmer, j’en n’étais incapable, je voulais lui montrer que malgré mon aspect un peu lourdaud, je pouvais le tenir en échec en faisant appel à ma botte secrète et, ainsi, lui casser son ego.

Pas sûr qu’il devienne mon ami.

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Les oulimots d’Alexa D :

Incantation

La louve qui est en moi exalte l’aspect de chienne enragée.

Je fais appel au roi. Rose ou sabre la louve sait les casser,

Champion en la discipline tu en porteras la cicatrice.

Viens à moi en souverain, la louve sait te désarmer.

Les oulimots d’Ada :

Les oulimots d’Ada :

Oh Rose de ma cicatrice ! entends-tu l’ appel de ce champion de chagrin ?  sans toi, je ne suis plus rien, tel un guerrier désarmé, de pitoyable aspect, avec son sabre cassé, roi de malheur !

Le blog d’Ada

Oulimots 2022S01 : une contrainte en vie

Image Philippe Sauvaget /Flickr

Mots contraints : bonheur, sept, vie, ici, dehors, minuit,  caillou,  esprit,  bouger

Les oulimots d’Elisa Stark 

Le bonheur ne serait-il pas comme pour les chats, d’avoir sept vies ? Ici, la sienne est plus qu’heureuse, il vit dehors, se promenant à minuit tout seul, tranquille. Marquant son territoire à chaque caillou sur lequel il s’est frotté. Dans son esprit ici c’est chez lui. Il sait se faire respecter sur bout de rue qui lui appartient, restant parfois un long moment sans bouger à l’affût d’un autre chat qui voudrait empiéter sur son chez lui qu’il défend de ces griffes. Cette vie est ponctuée de câlins, de ronrons et de caresses. D’une gamelle toujours pleine et de quelques friandises données quand il a été sage. Une vraie vie de patachon. Moi, vouloir être chat…

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Les oulimots de Lady Annia :

Je croyais être comme les chats et avoir sept vies, mais quand je sors dehors la nuit après minuit et fais bouger mon corps au rythme des beaux sons, je comprends plus que jamais que tout ce qui m’appartient est ici et maintenant.

Je n’ai pas peur de bouger le caillou qui bloque la route jusqu’à mon bonheur et qui permettra à mon corps, ainsi qu’à mon esprit, de profiter plus que jamais de la vie qui s’offre devant moi.

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Les oulimots de Nicolaï Drassof :

J’avais rendez-vous rue des sept petits bonheurs
A l’horloge du quartier, minuit sonne. C’est l’heure
Où la vie ralentit, sous la couette blottie.
Dans le nuit déchirée du hou hou d’un hibou.
Fantôme plein d’esprit, il apeure la nuit
Figée, subjuguée, sans plus bouger qu’un caillou
Seule, dehors à minuit, je refoule la peur
Car je suis, ici, rue des sept petits bonheurs

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Vous dirais-je le bonheur à me retrouver en ce début d’année à tenter de répondre à cette nouvelle contrainte quelque sept ans après mon premier texte ainsi contraint. Non j’exagère, ce n’est pas si vieux mais je n’avais rien trouvé d’autre sauf à vous aligner les sept péchés capitaux, orgueil, avarice, luxure, envie, gourmandise, colère, paresse. Mais, me direz-vous à juste titre, à vouloir aligner sept péchés j’aurais pu au moins créer une liste de sept péchés capiteux, leur redonner une nouvelle vie hic et nunc, ici et maintenant. En dehors de cela je n’ai aucune autre inspiration et il est tard, déjà minuit, il est temps que j’envoie mon billet Je pourrais encore meubler avec la liste des mots se terminant en ou et dont le pluriel est en x, bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou, liste de sept mots avez-vous remarqué, mais hélas un petit huitième a fait son apparition, ripou. Tout cela, vous en conviendrez manque d’esprit mais il est temps pour moi de bouger et d’envoyer cela.

Mais promis, je ferai mieux la prochaine fois et fournirai bientôt une liste des sept péchés capiteux !

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Les oulimots d’Ada :

« Bonheur-sept », c’est un nom de boisson, elle ressemble un peu à l’eau-de-vie, mais  on ne la connaît pas beaucoup ici ; quelqu’un en avait apporté pour le réveillon du 31, nous fûmes invités à la boire dehors sur la terrasse, bien sûr juste à minuit ; c’était très bon, mais, petit caillou dans la chaussure, elle nous embrouillait un peu l’esprit,  il nous a fallu attendre un bon moment pour que le sol cesse de bouger ; bonne année quand même, et on a resservi. 

Le blog d’Ada

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Les oulimots de Dick :

Et si ma première résolution de l’année était de me bouger ? Je garde à l’esprit, comme un caillou dans ma chaussure, que veiller bien après minuit, dormir la journée et ne mettre le nez dehors que quand le soir tombe n’est pas spécialement productif.

Alors, et je l’écris ici, 2022 sera l’année du début d’une nouvelle vie. Car je n’en ai pas sept, comme les chats, et, si le bonheur existe, il ne se trouve pas au fond d’une bouteille dans un club, si huppé fût-il.

Le blog de Dick

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Les oulimots de Ssaara :

Le bonheur ça n’est plus pour moi, en tout cas plus ici et maintenant se disait elle depuis longtemps, plus dans cette méchante vie . 

Elle se sentait comme Cendrillon après les 12 coups de minuit, sa jolie robe transformée en truc informe, et ses bijoux en simples cailloux grisâtres plombant vilainement ses mains aux ongles écaillés .

Dehors la pluie tombait de manière incessante depuis au moins sept jours, son esprit était comme une éponge ramollie et elle ne trouvait même plus l’énergie de bouger jusqu’à son frigo pour en extraire quelque aberration nutritionnelle culpabilisante.

Et cet homme charmant qui lui écrivait depuis quelques jours sur l’application LoveYoungSenior lui avait dit qu’il adorait son sourire et qu’il aimerait beaucoup pouvoir avoir avec elle, si elle y consentait, un échange vidéo !

Elle se rua dans la salle de bains après lui avoir répondu qu’elle en serait enchantée mais qu’elle ne serait chez elle que d’ici une ou deux heures, il allait falloir au moins ça !

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Les oulimots de Caroline/petiteplage66 :

Il était minuit passé. Dehors la neige fraîche avait tout recouvert, même les cailloux arrondis et les petits arbustes du jardin japonais. Elle ne pouvait pas bouger. Elle n’en avait d’ailleurs pas envie. Car même si son esprit vagabondait et lui permettait d’imaginer une vie meilleure, à sept lieux d’ici, elle sentait que son bonheur se trouvait à ses pieds.

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Les oulimots de Gérald :

Mon amie qui vit à la montagne connaît ma passion pour le loup. Aussi, pour me faire plaisir, elle m’a proposé d’aller dormir dans un refuge afin d’aller les observer.

A minuit, nous sommes sortis dehors pour trouver un endroit propice pour les voir. Ici, ça me paraît bien, m’a-t-elle dit. Je ne pensais pas qu’il serait possible de les apercevoir et pourtant, sans doute par l’opération du saint esprit, après une heure d’attente,nous avons entendu un caillou rouler pas loin de nous, signe qu’ils devaient être proche. Et soudain, la meute est apparue, il y en avait sept. Le bonheur, nous n’osions plus bouger. Seul avec elle dans la montagne à observer les loups. La vie rêvée.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Cela fait sept ans que je vis seul ici, car elle a disparu depuis deux ans.

Ma vie solitaire est un enfer. Je vois son ombre partout. Je sens son parfum sur mes draps. Le bonheur m’a quitté. Je me suis isolé à la montagne. 

Ce soir, il fait très froid, mais je dois aller dehors. Il est minuit et je marche jusqu’au lac. Il y a ce caillou de granit rose qui est différent des autres, car l’esprit de ma femme le fait bouger.

Il lévite à deux mètres de haut. Je sais qu’elle est là, car je sens son parfum. Je ne comprends pas ce qu’elle veut me dire, mais je sais que d’être là me fait du bien.

Tout mon corps se sent bien. Je revis durant quelques heures avant de redevenir l’homme triste et fragile que je suis habituellement.

Et si elle voulait que je sois heureux ?

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Les oulimots d’Alexa D :

J’étais passée du bonheur à une profonde tristesse, avec pour lieu commun un aéroport. La vie semble si différente selon que vous attendez un vol ou une personne.  J’étais présente dans le hall des arrivées il y a sept jours et bien trop euphorique pour être assise. J’observais mes semblables qui attendaient aussi ; certains immobiles, d’autres ne pouvant s’empêcher de bouger. Une jeune femme se leva et se précipita vers l’un des premiers passagers à débarquer, une larme coula le long de ma joue. Je jetais un œil à la baie vitrée pour me détourner lâchement de mes émotions, dehors les agents de piste et de sécurité paraissaient si petits à côté des avions. Qu’il soit midi ou minuit c’est la même effervescence, votre esprit perd la notion du temps. Chaque passager qui arrivait faisait exploser mon cœur, je l’attendais ma passagère à moi, je l’attendais depuis cinq ans. Je refusais de penser qu’une semaine plus tard je devrais revenir ici avec elle et sa valise, et quitter l’aéroport seule, noyant mon visage de tristesse. C’est ce qu’il se passe lorsque votre cœur est tout sauf un caillou. 

Oulimots 2021S52 : l’harmonie de la contrainte

Mots contraints : Puissant, infirmerie, randonnée, chasser,  comme, aigle, doux, harmonie, tourner

Les oulimots d’Elisa Stark :

Comme un aigle, je suis en train de chasser. Je cherche ma proie pour passer un bon réveillon. Je vais d’abord lui tourner autour en étant doux pour ne pas l’effrayer. Pour moi c’est une promenade de santé, pas une randonnée difficile. Je suis un dragueur impénitent mais je cherche à trouver l’harmonie avec celle qui me servira pour la nuit. Je ne veux pas être oppressant au risque de l’envoyer à l’infirmerie, euh, chez le médecin pour dépression après notre rencontre. Je suis un amant terriblement puissant. Je ne lésine pas pour faire jouir mes partenaires.

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Les oulimots d’Ian_nale :

John sauta par delà le rocher, d’un bond puissant. Dix jours s’étaient écoulés depuis le début de la randonnée, dix jours où l’harmonie avec ses amis marcheurs avait tourné à la chasse à l’homme. 

Adossé au roc qu’il venait de passer, il jeta un œil à sa blessure. La lame n’avait touché aucun organe vital, heureusement, mais le saignement persistait. L’infirmerie de la colonie de vacances était encore lointaine cependant. 

— John ! hurla une voix. Il ne sert à rien de te cacher ! Laisse nous t’offrir l’harmonie ! Ne nous oblige pas à te chasser ! Choisis nous ! Tout est si doux avec nous !  

La voix de Seth laissa John silencieux. Il ignorait ce qui était arrivé à ses amis, mais il savait que tout avait changé depuis la découverte de l’objet. Cela remontait à plusieurs jours désormais. La chose avait semblé métallique comme un vulgaire disque de métal. La végétation tout autour s’affichait morte. John avait vu ses amis tourner autour de l’objet, le tripoter. Lui n’avait pas éprouvé la curiosité de ses amis. Il avait levé les yeux au ciel alors qu’un aigle faisait bruisser ses ailes dans un cri strident. Quand il avait enfin daigné s’intéresser à la découverte, il s’était confronté aux regards vides de ses amis. Il avait bien tenté de les affronter, eux et leur inertie soudaine, mais le couteau dans son abdomen l’incita rapidement à fuir. Survivre et comprendre ce qu’il se passait, c’était son unique objectif désormais.

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Les oulimots de Dick :

Lorsque j’ai sorti le rouleau d’élasto de mon sac, j’ai lu dans son regard qu’elle me voyait comme le tout-puisant, celui qui allait lui permettre de tenir jusqu’à l’infirmerie. Il ne me restait plus qu’à être doux en lui faisant son strapping et j’aurais fini de gagner sa confiance. Je me suis donc appliqué et mon œil d’aigle n’a pas manqué de remarquer que les mouvements de sa poitrine devenaient plus amples et plus lents.

J’ai fini de chasser mes derniers scrupules de mon esprit quand elle a tourné son visage vers moi pour louer l’harmonie de mes gestes de soins en battant des cils et en se léchant les lèvres. Il nous restait encore une heure de marche et nous allions les faire tant bien que mal mais cette randonnée venait de prendre une bien sensuelle tournure. 

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Cet aigle est extraordinaire, il est divin. Il me suit, car il est mon animal totem. Je le vois tourner haut dans le ciel, puissant et doux à la fois. Il n’est pas en train de chasser, il est juste là pour m’épauler dans mon dernier voyage.

Je suis au milieu de la montagne. Je fais une longue randonnée. Je me sens puissante comme lui et pleine de douceur comme ce que je perçois dans son regard. Je suis en totale harmonie avec la nature. Il est né, une sorte d’amitié entre lui et moi, une complicité. Il me montre le chemin à suivre. Je suis malade et cette marche n’est pas réelle, elle est projetée sur les murs et le plafond. Je suis à l’infirmerie du centre pour faire ma dernière injection. Celle qui va m’envoyer hors du monde des vivants.

En même temps que je meurs, je vois mon animal totem tournoyer autour de moi. Il plonge de plus en plus bas. Je peux presque le toucher. Je crois qu’il se rapproche. Il est sur le point de se poser sur le bras que je lui tends. Il a perdu une plume noire, douce comme du duvet. Je la tiens fortement entre mes doigts.  À cet instant, mon aigle disparaît et mes yeux se ferment à tout jamais.

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Les oulimots de Ssaara :

Depuis cette équipée au col de l’aigle, faite avec son équipe lors de ce week-end d’intégration, il se sentait puissant comme jamais ça ne lui était arrivé. 

Lui qui appréhendait de finir à l’infirmerie lors de ce défi avait su chasser de son esprit la pulsion qui lui disait de tourner les talons et de retrouver le doux cocon de sa chambre d’hôtel, mieux encore dans l’harmonie moelleuse du SPA. 

Au lieu de cela, il s’était surpassé et avait même battu d’une grande longueur l’insupportable Simon, le charmeur de ces dames, le sportif accompli, le collègue sans failles qui avait perdu de sa superbe en traînant la patte et chouinant dans ses luxueuses mais trop neuves Scarpa.

Depuis sa vie au bureau avait changé du tout au tout et même sa femme semblait lui lancer des regards admiratifs.

Finalement c’était bon le succès.

Les oulimots de Gérald :

J’aime ma petite vie tranquille. Vivre en harmonie avec la nature, faire ma randonnée tous les matins  dans ma montagne. Regarder les chamois gambader dans les rochers, voir un aigle au vol majestueux tenant dans ses serres puissantes un petit rongeur.

Mais, depuis que je l’ai vue, en allant à l’infirmerie pour mon test anti covid, je ne suis plus le même. Elle m’a envoûté, elle me fait tourner la tête avec son regard autoritaire, ses beaux yeux bleus. Et depuis elle m’a dit qu’elle aimait bien les hommes doux et docile comme moi, je ne rêve plus que d’une chose, lui être soumis. Eh oui, chassez le naturel, il revient au galop.

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Les oulimots de P_apanoel :

Il est puissant, ce souffle aux parfums variés qui vient de l’infirmerie.

Un nez délicat peut sans peine discerner le baume camphré dont les participants à la randonnée s’étaient oint avec application avant de glisser dans le ravin et la joie, sans pour autant chasser les fragrances légères mais prometteuses posées au creux du cou de l’infirmière qui tourne comme dans une libellule affairée dans la pièce.

L’infirmière-chef passe régulièrement la tête par l’embrasure de la porte, au fil de sa tournée, son sourire intérieur marquant son appréciation du contrôle maintenu sur la situation.

Son doux œil d’aigle note l’évolution du flot de patients, remis sur pied les uns après les autres et claudiquant en toute harmonie dans le couloir, avant de tourner au coin vers la porte de sortie au verre dépoli donnant sur le gouffre.

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Les oulimots de Nicolaï Drassof :

Après la randonnée tragique, à l’infirmerie, l’air du soir me parut doux, diffusant une harmonie inhabituelle. L’image de l’aigle puissant en train de tourner au dessus du lieu de l’accident comme pour assurer sa chasse ou chercher quelque chose, m’habitait. J’y ai vu l’âme libre de notre camarade cherchant un compagnon d’envol. Une autre âme en partance, peut-être. Il renonça, s’éloignant. L’aigle n’est pas un charognard. Est-il un passeur d’âme ?

Oulimots 2021S51 : une contrainte d’enfer

Mots contraints : Trop, enfer, sensation, lumière, perdre, attente, loin, douceur,  variation. 

Les oulimots de Caroline/petiteplage66:

Était-il trop tard? Dans l’enfer où il se trouvait, éprouver une sensation amicale et reposante pourrait signifier la lumière au bout du tunnel. Mais allait-il perdre définitivement la raison dans cette attente? Non loin de lui, assise à une petite table, cette femme inconnue et sa douceur lui apparurent comme une variation inattendue à son terrible ordinaire. L’espoir était encore permis !

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Les oulimots de Dick :

Il sait parfaitement jouer de la variation entre douceur et rudesse et cela me fait aller très loin. Je ne sais pas comment il s’y prend mais j’ai autant de plaisir dans l’attente que dans la réalisation, ce qui ne m’était jamais arrivé avec ses prédécesseurs. Ces derniers, excessivement brouillons, ont fini par me perdre et, à la lumière de ce que je connais à présent, j’ai la sensation de m’être égarée à leur fréquentation. L’enfer est pavé de bonnes intentions paraît-il. On ne peut pas dire qu’ils en manquaient. L’imagination leur faisait hélas par trop défaut. Mais avec #lui j’explore à chaque fois de nouvelles contrées dans le monde du plaisir.

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Les oulimots d’Ada :

Trop souvent, on traverse des enfers avec cette sensation de poursuivre une lumière  qui se dérobe sans se perdre toutefois, mais qui, en attente, au loin, semble avoir perdu en intensité ce qu’elle a gagné en douceur par cette variation de l’éclat qui est la lueur. 

Le blog d’Ada 

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Les oulimots de Noa :

Mon père, je viens me confesser.

J’étais terrorisée à l’idée de rester bloquée dans la salle d’attente de ma vie. Alors, il y a quelques mois, j’ai tout plaqué. Mari, enfants, boulot. J’ai écouté mes envies, en faisant fi de toute limite, de toute morale.

Vous me diriez que je suis allée trop loin, je vous répondrais « pas assez ». Tous les péchés, je les ai tentés pourtant. Luxure, gourmandise et orgueil sont mes préférés.

Étonnamment, aucune sensation de remords n’est venue me hanter. Il n’y a pas eu la moindre variation dans ma détermination.

J’aurais pu m’y perdre, je m’y suis trouvée.

Je dois vous avouer, mon père, je ne suis pas croyante. Mais s’il y a un enfer, je cherche désespérément sa porte. Je n’ai pas choisi votre paroisse par hasard vous savez. Je vous veux, ici et maintenant. Je vois dans votre regard, à travers cette grille, que vous en crevez d’envie. Laissez-vous donc aller à la douceur du vice. La lumière est de mon côté.

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Les oulimots de NynfO2 :

Vu l’état d’enfer dans lequel je me trouve avec le covid, n’ayez pas trop d’attentes quant à ma rédaction.

J’ai la sensation que la lumière et le bruit m’agressent qu’elle qu’en soit la variation et de perdre toute mon énergie au loin.

Confinés, on ne peut même pas s’offrir quelques douceurs…

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Je me suis retrouvée loin de chez moi. Je ne savais pas que je suivais le diable jusqu’en enfer. Je suis attachée à un lit et je sais que je vais perdre la vie. Je n’ai plus d’attente, plus d’espoir.

Je suis trop loin de la civilisation pour que quelqu’un vienne me chercher.

Il entre dans la pièce et joue avec la variation de la lumière. Il s’amuse pour me faire peur, tantôt dans le noir, tantôt dans la lumière.

Il finit par mettre une lumière tamisée. Il s’approche de moi et me bande les yeux. Mon cœur s’emballe. Je suis terrifiée. Il retire mes vêtements avec une douceur absolue et j’ai cette sensation désagréable que je ne peux pas expliquer. Ma bouche s’assèche et je n’arrive plus à déglutir. Ma peau se hérisse.

Je l’entends simplement attraper un couteau, car il frotte la lame sur du métal. La douleur me fait hurler, mais personne ne m’entend. Ma vie est terminée. Je ferai partie des victimes de son tableau de chasse.

Oulimots 2021S50 : une contrainte d’aujourd’hui

Mots contraints : sécurité, aujourd’hui, jouer, graine, gratter, tien, question, spirale, sombre. 

Les oulimots de Dick :

Cela va sans doute vous paraître étrange mais, même si c’est de la graine de voyou, je me sens en sécurité avec ce garçon. Vous me direz sans doute qu’il fait peur avec sa mine sombre, mais il suffit de gratter le vernis racaille pour tomber sur un cœur d’or.

Tenez, pas plus tard qu’aujourd’hui, il a arraché une page de son carnet à spirale pour me donner à lire un petit texte de sa composition. Il n’était bien sûr pas question de poésie lyrique mais il faut lui reconnaître un certain talent pour jouer avec les mots. 

On ne fait pas rimer « Bébé, si tu le veux, mon gang sera le tien » avec « Nous c’est la Champion’s League, on joue pas le maintien » par hasard. 

Bref, tel qu’il est il me fait de l’effet et je l’aime.

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Les oulimots de NynfO2:

Hommage à notre Graine de Championne

Tu as commencé à jouer avec les différents accessoires de la grs il y a plus de 10 ans déjà ! 

Tu as toujours excellé dans la spirale du ruban, peu importe sa couleur, sombre ou clair, il s’en dégage toujours un éclat tourbillonnant. 

Lorsque tu t’élances avec ton cerceau, il se forme autour de toi comme un halo protecteur. Tu dis toi-même t’y sentir en sécurité. 

Nulle autre que toi ne sait si bien frictionner et gratter les cordes sans laisser de marque, ni sur ta peau, ni sur le tapis. 

Pas question d’oublier les massues qui jonglent entre tes mains et tes pieds avec une telle aisance. 

Entre tes mains, chaque instrument devient tien, vous formez un tout, indissociable.  

Il est donc indéniable que tu mérites aujourd’hui le titre honorifique de gymnaste d’or de ta catégorie.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Se sentir en sécurité, aujourd’hui comme hier et comme demain, est un élément fondamental pour jouer à des jeux sulfureux et jouissifs Cela est certes une évidence, mais ce qui va sans dire va souvent mieux en le disant, comme disait Lao-Tseu, à moins que ce ne soit Roger plus connu sous le pseudonyme de Gégé, grand philosophe, bistrotier de son état et quelque peu mauvaise graine selon certains, mais surtout grand fournisseur de poil à gratter spirituel, même si parfois il ne distingue guère le tien du mien, et non moins spécialiste en question amenant des réponses plongeant en spirale dans un sombre maelstrom.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Je ne suis plus en sécurité aujourd’hui. Jouer à ce jeu était dangereux. Tu voulais de mon amour et moi du tien, mais nous avons oublié l’essentiel, tu es une sorcière et moi un chevalier. À force de gratter l’inquisition nous a démasqués. Nous sommes tombés dans leur spirale infernale.

Le roi m’a retiré le titre de chevalier. Mon procès a été très court et l’inquisition m’a traité de mauvaise graine avant de me condamner.

J’ai très peur, car je sais qu’avant de me brûler avec toi, elle va me passer à la question et je ne sais pas si je vais survivre à ça. À quoi bon d’ailleurs me défendre, elle obtiendra ce qu’elle veut et personne ne pourra m’aider. Je passe dans ce couloir sombre qui me mène à mon bourreau. J’ai donné ce mot à mon frère d’armes. Tu peux avoir confiance en lui. Je sais que tu souffres et que tu pleures, alors je voulais te dire que je t’aime du fond du cœur. Nous nous retrouverons sur le bûcher et nous mourrons ensemble.

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Les oulimots d’un Garçon Fragile :

Aujourd’hui, j’ai la flemme d’être inventif. Pas question de tomber dans une sombre spirale et de jouer la sécurité ? Je ne vais pas me gratter ! Et tant pis, si mon texte ressemble un peu trop au tien, qu’il est cousu de fil blanc, c’est simplement que nos idées ont germées de la même graine.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Je vais jouer la sécurité aujourd’hui. Je ne suis pas une graine de voyou mais j’essaye toujours de gratter ce que je peux. Si je peux te prendre ce qui est tien c’est bien, j’aime savoir qui je vole, c’est juste une question de filouterie. Heureusement je ne suis pas encore tombé dans la sombre spirale du banditisme.

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Les oulimots de Gérald :

Mon grand père le répétait sans cesse : les gens prennent rarement la peine de gratter la surface des choses pour trouver la vérité intérieure

Mon grand-père, c’était mon dieu, mon héros. Dès que j’étais avec lui, je me sentais en sécurité.Je voulais le prendre comme modèle, en prendre de la graine. Il me disait toujours : « si tu veux être le meilleur, il faut y mettre du tien. Aujourd’hui, cette phrase prend toute sa valeur. Je vais lui faire honneur. Plus question de défaites, de jours sombres, je vais sortir de cette spirale infernale. Je vais jouer et je vais gagner.

Oulimots 2021S49 : cette contrainte, c’est de la balle bébé.

Mots contraints : Augmentation, déni, balle, biscuit, dionysiaque, chienne, maniaque, étude, fantaisie.

Les oulimots d’un Garçon Fragile :

Voilà, le déni n’est plus possible, la dernière étude du GIEC l’annonce clairement : « La planète est foutue ! ». L’augmentation des températures a atteint son point de non-retour et le jour du dépassement de la Terre se produit désormais en mars ; les climatologues remercient d’ailleurs, non sans une certaine fantaisie dans le propos, les ultra-riches qui dépouillent les ressources afin de se construire une navette spatiale au lieu d’affecter leur pactole au bien commun.

Le compte à rebours pour l’extinction finale étant lancé, Pierre, maniaque par nature, a commencé à préparer son départ. Hors de question pour lui d’affronter une chienne de vie faite d’errance, de hordes sauvages, ou autres saloperies humaines comme peuvent en décrire moult fictions survivalistes.

Véritable enfant de la balle, ayant une existence nomade constamment en tournée, il se targuait dans le milieu de connaître les meilleures caves et les femmes à la plus petite vertu du pays. Il s’était décidé à poser sa caravane dans un champ, parmi les meules de paille, non loin du lieu de travail de sa vénus des carrefours préférée. Puisqu’il fallait partir, autant le faire avec splendeur, il s’était armé des crus les plus inouïs qu’il pourrait s’ouvrir, tout en trempant son biscuit.

La belle de jour, croyant qu’il dormait du sommeil du juste, quitta l’abri mobile sans oser le déranger. Pierre était simplement mort comme il l’avait planifié, citoyen d’un monde en feu dans une orgie dionysiaque.

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Les oulimots de Nicolaï Drassof :

C’est un déni de justice ! Tout est en cours d’augmentation, y compris la chicane. Les avocats sont hors de prix, renvoyant la balle aux notaires, aux études inabordables. Tout ça c’est de la fantaisie, des idées pour vieux maniaques! Je ne m’embarque pas dans cette affaire sans biscuit. Mon livre est un ouvrage dionysiaque et tout ce qui y figure relève de la mythologie antique et pas de la pornographie, bandes d’ignares !

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Refuser de constater l’augmentation significative de son pénis aurait constitué un véritable déni. Il était clair que son intention à court terme n’était pas de jouer à la balle, ni de grignoter quelque biscuit en dégustant une tasse de thé. Dans une ambiance dionysiaque, il ne rêvait que de baiser en tous sens cette chienne lubrique, de réaliser avec elle une maniaque étude de ses plus folles fantaisies.

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Les oulimots de Dick :

À mes yeux, les résultats que j’avais obtenus dans mon entreprise auraient pu me valoir une augmentation. Hélas, ma patronne, cette chienne maniaque, vivait dans le déni dès qu’il fallait parler finances et j’étais reparti de mon entretien avec peau de balle. Elle avait même osé prétendre que je m’étais embarqué sans biscuits dans ma dernière étude et que cette fantaisie m’avait coûté le fruit de ma requête. 

Tant pis pour elle. Si elle n’avait pas compris que l’innovation était une construction collective et dionysiaque, j’allais faire profiter de mes talents à quelqu’un d’autre. Les recruteurs se bousculaient au portillon. 

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Je n’ai aucune idée de quoi faire de cette augmentation de travail que j’ai. Je suis dans le déni complet de la façon dont je l’ai obtenue. C’est la rançon du succès m’a t-on dit. Pour me faire aider au quotidien, j’ai mis la balle dans le camp de mon fils. C’est comme si je lui avais donné un biscuit. Il aurait sûrement préféré quelque chose de plus dyonisiaque mais ce n’était pas raisonnable, même s’il est majeur. Il est en garde de ma petite chienne, je préférerai qu’il ait les idées claires. Je suis un peu maniaque quand il s’agit de s’occuper d’elle. J’ai fait des études de vétérinaire, ce n’était pas par fantaisie, je sais ce qu’il faut faire pour elle.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Je participe à une étude qui va déterminer jusqu’où les gens sont capables d’aller. Le départ est sur un jeu vidéo. 

Le 1er niveau est très banal, de la fantaisie. Avec une balle, on explose des coffres surveillés par des dragons et on gagne un biscuit d’or. Au bout d’un certain nombre de biscuits gagnés, on change de niveau. Rien de difficile. Et bien sûr, notre gain subit une augmentation.

Au deuxième niveau, on est poursuivis par un maniaque, prêt à nous tuer et bien sûr, il faut être plus rusée que lui et s’en débarrasser.

Ce jeu est fou. Le niveau 3 ne se passe pas face à l’écran, mais dans la réalité. On peut s’arrêter là ou continuer.

Les règles sont totalement disjonctées. Cela devient dangereux et pourtant, je suis dans le déni. Je ne veux pas voir la réalité et je continue à fermer les yeux. Je ne veux pas y croire. Le jeu devient dionysiaque. 

Je me suis rendue à l’adresse indiquée. Là, on m’a tendu un papier. Je dois devenir une femme dominatrice soumettant un autre joueur à des jeux d’amour spéciaux. Je ne me reconnais pas. Je suis devenue une chienne avec ce pauvre garçon, le tourmentant à un point que mon gain a explosé tous les records. Au bout, je n’ai rien gagné, à part une place importante dans l’étude et une remise en cause de moi-même.

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Les oulimots de NymphO2

L’augmentation des articles sur le bien-être envahissant désormais notre quotidien, j’ai récemment lu cette étude à propos de la connexion avec la nature.

Je suis sceptique, voire dans le déni de toutes ces idéologies bio-vertes. 

A la fin de la lecture, des adresses sont proposées afin de « se déconnecter du quotidien pour se reconnecter avec soi-même » 

Quoi ? Quelqu’un m’aurait débranchée à l’insu de mon plein gré !

Moi qui suis tellement maniaque, toujours vigilante à ce que mes câbles soient bien branchés et rangés. 

Désolée pour cette fantaisie, je n’ai pas pu m’empêcher de saisir la balle au bond 🙂 

Bref, demain j’irai au « Dionysiaque » piétiner le raisin pour le transformer en vin. Ensuite, au « Biscuit » marcher nus pieds dans un champ de blé. 

Cela ne durera qu’une journée, ensuite je retournerai à ma chienne de vie écrire mes écocritiques.

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Les oulimots d’Ada 

La dépoétisation du monde est en augmentation, je ne dirai pas le contraire, je ne tomberai pas dans un tel déni, pas plus que je ne tenterai de renvoyer la balle, à qui ? Je croquais de telles méditations comme on croque un biscuit ; plus personne ne sait ce qu’est l’exaltation dionysiaque du monde ; chienne de vie, continuais-je de me lamenter, maniaque que je suis des études étranges, déjà lâchés tous les freins de ma fantaisie.

Le blog d’Ada

Oulimots 2021S48 : une contrainte clé.

Mots contraints : Irréel, oublier, naturel, croyant, neige, réglage,  voisin, clé,  seigneur

Les oulimots de Marie Bulsa :

Ce matin- là, j’avais encore oublié ma clé. Seigneur, que je suis tête en l’air ! J’ai sonné chez mon voisin qui me gardait toujours un jeu, car j’ai cette satanée habitude de tout oublier. Un jour j’oublierai ma tête. C’est grave, je vous assure ! c’était un mercredi, il faisait beau, le soleil était présent. J’étais sacrément en retard.

J’ai frappé à sa porte, croyant qu’il allait répondre, mais non ! il était probablement en train de faire le réglage des phares de sa voiture. Alors, j’ai fait le tour pour accéder à son garage. Il m’a vue et est venu m’ouvrir. Je ne l’avais jamais vu comme ça. Il était si naturel, torse nu avec un pantalon de sport taille basse. J’ai fixé du regard sa musculature et il s’en est rendu compte. À cet instant, je me suis mise à rougir tandis que quelqu’un m’appelait au téléphone pour me dire que j’étais virée.

Nous étions début novembre et c’était l’été de Saint-Martin. Il faisait doux. J’étais en tailleur d’été et je ne sais pas pourquoi juste à ce moment-là, le ciel est devenu gris, la température a chuté fortement et la neige est tombée. C’était irréel et magique. Il m’a vite tirée par le bras vers l’intérieur du garage et je me suis trouvée tout contre lui, coincée entre ses bras. J’ai senti un mélange d’odeur d’huile de vidange et de parfum suave. Mon tailleur était taché de graisse, mais peu m’importait, il m’a embrassé comme personne ne l’a jamais fait. Depuis, je suis devenue sa femme.

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Les oulimots de Dick :

De la neige sur mon écran. Elle a quelque chose d’irréel à notre époque tout numérique. Ce doit être un problème de réglage et je demande à mon voisin. Il est informaticien et doit avoir la clé du problème.

  • Seigneur ! Mais qu’avez vous trafiqué ? 
  • J’ai lancé une recherche de chaînes, croyant bien faire. 
  • Le signal vient de la box, il faut juste rester sur la source HDMI
  • Je ne sais pas quoi faire pour vous remercier, dites moi. Puis-je vous offrir quoi que ce soit ? 
  • Je dois repartir là, désolé. Et c’est tout naturel de s’entraider, non ? 

Je reste donc sur ma faim. Mais je ne vais pas oublier de le récompenser comme il se doit la prochaine fois qu’il viendra. Et je sais déjà quelle panne je vais inventer. 

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Les oulimots de Nicolaï Drassof :

Il m’est très naturel de fermer ma porte et d’oublier la clé à l’intérieur! Je suis tellement étourdi. 

Zut ! mon voisin, les pieds dans la neige, se régale de ma mésaventure. Seigneur ! Il mérite le pire. Dans l’irréel, je lui infligerais bien le supplice des pieds écrasés, avec le réglage maximum !

Mais nous ne sommes plus au moyen âge et je suis croyant, je ne lui ferai pas de mal. Mais il va falloir qu’il se bouge un peu pour m’aider, ce minus. 

Enfin, il va chercher la petite boîte dans laquelle nous lui confions nos clés, en cas. Et il se tient à carreau, parce que nous avons les siennes dans une autre petite boîte.

Merci voisin. A charge de revanche, n’est ce pas ?

Je l’aurai, un jour, je l’aurai !!!

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Cela semblait irréel. Un moment que je n’étais pas prêt d’oublier. Mon voisin croyant être un grand seigneur était venu me prévenir. J’avais du mal avec toute cette lumière et mes lunettes à verres fumées ajustaient le bon réglage pour mes yeux. Tout était naturel, la neige avait recouvert la ville de son manteau blanc. Je pris mes clés, mes bottes et une écharpe et je descendis dans la rue prendre part à une bataille de boules de neige géante.

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Les oulimots de NymfO2 :

Elle se promenait avec légèreté dans ce décor pur, son cœur et son âme s’allégeaient à chaque pas. 

La plénitude des lieux lui fit oublier ses tourments et elle respira à pleins poumons ; le souvenir est voisin du remord, comme disait si bien Hugo. 

Ses sens s’éveillaient : le bruit du craquement de la neige sous ses pieds, l’odeur des pins, la douceur des flocons sur son visage, offrant une eau fraîche à sa bouche. 

Elle arriva à cette route et la magie de l’irréel disparut ; la civilisation la rattrapait. 

Son cerveau opéra un réglage naturel pour la ramener à la réalité. 

Elle s’assit, réfléchit : elle n’en voulait plus. 

Elle avait marché des heures croyant être en perdition mais à cet instant elle comprit qu’elle ne s’était jamais sentie aussi vivante. 

Elle déposa ses effets personnels et inutiles en ces lieux, sous un petit amas de neige, auprès d’un bouleau. 

Lorsque ses clés et son portefeuilles furent retrouvés, nul ne douta que l’altitude l’avait menée dans les vignes du seigneur.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Ce spectacle semblait irréel et il savait qu’il ne pourrait jamais l’oublier tant cela semblait peu naturel. Croyant voir les dents acérées d’un hippopotame crever la toile pour dévorer une poire couverte de neige pendant qu’un zèbre hirsute tente d’ajuster le réglage de la mobylette du voisin en vociférant  » Une clé de huit, pas un clé de dix, seigneur ce phacochère ce comprend rien ! »

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Les oulimots de Gérald :

Je ne suis pas vraiment croyant, mais, j’implore le seigneur pour que je puisse la revoir un jour.

Je pense toujours autant à elle. Pour moi, elle détient la clé du bonheur. Comment l’oublier, son naturel, sa joie de vivre, tout est merveilleux chez elle, cela en est presque irréel.

Je sais que les premières neiges sont tombées dans sa vallée, et je sais que celui qui a la chance d’être son voisin va l’aider à déneiger l’accès à sa maison et préparer sa voiture avec quelques réglages pour affronter l’hiver.

Le bonheur est dans la montagne.

Oulimots 2021S47 : une contrainte fumeuse

Mots contraints : amplitude décrépitude, sonorité, ubiquité, pourpre, fumeux, clameur, rumeur, ivoire.

Les oulimots d’Ande :

Ode à la nuit 

Le ciel couleur pourpre

Infini à l’amplitude spectrale 

Du noir à la sonorité bleue 

Telle la clameur

Décrépitude de l’obscurité 

Sensation d’ubiquité

Comme la rumeur ou le bas bruit 

Brumeux, fumeux

Inaudible de la tour d’ivoire. 

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Les oulimots d’Ada :

L’amplitude est à  l’ampleur ce que  la décrépitude est au déclin ; 

le son est à la sonorité ce que l’omniprésence est à l’ubiquité ;

le pourpre est au bordeaux ce que le fumeux est au brumeux ;

la clameur est à la rumeur ce que l’ ivoire est au braconnier. 

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Il n’avait plus, comme quand il était jeune, de l’amplitude pour faire des mouvements, lever sa baguette magique devenait de plus en plus difficile. Il disait de lui que maintenant il était tombé en décrépitude, il aimait la sonorité de ce mot. Jadis il aurait aimé, en tant que magicien et non moldus, avoir le don d’ubiquité, mais il n’avait pas développé cette pratique car elle demandait beaucoup d’énergie. Une fois ça l’avait tellement fatigué qu’il en était devenu de couleur pourpre. Sa spécialité était les coups fumeux qu’il avait mis au point avec Finnigan lors des cours de magie de Minerva McGonagall. Son ami était devenu un spécialiste en feu d’artifice pour épater les moldus. Il aimait se souvenir de cette époque quand il était à Poudlard, la clameur dans le stade de Quiddich. La folle rumeur qui l’avait poursuivie toute sa vie comme quoi il était l’élu, celui qui allait tuer celui dont on ne doit pas prononcer le nom. Effectivement il s’était battu avec lui et après une lutte difficile où il avait perdu amis et camarades, il l’avait anéanti. Il ne s’était pas enfermé dans sa tour d’ivoire après cet épisode, bien que considéré en héros. Il avait continué à vivre normalement ce disait-il au fond de son lit. Il était bien vieux maintenant Harry Potter.

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Les oulimots de Laurent Chamoux :

Du haut de ta tour d ivoire tu fredonnes une mélodie qui résonne,une sonorité de métal teinté de clameurs qui habille ma décrépitude, moi être fumeux si sur de moi,attaché à ses rumeurs. Je n ai pas le don d ubiquité, mon amplitude métaphysique reste banale,je ne suis qu un être de rêve, qui se rêve être dieu,drapé de pourpre.

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Les oulimots de Dick :

La rumeur prétendait que l’un des plus conservateurs des cardinaux avait renoncé à la pourpre à cause des charmes d’une nonne, et elle avait pris tant d’ampleur que sa Sainteté elle-même s’était fendue d’un tweet fumeux pour tenter de détourner l’attention des fidèles. 

En vain. 

La clameur furieuse qui avait accueilli le Pape lors de sa dernière bénédiction urbi et orbi avait montré aux hautes sphères du catholicisme l’état de décrépitude avancée de la considération qu’elles pouvaient avoir. 

Il fallait agir et non pas se réfugier dans sa tour d’ivoire. Un consistoire avait donc été réuni, dont on disait qu’il avait des sonorités plutôt libérales.

Et pour cause. 

L’amplitude entre ce qu’il en était sorti et les préceptes habituels de l’Église était sans précédent. La fin du célibat des prêtres leur conférait l’ubiquité d’aimer tout à la fois leur Créateur et les plaisirs de la chair.

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Les oulimots de Ian_nale :

Je me perdis dans l’amplitude de sa flamme ;

Elle était partie loin la décrépitude de l’âme. 

L’idée même de son être, pourvue d’ibiquité 

M’en fit songer au monde, à sa réelle sonorité.

L’orage s’en gronde, pourpre ; éclairs fumeux. 

La rage des dieux s’embourbe ; une clameur. 

Je me tins là, tenant cette volage rumeur, 

Je me tins là, sentant cette divine fureur ;

On en veut à ma dame couronnée d’ivoire, 

Les dieux en veulent à son âme où naît l’espoir.

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Les oulimots d’une nymphe des forêts :

Il n’était pas homme à avoir don d’ubiquité…bien qu’il partageait sa vie entre sa demeure coloniale à la façade ivoire donnant sur le Mekong, et ce fumoir d’opium d’où lui parvenait sans cesse la clameur pourpre de la nuit.

Il était double, avec une immense amplitude et faisait fit de la rumeur. 

Il aimait ces fumeux personnages côtoyés dans cette décrépitude humaine….il adorait par-dessus tout la sonorité des langues femelles pompant son gland tandis que lui tirait sa pipe.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Avec l’âge, avouons-le, l’empan diminue, en clair, l’amplitude couverte par la main diminue, effet d’une décrépitude générale. L’effet sur la sonorité n’est pas des meilleurs, sauf à acquérir un don d’ubiquité ce qui me permettrait de place mes doigts en deux emplacements différents du clavier. Je n’ose vous dire quel fut l’effet lorsque je tentais récemment de jouer la musique de La rose pourpre du Caire, le résultat fut tellement fumeux qu’une clameur s’éleva, qu’une rumeur courut la ville, je quittai aussitôt et pour toujours les touches d’ivoire et d’ébène.

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Les oulimots de Nicolaï Drassof :

Avis fumeux, rumeur érigée en clameur en un réflexe moutonnier des foules, qui prend de l’amplitude, son intimité dévoilée: il était devenu célèbre. Bien que dépourvu du don d’ubiquité et marqué par la décrépitude due à l’âge, il devenait ce qu’il n’avait jamais voulu être, une idole. Il est difficile, à son déclin, d’entendre la sonorité de son nom clamée à coups de cor d’ivoire, au moment où la pourpre du pouvoir n’a plus aucun attrait. Il voyait arriver sa mort en grand arroi, loin de la simplicité qu’il aurait souhaitée. 

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Les oulimots de Marie Bulsa :

La rumeur disait qu’une troupe un peu spéciale se produisait dans un théâtre en décrépitude, perdu au milieu d’une forêt. Elle disait aussi que les lieux avaient une sonorité formidable.

Ma curiosité avait pris une telle amplitude que je me devais d’y aller. Une personne m’avait donné les coordonnées secrètes. J’espérais seulement que ce n’était pas un plan fumeux, car nous étions fin octobre et certains plaisantins y allaient de bon cœur. 

Je garai ma voiture sur un chemin, et je marchai lorsque le bâtiment apparut devant mes yeux. Son état faisait peur à voir. Un anneau en ivoire faisait office de sonnette. Je frappai à la porte et un homme peu souriant, vêtu d’un costume pourpre m’ouvrit. 

Il n’y avait pas trop de monde dans la salle. La troupe fut accueillie sous une forte clameur par une cinquantaine de personnes. Ils commençaient leur spectacle. Je notais alors quelque chose de curieux. Les acteurs avaient une ubiquité extraordinaire. Ils se trouvaient à plusieurs endroits à la fois, sur scène et au milieu du public. Des êtres humains normaux ne pouvaient pas faire ça. Je compris à cet instant que je ne sortirais jamais de cet endroit qui était une sorte de quartier général de vampires. Et nous, les humains, étions les proies pour leur festin prévu après le spectacle.

Oulimots 2021S46 une contrainte qui ne manque pas de courage

Mots contraints : abandon, autrefois, centre, chapelle, courage, historique, humanitaire, œuvre, recherche

Les oulimots d’une nymphe des fontaines :

Elle avait ce goût d’autrefois,  celui de l’abandon à une noble cause. 

Dans cette chapelle historique du centre de Morteau, elle n’avait pas eu besoin de recherches poussées  pour le trouver,  enfin, ce curé défroqué.

Dans le confessionnal,  elle eût envie d’œuvre humanitaire et prit son courage à deux mains pour lui agiter le goupillon.

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Les oulimots de Dick :

Le temps que j’ai passé autrefois dans un centre de soins me l’a prouvé : sans qu’on ne le recherche, on peut parfois vivre des choses insensées. 

Je pense notamment à cette patiente qui disait accorder ses faveurs à titre humanitaire mais qui m’avait littéralement sauté dessus dans la chapelle de la clinique. Je n’avais pas eu le courage de la repousser malgré les risques encourus alors elle avait insisté pour que nous y retournions dès que possible. 

 Nous avions bien sûr fini par nous faire prendre et la belle avait prétendu que c’était l’œuvre du démon qui l’habitait. Ce n’en était pas moins un événement historique dans la vie de l’établissement et nous n’avions dû l’abandon des poursuites contre nous qu’à ses relations très haut placées.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Cette ville est totalement à l’abandon maintenant. Elle avait perdu de son charme au vu des événements de l’histoire. Autrefois au centre du village se trouvait La Chapelle. Elle avait été construite avec courage par les bâtisseurs des cathédrales du moyen âge. Cette cité avait un passé historique important et elle faisait partie du chemin de Compostelle ce qui lui donnait une dimension humanitaire. L’œuvre du Maire de l’époque était complètement consignée dans des registres on pouvait y noter l’évolution de la construction et la vie de l’époque y était développée.

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Les oulimots de Gérald :

Pour oublier ma déception amoureuse, je suis parti faire de l’humanitaire au centre de l’Afrique. 

A mon retour, même si je ne faisais pas trop d’idées, je lui ai donné rendez-vous près de la chapelle qui était notre lieu historique, et, ou autrefois, nous avions l’habitude de nous voir.

Malheureusement, elle n’est pas venue. J’étais très triste, mais pas question d’abandon. Je me suis mis en œuvre pour la retrouver, et n’écoutant que mon courage, je suis parti à sa recherche. Je l’aime trop.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Autrefois, j’étais un fervent défenseur de la pauvreté. J’ai mis tout mon courage et ma détermination pour faire fleurir durant des années mon œuvre humanitaire. J’ai fait de la recherche pour sauver des gens. Et aujourd’hui, je ne suis plus qu’un grain de sable dans un fait historique. Ma tombe se trouve au centre d’une chapelle à l’abandon. On m’a oublié, car on oublie toujours les gens qui font du bien et en revanche, on se souvient des grands criminels.

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Les oulimots d’Alexa D :

Autrefois j’aurais mieux préparé mon voyage, pris quelques notes, griffonné un plan, mais cette fois ci j’y suis allé à l’aveuglette; mon historique de recherche sur internet était vierge. A peine arrivé je vis le sommet de la chapelle, en plein cœur du centre ville on ne voyait qu’elle. Les fêtes de fin d’année étant imminentes je m’attendais à plus d’effervescence dans les rues. Deux jeunes femmes attiraient mon attention, elles arrêtaient quelques passants pour leur présenter des posters de reproductions d’œuvres dont les bénéfices étaient totalement versés à une association humanitaire. Il en fallait du courage pour rester statique dans le froid. Je me dirigeai vers elles et leur proposai de laisser leur stand à l’abandon le temps d’un vin chaud en ma compagnie. Ma première soirée à Strasbourg commençait et je comptais bien la faire durer jusqu’au lever du jour.

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Les oulimots de Nicolaï Drassof :

Notre recherche pour une œuvre humanitaire: des personnes pleines de courage pour retaper une petite chapelle historique à l’abandon.Elle était autrefois au centre d’un hameau dont il ne reste que des ruines.

Apportez votre tente et vos outils. Toutes les bonnes volontés pourront participer, quelle que soit la spécialité. Ne soyez pas trop fantaisistes quand même, C’est très beau la musique, mais il faut aussi mettre la main à la pâte !

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Les oulimots d’un garçon fragile :

Autant le dire tout de suite, Pierre flairait bien que l’enquête n’était plus au centre des préoccupations des polices locales depuis bien longtemps ; il n’irait pas jusqu’à parler d’abandon, mais il sentait l’agacement se faire crescendo lorsqu’il composait le numéro des trois brigades qui semblaient les plus concernées par la disparition d’Augustine. Le pire dans cette histoire, c’est que lui-même ne savait plus trop pourquoi il s’obstinait à téléphoner hebdomadairement ; par acquit de conscience ? Par peur, qu’un jour il n’ait tout bonnement plus le courage de cocher les cases de rappel dans son agenda et qu’il supprime la tâche « recherche », en moins de temps qu’il en faille à votre serviteur pour l’écrire ?

Il l’avait rencontrée quand les routes du monde étaient encore un peu sûres, que les flux migratoires étaient le fruit de famines ou de conflits locaux, que des vautours comme celui qu’il était devenu ne se jetaient pas sur la moindre matière premium pour la vendre tant de fois qu’entre son extraction et son arrivée dans une usine, elle était passée par tant de mains qu’il était devenu impossible de connaître combien de portefeuilles d’actions en avaient fait augmenter inexorablement le prix, et que les produits proposés par la société de consommation soient toujours de plus en plus chers. Et tout cela se faisait dans des immeubles semblables au sien, à la décoration tellement simplissime que l’on se serait cru dans n’importe quel immeuble de n’importe qu’elle place financière. Bien entendu, ce vampirisme s’effectuait au détriment de la population, de la faune, de la flore, d’une planète déjà morte de l’intérieur, mais qu’importe quand on a son billet de réservé en première classe de l’Arche, non ?

D’un mouvement de pied, il fit faire un demi-tour à son fauteuil nec plus ultra, afin d’admirer la vue. Tout ce qui s’étalait sous ses yeux sur une dizaine de pâtés de maisons, écoles, parcs et cinémas inclus, lui appartenait, littéralement. Il faisait autrefois partie de cette jeune génération qui croyait en la recherche et le développement d’un capitalisme vert, mais en fin de compte, il n’était qu’un patron comme les autres ; en gardant ses employés au plus près de lui, en leur fournissant de quoi satisfaire leurs besoins immédiats, il leur fournissait les chaines qui les maintenaient sous son joug.

Avec Augustine, ils s’étaient croisés il y a une trentaine d’années, alors qu’elle avait organisé un voyage humanitaire avec des fonds de la fondation dont il avait pour unique charge de dilapider une partie, le temps d’obtenir un diplôme au nom horriblement compliqué et, c’était historique, devenir l’héritier le plus riche du consortium le plus vaste, vous voyez le genre. Il avait quelques jours de temps libre, il avait feuilleté les fiches des donations en cours et avait été charmé par la photo d’une antique chapelle. C’était si loin, mais dans ses souvenirs, c’est comme si c’était hier.

Ils avaient passé la soirée à se chamailler. Elle, la marxiste, convainque que seule une transformation radicale pouvait sauver le monde. Lui, persuadé au contraire que le système pouvait être changé de l’intérieur. Ils s’étaient souvent retrouvés tout au long de leurs vies, étonnamment sans sortir d’une relation purement platonique. Il avait tout de même réussi à la convaincre de prendre la tête de la fondation ; elle avait accepté, se rendant bien compte qu’ainsi, elle devenait sa bonne conscience. La seule condition qu’elle avait imposée : pouvoir continuer d’aller sur le terrain. Pierre avait mis en œuvre des moyens colossaux quand la balise GPS qu’elle s’était vue implanter avait cessé d’émettre, dans cette zone d’une vingtaine de kilomètres carrés aux confins du Brésil, du Pérou et de la Colombie, proche d’une exploitation forestière dirigée par une de ses équipes « aguerrie ».