2K20S42 : sept contraintes ou neuf ?

Calliste septicolore. Famille des Thraupidés. Ordre : Passériformes

Mots contraints : Sept, septain, septantaine, septembrisades, septénaire, septentrion, septembre, septicolore, septidi

Les oulimots autocontraints d’un joueur Parisien :

Sept syllabes jamais, en alignant des mots,

Ne seront suffisants, pour offrir des émaux.

Septain ne permet pas même avec un jumeau

D’inscrire dans des vers, tous les neuf Oulimots.

Septantaine qui vient et chasser le grumeau

Serait donc mon destin, ou jouer du plumeau.

 Septembrisades non, ce serait, mettre en vers

Ce fait historique, véritable calvaire.

Septénaire choix fou, c’est un mode pervers,

Une forme oubliée, menant à un revers.

Septentrion, vieux nord, éloigné du Cap-Vert,

Dont aucun son rimé ne viendra découvert.

 Septembre joli mois, est-il source de rimes,

Ou alors sera-t-il celui ou je déprime ?

Septicolore essai, sur lequel je m’escrime

Continuellement et non par intérim.

Septidi, jour rare qui, sur les autres, prime

Pour sans fin versifier, mais sans la moindre frime.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Starkette :

Elle avait donné naissance à des septuplés, non sans difficultés. A cette époque là, l’Etat civil n’existait pas encore, mais il était né le septidi, sûrement pendant les septembrisades. Bref au mois de septembre, comme on dirait maintenant. Les sept enfants portaient tous des vêtements septicolore. Chacun avait sa propre couleur. Ils dormaient tous paisiblement mais dans sept berceaux différents. Pour les endormir rapidement tous les soirs, leur grand-père qui portait beau la septentaine leur lisait des septains qui parlaient de septentrion, d’étoile du berger et de voyages. Tous les septénaires, le patriarche recommençait une nouvelle histoire pour les septuplés. Cela dura ainsi tant qu’ils l’écoutèrent. 

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Les oulimots de Fran :

La septentaine bien sonnée, il s’était attaqué en cette fin septembre à la réécriture de blanche neige et les sept nains sous forme de septains. Révolutionnaire dans l’âme bien que pas nostalgique des septembrisades, il s’y était attelé chaque décade du primidi au septidi, se laissant trois jours pour souffler. Même Dieu avait fait une pause. 

Ce serait, disait-il, le chef d’œuvre de sa vie, dût-il y consacrer tous les septénaires du reste de son existence.

Qui s’acheva hélas prématurément lorsqu’il fut victime d’une septicémie consécutive à la morsure d’un septicolore égaré dans son septentrion.

Le texte demeura alors inachevé. 

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

Je ne suis pas certain que vous connaissiez la publication « Septentrion ». Ne vous trompez pas, son nom ne signifie pas qu’elle ne parait qu’une fois l’an, au mois de septembre. Elle n’est pas plus une revue de poésie où les auteurs rivaliseraient pour composer des septains et y glisser des septénaires ïambiques. Il exista bien une revue littéraire qui porta ce nom, son premier numéro fut lancé en mars mille neuf cent vingt-sept. J’ignore si elle a dépassé la septantaine de parutions. Il faudrait aller vérifier en bibliothèque à condition que la collection complète ait échappé aux septembrisades de la guerre ou tout simplement à l’action de rongeurs affamés.

Non, la revue Septentrion que je connais est belge et voit ses débuts en 1972, avec pour ambition d’être la vitrine à destination des francophones de la culture flamande et néerlandaise. Faute de moyens le comité éditorial dut renoncer à une couverture septicolore et se contenter d’un simple liseré vert, couleur de l’espérance, me direz-vous. Petite anecdote, pour le numéro d’avril 1979, l’imprimeur facétieux s’amusa à glisser la date selon le calendrier révolutionnaire soit septidi 7 Floréal. Vous ne me croirez sans doute pas, mais aucun lecteur n’envoya de lettre de réclamation.

Comme quoi, on se demande si les revues ont vraiment un public attentif.

2K20S41 : Dans les yeux de la contrainte

Mots contraints : Galerie, épice, outrage, encore, garçon, danse, écarlate, infortune, yeux

Les oulimots de P_apanoel :

Tel un ménestrel dans la galerie, le garçon regarde le parcours de la ballerine sur le parquet.

Il a franchi des portes qui devraient rester fermées, en tout cas, c’est ce qui est écrit dessus, sauf en cas d’incendie, précisent les pancartes.

Il n’a pas rencontré de gardien sur son chemin, donc il n’y a pas d’outrage, par définition.

Donc, il est là, dans la pénombre de la mezzanine. Ses yeux brillent de contempler la danse de l’artiste qui ignore encore que sa prestation a un public.

Elle est concentrée sur la mise en place de son numéro,elle touche à peine le parquet de ses chaussons de soie.

Ses pieds enfermés dans leur fourreau la font souffrir. Chaque pas est un coup de poignard qui va jusqu’à son coeur, mais sa danse est si belle que le spectateur ne voit rien de son infortune.

Elle a gagné dans un pacte terrible le pouvoir de capturer l’attention des spectateurs de ses arabesques. Son ballet est une drogue puissante, les entrechats sont les épices qui emportent la raison de ceux qui la contemplent.

A tel point que notre spectateur secret ne peut résister, il s’approche de la rambarde, l’enjambe, et vole vers elle, dans un saut bien plus élevé que ce qu’elle pourra jamais atteindre, embrasse le sol sur lequel il dépose une flaque rouge comme une rose qui s’ouvre au matin.

Elle s’est interrompue, glacée par cette vision. Bientôt la fleur grandit et vient teinter son chausson gauche d’ écarlate.

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Les oulimots de Bruneline :

Seule dans l’immense Galerie des glaces qui lui renvoie son reflet, multipliée mais seule. Elle croise la nuance écarlate de ses lèvres qui lui semble comme atténuée…tout était bien plus vif, lumineux, coloré, intense et épicé quand elle se voyait dans ses yeux. Elle ne cherchait rien, elle avait trouvé ce regard, celui d’un petit garçon, d’un homme, d’un mari, d’un père…et miracle ou infortune il s’était arrêté sur elle. Repartant et revenant, questionnant ce qu’elle était vraiment. Entre eux tout n’était qu’une danse, tout était une question de corps qui se répondent ,qui s’écoutent… jusque dans les derniers outrages, leurs souffles restaient attentifs à chaque frisson de l’autre. 

De sa bouche arrondie par le souvenir du désir, elle exhale une bouffée d’air chaud, dépose sa buée sur la glace tout en dorure…et d’un doigt irrespectueux mais agile elle trace  » encore ».

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

Il cherche ce gars le riz et pisse dans ce pot sans écart, la tenue débraillée, hagard son pantalon baissé. Un nain fort, une question lui pose, outre âge, identité, il veut savoir. Banco regarde mes papiers là, sous tes yeux.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Jeanne_ecrivant :

Viens toi, accompagne moi pour une dernière danse. Je pense que je vais l’aimer celle-ci plus que de raison, comme un épice dans cette drôle de vie que tu me fais vivre.

Vas-y garçon, ouvre tes yeux et regarde autours de toi ! Regarde bien hein, ne lâche pas encore ton observation.

Tu les vois bien tous ces portraits ? Ils ont tous un gros point commun avec toi : chacun de ceux représentés ici a fait outrage à la femme qu’ils étaient censés aimer. Et tu la vois la place au bout de la galerie là-bas ? Un nouveau portrait va y être accroché à l’instant. Tu devines lequel peut-être ?

Mais attends, ne deviens écarlate, ça n’en vaut pas la peine. C’est avant qu’il fallait avoir honte, avant les coups, avant de me forcer, avant d’être odieux, toi qui devais me chérir, m’honorer, me protéger.

Et tu sais quoi, il y a une seconde chose que ses couards ont en commun, toutes celles qu’ils ont outragées s’en sont débarrassées.

Mon infortune aura été de te rencontrer juvénile presque !

Allez, adieu, je te quitte…

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Les oulimots de Fran :

Tu as voulu épater la galerie en accordant une danse à ce garçon beau comme un dieu qui te dévorait du regard depuis le début de la soirée. Tout ça sous mes yeux. Je pense que, innocente perverse, tu as voulu épicer un peu notre relation en me rendant jaloux. Mais tu ne savais pas jusqu’où les choses iraient. Tu ignorais à ce moment que j’avais déjà tout orchestré. Que ton cavalier était là dans le simple but de te séduire. Alors tu as encore eu l’impression de contrôler la situation quand il t’a proposé de vous éclipser un moment. La décision t’appartenait encore. Et tu as pris celle de l’emmener dans notre chambre. 

Il t’a fait subir les derniers outrages et bien d’autres encore. Après qu’il t’a baisée à fond tu as notamment découvert que tu aimais te faire claquer fortement le cul. Tu as adoré en voir l’écarlate dans le miroir du dressing. 

C’est alors que j’ai fait mon apparition dans la suite matrimoniale, Te faisant croire que de découvrais mon infortune. Tu ne savais plus où te mettre et t’es jetée à mes pieds, implorant mon pardon. Tu étais prête à tout, m’as-tu dit, pour que je passe l’éponge sur cette passade. Je t’ai regardée et t’ai dit que je n’étais pas en colère contre toi. Bien au contraire. Et tu as lu l’excitation dans le sourire que je t’ai adressé.

Tu as découvert à ce moment que je venais de t’amener là où je voulais que tu sois, épanouie mais légèrement honteuse, maîtresse de tes sens mais soumise à mes envies. Et tu m’as souri 

Notre couple venait de prendre une nouvelle dimension. La suite promettait d’être belle. 

Le blog de Fran

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Les oulimots de Starkette :

Il revenait dans cette galerie,

Ce lieu du passé sentait toujours les épices,

Le but de ce retour était d’oublier l’outrage,

Il y repensait, encore et encore,

Alors qu’il n’était qu’un petit garçon. 

Son agresseur, lui faisait faire une drôle de danse, 

Il en devenait souvent écarlate, 

Il savait que là était son infortune,

Il avait toujours des larmes plein les yeux.

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Je suis ce garçon qui danse chaque jeudi soir dans la classe de madame Brazeau et, aux yeux de tous les autres garçons du voisinage, je suis traître à la belle et grande cause masculine. Je porte des collants écarlates et des chaussons de ballet qui, étrangement, portent outrage à ceux qui préfèrent se cogner à des hanches de rugbymen pour les faire tomber. La danse classique, c’est l’épice nécessaire pour que ma vie n’ait pas un goût délétère d’ennui. Mon aisance fait l’infortune de tous les matamores qui, pour épater la galerie, doivent bomber le torse et montrer les poings encore et encore. Moi, je le bombe pour me tenir droit pour le grand jeté. Chacun ses goûts…

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Les oulimots d’Alexandre :

Je vous assure Madame la juge que je ne voulais pas l’effrayer, encore moins la frapper, vous savez je suis un garçon très doux. Ma mère me le dit souvent : « Mon fils, tu ne ferais pas de mal à une mouche ».

Mais je dois le reconnaître, quand j’ai bu, je ne suis plus le même homme. Il faut dire que l’autre soir, pour amuser la galerie, j’ai avalé cul-sec cinq bières d’affilée et trois verres de gin. Il faut me comprendre, c’était le dernier soir avant la fermeture des bars vu que la ville passe en zone écarlate.
Alors avec les copains on avait décidé de s’amuser et là dans le bar qui vois-je entrer ? une nana super bien roulée, euh excusez-moi Madame la juge, une jeune femme bien sous tous rapports et paf je tombe amoureux. Car croyez-moi, Madame la juge, j’ai un vrai cœur d’artichaut.

C’est bien mon infortune, je ne peux pas résister à un regard de braise, ni à une belle carrosserie. Et ce soir-là, la façon dont elle me regardais, je me suis dit « mon gars, cette fille à la peau couleur pain d’épice elle est pour toi ». Quand je lui ai proposé une danse avec moi – c’est que c’était mon morceau favoris qui passait à ce moment-là, elle s’est mis à rire. Alors j’ai pensé « femme qui rit est à moitié dans le lit. » Et ni une ni deux, je lui ai exhibé Popaul. Il faut dire , Madame la juge que, sans vous manquer de respect, la nature m’a bien doté. Et là, mon braquemart à peine sorti, elle me gifle, alors vous comprenez j’ai répondu et pas qu’une fois.

Comment Madame la juge, vous dites que j’ai commis un délit ? L’exhibition sexuelle est punie par la loi , dites-vous ? Mais je vous assure, je ne voulais absolument pas lui faire outrage à cette jeune femme, uniquement rendre hommage à sa beauté ! Et j’ai aggravé mon cas pour coups et blessures ?!
Quoi ? 3 ans de prison et de 25 000 euros d’amende ? Ah Madame la juge, c’est trop d’honneur pour Popaul.

Vous savez que vous avez de beaux yeux ?

2K20S40 : une sainte envie de contrainte

mots contraints : Train, café, punition, chat, sautoir, perle, insomnie, envie, sainte.

Les oulimots d’Ambre :

Il est là prêt à m’infliger la punition tant méritée….

Ma peau est encore porcelaine, mais je sais bien que son envie de la colorer de rouge ou de bleu est présente, pour se faire il utilisera un chat à neuf queues.  Je l’ai mérité, je n’ai pas été une sainte, je me suis rebellée et n’ai pas écouté mon Maître.

Après cette douce et douloureuse séance de punition, il prépara un café qui embauma la maison… Pour me féliciter de cette séance et d’avoir été obéissante, il m’offrit un sautoir de perles et celui-ci se fond bien sur ma peau transparente. Après des jours d’insomnies, le train du sommeil m’emporte, apaisée, à l’idée de l’avoir à mes côtés. Je peux enfin dormir paisiblement.

Le blog d’Ambre

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Les oulimots de Starkette :

Le chef de gare venait de siffler, le train était prêt à partir. Elle tenait le panier de son chat à bout de bras. Pris de panique par le bruit sur le quai, le chat avait sauté hors du panier en accrochant au passage le sautoir en perle de sa maîtresse. Il s’était cassé, les perles jonchaient le sol et l’envie de tordre le cou de l’animal devint encore plus forte qu’à son accoutumé. Elle lui promit une punition dont il se rappellerait, plus de sardines pour le reste de la semaine. Elle avait une sainte horreur de se faire remarquer et aujourd’hui entre le chat et son collier s’en était trop. Elle attrapa son chat tant bien que mal au milieu de la cohue des voyageurs chargés de leurs bagages et ferma convenablement le panier dans lequel elle l’avait fait rentrer avec difficultés mais avec fermeté. Elle grimpa dans son wagon, épuisée par ces événements et la nuit d’insomnie qu’elle venait de passer. Elle posa le panier du chat sur le siège réservé à côté du sien et partit se chercher un café avant de s’installer dans son siège. Le train démarra, les perles de son collier étaient restées sur le quai de la gare. 

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Les oulimots de Jeanne_ecrivant :

Mon chat est un fripon, je crois que je suis trop gentille, il a été démon à la faveur de l’obscurité. Je le surveille du coin de l’œil encore à peine réveillée. Si vous saviez ce qu’il m’a fait cette nuit ! Je crois que ça mérite une belle punition.

Attendez, je me prépare mon café et je vous conte comment il m’a fait passer de sainte à damnée dans les ténèbres qui ont précédé ce jour.

Voilà je suis installée et j’aperçois l’envie qui m’a fait sortir du train du sommeil il y a quelques heures. Je ne saurais vous la décrire, mon esprit est tout embrumé encore. Ce que je peux vous dire c’est que, dans l’opacité noire et morbide de mon endormissement, j’ai cru au diable. Avec ses deux billes luisantes et la forme de cette tâche qu’il porte sur sa peau, j’ai eu la peur de ma vie quand ma bête à poils s’est tranquillement promené le long de ma fenêtre éclairé par le crépuscule, la queue fièrement dressée. D’un mouvement lunaire, il a pris son envol, se servant de moi comme d’un sautoir vers une proie invisible. Il s’est déchaîné ensuite faisant allers et retours tel un Sysyphe devenu fou.

La perle de tout ça, c’est que mon insomnie est revenue et que j’ai commencé à l’imiter, damnée que je suis !

Maintenant, je vais devoir lutter entre mon désir de dormir et d’enfermer mon démon chat.

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

Boire un café dans un train est une étrange punition.

Et, tenir un crin noué dans un bas étang fait une poire

Ce chat porte une perle en sautoir

Electre, un chou râpé sorti en pâte 

Une sainte envie, un culte, ne plus avoir d’insomnie

Une saine nuit pleine d’avoir un vit semé en son cul

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Plumenlarmes :

« savoir prendre le train en marche » « au train où vont les choses »

Toutes les belles paroles, les grandes idées, les poussées de philosophies se sont évaporées il y a déjà bien longtemps. 

Je me ressers un café du fond de mon insomnie, de mon agonie d’être toujours en vie sur cette terre. La sainte planète que l’homme a fini d’assassiner. Abandonnant ses enfants sur une surface décimée par la guerre, la pollution. Où les mots tels que « solidarité », « amour » ou « bienveillance » ont totalement disparus au profit d’autres comme « torture », « punition », « égoïsme », « survie »…

Ainsi nous payons les excès et les folies de nos ancêtres. Et les bonnes pensées sont désormais aussi utiles qu’un sautoir sur le cou d’un corps décapité et immolé. 

Il y a bien longtemps que je ne rêve plus dans ce monde qui n’a plus comme fragrance que la mort et la désolation. Que l’envie de vivre s’est envolée dans les cieux anthracites et que seules les cendres du désespoir s’abattent désormais sur nos existences stériles. 

Pourtant, il doit bien en rester des bonnes personnes encore vivantes. Ces perles sont surement esclaves des groupes de pillards qui arpentent la surface en quête d’une pitance moins misérable que l’eau croupie et irradiée, que de manger les plus faibles puisque plus rien ne pousse. Et que les animaux que nous avons exterminés afin d’assurer notre survie alimentaire. Que les bêtes aient été d’élevage comme les vaches ou les cochons, qu’elles aient été sauvage tels les loups ou les hyènes, voire domestiques comme les chiens, les chats ou encore les poissons dans les aquariums. 

Ainsi se termine donc l’épopée humaine. Dans la fange et l’horreur. Parce que du haut de son piédestal d’ego, de suffisance et d’arrogance, il n’a pas su s’arrêter à temps et prendre soin des autres et de son environnement. Parce qu’il n’a pensé qu’à sa petite gueule oisive. 

Et ce sont les archéologues d’une autre planète qui en feront le constat quand ils découvriront nos ruines, ce qu’il restera de nos bâtiments, de nos machines, de nos sondes éparpillées autour du globe entre des milliers d’éléments abandonnés là-haut qui annonceront déjà la couleur de notre manque de respect, de clairvoyance. Parce que l’argent valait plus cher que tout et tout le monde, et qu’il était une raison suffisante pour tout se permettre, que chacun d’entre nous était un responsable anonyme de notre destin à tou(te)s. 

Nous serons l’exemple à ne pas suivre, à ne pas reproduire. Le piédestal de notre fierté sera balayé par l’immensité de notre démagogie et de notre échec.

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Les oulimots de Fran :

Une nuit d’insomnie m’avait décidé à me relancer dans l’écriture. Depuis le temps que j’avais envie d’écrire un roman, l’heure était peut-être venue de concrétiser ce projet.

J’étais donc plein d’idées au moment de m’asseoir devant mon clavier et je m’étais lancé. Je tenais mon idée : les tribulations érotiques d’un perchiste éternellement amoureux mais dont la punition était qu’il ne parvenait à consommer l’acte que sur le matelas d’un sautoir, ce qui compliquait considérablement sa tâche.

L’idée était amusante et j’enfilais les paragraphes comme autant de perles sur un chapelet, me disant qu’à ce train j’aurais bientôt un manuscrit à remettre à mon éditeur. Le matin arrivant, j’avais mis le café à chauffer afin de continuer sur ma lancée. 

C’était sans compter sur la maladresse de mon chat qui, courant après une mouche, était venu renverser ma tasse sur mon ordinateur, lui faisant pousser un drôle de soupir avant une extinction qui semblait définitive malgré tous mes efforts.

Tout était-il donc perdu ? Mon œuvre avait-elle disparu à jamais dans les entrailles fumantes de mon PC ? Ne me restait plus qu’à prier sainte Rita pour que la sauvegarde cloud de mon fichier ait fonctionné. 

Je fus exaucé. Et me voilà maintenant en pleine séance de dédicace à raconter cette genèse à des lecteurs que je n’aurais jamais cru friands de telles anecdotes. 

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

Première proposition :

Vous arrivez vous à trouver le sommeil dans les trains de nuit ?

Pour moi train de nuit rime avec insomnie. J’ai pourtant tout essayé, surtout ne pas prendre de café après 16h, tenter de m’endormir au rythme des boggies, peine perdue.

J’en suis réduite à compter les perles de mon sautoir, une fois dans un sens, une fois dans l’autre. Rien de probant, autant imaginer recenser les moutons égarés dans un poulailler.

Je me serais bien caressée mais quand cinq autres personnes occupent les couchettes, je ne peux pas me laisser aller et je suis obligée de me comporter comme une sainte. Pourtant ce n’était pas l’envie qui me manquait.

Au final moi qui me faisais une joie de voyager la nuit pour rejoindre mon chéri, je vis plutôt cela comme une punition. D’habitude quand mon chéri me retrouve, il m’embrasse en m’appelant « mon petit chat », là je crois que j’aurais plutôt la tête d’une chouette.

Seconde proposition :

  • Mais dépêche-toi un peu, à ce train-là, ton café va être froid et tu n’es pas prêt d’être à ta table de travail !
  • Ce n’est pas de ma faute si j’ai des insomnies et que me lever le matin est comme une punition
    Je veux dormir. Ah j’envie ce chat qui peut pioncer autant qu’il veut. Qu’est-ce que je dois faire pour retrouver le sommeil, aller brûler un cierge à sainte Rita à Notre Dame de la Garde ? Je serais prêt à monter à genoux si je savais que c’était efficace
  • Arrête tes jérémiades, c’est toujours le même numéro chaque matin mais, en attendant le sautoir
    aux perles multicolores reste en plan. Je te rappelles que je l’ai promis à la cliente pour aujourd’hui.
  • j’y vais, j’y vais… Ne crie pas aussi fort, j’ai déjà assez mal à la tête. Tu crois que c’est le virus chinois qui m’empêche de dormir ?
  • Ouste, au travail !

2K20S39 : le goût de la contrainte

Photographie : Miranda Lehman

Mots contraints : Désir, soif, appétit, envie, convoitise, appétence, avidité, souhait, goût

Les oulimots d’un joueur Parisien :

Je voudrais par ces mots vous dire mon désir

Et vous le dévoiler, ainsi tout à loisir,

Évoquer avec vous tous mes jeux de plaisir.

Pour étancher ma soif,

De votre con j’ai soif,

Impérieuse soif.

Vous êtes la source de toutes convoitises,

Ne pouvoir vous le dire est une vraie hantise,

Mais pour cela mes vers manquent là d’expertise.

De vous j’ai grande envie,

De vous prendre à l’envi,

Vous baiser d’un lent vit.

Et, pour parler crûment, j’ai si grand appétit,

De vous dévorer nue, tel un furieux yéti,

À toutes vos folies, je suis assujetti,

De vous j’ai appétence,

Le dis avec constance

Et parfois insistance.

Je veux vous posséder avec avidité

Je vous le déclare sans ambiguïté

Je voudrais vous baiser à perpétuité.

Vous êtes à mon goût

Faut-il plus de bagout

Offrant un avant-goût.

Jouir de vos folies reste mon seul souhait,

De vous tout explorant jusqu’aux coups de fouet

Et de vos fantasmes, être votre jouet,

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Starkette :

Même dans ses désirs les plus fous, elle ne le pensait pas. Qu’elle aurait un jour de telles envies et qu’elle les réaliserait pleinement. Mais elle avait enfin rencontré celui qui lui permettrait de s’exprimer dans son art de vivre. Comme tous les soirs, elle l’observait avec convoitise dans cette position qu’il avait prise devant elle. Il était beau ainsi à genoux, droit comme un i, les paumes des mains levées vers le ciel. Elle savait qu’elle avait réussi avec lui. Son appétence pour le posséder augmentait en même temps que son appétit de domination. Elle avait soif d’apprendre et découvrir cette partie d’elle, qu’elle avait laissée en sommeil depuis tant d’année. Elle avait gravi avec une certaine avidité les échelons pour obtenir du galon et devenir une Maîtresse reconnue et respectée. Son souhait de vivre pleinement sa relation avec son soumis s’était réalisée et, à force de le façonner à son idéal. Il avait développé des capacités d’adaptation aux désirs de sa dominante qui allaient au delà des espérances de cette dernière. Il arrivait à satisfaire ses goûts avant même qu’elle ne les exprime. Ils étaient en phase, connectés par ce lien puissant qui peut exister entre une Dominante et son soumis. 

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Les oulimots de Fran :

— La soirée est-elle à votre goût ?

Il tourna la tête, curieux. La femme qui lui avait lancé cette question le regardait avec convoitise. Allait-elle jeter son dévolu sur lui ? C’était son souhait le plus cher d’être pris en main dans ce lieu qu’il avait eu soif de connaître mais où il n’avait pas encore trouvé sa place.

— Oui et non Madame.

— Expliquez-vous.

— Je suis venu ici parce qu’on me l’a recommandé. Mais seul. J’ai bien observé mais il me manque quelque chose 

— Votre souhait à présent est de jouer ? Je vais voir ce que je peux faire pour vous. Mais parlez moi d’abord de vos compétences et de vos appétences. Je veux tout savoir de vous

Il lui fit part de son désir d’être pris. Par une femme. De son propre aveu il était très anal et cherchait une partenaire qui accepte de le remplir. Pendant qu’il se livrait, elle le regardait avec une avidité croissante

— Et si je vous fistais ? D’après ce que vous venez de me dire, c’est quelque chose qui devrait vous plaire. Mais cela n’a rien d’anodin comme pratique et, même si je on me dit experte en la matière, il faut vraiment que vous en ayez envie pour que cela fonctionne.

— Ce serait un bonheur Madame. 

Il jubilait intérieurement Il n’avait jamais osé imaginer que l’on lui propose cela un jour. 

— Alors suivez-moi. Et prenez mon sac à malices. 

Et elle prit l’escalier qui les menait aux coins câlins. Il était encore trop novice pour être donné directement en pâture au public. 

Une fois arrivés, elle le fit déshabiller. Une fois nu elle lui ordonna de se mettre à quatre pattes, les fesses relevées, offertes. Elle se mit derrière elle et passa un gant avant de l’oindre de lubrifiant. La sensation de frais le fit frissonner.

Elle commença par un doigt. Vite rejoint par un deuxième. Le troisième ne tarda pas et bientôt il ne manqua que le pouce. Elle le travaillait avec douceur. 

— Vous ne m’aviez pas menti sur votre « souplesse ». Votre cul a vraiment un gros appétit et je pense que le moment ne va pas tarder où j’aurai ma main en vous.

puis elle se tut, attentive à ses réactions. Il soufflait, grognait, se tendait vers elle. Il sentit soudain une poussée un peu plus franche de sa part et essaya de se détendre du mieux qu’il pouvait. Il se sentait s’ouvrir comme jamais tandis que la dextre de la femme se frayait un chemin dans ses profondeurs. Et puis elle s’immobilisa. Il retenait son souffle. Y était-elle parvenue. Il n’osait le lui demander. 

— Mon cher, je me suis enfoncée jusqu’au milieu de l’avant-bras. Vous me sentez bien ? 

— Oui Madame. Merci Madame. 

Il en avait les larmes aux yeux. Sa dernière barrière venait de céder. Il ne s’était jamais senti aussi mâle. 

Le blog de Fran

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Les oulimots de Jeanne_ecrivant

Il faut que je le confesse, ma soif de vivre vraiment et d’être heureuse m’a donnée un appétit sans borne pour le plaisir.

Et c’est ainsi que je regarde avec convoitise certains représentants de la gent masculine. Mon goût pour les beaux mots me fait loucher avec avidité sur ceux qui, en quelques phrases, attise l’envie. Je me découvre une appétence à la luxure et je compte bien en profiter car mon souhait est de toujours laisser l’amour sexponentialiser. Alors place au désir et jouissons !

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Les oulimots de Pidgy :

La Nymphe aux Mannes… 

Soif !

Il est allongé sur le ventre avec juste une envie de calme et de repos mais accompagnée désormais d’une soif inextinguible. Elle l’a littéralement vidé. Au propre comme au figuré. Une vraie tornade, une furie avec un appétit sans bornes, une appétence à la jouissance qui confine à la cruauté tant le désir semble sans limite.

Tout ce qu’elle a voulu avec avidité, elle l’a obtenu avec une facilité déconcertante, telle une enchanteresse d’une vieille légende 

Son souhait de trouver une experte aux jeux de l’amour a été exaucé au delà de tout ce qu’il avait imaginé dans ses rêves pornographiques les plus fous. L’imagination est parfois bien en deçà de la réalité. 

À boire, à manger, du repos, c’est tout ce qu’il aspire à avoir pour le moment. Le goût du sexe lui a passé pour un moment. En y réfléchissant, il espère qu’il pourra encore retrouver les ardeurs qui vantent plus ses mérites que tous ces récits qui souvent enjolivent la réalité. 

Un peu de calme et il lui montrera de quel bois il est fait. Elle va comprendre qui est le Maître des sens. Oui. 

Mais elle me regarde avec convoitise. Elle est insatiable ! Elle se lève et se rapproche, un sourire aux lèvres. Ses yeux me disent ce qu’elle va me faire subir. Sa bouche s’entrouvre en me montrant ses jolies dents et sa langue perverse. 

Elle va m’achever. 

Je vais mourir de plaisir. 

Pour de bon !

Au secours !

Le blog de Pidgy

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Les oulimots d’Alexandre :

Un frémissement de ta part, penché sur ta poitrine
j’écoute ton désir germer en toi
J’aime en cet instant ta convoitise à peine dissimulée

J’ai soif de ton odeur musquée
mes lèvres gravent sur ta peau au goût de pêche
des mots emplis de lumière et de tendresse

Mes mains courent sur tes courbes comme nouvellement créées
mes doigts dessinent des sentes inexplorées
ton corps frissonne exprimant le souhait d’aller plus loin

Soudain nos lèvres s’attirent avec avidité
appétit de deux corps séparés trop longtemps
te sentir jouir à l’infini, telle est mon envie

Pénétrer ta cavité pour te rejoindre
une boule de feu au fond de la gorge sèche,
le souffle haletant nous sommes ensemble

Nos corps restent mêlés
fatigués de s’être trop aimés,
sans volonté de se quitter

Et moi qui pensait n’avoir
aucune appétence
pour les rendez-vous de l’après-midi.

2K20S38 : une contrainte pas si désagréable que ça

Mots contraints : Amer, aigre, acerbe, désagréable, acrimonieux, âpre, acide, piquant, acariâtre.

Les oulimots de Fran :

Le combat était âpre. Plus je tuais de zombies et plus il en revenait. La situation virait à l’aigre et j’allais sans doute me faire bouffer, par une de ces créatures. La perspective de perdre ma partie me rendait amer. 

Et puis soudain je perdis les pédales. Le chef de ces monstres avait pris le visage d’une de mes tantes parmi les plus acariâtres et me disait sur un ton acerbe que vu mon niveau je ne méritais pas de vivre plus longtemps. Ça devenait carrément flippant, j’allais y passer, d’autant plus qu’ils commençaient à sortir de l’écran pour envahir la pièce.

Je ne dus mon salut qu’à ma copine qui débrancha la console avant de me dire avec acrimonie que c’était la dernière fois que je prenais un acide pour donner du piquant à ma partie de Résident Evil.

Elle avait un peu ruiné mon plaisir mais je ne pouvais pas lui donner tort. J’avais dépassé les limites là.

Il était temps d’aller me coucher et chiller.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Starkette :

Quand la cuisinière rentrait des courses, c’étaient toujours les mêmes remarques acerbes entre les différents aliments présents dans la cuisine. Ils ne savaient pas à quelle sauce ils allaient être mangés et la bonne ambiance qu’il y avait d’habitude entre eux dégénérait en un sentiment acrimonieux. Certains mets en devenaient acariâtres tellement la peur d’être cuisinés les paralysait. La cuisinière commença à faire le récapitulatif à voix haute des recettes à élaborer cette semaine, un coq au vin, des orangettes, un gâteau au yaourt parfumé au citron. Tous les aliments étaient concentrés pendant son monologue, ils se regardaient en chien de faïence, en espérant ne pas être l’élu d’une des recette de la semaine. Lorsque la cuisinière quitta la pièce le Conseil de Boustifaille dut se réunir en urgence pour contrecarrer les préparations prévues aux différents menus. Les débats furent animés et le plan d’attaque communiqué à tous les aliments de la cuisine. Le vin devait devenir âpre, l’amer des écorces d’orange devait être désagréable, le yaourt, pour ne pas être utilisé, serait aigre, le citron encore plus acide que d’habitude, enfin le paprika encore plus piquant. Les aliments concernés se réunirent et se demandèrent ce qu’il allait advenir d’eux s’ils n’étaient pas utilisés dans les recettes, malheureusement personne n’en eut la réponse…

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

Au bord de la mer, il rame amer sans fin vers un aigre aigrefin croate il dit des mots acerbes au croate en serbo-croate, désagréable décors, des agrès à bleu décors, dorés d’épis, quand ils sont piquant ils sont d’une âpre beauté offerte à preux chevalier. Assis deux par deux, des hommes boivent d’acides jus de fruits de dépit quand il leur annonce l’absence de boisson au goût piquant, qu’ils accueillent à cris odieux et acrimonieux, l’un rendu acariâtre par ses tracas rit à treuiller, sans le réveiller, un mort.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de P_apanoel :

« As-tu bientôt fini de te chamailler à qui-mieux-mieux avec le serveur ? » dit-elle d’un ton désagréable.

Ces propos acrimonieux étaient devenus une constante dans leur quotidien.

Lui, épris de perfection, de la justesse du monde dans chacun de ses composants, ne pouvait pas laisser passer l’utilisation dans son plat de sauce worcester quand le menu indiquait une sauce aigre-douce, ne pouvait pas manquer de débuter d’âpres hostilités quand à la place des câpres attendus avec la raie au beurre noir, il voyait nager dans l’assiette d’improbables amers dont l’absence de queue traduisait l’origine de contrebande.

Ah, la situation ne manquait pas de piquant, il avait été séduit au début par la régularité métronomique de ses habitudes, de l’équilibre de ses tenues, à la structure affirmée, quasi militaire, de chaque détail de sa mise, par la rigueur de ses raisonnements et la mesure de ses propos.

Depuis peu, tout avait changé, ses remarques acides composaient la base de tous leurs échanges, sa garde-robe débordait désormais de pièces improbables, aux couleurs criardes, comme des uniformes qui auraient été dessinés par un créateur de mode acerbe.

Mais tout ça allait changer, et pas plus tard que dans pas longtemps, cette pensée amena d’ailleurs un sourire sur son visage.

Sous couvert de se prendre de bec avec le serveur, il avait distrait l’attention de sa compagne au verbe haut, et contemplait du coin de l’oeil les dernières bulles qui disparaissaient à la surface du café dans la tasse prés de la main, elle allait le boire après sa tirade acariâtre, il allait payer, l’allonger quand elle se sentirait vaciller sur ses jambes, et il irait retrouver Pedro qui avait fini son service par un dernier coup d’éclat et à eux les perspectives infinies des vignes symétriques, depuis leur Matra Simca Bagherra à moteur central.

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Les oulimots d’Alexandre :

Mais quel caractère ! Tu es né de travers ou quoi ?

Tu as toujours envers moi un mot désagréable, jamais un compliment !

Au contraire dès le matin, tu déverses ton fiel, une remarque acide par-ci, une pique par-là, le plus souvent aigre-douce et parfois pire.

Bon sang, tu ne peux pas me faire un sourire un jour ! Non chez toi c’est mission impossible. A t’entendre, seuls les acariâtres ont le droit de parole.

Vraiment avais-tu besoin de prendre un ton acrimonieux quand ce pauvre employé de gaz est venu d’annoncer qu’il y aurait une coupure d’un quart d’heure ? Il ne faisait que son travail, il était inutile
de pester contre lui de manière acerbe . Heureusement qu’il n’a pas voulu se venger en nous coupant le compteur, ce n’aurait pas manqué de piquant.

A croire que tu en veux à la terre entière !

Je ne sais pas ce qui te rend si amer mais franchement tout le monde est aux petits soins avec toi.
Tu sais, quand je t’aurais quitté, tu comprendras peut-être que la vie d’antan n’était pas aussi âpre que tu le proclamais.

2K20S37 : une contrainte en fusion

Mots contraints : Pyromane, chic, chou, train, calendrier, pelle, miel, mélange, fusion

Les oulimots de P_papanoel :

« Ah, vraiment, une idée aussi minable, c’est très chic ! » se disait-il, en repensant à cette femme de feu qui l’avait enflammé au déjeuner, telle une pyromane sans vergogne, ou plutôt une pyro-woman. Cette formulation qui s’était imposée dans son cerveau l’avait consterné. 

Il avait l’excuse, pour se pardonner ses jeux de mots franchement hasardeux, d’avoir laissé vagabonder son esprit alors qu’il glissait avec frénésie sa main sur le manche de sa guitare, tout à son exercice de jazz-fusion.

Cette pièce qu’il tentait d’amadouer depuis quelques semaines, sans trop y parvenir, le train d’enfer de ce morceau ardu, le mélange inhabituel des harmonies enrichies et complexes le faisait souvent trébucher dans les choux, au point qu’il perdait le fil, à force de produire des fausses notes à la pelle.

Le fil de ses pensées en revanche, était droit.

Il n’arrivait pas à oublier cette conversation où il buvait le miel de ses paroles, tout en l’admirant, de corps et d’esprit.

Leurs échanges portaient son imagination bien plus que tous les solos possibles et imaginables que ce morceau de musique semblait promettre.

Le mieux était certainement de prendre une décision radicale, d’abandonner cette pratique musicale laborieuse, et de prendre le calendrier, d’y remplacer avec le sourire toutes les dates des cours et des répétitions par une suite de rencontres en duo avec elle pour improviser sur son corps des suites échevelées, des symphonies extatiques, toute une musique de chambre à enflammer les sens.

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

Elle est ma seule idée, j’en deviens monomane

Elle m’a enflammé, de mon cœur pyromane.

Dit en alexandrins, c’est, sans doute, plus chic,

Et incontestablement, elle a beaucoup de chic.

Elle est toujours racée, vous offrant un cachou,

Ou sur un banc en bois, mangeant la soupe au chou.

Pour s’envoyer en l’air, elle est pleine d’entrain,

Et toujours partante pour grimper dans le train, 

Retrouver son amant, au mois de février

Ou bien quelque autre jour vu au calendrier.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,

Et je n’ai qu’une envie lui rouler une pelle.

Et la faire grimper droit au septième ciel, 

En ayant dégusté son plaisir gout de miel.

Rêvant de partager avec elle belle ange

Nos désirs les plus fous en un divin mélange,

Sensuel et charnel menant à l’explosion, 

Nos deux corps et esprits en totale fusion.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Starkette :

Il avait trouvé ça très chic, quand elle lui avait dit qu’il était le pyromane de ses émotions. Il avait par ses mots su raviver la flamme en elle. Ils étaient tellement choux dans leurs échanges qu’ils s’envoyaient des messages à la pelle. Entre les écrits et leurs messages téléphoniques, les relations s’étaient renforcées. Les mots entre eux, coulaient doux comme du miel. Ils n’attendaient qu’une chose, c’est qu’un train les rapproche et que puissent enfin s’exprimer leurs corps. Tout avait été fixé grâce à un calendrier précis et l’idée de fusion entre eux ne faisait qu’augmenter de jour en jour. Tout paraissait si simple comme si tout coulait de source dans tout ce qu’ils partageaient. Ils avaient pour l’instant réussi le fameux mélange entre désir et envie. Ils se disaient que seule les montagnes ne se rencontrent pas, ils n’en étaient pas. Ils savaient que leurs destins étaient peut-être en train de se lier. 

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Les oulimots de Fran :

Plus qu’un bourreau des cœurs, c’est un pyromane des âmes. Car il a le chic pour les embraser : yeux de velours, paroles de miel, et surtout cette désinvolture qu’il affiche. Il semble ne se prendre le chou pour rien et ça fascine la gent féminine. Alors il ramasse les filles à la pelle, flirte, et, quand l’une d’elle lui plaît un peu plus que les autres, se mélange à elle. Mais de cette fusion des corps n’est jamais née la moindre envie d’installation. Il tient bien trop à son indépendance et le jour où on lui passera la corde au cou n’est pas encore inscrit au calendrier. Il a toutefois le mérite de ne pas le cacher et elles ne lui ont à ce jour jamais tenu rigueur de ses papillonnages. 

Mais rien n’est immuable. 

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

N’est-ce pas jouer au pyromane que de laisser un ado attardé se prendre pour le sauveur du monde ?
Je me posais la question en écoutant mon neveu énoncer un savant mélange : « 100 g de bicarbonate de soude, un quart de litre de vinaigre blanc, du gros sel, je t’assure Tonton, avec cela tu débouches une canalisation. »

A l’écouter tenter de partager son enthousiasme pour les produits naturels, je me disais que c’était devenu du dernier chic que de les utiliser pour l’entretien de la maison comme pour retrouver une nouvelle jeunesse. D’ailleurs, j’ai lu récemment qu’un masque au miel non seulement nettoie la peau mais c’est aussi un excellent hydratant !

Il faut le reconnaître. Avant on courait après le train du bonheur en achetant les produits ménagers qui lavaient plus blanc que blanc ou du dentifrice au fluor vitaminé qui protégeait des caries. On pouvait alors, bardé de certitudes, se goinfrer de choux à la crème, tant pis si la nappe était tâchée ou si du sucre se glissait entre nos dents.

Aujourd’hui, les plus éclairés d’entre nous fabriquent leur propre lessive à base de savon de Marseille ou en utilisant les cendres d’un feu de bois ramassées avec une pelle, certains même avec des feuilles de lierre ! Mieux je connais des individus qui ne se lavent plus les cheveux se contentant de se les brosser pour les garder -presque propres – C’est autant d’eau non polluée pour la planète ! Je savais déjà qu’il fallait surveiller le calendrier de la lune pour se faire couper les cheveux, mais ne plus se les laver… ça, j’avoue que je n’y avais pas songé.

« Tonton, au fait tu as vu mes nouvelles baskets « Fusion »en cuir. Trop bien, je les ai eues à moitié prix : 525 euro au lieu de 1250 euro »

Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire, cinq cent balles pour une paire de pompes, décidément la société de consommation n’est pas morte !

2K20S36 : la rentrée de la contrainte

Paul Signac Concarneau. Rentrée des chaloupes. Opus 222.

Mots contraints : Automne, Rentrée, Musique, Plume, Lac, Médaille, Jouet, Cactus, Crayon

Les oulimots de Starkette :

L’automne arrivait, comme tous les ans au même moment, à la rentrée. Elle s’en rappelait, elle se souvenait de cette époque où elle écrivait à la plume et avec la modernité le crayon l’avait remplacé. Elle touchait sa médaille, pensive, assise au bord du lac, elle ravivait ses souvenirs. Le temps où elle était jeune et qu’une de ses seule préoccupation était de ranger ses jouets. Maintenant seule et vieille, sa seule distraction était d’arroser son cactus.

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Les oulimots de Fran :

Il est à l’automne de sa vie. Alors je sais qu’il faut plus que lui tailler une plume pour faire raidir son crayon. Qu’à cela ne tienne, je sais qu’il connaît la musique pour ce qui est des caresses et je rêve d’avoir à nouveau son visage entre mes cuisses. D’autant plus qu’il a laissé pousser sur ses joues un beau pelage qui me fait craquer. Mais je sais que toute médaille a son revers : une barbe bien taillée peut être agréable à toucher de la main mais se montrer aussi piquante qu’un cactus sur l’intérieur des cuisses. Alors je le laisserai peut-être plutôt me pénétrer avec le gros jouet qui transforme mon lit en lac chaque fois que je m’en sers. Et quand je serai bien ouverte je lui demanderai de glisser son poing en moi. Je le lui ai déjà fait, normal qu’il me rende la pareille. Et, une fois que sa main sera rentrée, nous serons sur un pied d’égalité. Bonne idée : je la note pour notre prochaine rencontre.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Eliette :

Ce matin,  café à 8h en terrasse dans ma charmante petite ville,  déserte à cette heure.  Soleil très timide,  bleu du ciel, cashmere de fin d’été.  Avant goût de l’automne,  mes copines profs font leur rentrée et appréhendent le masque…la plume n’étant plus d’actualité…

Armée de mon crayon pour seul outil de travail, je relis les thèmes de la matinée…

Le serveur met de la musique…Amy is back to black…dans la vie il y a des cactus dans les sacs à dos de certains. 

Positivons…mon charcutier vient de recevoir la Médaille d’argent de la rillette….Gloria in excelsis deo…

Sur la place reste une Bugatti ancienne…merveilleux jouet d’un vieil Anglais …

Entre 2 consultations je relirai une planche sur les lacs d’amour…rien à voir avec le bondage apparemment…mais après tout, peut-être faut il creuser, extrapoler. Histoires d’Amour,  de toutes façons. 

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

L’automne arrive, mais l’auto ne démarre pas, et si la rentrée approche, le hareng très salé reste en rangs très serrés dans la boutique, où à l’inverse des jouets, la joue et la queue de bœuf ne se vendent pas. Plus me tente le gibier à plume dit l’homme à la médaille, mais d’ail n’achète pas plus, il cherche un crayon et une craie ionienne. La musique m’use, hic ! ajoute-t-il dans un hoquet, à la radio ne m’intéresse qu’actus, et vie des cactus. Il achète des lacets et part au lac.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Déjà septembre, mais l’automne se fait attendre. Les enfants ont connu une bonne rentrée. Ils sont à l’école et étudient fort pour devenir des personnes honorables ou un brin rebelle. Dehors, c’est encore la canicule qui règne, ce qui n’est pas normal. Verra-t-on pousser des cactus dans les paysages québécois ? 

Au loin, j’aperçois mon ami Blaise qui manie fort bien le crayon et qui crée des esquisses magnifiques des paysages nous environnant. Il ne recevra sans doute jamais de médailles pour son art, mais des compliments, on lui envoie des tas. C’est de la musique à ses oreilles, mais pas assez pour gagner son pain.

Voilà pourquoi je l’engage comme jardinier. Il travaille tous les matins à désherber ma rocaille et mes pots de fleurs au bord du lac. Aujourd’hui, il me montre son nouveau jouet : une tondeuse tracteur de couleur orange. Je ne prête pas attention à son discours. Sur le sol, il y a une plume de canard. Elle est magnifique mais j’attends que Blaise termine pour la ramasser. Autrement, ce ne serait pas poli.

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Les oulimots d’Alexandre :

Entends-tu la petite musique de la rentrée ? Les vacances terminées, vite, vite il faut consommer.
A chaque nouvel automne, c’est la même chanson : renouvelez votre garde-robe, jetez vos vieux crayons et offrez-vous un superbe stylo-plume serti d’or, courez acheter des bouteilles de vins exhibant la médaille d’or obtenue à la Foire de Paris ou ailleurs. N’oubliez pas : Noël arrive vite, pensez à retenir en avant-première le dernier jeu vidéo tant attendu par votre neveu et le catalogue de jouets pointe déjà son nez chez l’imprimeur.

Qu’il est loin le temps où vous admiriez le bleu étincelant d’un lac de montagne. Décidément, dans le monde d’après, la rentrée a un gout de déjà-vu.

Allez buvons un verre de mezcal ! Cet alcool extrait de cactus nous aidera à oublier qu’il était doux d’être en congés.

2K20S35 : Une contrainte artistique

Les oulimots de Fran :

Elle est de ces femmes que l’on dit belles à peindre. Et j’ai eu moi aussi envie de la croquer. Alors je lui ai fait prendre la pose et ai sorti ma toile, mon chevalet et mes pinceaux. 

Mais, au moment de dessiner le premier trait, l’angoisse m’a étreint. Étais-je le mieux placé pour coucher son corps sur quelque support que ce fût ? Et quand bien même. Fallait-il la figer, elle dont les courbes semblaient en mouvement même alors qu’elle était immobile ?

Elle a vu que j’étais troublé, incapable du moindre coup de pinceau. Alors elle m’a dit « viens m’aimer » et m’a tendu ses bras. Je me suis fondu en elle et j’ai oublié toutes mes craintes. 

Le tableau que j’ai fait d’elle après restera à jamais mon chef d’œuvre. 

Le blog de Fran

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

Nue, immobile, figée, ou nue saisie dans un mouvement ? Un gobelet, des pinceaux qui pourraient laisser supposer qu’elle pose pour un, une peintre, et l’on imagine devant elle un chevalet, une toile, de l’autre côté de la toile, lui ou elle peignant son corps nu, ses courbes en voluptueux traits de couleur, sa peau, ses seins tendus de désir, une peinture d’un érotisme intense. Mais peut-être faisons-nous fausse route en imaginant cela, peut-être aucun chevalet, aucune toile dans la pièce, pas de trace de quelque peintre que ce soit. Peut-être est-elle nue face à un, une, des, joueurs, joueuses. Peut-être est-ce la seule à être nue, face à elle un appareil photo pour conserver des images de ces jeux. Peut-être les pinceaux laisseront-ils sur son corps d’impudiques traces. Peut-être frissonnera-t-elle de plaisir sous leurs regards fiévreux et avides.

Elle est nue, elle attend, et nous ne pouvons que rêver cette attente.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Elle avait toujours rêvé de poser pour un peintre. Elle gardait en elle le souvenir du corps lumineux d’Emmanuelle Beart dans « la Belle Noiseuse » et elle était certaine qu’un jour un artiste serait capable de magnifier son corps. Car elle se savait belle. Lorsqu’elle était plus jeune, le regard masculin la troublait et la mettait mal à l’aise. Ensuite elle comprit que c’était elle qui pouvait mener la danse. Son allure altière héritée des cours de danse, son corps élancé, sa poitrine ferme, les traits fins de son visage étaient autant d’atouts pour faire tourner les cœurs des hommes comme des femmes. Elle ne comptait plus les conquêtes, on chuchotait même qu’une tête couronnée d’Europe avait réussi à la glisser dans son lit. Cette fois c’est un peintre italien Angelo Ferri qui s’est amouraché d’elle. Elle a d’abord joué les indifférentes devant cet homme à l’aspect malingre, les sourcils noirs en broussailles, les dents jaunis par l’abus du tabac. Mi amusée mi-curieuse, elle l’avait accompagné dans son atelier et là, devant les tableaux posés à même le sol elle comprit que ce drôle de personnage n’avait pas son pareil pour capter la lumière sur des corps dénudés et révéler l’âme de ses modèles.

« Veux-tu poser pour moi » lui demanda-t-il ?

Elle ne répondit pas tout de suite et fit languir le peintre plusieurs semaines, le temps de s’étourdir avec un homme d’affaires russe. Angelo la relançait régulièrement, lui promettant qu’elle serait son chef d’œuvre.

Lassée de courir les capitales et de fréquenter la « jet société » avec son amant russe, elle accepta d’accorder une semaine à Angelo. Dans l’un de ses messages, Angelo lui avait écrit : « Accorde-moi six jours et autant de nuits pour créer un portrait qui te rendra immortelle. »

Au milieu de l’atelier trônait un immense chevalet  de la taille d’un homme. Intriguée par cette mise en scène, elle se déshabilla à la demande d’Angelo qui l’invita à s’adosser au chevalet.

« Laisse-toi faire » dit Angelo en l’attachant à la structure en bois, les bras étirés vers le haut et les jambes écartées.

Médusée, elle ne put faire aucun geste quand le peintre la bâillonna.

« Je te l’ai promis, je vais faire de toi un chef d’œuvre comme nul n’a connu. Tu seras une toile vivante. » Angelo s’empara de sa palette et de ses pinceaux et se mit à peindre son corps. «  Une toile vivante, enfin presque, car la peinture contient un pigment toxique qui va raidir tes muscles et à la fin des six jours ton cœur s’arrêtera de battre. »

 

2K20S34 : une contrainte en miroir

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Laura Kampman : autoportrait

Les oulimots de Bruneline :

Se regarder, sous toutes les coutures….

Pendant longtemps elle ne s’était jamais vue nue, cachée dans le noir, cachée des miroirs, elle connaissait sa peau par son odeur, par sa douceur, par sa chaleur, elle était son enveloppe, son intermédiaire avec le monde, mais pas un sujet, pas quelque chose à regarder. Elle se savait mince mais imparfaite, ses parents l’avaient peu regardée petite, peu touchée aussi, elle était discrète et pas du genre à se montrer, on pouvait l’oublier facilement. Même sa blondeur lumineuse était bridée, domestiquée pour ne pas attirer les regards.

Et pourtant lui l’avait vue, immédiatement, elle avait senti le crochet de ses yeux se planter dans sa peau à travers la foule. Elle avait été saisie par la surprise, elle n’avait pas l’habitude de se sentir cible. Elle n’avait pas reculé, d’abord il lui plaisait et elle était insignifiante mais courageuse, elle ne baissa pas les yeux. Et tout s’était enchaîné, avec douceur mais exigence et évidence, dans son regard elle s’était vue enfin et elle avait aimé se découvrir, ils s’apprivoisaient l’un l’autre autant que leur propre image. Et maintenant, pour lui, elle savait composer des images d’elle qui allumaient son regard. Elle était prête au pas suivant, se montrer aux autres.

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Les oulimots de Fran :

Elle est ici ou bien ailleurs. Et peu importe

Elle joue avec son image et c’est joli 

Je déclenche et ces photos que je prends me lient 

À elle. C’est une passion tellement forte

 

Elle s’expose à moi et mes désirs ressortent 

Des choses très osées et j’en aurait pâli 

À l’idée de les faire avec elle au lit

J’assume maintenant. L’inhibition est morte 

 

Je sais que, une fois le shooting terminé 

C’est au creux de son corps qu’elle va m’amener

Au milieu des miroirs qui entourent sa couche 

 

Alors nous nous verrons sous toutes les coutures 

En train de nous aimer, délicieuse torture, 

Et nous irons très loin, elle n’est pas farouche 

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Eliette : 

Se regarder, se voir, se mirer, s’admirer…Narcisse n’avait pas ce fou d’Afflelou comme meilleur ami, pour sûr…

Veiller sur mon corps, le surveiller d’un regard inquiet, de plus en plus flou…merci l’âge..mais comme disait Sarah Bernhardt…il n’y a qu’une chose qu’on peut être et avoir été….un imbécile. 

Miroir,  mon beau miroir..dis moi..

Mais oui ma chérie,  tu as de la chance…chance…chance..répond l’Écho.

Ton regard me renvoie une image de beauté,  d’amour,  de désir…le temps passe et.nous épargne…un luxe.

Tes yeux de photographe intransigeant pour toi même et pour les autres me rassurent…sûre…sûre 

Certes pas de narcisses sur nos tombes…juste des forget me not…

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

Jeux de miroirs photographiés, à moins que ce ne soit jeux de photographies dans des miroirs. Images multipliées se répondant l’une l’autre. Corps de dos, de face, dévoilé et dénudé, glissement du vêtement offrant à la vue de corps de l’autre dans le miroir du miroir. Quel autre, ou quelle autre, jeu du je multiplié dans les images reflétées, mais aussi jeu du je photographe et photographié et jeu de l’androgynie du je. Combien de jeux dans cette image, mais aussi combien de je, je photographie-t-il je, ou est-ce une second je qui entre en jeu et photographie le premier je dont je jeu est de sembler être le je qui photographie. Etranges jeux dans lesquels je me perds entre jeu multiples et possibles multiplicité des je de l’autre côté du miroir.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Être vue sans se dévoiler

Être désirée sans se montrer en entier

Tel est le jeu des miroirs

Où apparaissent trois femmes qui n’en sont qu’une

Trois femmes telles que vous les rêvez

Vous pouvez seulement deviner mon visage,

A vous d’imaginer la couleur de mes yeux

Je vous laisse admirer la douceur de mon dos

A vous de deviner la senteur qui parfume mon cou

En partie mon corps gracile vous est révélé

pourtant mes seins symbole de féminité restent cachés

Vous ne connaîtrez jamais le grain de ma peau

Sur ce cliché, je reste cachée.

2K20S33 : une contrainte solitaire

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Les oulimots d’Eliette : 

La fille sur la photo n’a pas l’air heureuse…pourtant que ces apéros entre amis sont joyeux!

Un vrai rituel…assise à une terrasse,  écrasée de chaleur, cherchant l’ombrelle d’un parasol,  les uns et les autres arrivent,  les tablées se font de plus en plus larges au fur et à mesure des vacances…

Siroter un Campari soda, voir et être vue…le plaisir à l’état pur. Ici tout le monde boit du Jasnieres ou du pétillant de Loir ou de Loire….Hydratons nous….et rentrons à pied  bien sûr. 

Demain,  j’investirai dans une bouteille de Bardoin, pour un pique-nique piscine en nocturne, chez un ami…

Côté Sud après Côté Ouest….

Les peaux sont belles bronzées, les corps très dénudés…les hommes charmants, gays et gais…machos toujours…c’est délicieux!

La chasse paraît souvent plus intéressante que la prise…

Un immense orgeat à l’eau fraîche…le rêve…réalisé….par le maître des lieux qui préfère les garçons…nous rions beaucoup…

Tout à l’heure dans la moiteur de ma chambre, seule, je guetterai les Perséides,  en remerciant pour toute cette beauté,  cette douceur,  j’enverrai quelques sextos tendres à quelques amants, virtuels ou plus…en m’interrogeant sur cette période très très bizarre.

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

Elle fume une cigarette en buvant un café, elle regarde un groupe d’hommes qui bavardent. Non, ce n’est pas tout à fait cela, certes elle fume une cigarette en buvant un café et elle regarde en direction d’un groupe d’hommes qui bavardent, mais elle regarde un homme; le sien, qui bavarder avec deux amis, qui leur dit au revoir. Elle fume une cigarette en buvant un café en attendant que son homme ait fini Elle fume une cigarette en buvant un café, et elle sait qu’elle va partir avec lui, ils ont prévu un week-end à Bruges, tous les deux, les yeux dans les yeux, un week-end de rêve, le leur !

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Fran :

La fête bat son plein. Ça et là des groupes se forment et des conversations s’engagent. C’est l’heure des premiers jeux de séduction. 

Et comme d’habitude elle y est étrangère. Participer est au dessus de ses forces et elle se contente d’observer comme elle sait si bien le faire. Pour se donner une contenance elle fume et boit. Ça l’occupe de surcroît. 

Elle aimerait bien que quelqu’un la remarque, soit intrigué par sa solitude et vienne lui parler. Mais ça arrive si rarement. Et la plupart pour de mauvaises raison. 

Alors ce soir elle ne va pas insister. Elle va rentrer chez elle avant d’être ivre. Elle n’aura pas la bonne surprise d’un regard complice. Elle n’aura pas non plus la mauvaise d’un réveil hagard et sans souvenirs dans des draps inconnus. Ça vaut peut-être mieux.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre

– Bien aujourd’hui les enfants, une petite séance d’improvisation à partir d’une photographie que voici. En ce premier jour de stage, libérons les imaginations, regardez bien la scène et ensuite on fera un petit match entre Thomas et Julie.

Vous êtes prêts ? Thomas à toi !

– Regardez-le ce beau parleur, la petite qui lui fait face est sous le charme, comme subjuguée. Continue ainsi à l’envoûter, tu vas vite arriver à tes fins. Ce qu’elle ne sait pas cette demoiselle, c’est que le jeu qu’il va lui proposer plus tard dans la soirée ne sera pas une rencontre à deux dans une chambre isolée, mais à trois. Et oui, ce bel étalon est mon rabatteur. Quand nous avons repéré de concert une belle proie, je le lâche auprès de l’élue. Oh je connais par cœur son numéro pour séduire la prochaine victime, les yeux doux, la voix mielleuse, une façon de remettre en place une mèche rebelle et fixer son regard au point de faire rougir son interlocutrice. Il commence par des banalités, écarte par son brio tout autre prétendant et se retrouve vite en tête à tête faisant alors l’éloge de la dame, de ses qualités tant physiques qu’intellectuelles. Lors que sa proie est ferrée, il lui avoue son penchant pour 50 nuances de bdsm et dans la chambre il lui propose de lui bander les yeux et de l’attacher aux montants du lit. J’entre alors en scène et à tour de rôle nous faisons découvrir à cette charmante personne des plaisirs inavouables. Souvent les femmes que j’ai fait jouir m’avouent que c’était la première fois qu’elles succombaient aux caresses d’une partenaire de jeu. Nous échangeons alors nos 06 pour se retrouver par la suite.

– Bien joué Thomas. Vous voyez les autres comment l’on peut entraîner ses auditeurs vers des terrains inexplorés avec simplement un peu d’imagination ! A toi Julie, sauras-tu faire mieux que Thomas ?

– C’est reparti ! Encore une fois je vais faire tapisserie. Mais qu’est-ce toutes les filles ont de plus que moi ? Regarde celle-la qui sourit bêtement, elle est plate comme une limande et maigre comme un clou. Moi au contraire, j’ai des formes et en lectrice assidue des magazines féminins je les mets en valeur. Voyez, je porte un soutien-gorge à armature et une gaine qui amincit ma taille. Une allure de pin-up vous dis-je. Et celle-là, les lèvres pincées, on dirait qu’elle s’apprête à mordre ou à cracher son venin. Tout le monde vous le dira, ce qui attire un homme ce sont des lèvres pulpeuses aux courbes soulignées par un rouge carmin. Bon j’ai peut-être choisi une couleur de rouge à lèvres un peu trop vive, mais celui qui me déshabillera aura la surprise de découvrir mes tétons colorés de la même façon. J’ai lu cela dans Fashion and Beauty Magazine. C’est parait-il l’arme fatale ! Sans oublier un parfum qui fait tourner les têtes. Moi j’ai choisi Chanel n°5 comme Marylin Monroe. Entre nous elle avait les moyens la Marylin, au prix où coûte un flacon de parfum, elle n’avait pas de problèmes de fin de mois pour l’utiliser chaque soir ! Non vraiment, je ne vois pas ce qui me manque pour agripper un beau garçon. Sourire peut-être ? J’ai lu quelque part que sourire est nécessaire pour séduire. Le sourire met à l’aise, parait-il et appelle en retour un sourire et entraine un premier contact. Oui mais voilà, ce n’est pas avec un salaire de caissière à Wallmart que je peux me faire rectifier les dents et surtout les soigner. Quand j’ouvre la bouche, malgré la tonne de chewing-gum consommé, malgré l’odeur de nicotine, j’ai une haleine de chacal. Bon… je crois que ce n’est pas encore ce soir que je coucherai avec un garçon.

– Bien troussé, bravo Julie ! Alors-là chapeau, les autres vous pouvez applaudir, c’est plutôt rare de rencontrer une femme qui pense !

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