Oulimots 2021S30 : une contrainte solaire

Mots contraints : Île, chercher, jamais, dessus, casser, solaire, lune, bois, tête

Les oulimots d’Alexa D :

Votre horoscope de la semaine 

Lion (23 juillet au 23 aout) 

TRAVAIL : Signe solaire par excellence vous êtes un grand idéaliste, mais la pleine lune de la semaine dernière vous a rendu conscient de votre orgueil face aux critiques. Vous sortez de votre zone de confort en vous posant la question : «  pourquoi chercher à avoir le dessus et tenir tête sur une situation qui n’en vaut pas la peine ? ».

AMOUR : Célibataire, votre besoin de reconnaissance peut effrayer. Pour casser ce schéma répétitif imaginez-vous être un morceau de bois flottant sur une rivière, laissez-vous porter par le courant, observez le paysage avec sérénité. En couple, vous ne décevez jamais votre partenaire, harmonie et renouveau sont au cœur de futurs projets communs.

ARGENT : Jupiter entrant en lion, cette semaine est placée sous le signe de l’abondance.

SANTE : tonus et dynamisme sont au programme, vous aurez la sensation d’avoir passé une semaine de vacances sur une île paradisiaque. 

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Les oulimots de Dick :

Je n’aurais jamais pu seulement rêver d’un baiser de sa part.  Vous imaginez donc ma tête quand un beau jour elle m’a demandé à brûle-pourpoint si j’avais envie de lui casser le cul. D’autant plus que joignant le geste à la parole, elle s’est mise à quatre pattes devant moi et s’est troussée jusqu’à la taille pour m’offrir la vision de sa lune. Rester de bois était parfaitement impossible. Céder à sa demande sans la moindre préparation aussi. Je suis donc allé chercher préservatifs et lubrifiant avant de lui passer dessus.

Ce fut divin.

Je savais que mon amie des îles était une personne solaire. J’ai alors découvert qu’elle pouvait aussi être une sacrée coquine.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Je suis arrivé dans un autre système solaire. Deux soleils se partagent le ciel vert orangé. Je vais atterrir sur une sorte d’île que l’homme n’a jamais effleurée. Je ne suis pas seul, nous sommes six dans cette mission. Je dois me casser la tête pour chercher le meilleur emplacement et me poser, car l’écran m’indique d’autres sources de chaleur sur l’île. Des espèces animales sans doute. Mieux vaut s’en éloigner.

Cette planète ressemble à la Terre. Son atmosphère est proche de la nôtre. Légèrement plus lourde, mais respirable. Elle est entourée de bois et de cascades. Une île paradisiaque avec un seul inconvénient, cette brume permanente qui remonte du sol et nous empêche de voir clairement sur quoi nous marchons.

Les soleils se couchent et une énorme lune prend place dans le ciel. Il y a quelque chose de curieux dans cette forêt. De drôles de petites cabanes sont posées dessus. On dirait qu’elles flottent sur les cimes. Qui peut vivre là ? 

Des êtres nous entourent à présent. Ils sont arrivés sans faire de bruit. Ils n’ont pas l’air menaçants pour le moment. Ils poussent des cris stridents. Je crois que nous n’allons pas tarder à connaître leurs intentions.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Sur une île chercher à jamais au-dessus

À casser le cadran solaire alors la lune

S’élèvera du bois, éblouissant nos têtes.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Je m’étais décidé à préparer une île flottante. Je n’en avais jamais fait, je pensais que ça allait être un vrai casse tête. J’ai donc cherché la recette sur internet. Jamais je n’aurais pensé que ça serait si difficile.

Il fallait donc faire une crème anglaise avec un litre de lait, six jaunes solaires d’œufs et cent cinquante grammes de sucre. Il était indiqué de rajouter de la vanille pour la parfumer. Il fallait casser les œufs et séparer les blancs des jaunes pour pouvoir les monter en neige. Je trouvais qu’ils avaient la couleur de la lune une fois figés.

Pour la crème anglaise, la difficulté était de ne pas la rater. Je m’étais donc armé d’une spatule en bois pour la remuer énergiquement et de façon à la rendre lisse. 

Enfin j’avais déposé les blanc d’œufs sur de l’eau frémissante pour les pocher. Une fois fait, je les réservais  sur du papier absorbant avant de terminer le montage de ma recette. Un caramel viendrait parfaire la décoration de mon dessert une fois les nuages blancs posés par-dessus la crème. 

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Les oulimots de Gérald :

Elle a ce que l’on appelle un visage solaire, elle respire la joie de vivre.

Pour elle, je suis prêt à aller décrocher la lune.

Pour elle, j’irai sur une ile perdue chercher la plus belle des orchidées.

Pour elle, je ferais feu de tout bois pour lui faire plaisir.

Pour elle, je marcherai par-dessus les montagnes pour la retrouver.

Pour elle, j’irai casser tous les cailloux pour lui trouver le plus beau des diamants.

Oui, pour elle, je perd la tête. Et oui, jamais elle ne quittera mes pensées.

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Les oulimots d’Izia Franck :

Fidèle à son credo : chercher l’efficacité maximale sans jamais faillir, Annabell Graff engagea le combat au corps à corps. Elle bondit sur sa rivale afin de casser la distance.

Agrippée à son adversaire, elle se jeta en avant, entraînant Tomoko dans son mouvement de bascule. Le judogi frappé du disque solaire entama une inéluctable chute en demi-lune.

Ébouriffés par la furie des assauts, les cheveux blonds d’Annabell frôlèrent le tatami et l’eau vive du temps se figea. D’une prodigieuse poussée, Annabell précipita Tomoko dans un tourniquet sans retour. En apesanteur dans l’air frémissant, Tomoko écarquilla les yeux, s’écrasa sans un cri sur le tatami. La tête de bois de son armure spirituelle vola en éclat.

Venue dans l’archipel afin de prouver sa valeur, Annabell ne quitterait pas l’île de Honshu sans accomplir sa mission. L’allemande regagnerait Berlin en possession du précieux diplôme et transmettrait son savoir aux filles du mouvement Foi et Beauté.

Le sceau de maître Onoda couvrait le dessus parcheminé de la feuille hanshi. La calligraphie témoignait de l’inébranlable résolution de celle que tous surnommaient « la louve de Leverkusen »

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Les oulimots d’Alexandre :

  • « Au clair de la lune, mon ami Pierrot »
  • « Mais tu n’as pas fini de me casser les oreilles avec ta chanson.
    J’ai mal au crâne et toi tu chantes à tue-tête cette ritournelle. Arrête un peu !
  • Je fais ce que je peux pour garder le moral. Depuis que cette maudite tempête nous a rejetés sur cette île
    où il n’y a pas âme qui vive, je ne peux pas m’empêcher de penser que jamais personne ne viendra nous chercher ici.
  • En attendant, prie le dieu solaire qu’il revienne vite. Quand on voit les nuages noirs s’amonceler à l’horizon,
    va ramasser du bois pour construire un abri de fortune, on posera des grandes feuilles dessus pour se protéger au mieux de la pluie.
    Allez dépêche !

Oulimots 2021S29 : mâtin quelle contrainte !

Mots contraints : Matin, montagne, brillant, fatigué, marche, café, sucette, bleu, perdu

Les oulimots de Gérald :

Pour rien au monde, je n’aurais loupé cette rando en montagne avec celle qui est pour moi plus qu’une amie.

Je me voyais déjà partir avec elle de bon matin, après avoir pris un café à la sucette, comme c’est la tradition dans le Nord,  sa région d’origine. Partir pour des heures de marche, sous un ciel bleu et un brillant soleil, et pas question d’être à la traîne et d’être fatigué, même si je sais qu’elle est très sportive et que la suivre demande une belle condition physique.

J’aimerais durant cette rando, être perdu avec elle et ainsi, passer la nuit dans un refuge ou nous serions que tous les deux. Une nuit de bonheur.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Ce matin, je ne suis pas en forme, je ne pourrai soulever des montagnes. Hier avec elle, je n’ai pas été brillant, je l’ai fatiguée. Je ne sais pas comment ça va marcher entre nous. Après un café, j’y verrai plus clair je pense. Elle m’a fait perdre la tête pendant qu’elle dévorait cette sucette bleue. J’avais tellement envie d’être à sa place, qu’en lui faisant la remarque je l’ai perdue. 

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Les oulimots de Dick :

C’était à peine le matin et il se sentait déjà fatigué. Perdu même devant la montagne de dossiers qu’on lui avait attribués au dernier moment. Il avait l’impression de prendre le train en marche et, si brillant fût-il, sentait qu’il ne s’en sortirait pas.

Seul devant son café, des bleus à l’âme, il regrettait  quand il était bébé, ces heures où une simple sucette suffisait à le consoler. Il lui faudrait bien plus en ce moment.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Parti dès le matin errer dans la montagne,

Son but étant atteint, il revint sans castagne,

Sous un soleil brillant, il était fatigué,

Mais cependant riant, de son repos briguer.

Après cette marche, là il vit un café,

D’altière démarche, sans nullement piaffer,

Pour une sucette, d’une fille aux yeux bleus,

Habille garcette, il eut donné parbleu,

Son âme à cette belle au doux regard perdu.

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Les oulimots de Ssaara :

Ils se disaient que nul n’avait encore foulé ce sentier sur ce versant de la montagne hormis des montagnards aguerris .

Ils se sentaient comme des explorateurs d’un continent vierge ce matin là . 

Arrivés hier de Paris ils avaient chaussé leurs chaussures de marche neuves et très chères aussitôt le café avalé , déterminés à faire de ces vacances un bain de nature et de sport pour se refaire une santé toute neuve du moins en apparence .

La peau brillante de sueur, fatigués seulement après une heure de marche, ils rêvaient déjà de s’attabler devant un verre et une grosse glace après leur exploit .

En attendant, ils œuvraient à s’exposer sur leur compte Insta afin d’impressionner leurs proches de leur intrépidité à explorer des lieux si inaccessibles . 

A cet effet ils préparaient une série de vues , entre poses et paysages soigneusement cadrés, témoins de leur périple .

Ils n’imaginaient pas que la sucette en plastique bleue, perdue par un explorateur en couches et malencontreusement fixée sur l’image à leurs pieds, allait provoquer des dizaines de commentaires narquois, brisant là leur projet de s’enorgueillir de leurs soi-disant exploits montagnards.

Une si ridicule petite réalité allait écorner leur non moins ridicule fiction.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Ma randonnée est partie en sucette. Je marche depuis des heures et j’ai l’impression de tourner en rond. 

Je suis parti ce matin, le ciel était bleu. Au bout de quatre heures, je suis arrivé à un lac de montagne. Le paysage était magnifique. Le soleil créait un reflet brillant sur l’eau, comme si des milliers de perles d’argent flottaient en surface. 

Après ça, j’ai continué au milieu d’une forêt sur le versant sud. Je vais m’arrêter et prendre un café, car je n’en peux plus, je suis fatigué. Je me suis tout simplement perdu, alors je vais être obligé de rebrousser chemin et retrouver ce lac que je n’aperçois pas pour le moment avant que le temps se gâte.

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Les oulimots d’Izia Frank :

Crapahuter en compagnie de Julia mêla délice et supplice. Partis de bon matin, nous atteignîmes le refuge après cinq heures d’une marche harassante. Apercevoir le minuscule fortin fut pour moi une délivrance. Posé sur la crête, le cube de pierre abriterait nos corps pour la nuit.

Fatigué mais heureux, je gratifiai Julia d’un franc sourire. Sans me rendre la pareille, elle s’approcha ; son souffle caressa ma joue râpeuse. Détournant le regard, je le lançai par dessus l’abîme.

Au loin, la montagne barrait l’horizon de ses pics déchiquetés. Julia proposa un café, mais dans mon trouble, de tous les mots qu’elle prononça, je n’en compris qu’un : sucette.

Son front brillant dévissa contre la paroi de mon ventre tendu. La friction de sa langue ne tarda pas à ressusciter le pendu se balançant mollement entre mes cuisses. Impitoyable, Julia cala le roc bleu au fond de sa gorge — bien décidée à en récolter la sève.

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Les oulimots d’Alexandre :

Et bien je crois que je suis perdu, je me suis fait avoir comme un bleu.
La journée avait bien commencé, la voilà qu’elle part en sucette.
J’avais décidé de partir en montagne de bon matin pour découvrir le paysage progressivement éclairé par le soleil. Les débuts étaient agréables ! Seulement après plusieurs heures de marche alors que les jambes deviennent lourdes et que le corps est fatigué, quitter un sentier balisé pour tirer droit dans les alpages ne fut pas un choix brillant.
Il y avait bien une sente tracée par des animaux mais elle menait droit sur des rochers.
Têtu j’ai tenté de les contourner, résultat je me retrouve sur un pierrier instable tentant d’éviter de me tordre les chevilles en plein cagnard. Quand je pense qu’en bas dans la vallée certains sirotent tranquillement leur café, si je retrouve mon chemin avant la nuit, ce sera pour moi un irish coffee.

Oulimots 2021S28 : la contrainte pour religion

Anna Mizi / Flickr

Mots contraints : Graisse, baie, religion, , été, rêve, sauvage, parler, atteindre, sacrifice. 

Les oulimots d’Elisa Stark :

Atteindre l’ultime sacrifice : cuisiner des baies d’été à la graisse. C’était contre toute religion mais j’en avais tellement rêvé, je n’arrêtais pas d’en parler. Ils m’ont traité de sauvage mais tant pis. Je mangerai tout, tout seul. 

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Les oulimots de Dick :

Elle rentre chez elle au volant de son véhicule, maintenant en parfait état. Et le prix qu’elle a dû payer pour cela la satisfait parfaitement. 

Pourtant tout est parti de la contestation du montant de la facture. Elle est montée dans le bureau du garagiste pour exprimer son mécontentement. Elle a su se faire entendre car le gars s’est littéralement liquéfié au fur et à mesure qu’elle parlait, au point de se jeter à ses pieds pour ne pas qu’elle le traîne devant les tribunaux.

Il était visiblement prêt à tout. Elle a voulu voir jusqu’où. Et tout a été très vite. Comme dans un rêve. Il ne s’est pas fait prier pour ôter son pantalon et lui offrir son cul. La fessée lui a arraché des cris que ses employés auraient pu entendre à travers la baie vitrée s’ils avaient été là et, quand elle lui a proposé le sacrifice d’un pot de graisse pour s’occuper de lui plus en profondeur, il a écarté ses fesses de lui-même afin de lui faciliter le passage. 

Elle ne l’a pas pris à la sauvage mais sa main est entrée en lui avec une facilité déconcertante. Elle lui a dit qu’il avait un cul de salope. Il lui a répondu que l’anal était sa seule religion et qu’il lui vouait un culte assidu. 

Elle a fini par le branler pour le remercier de ce cadeau. Il n’a pas été long à atteindre l’orgasme et a maculé son sous main de longues traînées crémeuses.

La ristourne a été à la hauteur du traitement. 

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Les oulimots de Ssaara :

Ça y était, il l’avait atteint son rêve, depuis quasi 18 mois qu’il n’était sorti de chez lui en hiver comme en été. 

18 mois à n’avoir comme seule religion que ce satané boulot, à ne parler que de travail, à ne penser qu’objectifs et recette, et encore, au travers d’un écran, pandémie oblige. 

Mais là, il était comme un fou, blanc comme une aspirine, un stock de graisse pour se protéger du soleil dans son gros sac pendu au bout du bras, dans l’aérogare de Roissy. 

Il avait presque peur de tous ces humains en tenues colorées, parlant fort et s’embrassant, cet isolement l’avait rendu sauvage. 

Dans quelques heures il serait, il l’espérait, récompensé de ce sacrifice et allait rejoindre cette fille somptueuse qu’il avait séduite sur Internet en lui offrant 15 jours de plage et de plongée dans un hôtel de la si belle  baie de Puerto Galera aux Philippines.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Une histoire de baleines chassées pour leur graisse jusque dans la baie d’Hudson, pratique qui par la religion a été bénie, un rêve sauvage et barbare dont l’on entend encore parler et dont la suppression pour certains semble un vrai sacrifice.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Courir, courir, brûler la graisse, brûler le stress accumulé dans la journée. C’est ma religion. J’en ai besoin. J’arrive au bout de la baie dans cette nature sauvage. Je l’observe, elle est magnifique. C’est l’été, il fait chaud et voir le soleil se coucher me rend heureuse.

Je vis dans une maison isolée, car j’ai fait un énorme sacrifice. J’ai changé de nom, de vie pour échapper aux coups d’un homme jaloux. J’ai renoncé à mon travail, à ma famille. J’ai coupé tous les liens qui lui permettent de me retrouver. Tout cela, grâce à un policier.

Celui que je retrouve ce soir. Comme un oiseau blessé, il m’a prise au creux de sa main et m’a soignée. Avec lui, je me sens bien. Pas besoin de nous parler pour nous comprendre. Ses gestes sont doux lorsqu’il me prend dans ses bras. Je l’admire, je l’aime. Lorsqu’il me fait l’amour, il me fait atteindre le nirvana. Il me libère et je me sens femme. Je vis un rêve. Et je ne veux pas me réveiller. Je veux le vivre éternellement.

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Les oulimots de Gérald :

Le bel été.

Je suis prêt à n’importe quel sacrifice pour atteindre mon rêve. Passer l’été avec ma Maîtresse. Pour commencer, faire du sport afin de perdre un peu ma graisse. Et si ce n’est pas vraiment ma religion, je me dois de le faire pour lui plaire.

Être au fin fond du monde, dans une baie sauvage, au fond d’une crique, que nous deux.

Je m’imagine avec elle sur la plage. D’abord, parler pour apprendre à mieux nous connaître et ensuite faire l’amour toute la nuit.

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Les oulimots d’Alexa D :

Un été de plus dans le sud de la France ? Je ne pense pas. Il est grand temps d’arrêter de vendre du rêve sur Instagram. Vous savez très bien de quoi je parle. Cette photo où vous posez un verre de rosé à la main, enduit de graisse à traire, Ray-Ban sur le nez, logo du Club 55 en arrière-plan, filtre couleurs chaudes, hashtag frenchriviera. Sur les réseaux sociaux nul besoin de parler pour atteindre l’approbation sociale ; la géolocalisation communique directement pour vous, comme si vous portiez en collier le symbole de votre religion. Place au sacrifice des followers et de la course aux likes, me voici parti vers le paysage sauvage de la baie de Somme. 

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Les oulimots d’Alexandre :

– Tu as vu, pas une once de graisse ! ventre plat cet été sur la plage. Cela valait le coup de se nourrir que de baies de Goji pendant un mois.
– Parlons-en de ton régime. Libre à toi de jeûner ou presque, mais delà à imposer à toute la famille le même sacrifice, bonjour ! A force de regarder Koh-Lanta et son mode de vie sauvage, tu as nous a tous rendus filiformes
– Oui mais mon biquet, pour atteindre ma silhouette de rêve, je ne devais avoir sous les yeux aucune tentation.
– Ouais et bien la prochaine fois on tournera le dos à la religion des corps parfaits parce que j’ai faim !

Oulimots 2021S27 : le miracle de la contrainte

Mots contraints : Ouest, ordinateur, miracle, disque, quitter, musique,  pourquoi, jeune, histoire.

Les oulimots de Laurent Chamoux :

Ma tante de 80 ans ne veut pas d ordinateur, elle n’y croit pas, pas plus qu aux miracles et autres histoires à dormir debout, cette musique lancinante du progrès. 

Elle dit que les jeunes ne s’aiment plus et ne pensent qu’à se quitter à peine rencontrés. 

« Ces histoires se répètent comme un disque rayé, toujours la même histoire » dit elle.

La technologie et le monde moderne font que les gens ne se parlent plus et sont de plus en plus à  l’ouest.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

J’étais vraiment à l’ouest le jour où j’ai voulu démonter mon ordinateur. Maintenant à moins d’un miracle je ne sais pas comment je vais remonter le disque dur, la carte son ou les autres composants de cet engin de malheur. J’ai quitté la maison pour me changer les idées. Je me trouvais stupide abîmer ce qui me permettait d’écouter la musique. Je me suis demandé pourquoi j’étais aussi têtu dans cette entreprise de démolition de mon appareil. Est-ce le fait d’être jeune qui m’empêchait d’être raisonnable. La était toute l’histoire de ma vie. 

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Pourquoi à nouveau oublier ?

Le retour d’une jeune histoire

Qui est encore sur le disque,

Miracle de l’ordinateur

Ou est-ce cette musique

Qui refuse de nous quitter ?

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Les oulimots d’Alexa D :

Seth Williamson, journaliste : « Bonjour Ruben, merci pour ta confiance. Nous nous sommes rencontrés la semaine dernière dans une station-service de Seymour dans l’État du Missouri. Je faisais le plein et tu as surgi de nulle part en me demandant si tu pouvais faire un peu de route dans ma voiture pour partir d’ici. Quand je t’ai demandé ta destination tu m’as répondu « peu importe, vous semblez aller vers l’ouest ça me va ». Tu semblais déterminé. Moi par contre j’hésitais car tu es mineur. Tu as presque 17 ans c’est bien ça ? »

Ruben : « Oui, j’aurai 17 ans dans un mois et pour la toute première fois je serai sans ma famille pour les fêter. »

Seth : « Quand tu as vu que j’hésitais à la station-service, tu es rentré dans le vif du sujet… » 

Ruben : « Je ne pensais pas trouver quelqu’un en pleine nuit, quand je vous ai vu seul à côté de votre voiture je l’ai vu comme un miracle. »

Seth : « La plupart des jeunes de ton âge ont le permis de conduire et empruntent la voiture de leurs parents pour sortir, ou travaillent le week-end pour s’en payer une, mais ce n’est pas ton cas. Je t’ai demandé si tes parents étaient au courant que tu étais dehors et… »

Ruben : « et je vous ai répondu que depuis le coucher du soleil j’étais devenu un renégat. »

Seth : « J’ai tout de suite compris que ta famille faisait partie de la communauté des Amish, que la décision de quitter ta famille, la communauté, c’était quelque chose d’irrémédiable. Je me suis senti touché par ton histoire avant même de remettre le contact. Seymour est la ville du Missouri qui regroupe le plus d’Amish. J’ai grandi ici ; combien de fois j’ai failli avoir un accident en doublant une de vos charrettes ! Quand tu t’es installé dans ma voiture je t’ai demandé de mettre la ceinture »

Ruben : « et je vous ai répondu que mon pantalon tenait sans ceinture »

Seth : «oui ! Il y a tellement un monde entre croiser des Amish en carriole et discuter avec un Amish… tu n’as jamais pu fréquenter quelqu’un qui n’était pas de la communauté? »

Ruben : « Non. Vous savez : naître dans la communauté c’est ne pas avoir d’acte de naissance, ne pas avoir de carte d’identité, seule l’église compte. Nous arrêtons l’école avant 14 ans pour aller quotidiennement à l’église, entre quatre et cinq heures par jour,  et y trouver une femme pour se marier, et à notre tour devenir les parents que nos parents ont été pour nous ; c’est sans fin et en cercle bien fermé. Je suis le dernier de la fratrie, il ne restait plus que moi à devoir me marier. J’avais entendu mon père et mon oncle parler de mon cousin Jonas qui a abjuré il y a six mois. Quand un membre de la communauté quitte l’ordre, il le fait en cachette la nuit… Ça a été très dur de ne plus le voir, notre famille l’a renié comme s’il n’avait jamais vécu parmi nous. J’ai entendu qu’ils parlaient de Columbia, je pense que mon cousin est là-bas. »

Seth : «De plus en plus nous entendons parler de communauté de renégats »

Ruben : « Sans ordinateur, sans communication, c’est difficile de savoir où aller. Comment se construire une vie dont nous ignorons tout ? Rien ne ressemble plus à la vie d’un Amish que la vie d’un autre Amish. Tout ce qui n’est pas Amish est appelé «l’extérieur », j’ai rejoint l’immensité de cet extérieur.»

Seth : « C’est comme si le fait de partir t’avait propulsé deux cents ans plus tard »

Ruben : « Oui, et une fois qu’on est parti on ne peut plus revenir. Maintenant que j’ai écouté pour la première fois de la musique dans la voiture je ne voudrais jamais faire marche arrière»

Seth : « En tant que journaliste, et juste être humain avant tout, je veux parler de ton histoire, je n’ai pas de dieu mais je crois au hasard, surtout à l’entraide. Je t’ai offert ton premier téléphone portable prépayé pour que nous restions en contact, tu as mes contacts professionnels dedans. Depuis une semaine nous avons pu établir une piste sérieuse pour que tu rejoignes ton cousin, et tu es hébergé chez ma sœur ».

Ruben : « En une semaine j’ai vécu bien plus de choses qu’en seize ans. J’ai demandé à ta sœur de mettre de la musique, elle rit parce que je ne comprends pas comment de la musique peut sortir d’un disque, un cercle noir avec des rayures… Je préfère quand ça vient du téléphone comme dans ta voiture ! Si je pouvais avoir ma carte d’identité aussi facilement que de la musique ! »

Seth : « Le rédacteur en chef du journal pour lequel j’écris s’est senti concerné quand je lui ai parlé de notre rencontre, de ton courage et ta volonté. C’est l’essence même de notre travail : transmettre l’information. Il m’a donné carte blanche pour qu’un article paraisse sur le blog du journal ainsi que sur la version papier. C’est pourquoi j’ai eu l’idée de faire l’article sous forme d’interview, qui mieux que toi peut en parler ! »

Ruben : « Les gens de l’extérieur nous connaissent surtout pour nos charrettes, l’absence d’électricité et d’eau courante. Ça, c’est le côté matériel que tout le monde connaît. Il faut surtout savoir que nous parlons mal l’anglais : entre Amish, surtout en la présence de nos grands-parents, nous parlons un dialecte germano-danois. Nous n’avons pas d’acte de naissance, tout est fait pour que nous restions dans la communauté. »

Chers lecteurs, le journal Southeast Missourian recherche des partenariats de collecte de fonds et des bénévoles pour donner naissance à l’association Ruben Speaks. Celle-ci a pour but d’accueillir d’anciens Amish, et les aider jusqu’à leur totale autonomie. Logements, professeurs, aides administratives… Nous avons tout à construire ensemble : rubenspeaks@southeastmiss.com.

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Les oulimots de Dick :

Pourquoi le nier ? Nous étions tous parfaitement à l’ouest et la mêlée de nos corps ne devait sa création à aucun miracle, pas plus que celui de nos sens ne voulait avoir affaire à un grand ordinateur pour rétablir son équilibre. 

C’était peut-être du grand n’importe quoi vu depuis l’extérieur mais une parfaite égalité régnait au sein du groupe. Qu’il  soit jeune ou vieux, beau ou laid, chacun avait droit au plaisir que lui donnait le reste de l’assemblée.

C’est peut-être pour cela que personne ne voulait quitter cette orgie que rythmait la musique de nos orgasmes sous le disque argenté de la pleine lune.

L’Histoire retint cette soirée comme étant le bal des fous. Mais ne sont-ce pas les autres qui le sont de ne point vivre ?

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Vous croyez aux miracles ? Mon histoire en est un ! J’en ai assez de mon travail. Pourquoi ? Sans cesse à fond dedans avec une énorme pression et je n’en peux plus. J’entre chez moi et je suis seul avec mes angoisses, ma fatigue. Même pas le temps de sortir boire un verre. Je suis au bout du rouleau mentalement. Cinq ans que cela dure. J’ai besoin d’autre chose. Alors, j’ai décidé de partir.  J’ai choisi une destination au hasard sur mon ordinateur. 

Je suis jeune après tout, je peux tout abandonner et partir vers d’autres horizons, vers d’autres villes. 

Un petit clic m’envoie dans les Pyrénées. Je quitte mon appartement de Paris et je file au sud avec peu de bagages. Je m’arrête dans un hôtel pour la nuit, car la route est longue. 

L’hôtesse d’accueil me dit que ma chambre se trouve dans l’aile ouest. Le couloir semble vide. Je m’installe sur mon lit pour me relaxer. C’est alors que j’entends des pleurs à côté. Je me lève brusquement et je vais sonner à sa porte. 

Et là ! une jeune femme entrouvre la porte. Son regard larmoyant se pose sur moi et ma colère redescend. Elle a les cheveux roux qui longent sa poitrine et s’arrêtent sur ses hanches. Et moi, je reste comme un idiot à la regarder, la bouche ouverte. Elle me demande si je veux entrer écouter quelques disques avec elle. 

Je lui dis oui, sans trop savoir pourquoi, car je n’aime pas la musique classique. Je me positionne dans le couloir étroit de sa chambre, face à elle et c’est à ce moment-là que je remarque cette beauté dans un corps éblouissant sous une robe vert émeraude en rappel à la couleur de ses yeux. Elle se trouve à quelques centimètres de moi. 

Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, mais mes mains ont pris sa taille et l’ont rapprochée de moi pour l’embrasser. Un coup de foudre réciproque. Ce soir, je lui ai fait l’amour et demain, je l’emmène vivre à la montagne avec moi. C’est là que commence ma nouvelle vie.

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Les oulimots d’Alexandre :

Mais pourquoi faut-il que vous soyez toujours à l’ouest ? Ce n’est pas difficile de lire un emploi du temps et de prendre ses affaires de musique et non pas son livre d’histoire. Vous êtes jeune, servez-vous donc de votre mémoire plutôt que passer votre temps à bidouiller un ordinateur dans votre garage. Quittez donc votre domicile et visez des écoles prestigieuses. Je vous le répète : n’attendez aucun miracle de l’informatique, cela vous mènera à rien ! Vous pouvez graver ces paroles sur un disque et le passer en boucle. Allez au travail monsieur Jobs  !

Oulimots 2021S26 : une contrainte scélérate

Mots contraints : Soleil, court,  partir, scélérat, toujours, plaisir, Rio, vie, oublier.

Les oulimots de Le Preusch :

Autant le début du match était serré. Autant cette fin partie est vraiment à oublier. Elle est sur chacune de mes balles. Elle est bien plus dans la partie que je ne le suis. Elle occupe tout le court. Sa jupe légère virevolte. Et laisse entrevoir un petit string qu’elle a dû ramener de Rio. Mon attention est altérée. Mes coups sont imprécis.

A cela s’ajoute le soleil qui impose sa marque mordante. Sa peau hâlée se perle. Elle me regarde souriante et transpirante. Elle a soif de victoire, soif de vie. Son regard semble me dire qu’il est temps de passer à autre chose pour se laisser aller au plaisir.

Dans ma tête, il n’est plus question de jouer. Mais d’oublier, de partir sur un autre terrain que l’intimité d’une douche fraîche peut offrir.

La partie devait prendre fin. Ce qu’elle fit rapidement, d’un service scélérat.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

C’est décidé, je vais partir me faire une place au soleil à Rio. J’ai récolté assez d’argent pour me faire plaisir. Changer de nom, m’offrir une villa. Je veux oublier ma vie d’avant. Une vie basée sur le mensonge et l’arnaque.

Car cette fois-ci, j’ai failli y passer. Je m’en suis pris à plus fort que moi, ou plutôt à pas très malin, mais dangereux. Un mafieux. Il sait que j’ai survécu.

Le scélérat me court toujours après, alors je n’ai pas le choix. Quitter ma famille, mes amis et me refaire une peau neuve ailleurs et arrêter de voler. Me ranger quoi ! C’est le seul moyen que j’ai d’en réchapper.

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Les oulimots de Dick :

Penser à déconcentrer l’adversaire au moment de dégainer pour être la première à tirer : voilà ce que lui avait enseigné son mentor et elle n’était pas prête de l’oublier. Des rives du Rio Grande aux Grands Lacs, elle avait ainsi ôté la vie de tout un tas de scélérats dont la tête était mise à prix, ce qui avait peu à peu fait sa richesse. Mais, avant de partir prendre une retraite bien méritée au soleil, il lui restait à affronter ce mexicain court sur pattes qui lui rapporterait une petite fortune.

Le temps de l’affrontement final était venu. Elle se répéta alors sa check list. Tout d’abord délacer son corsage et l’ouvrir grand. L’attention du bandit se déplacerait de sa main gauche à à ses seins. Elle les savait promesses de bien des plaisirs et personne n’avait pu y résister jusqu’alors. Se pencher ensuite légèrement en avant pour lui en faire apprécier la rondeur tout en roulant des épaules pour les faire ondoyer. Enfin, dégainer et viser juste au moment où l’homme, n’y pouvant plus, serait affairé à faire sauter les boutons de sa braguette. 

Cela avait toujours marché. Et, à le voir rouler des yeux rien que quand elle était descendue dans la grand rue, elle savait que ce soir elle dormirait sur un joli matelas de dollars 

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Le soleil joue à cache cache en ce moment. Quel scélérat! Avec l’instabilité de la météo et le réchauffement climatique, difficile de se projeter et d’oublier la vie d’ ici. Mais j’ai décidé de me faire plaisir et de prendre tout le monde de court en annonçant que j’allais partir pour le Brésil. Aller vivre pour toujours à Rio me fera me plus grand bien 

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Les oulimots de Ssaara :

Il court comme un dératé 

A en perdre le souffle 

A en user son corps 

Il ne regarde que la ligne de l’horizon

Il court 

Sous le soleil sous la pluie 

Il court 

Il se rêve à Rio 

Il se rêve à Cancun

Il court 

Il n’a plus mal 

Il n’a plus faim

Plaisir ou souffrance 

C’est pareil 

Il court

Après un rêve 

Pour partir loin de sa vie scélérate

Il court 

Et quand on lui demande pourquoi

Il dit 

J’ai oublié je crois  

Je cours

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Les oulimots d’Alexa D :

Poussière, soleil, explosions, sang, repli. Chaque jour dans cet ordre. Bienvenue en enfer, bienvenue à Sanaa.

Lorsque vous recevez l’ordre de mission pour partir au Yémen vous faites le plein de tout ce qui vous entoure, parce que vous avez peur d’oublier. Oublier la sensation de vos pieds nus marchant sur l’herbe ; la première gorgée d’une eau bien fraîche quand vous êtes assoiffé ; votre main plongeant dans le cornet de pop-corn lorsque le film commence ; le souvenir d’un voyage à Rio où vous survolez cette immense statue qui vous accueille à bras ouverts ; le plaisir de se réveiller aux cotés de la personne aimée. 

Ma première mission. Comme si votre vie défilait sous vos yeux. Vous connaissez la date de départ. Pour le retour il faudra d’abord faire en sorte de ne pas mourir.

Poussière, soleil, explosions, sang, replis. Pour me donner du courage je me récite toujours cette phrase de Clemenceau : « Etre vaincu vaut mieux que d’être vainqueur du côté des scélérats ». C’est réducteur, mais ici ça prend tout son sens.

Vous savez, depuis plusieurs semaines, les souvenirs d’herbe verte, d’étreintes sur la plage et d’eau fraîche s’affadissent.

La poussière : je souffle sur le visage d’un enfant en espérant balayer la guerre de son esprit.

Le soleil : je monte des tentes pour abriter les civils.

Les explosions : entendues ce jour depuis l’aéroport d’Aden peu après l’arrivée d’un avion transportant des membres du nouveau gouvernement. 20 civils morts, et plus de 100 blessés.

Le sang : symbole de la vie, toute vie est sacrée.

Le repli : promesse de solutions à court terme

Nous sommes le 30 décembre 2020, je suis venu en soldat, je resterai en militant pacifiste. 

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Les oulimots d’Alexandre :

Ah le scélérat, il m’avait promis de m’emmener à Rio ! Tu parles !

Il me disait :  « Tu verras comme la vie est douce la-bas, des plages de sable fin, du soleil et de chouettes nanas, sex and  sun, plaisirs garantis ! »

J’en frémissais à l’avance et puis à l’heure de partir il n’y a plus personne, silence radio ! Impossible de le joindre ce beau parleur !

Comment puis-je être aussi conne pour croire toujours à ses promesses ? A peine exprimées déjà oubliées, ce type-là c’est un mytho. Et ce n’est pas la première fois qu’il me fait le coup

J’attends encore de pouvoir assister au milieu des stars  à la finale de Roland Garros sur le court Philippe Chatrier.

Mais que voulez-vous, il a tellement de beaux yeux mon Mario, que je craque à chaque fois, gobant ses salades.

Avec sa gueule d’ange on lui donnerait le bon dieu sans confession.