Oulimots à la Queneau #4

Contrainte : Exercices de style façon Queneau

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Anima, Wajdi Mouawad ; Page 175, collection Babel

Les oulimots de Le Fils D’Elsa :

(Elsa parle comme les exercices de styles.

Le jeu pour moi est de parvenir à garder le fil, d’un début de phrase à la fin, d’une pensée à l’autre.

En général j’y arrive)

« Jean-Paul va déraper, il faut l’aider. Il s’est drapé dans sa mitigée.

Always dignity parce que je sais le parler. Il fait la moue, non ? Regarde cet air dur !

Les durillons doivent être prêtés sinon ils progressent pro vitre !

Frotte-le donc, astique ! Faut que ça brille !

Je t’ai dit qu’avec ton père, nous… Non ?

On vous a eu, tous les trois et il épais tellement assuré que vous soyez tous à l’abri.

J’ai eu aussi cette période de traits gros, j’étais naïf mais ça plaisait.

En été je croquais beaucoup, c’était plus des brugnons. Oui, quand tu recommences, tu vois ?

Le fruit du travail, tu connais ça, toi ^^

Et il m’a dit que mes tableaux feraient une belle explosion. Faudra les accrocher.

Et tout ça, qui paie ? Tu as assez pour tout ?

Allez, vas-y, ne te mets pas en pétard.

Il a raison, Queneau ! »

Le blog du Fils d’Elsa

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Les oulimots de Faffwah :
— Mais bon sang Gaston, appuyez donc sur le champignon ! Ma poupée d’amour m’attend et nous ne faisons que ralentir.
— J’ai le pied au plancher Patron. Mais je crois que nous avons un problème.
— Bordel ! Et nous voilà arrêtés en pleine cambrousse maintenant. Allez donc arranger ça, je vous paie assez cher pour me sortir de la mouise.
— Si ni moteur ni batterie ne sont morts c’est dans mes cordes Patron. Laissez-moi juste le temps d’ouvrir capot et portière et j’y vole.
— Magnez-vous ! Olga ne m’attendra pas des plombes. Et j’ai assez ramé pour avoir ce rencard.
— Oh flûte !
— Quoi encore ?
— Un chien ! Une énorme bête ! Et qui n’a pas l’air commode. Je vais plutôt essayer de sortir côté passager, c’est plus sûr.
— Vous êtes un pétochard Gaston. Et ça me désole. Je vais m’en occuper moi-même de ce satané clébard. Réparez donc cette foutue bagnole en attendant.
(Il sort. Le chien grogne)
— Soyez prudent Patron, rien de plus mauvais que ces chiens errants.
— Vous me prenez pour qui Gaston ? Un lapin de garenne ? Un de ces minets qui ont peur de leur ombre ? Vous allez voir ! Allez dégage foutu clébard ! Tu vas nous emmerder longtemps encore ? J’ai pas que ça à foutre et tu colles la frousse à l’ahuri qui me sert de chauffeur !
(Il tente de lui donner un coup de pied)
— Aïe ! Ah le con !
— Que vous arrive-t-il Patron ? De la casse ?
— Il m’a bouffé le mollet ce corniaud ! Mon bénard est en lambeaux et je pisse le sang. Mais au moins il s’est barré. Action maintenant Gaston !
— A tire d’aile Patron. Mais je n’ai hélas pas de trousse à pharmacie dans la boîte à gants…
— Quoi ? Vous avez oublié ? Vous êtes un empoté Gaston. Un peu d’à propos de temps en temps, merde !
— Désolé Patron. En attendant, allez donc frotter votre plaie avec un peu de neige, il y a plein le champ à côté. J’essaie de réparer pendant ce temps.
(Gaston file examiner le moteur)
— C’est quoi encore ce remède à la con ? Un truc de votre grand-mère ? Vous croyez vraiment que je vais aller me rouler par terre ? Vous débloquez complètement !
— Si vous voulez stopper l’hémorragie c’est le seul moyen Patron. Je vous ferai ensuite un garrot. Et je vous emmènerai vous faire soigner. Ce n’était qu’un fil débranché et nous allons pouvoir reprendre la route.
(Monsieur se tamponne le mollet)
— Voilà c’est fait. Pas besoin d’hosto. Je demanderai à Olga de jouer les infirmières en arrivant. Avec la mise de clodo que je dois avoir, ça peut peut-être lui donner une vocation de Mère Térésa. Allez; on repart ! fissa !
(ils repartent).

Le blog de Faffwah

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Les oulimots de Popins :

Tweets

En rentrant du boulot ma bagnole est tombée en panne sur le bord de la route et a rendu l’âme. J’ai ouvert les portières en attendant le dépanneur. Et WTF un bolide passe et roule dans une flaque. Et bim ! Je me prends tout dans la gueule. O_o
#MonPireMomentEnVoiture

#LeSachiezTu ?
Les papillons de différentes races ont chacun leur particularité : Le « papillon citron » peut faire des pointes de 15 kilomètres/heure en volant alors que le « collier corail » peut quant à lui faire 8 à 12 battements d’ailes par seconde. Mais il n’y a pas qu’eux car actuellement dans le monde 170000 espèces de papillons sont reconnues. Dont 5000 à 6000 en Europe. La plupart font moins d’un centimètre d’envergure.

#LesFrançaisChampionsDeLAbandon
Cocorico ! Nous détenons le triste record d’être les champions d’Europe de l’abandon d’animaux. Ce sont 100 000 animaux, dont 60 000 durant l’été. Vive la France ! 😉

#JeMeSouviens
Je me souviens quand il y avait de la neige, on courait dans la montée en trainant notre luge, pour plus vite glisser dans la pente. Arrivés en bas, si on ne s’était pas blessé, on se roulait dans la poudreuse.

Le blog de Popins

Oulimots à la Queneau #3

Contrainte : Exercices de style façon Queneau

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Anima, Wajdi Mouawad ; Page 175, collection Babel

Les oulimots de Ssslll2 : chut un pétale :

Le fruit de mes envies

La pomme a gagné sa saveur sucrée. Elle est en lévitation, peut être tendre.

Je m’élève. Mes jambes sont déployées. Le champ est libre.

Je saute vers le fruit qui brille au soleil.

Mais juste là, devant moi, il y a une guêpe. Je me retrouve devant une guêpe rayonnante de victoire.

Je vois le sucre. Il est là. Le jus coule sur sa peau brillante. Je saute et retombe. La guêpe lèche la pomme. Elle forme son trou. 

Je tombe. Je la regarde. Elle sourit et se lèche les babines.

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Les oulimots de Faffwah :

Sa charmante collègue ne le laissait pas indifférent, loin de là. Et le fait qu’ils covoiturent entre le bureau et leurs domiciles respectifs n’avait fait qu’exacerber son envie d’elle. Mais elle ne semblait pas vraiment intéressée par lui. Ou, du moins elle ne le lui laissait pas entrevoir. Mais il voulait savoir. Il brûlait de connaître le goût de ses lèvres et le grain de sa peau. Il avait alors décidé de lui faire le coup de la panne en la ramenant chez elle ce soir. Au moins il serait fixé.

Il avait donc immobilisé son véhicule en rase campagne,  le long d’un champ enneigé. Il avait alors prétexté qu’avec cette perte de puissance il était impossible d’aller plus loin. Coup de chance s’était-il dit, le réseau était aléatoire et ils n’avaient pas pu appeler de dépanneur. Il ne leur restait donc plus qu’à attendre le plus confortablement possible qu’un autre automobiliste croise leur chemin et leur vienne en aide. C’est en tout cas ce qu’il lui avait dit en passant négligemment le bras sur le dossier du siège, juste au-dessus de son épaule.

Le hic, c’est qu’elle ne semblait pas l’avoir entendu de cette oreille et que, d’un mouvement brusque avait ouvert la portière et était sortie de la voiture. Elle avait littéralement volé jusqu’au capot qu’elle avait ouvert avant de se plonger dans le compartiment moteur, de sorte qu’il ne la voyait plus. Un goût amer lui était alors venu dans la bouche. Si elle avait un minimum de compétences mécaniques, elle se rendrait vite compte de la supercherie. Et Dieu sait comment elle réagirait. Et, pour peu qu’elle en parle à la machine à café, il passerait probablement pour le chien jaune de service, prêt à tout pour parvenir à ses fins. Et ce serait une réputation pas tout à fait usurpée au final.

Il en était là de ses réflexions quand, tout aussi virevoltante, elle avait regagné son siège. La réparation était faite lui avait-elle dit. C’est alors qu’il avait remarqué son chemisier largement ouvert sur une poitrine débarrassée de son soutien-gorge. Elle l’avait utilisée soi-disant pour remplacer la courroie de pompe à eau. Aucun des deux n’était dupe et, après un long regard trouble, elle avait pris possession de sa bouche d’un baiser brûlant. Puis elle avait littéralement arraché sa chemise avant d’allonger le siège au maximum et de lui offrir ses jambes largement ouvertes sur sa jupe retroussée. Il ne s’était pas fait prier pour défaire son pantalon et la couvrir de son corps. La baise alors avait été épique et elle s’était avéré être une vraie tigresse qui lui avait labouré les flancs et le dos de ses ongles et qui lui avait mordu l’épaule jusqu’au sang.

Une fois leurs corps repus, il était allé bouchonner ses plaies en tassant de la neige dans ses mains. Il espérait, sans se faire trop d’illusions, que ça atténuerait les marques et que son épouse ne remarquerait rien.

« Quand on veut donner des coups de canif dans le contrat, il faut accepter de se blesser un peu. » lui avait-elle lancé en se rajustant.

Le blog de Faffwah

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Les oulimots de Pidgy :

La mégère, Marlène, me houspille encore ! “Dépêche-toi, me dit-elle, prépare notre vieille  

voiture !”. Voilà, il faut encore partir à l’aventure. Madame joue avec moi. A croire qu’elle 

a trouvé le parfait souffre-douleur. Je n’ai pas envie de me rebeller. Je sais qu’au final j’aurai 

perdu. Tant pis. Je cherche les clefs. Je ne les trouve jamais. Elle doit jouer à les cacher. C’est

sa manie pour essayer de m’énerver quand il faut partir. Vous voyez bien ainsi toute la

puissance de sa malignité ! Ce n’est pas grave. J’ai enfin les clefs. Rejoignons cette foutue 

motrice. Où va-t-elle encore m’emmener ? Sa libido la travaille en ce moment. Des envies, 

elle en a. Toujours différentes. Toujours surprenantes. Toujours soudaines. Voyons ce qu’il en

est ! Nous roulons peu. Nous roulons bien. “Arrête-toi là, sur ce parking !”. Je m’exécute.

Immobilisée dans le noir, seule, la voiture fume un peu sous la neige. Quelle sera la suite ? 

Peut-être un jeu érotique nouveau ? Non. Nous avons déjà fait beaucoup sur un parking !

Morte la radio. J’ai beau triturer les boutons, rien. “Occupe-toi de moi plutôt”, dit-elle.

Je m’exécute. mes doigts se faufilent sous son manteau. Elle est nue. Cette découverte 

m’élève cette partie de moi qui fait son délice. Je sais qu’elle va encore me dévorer.

Les yeux luisants dans un dernier regard, sa tête plonge entre mes cuisses. J’écarte un peu les

pans de son manteau pour caresser son dos. Elle est consciencieuse, ne délaisse pas les côtés

latéraux de ma virilité qu’elle s’emploie à magnifier, si c’est encore possible. Ses va-et-vient

sont savamment dosés et savent ralentir pour ne pas précipiter la fin. Tous ses savoirs sont

déployés. Elle sait où elle veut aller. Le parking, désert tout à l’heure, s’anime peu à peu.

La place à côté héberge maintenant une voiture où un couple, apparemment, suit la même

voie que nous avons empruntée. Ma chérie l’a sentie. Le synchronisme parfait  des têtes

est saisissant. A croire, qu’elles pratiquent la pipe synchronisée ! Nous sommes un couple

libre. Ceux d’à côté aussi semble-t-il. Il va être temps de pimenter un peu le moment.

Je fais signe à mon voisin pour que nous procédions à un échange. Il sourit et sa femme

virevolte vers moi tandis que la mienne prend sa place et continue ce qu’elle a commencé 

vers une issue qu’elle veut précipiter maintenant. Je sens une langue friponne qui veut

la récompense de ses efforts. J’appuie sur cette nouvelle nuque pour la maintenir pendant la

sortie de cette liqueur d’amour qu’elle est venue chercher. Je ne sais pas où il en est celui 

qui est à côté. Apparemment, il est au même point que moi. Il a ouvert en grand la porte qui

donne vers nous pour que nous les voyions. Ma chérie s’en donne à cœur joie. Elle est passée

sur lui et chevauche, complètement nue, cet inconnu qui se rend compte que ce n’est pas 

la bourgeoise habituelle qu’il doit avoir l’habitude de rencontrer. Les voitures passent sur la

grand-route. Personne ici ne s’en soucie. Ma partenaire est aussi passée en cavalière nue

mais je sens bien que ce n’est pas le même rythme que celui que ma femme fait subir 

juste à côté. Le pauvre ! Je l’entends gémir pendant que ma femme lui dit des injures.

, je la retrouve bien. J’ai un peu de compassion pour lui. Il va passer un sale quart d’heure.

Il me lance un regard suppliant. Je lui souris et retourne sa femme pour qu’elle voie ce qu’il

y a de terrible dans sa voiture. Elle ouvre de grands yeux, autant par ce qu’elle voit que ce qui

a l’audace d’entrer en elle par des voies que le seigneur disait impénétrables. Son cri rejoint

le râle de son compagnon. C’est un moment rare qui est vécu ici et qui fait bouger la tête du

chien sur la plage arrière. Ses yeux rieurs me font redoubler d’effort. Sacrée soirée ce soir !

Je finis par venir et la laisse retourner dans sa voiture. Elle verra de plus près ce qui se passe, 

me dis-je. Je la vois porter les mains à sa bouche quand elle voit ce que ma femme fait. Je me

dirige à mon tour vers leur voiture. A quatre nous serons serrés mais il fait froid. Avançons 

vers une orgie automobile. Je recommence à l’entreprendre juste à côté de son compagnon.

La pratique l’excite plus apparemment. Je la sens plus hardie, plus entreprenante. Quelle belle

sortie ! La buée a recouvert toutes les vitres. On ne sait plus qui est avec qui. Mais avec son

opposée quoi qu’il en soit. Il y a un joyeux remue-ménage, et ma partenaire est complètement

ouverte comme ma femme qui décidément ne tient pas à terminer cet intermède sexuel.

Sur le parking, il y a d’autres voitures maintenant. Les voyeurs sont déployés partout sur 

le bitume. Ils nous entourent leur engin à la main. Le spectacle doit être à leur goût sous ce 

ciel étoilé

Je commence à m’ennuyer et à vouloir terminer pour rentrer me reposer après tout ça. Je

vois que mon camarade pense la même chose. Je vois son regard presque suppliant. C’est 

l’homme qui conclut. Il repousse fermement ma femme qui grogne mais il n’en peut plus. 

Il sort de son auto pour essayer de se rhabiller. Elle a réussi à arracher tous ses boutons. Il

est complètement hagard après cette expérience. Il a été tordu dans tous les sens. Il est mieux

dehors. Ma femme s’intéresse à ma copine de jeu. Elle commence à la caresser et à lui sucer

le sexe. D’abord réticente, elle se laisse faire puis hurle. Ma chérie vient de la mordre et le

sang gicle un peu. C’est vraiment une furie quand elle fait l’amour ma chérie. Aie, le sang

coule un peu. Il va falloir s’occuper de ça. C’est toujours pareil avec elle. Heureusement j’ai

de la pratique et j’arrive à soigner ça. J’en profite pour prodiguer quelques caresses sur

sa fleur d’amour. Le plaisir atténue la douleur et elle me griffe le bras dans un spasme. Sa

jambe bouge par saccades. Elle a encore eu un orgasme. La soirée sera mémorable pour la 

dénudée. 

Je m’extrais du véhicule. Il va être temps. J’appelle ma chérie qui daigne m’entendre et

virevolte vers notre véhicule en retour. “Allons” me dit-elle et rajustant son manteau.

Je démarre et me dirige vers la sortie du parking. Quelle soirée ! “Dépêche-toi et

sors”. Je vois qu’elle a hâte de laisser cet endroit maintenant et vite oublier 

l’homme à qui elle a prodigué des moments qui resteront dans sa mémoire. Cet homme 

dévale la pente de sortie également. Il semble pressé de quitter ce lieu lui aussi. “Il a

le feu quelque part” dit-elle en éclatant de rire. “J’ai exagéré !” avoue-t-elle en regardant le  

talus. 

Il est temps de rentrer digérer tout ça. Il se fait tard, il y a de la route à faire et la fatigue

gagne

Un éléphant rose traverse la route. Bizarre qu’il ne dorme pas encore à cette ci ! Il va dans le

champ qui borde notre chemin. “Il doit retourner à son nid. Avec ce temps il va le trouver

enneigé.” me dit Marlène. “Sûrement!” que je lui réponds machinalement. 

Il nous salue en balançant sa tête et sa trompe. Comme tout éléphant quoi. Il

tombe de plus en plus de neige. Cela ne va pas être simple pour rentrer. 

Il fait de plus en plus sombre. On n’y voit plus guère devant. La lumière des phares

se réfléchit vers nous. Je crois que ce n’est pas prudent de continuer. “Demi-tour, on 

retourne au parking” dis-je à Marlène “nous serons plus à l’abri pendant la tempête!”

Il est plus prudent de faire ça et nous savons comment nous tenir chaud. La neige

recouvre le parking et les voitures qui y sont encore. Je stoppe et je pose ma main sur

sa cuisse. Je la sens frémir, prête à recommencer. Elle tend ses lèvres. Sa main remonte ma

jambe. Elle sourit en m’embrassant. Elle a senti la force de mon désir. La nuit sera emplie

de nos étreintes. C’était une bonne idée cette sortie. Petit à petit une chaude couverture de

neige nous enveloppe. Nous sommes déjà nus, emmêlés, et poursuivant nos jeux interdits.

Le blog de Pidgy

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Les oulimots de Popins :

Tabagique

Elle fouille dans son sac, d’une main experte, sans quitter la route des yeux. Le paquet souple est bien là. Elle le pose sur ses genoux, l’ouvre et saisit un filtre qu’elle glisse entre ses lèvres. Les coudes comme manettes dirigent la voiture, ses doigts agiles roulent le cylindre parfait de tabac.

La clope au bec, elle cherche alors son briquet, élément indispensable de sa consciente destruction. Elle ne le trouve pas. Elle se résout à se garer sur le bas côté, agonisante de succomber à l’envie de fumer.

Enfin, la flamme salvatrice ! Des volutes de fumée s’échappent. On dirait un papillon. Les fenêtres ouvertes rendent aux ailes de fumée leur liberté. 

Marie profite de la pause improvisée et va faire pisser son chien, le temps de griller sa douille. Se détruire c’était sa vie.

Maintenant elle a choisi de vivre. Son moi destructeur sanguinolent peut bien aller se blottir dans l’hiver. Pour elle, maintenant, c’est l’été !

Le blog de Popins

 

Oulimots à la Queneau #2

Contrainte : Exercices de style façon Queneau

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Anima, Wajdi Mouawad ; Page 175, collection Babel

Les oulimots de Faffwah :

Une avarie subite et le module avait quitté sa trajectoire avant de s’écraser sur le sol de ce planétoïde non référencé. Les capteurs biométriques m’avaient vite montré qu’il n’y avait âme qui vive dans l’habitacle. Ma mission était simple mais urgente : il me fallait constater l’étendue des dégâts, les réparer dans la mesure du possible et m’assurer que le pilote était toujours en vie, dehors peut-être. La mission ne pouvait s’arrêter là. Alors j’avais actionné mes propulseurs pour gagner l’extérieur. Le sas principal était ouvert et la faible gravité me permettrait certainement de voler jusqu’à la sortie. Je dus toutefois vite déchanter. La carcasse du robot TOU2 avait obstrué le passage. Alors j’avais gagné d’un vol bref l’issue secondaire qui se trouvait de l’autre côté du vaisseau. Le panneau était ouvert sur un ciel noir, sans étoile. Et une nouvelle impulsion m’avait permis de gagner l’extérieur. J’avais alors fini par capter un signal de détresse. En remontant jusqu’à sa source j’avais fini par retrouver le commandant Adams, dernier humain à bord. Il était tombé au fond d’un cratère  et avait déchiré sa combinaison de survie. Il essayait vainement de colmater la fuite avec un mélange de poussière et de glace mais je voyais les volutes de son oxygène s’en échapper et, avec eux, le peu d’espoir de le sauver. Moi, l’IA FR1968AN, allais-je devenir le dernier espoir de l’humanité ?

Le blog de Faffwah

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Les oulimots de Marivaux :

CNRS Notes de Recherche – Cours de Sémiologie Ancienne

Nous avons, je crois, à faire à un texte ancien à déchiffrer un message codé ? Je ne crois pas, mais la lecture au premier degré n’aboutit à rien (un papillon en hiver avec de la neige ?).

Non il s’agit sans doute de veille légende racontée aux enfants une légende sur des êtres merveilleux qui parlent et vivent dans un monde parallèle ici ce serait l’épopée des papillons non pas ceux qui vivent dans la nature, mais les papillons qui naissent dans le ventre des femmes.
Le ventre des femmes qui régulièrement ressent la sensation d’avoir des papillons dans le haut de leur sexe lors qu’elles sont excitées sexuellement.
Oui sans doute il s’agit de cela… comme une chrysalide qui éclot… après le coït, la voiture (la femme) ne bouge plus (petite mort) le papillon peut s’échapper en virevoltant des jambes grandes ouvertes (pans déployés) de la femme comme une grande voie ouverte le chien … peut-être une allusion à la touffe pubienne ou une allégorie à l’entrée (des enfers?) bien gardée de la matrice féminine ?
L’autre sortie … la bouche ? Ouverte vers le ciel : signifiant l’extase consommée et le cri de jouissance final.
L’homme bien sûr apparaît au dehors, sa jambe dénudée symbolisant son sexe encore dressé, le sang est là parce qu’il s’agit d’une défloraison (rappelez-vous c’est un conte, pour les non-initiés donc pour les vierges) le papillon est sorti il tourne autour et observe.
L’homme dévale le talus : les soubresauts decrescendo de son sexe puis il dévale le talus (il débande) sa semence se répand : champ enneigé, il pouvait s’agir d’un drap blanc sur lequel étaient les amants,  mais lorsque l’homme fatigué s’allonge sur le côté, la neige recouvre alors sa jambe c’est pour cela que je choisirai le sperme dans l’image de la neige.
Le papillon ne vit que quelques heures le temps d’un coït pour lui aussi.
Donc la symbolique du papillon pour illustrer le plaisir fugace de l’acte sexuel est bien choisie. À approfondir…

Le blog de Marivaux

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Les Oulimots de Didier Morel :

Je virevolte vers la sortie qui donne sur la grande route. La voiture a perdu sa puissance motrice. Je me prépare à me ranger sur le bas-côté, les pans latéraux sont déployés et les feux de détresse allumés. Le temps de mettre mon gilet jaune et la neige épaisse a recouvert la voiture. J’ouvre le capot pour voir l’étendue des dégâts. La neige fond sur le moteur dont s’échappe une fumée épaisse. Ma courroie est cassée. Il me reste à appeler mon assurance ou trouver une solution de secours. Une idée me vient brusquement : prendre ma ceinture de pantalon et m’en servir de courroie. Pas sûr que ça fonctionne mais bon. Une fois qu’elle est installée, j’essaie de redémarrer. Ouf, le moteur repart. Soulagé, je ferme le capot je me dirige vers la sortie opposée. Ouvert sur le ciel, mon GPS m’indique un garagiste à 2 km.

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Les oulimots de Popins :

D/s

Cela fait un moment maintenant que je roule avec ce couple, enfermé à mon insu dans l’habitacle. 
Enfin, la jambe gainée de bas, terminée par un talon aiguille, relâche la pédale d’accélérateur jusqu’à arrêter la bagnole sur le bas côté. Une petite aire isolée au bord de la départementale. Le soleil perce au travers des nuages, éclaboussant la Citroën. Les suspensions hydrauliques donnent alors à la voiture un doux mouvement de tangage. La femme ondule et râle. L’homme est engouffré entre ses cuisses. Les jarretelles apparaissent alors qu’elle écarte encore davantage les jambes, relevant sa jupe sur son bas ventre. Sa toison est parfois caressée par la langue qui l’explore. Les vitres se couvrent de buée malgré l’hiver. La petite Mort frappe. La femme ouvre alors les portières et, d’un claquement de doigts, elle ordonne à l’homme de sortir. C’est le moment de m’échapper.
Je tente côté passager, l’homme est à quatre pattes, tel un clébard, complètement nu. La femme l’appelle ma poupée, il donne la patte. Elle saisit alors la cravache posée sur la banquette arrière et sort de la voiture. J’en profite pour m’envoler. Curieux, j’observe la scène depuis une branche.  La femme assène à l’homme à genoux quelques coups saisissants. Le peau éclate, du sang coule. Le chien part alors la queue entre les jambes et se roule dans la neige, soulageant les morsures brûlantes de sa peau par le froid .
« Viens là ma belle ! » lui crie la femme.
Depuis les arbres, je  regarde l’homme  regagner sa place. A genoux, aux pieds de sa Maîtresse.

Le blog de Popins

Oulimots à la Queneau #1

Contrainte : Exercices de style façon Queneau

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Anima, Wajdi Mouawad ; Page 175, collection Babel

Les oulimots de Faffwah :

Alexandrins

 

La voiture a perdu sa puissance motrice

Et de son mouvement le plus grand bénéfice

Serait-elle défunte ? Je m’élève pour voir

À travers les portières ouvertes dans le soir.

La voie est dégagée et, en virevoltant,

Je gagne la sortie. Mais un gros chien m’attend

Je fais donc demi-tour. À l’opposé le ciel

S’offre à ma vue. Et l’homme aussi qui se révèle

Être blessé. Il saigne. Je virevolte encore

À sa poursuite dans ce sordide décor.

L’homme entre dans un champ de neige recouvert

Il chute et je souris. Je suis chasseur pervers.

Avant de l’achever je laisse mon bonhomme

Tenter de se soigner. Son dernier vœu en somme

Il recouvre de neige son membre mutilé.

Et je vois sur son front de la sueur perler

Il m’a vu et connaît désormais son destin.

Il est funeste car il sera mon festin.

Le blog de Faffwah

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Les oulimots de Popins :

Lipogramm(e)

Papillon

L’auto stoppa son parcours, stagnant, disparition du circuit initial.
Un papillon planait dans l’air frais, souhaitant fuir, sortir sans accroc d’ici.
Un cabot, non loin, compliquait son plan, induisant l’utilisation d’un atlas distinct.
Oups !  Là un humain, son gigot sous un flux carmin.
Mais il doit accomplir sa mission. Sortir droit au Nord !
Vaillant, il y va.
Youpi ! Il réussit.
L’humain avançait toujours dans un champ tout blanc. Puis il chut.
Il utilisa du flocon pour couvrir son sang.

Le blog de Popins