Oulimots 2022S26 : la passion de la contrainte

Mots contraints : Boue, lit, nuit, passion, prudent, lumineux, folie, s’évanouir, pourquoi. 

Les oulimots de Beroalde :

Pourquoi t’accroches-tu aux lambeaux de la nuit ? 

Pourquoi lutter, à l’heure où s’effacent tes rêves? 

L’instant où ta folie, comme un fantôme fuit

Et puis s’évanouit au soleil qui se lève

Indicibles désirs et passions interdites

Le jour les brûlerait, lumineux et cruel,

Laisse-les, c’est prudent, au fond du lit, petite.

Ils seraient maculés de la boue du réel.

****

Les oulimots d’Elisa Stark :

Cette nuit, la passion nous a consumés mais nous sommes restés prudents car en extérieur. Nous étions dans un parc lumineux, au bord de la folie tellement cette expérience nous a amené à nous dépasser. A un certain moment, les orgasmes étaient tellement puissants que j’ai failli m’évanouir. Maintenant je me demande pourquoi et comment  une simple roulade dans l’herbe et dans la boue nous a servi de lit pour nos ébats.

****

Les oulimots de Dick :

Et si la prochaine folie de notre monde était de traîner dans la boue celui qui lit autre chose que ce que la bienséance ordonne ? Nous n’en sommes pas tellement loin quand on y pense, et cela nuit tellement à l’humanité de voir s’évanouir la diversité culturelle. Alors pourquoi les gens se laissent-ils appauvrir ainsi ? Parce qu’il est plus prudent de suivre le chemin lumineux tracé par nos écrans que de vivre réellement ses passions ? Je ne peux le croire et, quoi qu’il advienne, je ne me laisserai pas happer par ce qui s’avère finalement n’être qu’un gouffre.

****

Les oulimots de Marie Bulsa :

Savez-vous ce que c’est de s’évanouir de plaisir ? Il m’a donné rendez-vous dans son salon de massages, alors que d’habitude, on se rencontre au restaurant. Là, il m’a dit « je veux te faire un cadeau » Il m’a accueillie en blouse blanche le sourire aux lèvres et m’a déshabillée lentement avec passion. Il m’a allongée sur une sorte de lit-table et a posé une serviette sur le bas de mon dos. J’ai réagi. « Pourquoi es-tu si prudent avec moi, peut-être devrais-tu oser ? » Il a retiré la serviette d’un coup sec. Il a commencé à m’étaler une boue parfumée sur la peau avec une douceur extrême. Mes muscles se décontractaient. D’un geste de la main, il m’a retournée sur le dos et a renouvelé l’opération en faisant glisser ses doigts sur mes courbes. Des sensations fortes. Il a poussé la table sous un halo lumineux de couleur bleue qui a déclenché un ruissellement d’eau tiède. Je m’agitais dans tous les sens pendant qu’il me regardait avec ses yeux gourmands. Il m’a offert une nuit de folie et m’a fait atteindre l’extase. Je n’oublierai jamais.

****

Les oulimots de Gérald :

Elle a une grande passion pour les bains de boue, et elle voulait me la faire partager. Aussi, quand elle m’a proposé de venir avec elle, moi qui suit d’ordinaire prudent, j’ai dit oui, sans hésitation, je trouvais ce projet lumineux. Et comme je l’aime à la folie, je ne me suis même pas posé la question du pourquoi du comment.           Il faut dire que le lieu est réputé mondialement par la qualité de ses boues. Il se trouve dans le lit d’une rivière asséchée au Japon, en pleine montagne, à des heures de marche. De quoi s’évanouir de fatigue avant de l’atteindre.Mais, une fois arrivé, le nec plus ultra est de se faire un bain de nuit en compagnie de celle que j’aime plus que tout au monde.

****

Les oulimots d’Alexa D :

Je me sens écrasée dans mon lit, un poids si lourd sur la poitrine que je pourrais m’évanouir. Sûrement le jugement oppressant des autres trainant mon nom dans la boue parce que je suis en arrêt maladie depuis plus de deux ans. Je me demande comment l’humain bascule si facilement dans la présomption réfragable. Il serait prudent d’y réfléchir à deux fois avant de tirer sur quelqu’un se trouvant déjà à terre… Pourquoi ne pas avoir ce petit grain de folie pour tendre la main et guider vers un chemin plus lumineux ? Parce qu’aujourd’hui c’est bien de ça dont il s’agit : une normalité inversée. La malveillance est commune quand la solidarité se veut prudente. J’ai eu le temps d’analyser ce problème pendant mes nuits blanches, je préférais l’époque où c’était la passion qui les animait.

****

Oulimots 2022S25 : une contrainte magique

Mots contraints : Dangereux, hiver, marmelade, voiture, pull, magique, frapper, amant, carré

Les oulimots d’Elisa Stark :

Dangereux-paisible
Hiver-été
Marmelade-compote
Voiture-camion
Pull-tshirt
Magique-réel
Frapper-caresser
Amant-cocu
Carré-rond

****

Les oulimots d’une nymphe des fontaines :

Elle mettait toujours sa marmelade d’orange concocté pour l’hiver, dans un pot carré.

Ce curieux accessoire trônait sur sa table de nuit à côté de son pull en dentelles rouges.

Lorsque moi, son amant, j’arrivais avec ma vieille voiture le Dimanche soir, j’avais toujours cette première vision magique qui se découpait par la fenêtre de sa chambre. 

Commençait alors, le dangereux va et vient de ses tétons, enduits de ce parfum sucré,  qui allaient frapper voluptueusement mon sexe.

****

Les oulimots de Dick :

Dangereux les sports d’hiver ? Peut-être. Une neige trop dure peut vous mettre le corps en marmelade et en voiture Simone pour l’hôpital. 

C’est pour cela que je préfère rester en terrasse à médire sur les pulls moches de mes contemporains. Il y a quelque chose de magique dans cette surenchère sur les motifs qui me frappe toujours, y compris lorsque c’est mon amant qui s’y met. J’adore néanmoins voir ses épaules carrées rouler dessous et je prends un malin plaisir à le lui enlever avant que nous ne nous livrions à d’autres jeux de glisse.

Le blog de Dick 

****

Les oulimots de Marie Bulsa :

Cet homme, je l’avais dans la peau. On s’était rencontrés au carré des officiers sur un bateau. On avait vécu une idylle, mais j’ai fini par quitter l’armée et le quitter lui aussi même s’il avait été un merveilleux amant. Je me suis mariée, j’ai eu des enfants. Tout allait bien, puis il est réapparu, 10 ans plus tard. Il a acheté cette maison face à la mienne. Et de jour en jour, il est devenu dangereux. Il n’y avait plus rien de magique comme par le passé. Il a voulu écraser mon mari avec sa voiture puis il est venu s’excuser de ne pas l’avoir vu. 

Mais ce soir d’hiver a été le pire de ma vie. Il était à la porte de ma cuisine un couteau à la main. Mon mari gisait sur le sol, hurlant de douleur. J’ai gardé mon sang-froid et j’ai pris la première chose que j’avais sous la main. Je me suis jetée sur lui pour le frapper avec un pot de marmelade jusqu’à le tuer avant de m’écrouler. Aujourd’hui, je garde sous mon pull les cicatrices causées par son couteau. Elles sont là pour me rappeler cette nuit de cauchemars.

****

Les oulimots de Patrice Saucier :

Son amant l’aide à fuir l’hiver qui engourdit sa tête. Il possède la formule magique pour transformer sa vie en tartine de marmelade aux agrumes.

« Ce n’est pas dangereux, tout ce que nous sommes en train de faire ? » Demande la dame dans la quarantaine, quelque peu effrayée qu’on la surprenne dans une « fâcheuse position » 

« Rien à craindre, ma belle. Nous sommes dans ma voiture et ma main est sous votre pull. Camouflage parfait… » Répond l’amant du tac-au-tac.

Avec lui, c’est carré. 

Et l’extase va bientôt frapper de caresses et d’insouciance

****

Les oulimots de Lady Annia :

Je regardais par la fenêtre la neige qui tombait à nouveau. Rien de bien surprenant à la montagne en plein hiver.

J’ai enfilé un pull rouge et un jeans pour être prête pour l’arrivée de Colette, qui allait me faire cadeau de sa présence pour une journée magique, placée sous le signe des retrouvailles.

Alors que je surveillais mon émincé de poulet à la marmelade et au lait de coco, j’entendis du bruit. En jetant un coup d’œil par la fenêtre, je vis une petite voiture, visiblement dépourvue de pneus d’hiver, en train de déraper. Je me fis la réflexion que c’était dangereux et inconscient de rouler comme cela !

Je m’apprêtais à me servir un verre lorsque j’entendis frapper à la porte.

J’ouvris et ma jolie visiteuse se trouvait devant moi, bien accompagnée de son bel amant. C’est une très belle femme avec un carré mi-long qui met en valeur son teint de velours et ses beaux yeux noisette. J’ai alors su, rien qu’en la regardant, que nous allions passer une magnifique journée au chalet…

Le blog de Lady Annia 

****

Les oulimots d’Alexa D :

Je l’avais attendu longtemps ce climat automnal. L’été se terminait délicatement, et l’hiver paraissait encore loin. Je continuais mon périple en voiture le long du Pacifique, vitres baissées, rêvassant à la toute première fois où j’avais emprunté ce chemin pour rejoindre mon amant. Je m’apprêtais à revivre ce moment magique. Frappée par le vent de la côte qui s’engouffrait dans mes cheveux, je reprenais mes esprits, et mon attention se dirigeait sur cet itinéraire si agréable quoique dangereux. Pas besoin de pull, mon carré de soi négligemment posé sur mes épaules suffisait à mon confort. Le connaissant, à mon arrivée la cheminée serait déjà parée de son plus beau feu, ainsi je me délesterais au plus vite de mes habits; et le plateau du petit déjeuner déjà prêt sur la table. Au menu, quelques croissants, un peu de marmelade, et beaucoup de sensualité.

Oulimots 2022S24 : une contrainte combattante

Mots contraints : Combattant, savoir, sourd, rocher, éponge, jardin, désigner, mégalomane, testament

Les oulimots de Bruneline :

Elle avait beau savoir que c’était inutile…

Elle était revenue à chaque invitation, souriante, en combattant un à un tous ses doutes, essayant d’expliquer ce qui peu à peu effritait le rocher de sa confiance. Il était resté sourd, pas par méchanceté, peut être avait elle sous estimé son côté mégalomane? Il pensait pouvoir tout arranger toujours.

Peut être ne l’avait il pas cru quand dans ce jardin magnifique, après un moment qu’ils n’oublieraient pas, elle avait jeté l’éponge, sans désigner de coupable. Lui racontant par le menu dans sa plus longue lettre pourquoi elle devait partir, comme un testament à leur amour, enterré encore bien vivant.

****

Les oulimots de Dick :

Je suis un combattant du savoir, je reste sourd aux sirènes de la novlangue que l’on veut nous imposer et je préfère périr, le rocher fracassé par leurs coups, que jeter l’éponge. 

Je suis un des derniers à dire haut et fort que la culture est comme un jardin qu’il faut sans cesse entretenir et c’est certainement pour cela que j’ai été désigné comme étant leur prochaine victime par leur chef, un fou mégalomane qui veut asservir par l’ignorance et qui connaît une audience toujours croissante. 

Demain je serai probablement mort et mon dernier article mon testament. Puisse-t-il être entendu. 

****

Les oulimots de Marie Bulsa :

Bikini Bottom était désormais entre les mains du méchant empereur, Plankton. Un mégalomane, prêt à tout, d’un ego démesuré. Il avait fait fortune en falsifiant le testament de Monsieur Crab pour lui voler sa recette de burger. Rien ne l’arrêtait. Il en voulait toujours plus.

Caché dans son ananas, Bob l’éponge avait reçu d’une étoile de mer, une étrange chamane, le « grand savoir » qui allait lui permettre de devenir un excellent combattant.

Enfermé dans son laboratoire, il concoctait une potion sordide, à base d’algue que l’on ne trouvait que dans son jardin.  Cette extraordinaire plante poussait dans un seul endroit qu’il avait nommé « le Rocher du Sourd ».

Sheldon Plankton allait mourir empoisonné. Son petit corps allait se désagréger puis s’envoler avec son orgueil et sa méchanceté. 

Et Bob ne savait pas qu’on allait le désigner empereur pour son courage et sa ténacité, mais les habitants de Bikini Bottom voulaient le récompenser.

****

Les oulimots d’Elisa Stark :

Il était un combattant, de ceux que les états envoient partout en mission, à savoir un mercenaire. Mais lors d’une intervention, il fut touché par un obus et devint sourd. Cela arriva près d’un rocher dans la mer. Il avait plongé pour observer les éponges et autres coraux qui ressemblaient à un jardin aquatique. Mais quand il fallut le soigner et désigner un responsable de son accident, mégalomane comme il était devenu, il n’accepta pas de devoir être face à celui qui avait lancé l’attaque. Il préféra disparaître pour toujours en laissant pour sa famille un testament qui partageait les richesses de la vie intrépide qu’il avait toujours menée.

****

Les oulimots d’Alexa D :

Désigner quelqu’un pour rédiger mon testament aurait été plus facile, et surtout abrutissant. J’aimerais qu’il soit pimenté à ma sauce mais me voici confronté au syndrome de la page blanche, le vide, rien. Je suis pourtant bien installé dans mon jardin, j’ai passé un coup d’éponge sur la table, le champ des oiseaux me berce, les rayons du soleil percent entre les arbres et se laissent choir sur ma peau. Le vide… De toute façon c’est ce qui m’attend de l’autre côté du tunnel … J’ai déjà un pied dans la tombe, et le savoir me rend amer. La maison est devenue trop silencieuse. Une fine pellicule de poussière s’est déposée sur la platine vinyle, c’est la première fois que ça arrive en trente ans. Demandez à une femme ce que c’est que de vivre avec un mélomane… La mienne disait souvent en riant avec nos amis « je préfère être mariée à un mélomane qu’à un mégalomane ». Les pochettes des disques n’étaient jamais rangées, elles trainaient sur la table basse;  au fur et à mesure je remplaçais les baffles pour monter le son en puissance, jusqu’à nous rendre presque sourds. Le silence n’existait pas dans cette maison, même après son décès. L’urne de ses cendres trône sur l’étagère, combattant le poids des vinyles que je viens de classer par ordre alphabétique. J’épure l’âme de ce lieu, j’aseptise, je prépare le départ. Ici sur l’Isle de Wight, ce petit morceau de rocher au milieu de la Manche, ce ne sont pas les falaises qui manquent, j’aurai pu tout laisser en vrac et me jeter dans le vide.

****

Les oulimots de Thomas Arfeuille :

Dans ton testament, ô toi, combattant du savoir, tu sauras qui ne pas désigner. Ainsi,tu déshériteras ces philistins qui n’ont jamais daigné écouter tes paroles : le rocher sourd, l’éponge mégalomane qui s’imprègne de discours imbéciles et le jardin stérile ou ne pousse aucune pensée.

Oulimots 2022S23 :

Mots contraints : Arc-en-ciel, vapeur, respiration, canne, souterrain, bain, velours, glisser, héros

Les oulimots de Lion Benjamin :

L’arc en ciel de nos sentiments

Comme une vapeur parfumée

Nourrit notre respiration

Cette canne m’a porté

Hors d’un souterrain de déprime

Jusque dans un bain de douceur

Ta peau de velours

Sur ma peau tu fais glisser

Je suis ton héros.

****

Les oulimots de Lucktaly :

Un arc-en-ciel ne se contente pas de glisser entre les nuages. Ses couleurs tapissent les hauteurs, mais aussi les profondeurs. À tel point que certains se lancent à la recherche des souterrains creusés lors de leurs apparitions. Qu’ils soient aventuriers ou qu’ils jouent sur le velours, nos héros d’un jour partent en quête de bain de jouvence ou d’objets précieux. À chacun sa méthode : une canne comme outil, la vapeur comme guide, une respiration calme et modérée comme boussole. Il faut néanmoins se hâter avant que le spectre coloré ne s’évapore.

****

Les oulimots de Dick :

Lors de ses sorties vélo, il porte un maillot arc-en-ciel. Pas parce qu’il est champion du monde mais plutôt parce que, comme on le disait autrefois, il est à voile et à vapeur. Ne cherchez pas à savoir comment il en est arrivé là, c’est dans sa nature, tout comme la respiration. Ne le prenez pas pour un sous-homme non plus, lorsqu’il est en cannes ils ne sont pas nombreux à pouvoir le suivre sur la route. 

Il aurait pu se cacher, laisser cela souterrain mais, bien au contraire, il met tout le monde dans le bain et il joue sur du velours avec ce qu’il appelle sa « petite particularité » quand il la glisse dans la conversation.

Il est un héros du quotidien, parmi des milliers, et à droit au plus grand des respects. 

Le blog de Dick 

****

Les oulimots d’Elisa Stark :

Cette grotte n’est qu’accessible par un souterrain. On s’y glisse le long de parois tellement étroites que c’est à en couper la respiration. Un bâton ou une canne permet d’appréhender ou l’on pose ses pieds car la roche est humide et glissante. Malgré ce parcours chaotique, cela en vaut vraiment la peine. On tombe sur une piscine d’eau naturelle aux reflets arc-en-ciel. L’eau glisse sur la peau telle du velour, c’est un vrai bain de jouvence qui vous fait sentir tel un héros.

****

Les oulimots de Marie Bulsa :

Je me souviens des couleurs de cet arc-en-ciel, restées gravées dans ma mémoire. L’accident m’avait plongée dans un souterrain obscur pour toujours.

J’ai entendu la musique provenant d’un café alors que je me promenais dans la rue, ma canne à la main. J’ai marqué un arrêt. Et cette douce voix m’a interpellée « vous voulez entrer pour écouter ? je peux vous emmener devant la scène, si vous voulez »

C’était la première fois que quelqu’un faisait quelque chose pour moi. Il était intentionné et s’est occupé de moi toute la soirée. Je le percevais comme mon héros du soir.

Nous avons quitté les lieux et avons pris une chambre à l’hôtel. Ma respiration se faisait lourde. J’avais oublié toutes ces sensations.

Il m’a fait couler un bain rempli de mousse. J’ai fait glisser mes doigts sur l’eau chaude pour sentir ce toucher de velours. Je sentais la vapeur envahir mon visage.

Il a retiré nos vêtements et ma main a sculpté son visage et son corps. Il était beau. Il m’a comblée toute la nuit et a disparu au petit matin. Je ne l’ai jamais revu, mais son passage reste à jamais gravé dans ma chair et ma mémoire.

****

Les oulimots de Carole Bessiere :

Depuis la salle principale aux 3 bassins, Savannah se prélassait dans la vapeur des bains. Glisser son corps voluptueux sous l’eau et nager sans se soucier des regards langoureux… Elle en rêvait depuis longtemps. Elle avait graissé la patte d’un gardien en lui faisant de l’œil et surtout en laissant négligemment tomber la bretelle de son soutien-gorge. Elle savourait le luxe du lieu et sa respiration  se faisait lente ; elle en soupirait d’aise. Son pied toucha le bord opposé du hammam alors qu’elle entendait en écho le son d’une canne. Son maillot deux pièces laissait voir les avantages de sa féminité tandis qu’elle émergeait de l’eau avec grâce. Un souffle passa près d’elle et elle ouvrit brusquement les yeux. Un regard mystérieux la fixait, chaud et masculin surtout. Habillé de velours malgré l’étuve du lieu, il lui ordonna de le suivre. Étourdie par les vapeurs, elle obtempéra et le suivit dans un souterrain. Serait-ce son héros ?  Elle n’obéissait plus qu’à son instinct et entrevit un arc-en-ciel par le biais d’un moucharabieh. Où allaient-ils ?

Le blog de Carole Bessiere 

****

Les oulimots de Patricia Bartkowiak :

Ah , me glisser avec délices sous une douche bien chaude!

  Mon fantasme depuis le début de ce stage de « cohésion de groupe » en pleine forêt, perdu au milieu de nulle part, à plus de trente kilomètres de la civilisation.  Ils nous en avaient vraiment fait voir de toutes les couleurs durant ces sept jours « à la dure ».  Moi qui déteste me sentir enfermée, ils m’avaient fait ramper dans des souterrains boueux.  Plus d’une fois j’avais cru que ma respiration ne reprendrait jamais un rythme normal.  L’extase totale !! Enveloppée dans le peignoir de velours généreusement offert par les organisateurs, je me saisis de ma canne et me traînais tant bien que mal jusqu’au fauteuil.  Un simple faux pas, une petite seconde d’inattention dans cette fichue forêt et patatras, entorse du genou!  L’esprit encore embrumé par les vapeurs des anti-douleurs, je vis arriver le room service tel un héros céleste tout droit descendu d’un arc-en-ciel. Il s’agissait en réalité de l’aide-soignant affecté à ma chambre d’hôpital. Plus jamais je ne mettrai les pieds en forêt !

****

Les oulimots de Gérald :

Je ne veux pas la réveiller, je marche à pas de velours, et je retiens ma respiration. Et je vais me glisser sous la couette. Mais, elle ne dort pas, elle m’embrasse en me disant que je suis son héros.

Je l’aime à mourir comme chantait Cabrel. La journée a été bien chargée. Visite des souterrains du château, puis balade dans le petit train à vapeur autour du même château avec en prime, un splendide arc-en-ciel.

Et pour terminer la journée avant un bon bain pris ensemble, une petite correction sur mes fesses avec la canne anglaise parce que, c’est aussi ma Maîtresse.

****

Les oulimots d’Izia Frank :

La main gantée de velours désigne le labyrinthe. L’infirme s’y engouffre ; livrant son ombre biscornue aux abysses du palais. Stoïque sous les entrelacs du voile sacré, la novice s’éloigne, sans demander son reste. Les claquements entêtants de sa canne en os s’amenuisent ; le silence gagne le souterrain. Des bulles aux irisations arc-en-ciel constellent la peau humide du héros assoupi. Se glisser dans la vapeur est un jeu d’enfant pour la boiteuse dont la main effilée plonge dans l’eau du bain. Haletant, le jeune maître réfrène avec peine l’emballement de sa respiration.

La page d’Izia Frank

****

Les oulimots de Lady Annia :

J’enlève ma robe en velours et la laisse glisser sur le sol avant d’entrer dans la baignoire.

L’air est tellement saturé de vapeur que cela rend ma respiration difficile lorsque je me trouve au-dessus de l’étendue d’eau chaude.

Je m’immerge dans cette eau brûlante et y ajoute une jolie bombe de bain couleur arc-en-ciel. En ce moment, je me sens comme dans un cocon, coupée du monde. L’absence de fenêtre me donne l’impression d’être dans un souterrain.

Pour parfaire ce moment, je voulais me préparer un mojito, mais malheureusement je n’avais plus de sucre de canne. J’entends la porte d’entrée s’ouvrir et devine le retour de mon amoureux. Dix minutes plus tard, il me fait la surprise de me rejoindre, se transformant en héros à mes yeux, car il tient dans chacune de ses mains les objets de mes désirs : un mojito et son sexe.

Le blog de Lady Annia

****

Oulimots 2022S22

Mots contraints : Peau, piétiner, meilleur, masque, fils, plan, sucre, hystérie, verser, 

Les oulimots d’Izia Frank :

Tels des lionceaux, les fils grimpèrent sur les cuisses de leur mère, se blottirent contre ses flancs. L’un s’endormit ; l’autre veilla — sans verser une larme sur l’homme en fuite dont il méconnaissait le plan. Vingt années passèrent. L’hystérie engendrée par les rumeurs ineptes vint tout fracasser, tout piétiner. La fusionnelle relation filiale vola en éclats.

Elle scrutait l’horizon, serrant entre ses paumes comme pour se réchauffer, la tasse de café sans sucre. Comme un boomerang, son meilleur souvenir — de larmoyants baisers sur sa peau — lui revint, hâtant la patine du masque de ses certitudes..

La page d’Izia Frank 

****

Les oulimots de Patricia Bartkowiak :

Je ne fis donc ni une , ni deux et m’empressais de prendre rendez-vous avec le praticien.  Après qu’elle m’eût préciser que le masque était obligatoire, la secrétaire me fixa un rendez-vous pour le surlendemain.  Inutile de vous dire que je piétinais d’impatience.  Le jour dit, le spécialiste m’examina et m’annonça que le meilleur remède dans mon cas était de me verser une solution de sucre sur la peau.  Je mis donc à exécution le plan du médecin à peine rentrée chez moi.  Je ne vous raconte pas la surprise de mon fils, quand entrant dans la salle de bains pour se laver les mains, il vit avec stupéfaction sa mère en bikini en train de se doucher généreusement au sirop de sucre.  Le voilà bon pour de longues années de thérapie…

****

Les oulimots d’Elisa Stark :

Je suis en pleine hystérie. Quand j’ai versé le sucre sur le plan de travail, j’ai compris que je ne réaliserai pas la recette prévue pour l’anniversaire de mon fils. Du coup je piétine dans la cuisine car je sais que je suis à fleur de peau et que c’est le meilleur moyen de me canaliser. Je vais donc commander un gâteau à la pâtisserie et je mettrai un masque sur mon visage pour qu’il ne voit pas ma contrariété.

****

Les oulimots de Dick :

Je versais tout doucement dans l’hystérie en essayant de changer mes euros en sucre une fois débarqué à l’aéroport. Était-ce donc un si mauvais plan ce voyage en Amérique du Sud ? Est-ce que j’avais vraiment la tête du gringo que l’on pouvait arnaquer sans scrupules ? 

Bref, je commençais à avoir les fils qui se touchaient et j’avais le masque des mauvais jours, regrettant déjà de m’être embarqué dans une telle galère. Mais le meilleur restait à venir avec le douanier qui piétina les plus élémentaires principes de la légalité en ordonnant une fouille au corps au prétexte qu’il manquait un visa à mon passeport, son bakchich en réalité. 

Ce pays allait me faire la peau.

Le blog de Dick :

****

Les oulimots de Marie Bulsa :

Elle m’avait fait une crise d’hystérie parce que je lui prenais son fils. Comme si j’avais un plan. Elle me détestait au point de me piétiner par tous les moyens.

J’avais beau avoir une peau d’éléphant, elle me faisait du mal et de plus en plus. Je ne me rendais pas compte que j’étais en train de verser dans une sorte d’obsession. 

Comme si j’avais un masque, je suis devenue une autre. J’avais décidé de m’en débarrasser. Elle qui avait déchiré les photos de mariage pour ne garder que « son trésor en sucre ». Elle n’avait pas compris à quel point j’aimais son fils.

Je ne sais plus comment c’est venu dans la conversation, mais j’ai appris un jour à table qu’elle avait de nombreuses allergies pouvant être mortelles.

Le meilleur restait donc à venir, j’allais m’attaquer à ses allergies et l’envoyer dans l’autre monde. Celui où elle ne me pourrirait plus la vie.

****

Les oulimots de Lady Annia :

Les choses ne se sont pas du tout passées selon le plan initial.

J’étais en train de verser du sucre dans ma tisane lorsque j’ai perdu les eaux. Mon mari et ma mère ont essayé de me rassurer et d’éviter ainsi que je tombe dans l’hystérie.

Pendant que j’attendais l’ambulance, ma mère m’a demandé de m’asseoir car la peau de mon visage pâlissait.

J’essayais de garder un masque de sérénité malgré le fait que j’entendais mon mari et les ambulanciers piétiner tout autour de moi.

Ce n’était pas simple, mais chaque moment valait la peine, puisque mon fils Anton est né. Sans l’ombre d’un doute, ce fut le meilleur jour de ma vie.

Le blog de Lady Annia 

****