2k20S44 : une contrainte contrapuntique

Dixième fugue (BWV 855/2) du premier livre du Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach

Mots contraints : géorgienne, Paris 16ème, contrapuntique, delta, fleuve, princesse, eaux vives, jeu

Les oulimots de Fran :

Elle avait fait de gros sacrifices mais le jeu en valait la chandelle. Et, même si elle avait plutôt nagé en eaux troubles qu’en eaux vives, elle pouvait maintenant regarder le monde de haut depuis les baies vitrées de son duplex en plein Paris 16ème.

Cet appartement, elle se l’était payé avec les droits de l’adaptation cinématographique de son premier livre, un roman fleuve qui racontait de façon contrapuntique les tribulations d’une princesse géorgienne qui, par amour, avait quitté les ors de son palais de Tbilissi pour les couchettes d’une fumerie d’opium dans le delta du Mékong.

L’histoire ne valait pas tripette, elle le savait. Et elle devait sa réussite à ses talents pour attirer les confidences sur l’oreiller. Le prix en avait élevé, certes. Mais elle avait réalisé son rêve.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Starkette :

Il avait composé une œuvre contrapuntique d’influence géorgienne qu’il avait décidé de nommer Delta. C’était la mode à son époque de composer des morceaux de musique qui coulaient comme les eaux vives d’un fleuve. Dans ce Paris 16ème arrondissement, il avait trouvé l’inspiration en regardant les jeux des petites filles déguisées en princesse dans les superbes jardins du Trocadéro. 

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

Il n’est plus dans les temps géologiques de datation géorgienne et cela ne relève nullement du jugement de Pâris; ni d’une quelconque seizième classification. Aussi sans utiliser de notation contrapuntique, ni d’alphabet grec avec son delta, je n’écrirai de roman-fleuve, je suis trop occupé à faire chauffer pour cuire des haricots princesse de l’eau. Vive le Jeu !

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Pouvait-on imaginer un couple en apparence dissemblable ?

Bedisa était d’origine géorgienne, née à Tbilissi, au bord de la Koura, ce fleuve qui traverse son pays avant de se jeter dans mer Caspienne en formant un delta. Sa famille avait fui les affrontement militaires incessants et était venue tenter sa chance en France. La beauté diaphane de Bedisa lui ouvrit les portes du cinéma après avoir été un modèle recherché auprès des grands couturiers. Karl Lagerfeld l’appelait affectueusement « Ma princesse’ et ne jurait que par elle.

Jérôme, un homme au physique très ordinaire, était issu d’une vieille famille française qui habite un hôtel particulier dans la capitale. Je ne vous en donnerais pas l’adresse mais sachez qu’elle se termine par Paris 16ème. Jérôme aurait pu, après sa scolarité dans les meilleurs établissements privés, opter pour les métiers de la finance et faire fortune au jeu de la Bourse. Mais au grand dam de ses parents, il s’orienta vers la musicologie et devint l’un des spécialiste de l’écriture contrapuntique si prisée des maîtres baroques. Ses ouvrages font référence dans les plus grandes écoles de musique.

Comment ces deux êtres si différents ont pu se rencontrer dans les eaux vives de la vie et connaître un amour fou ? C’est, chers auditeurs, ce que je vous raconterai demain à la même heure.

Pour l’instant place à la réclame !

2K20S43 : une contrainte pétillante

Mots contraints : Contestation, fractionné, raquette, pomme, ascenseur, pétillant, tube, pile, rose

Les oulimots autocontraints de Starkette :

La contestation éclata quand l’ascenseur s’arrêta brusquement. Les occupants de cet espace exigu étaient excités comme des piles. L’immeuble était fractionné en demi étages et ils étaient coincés entre deux. 

Au bout de quelques minutes, ne sachant pas pour combien de temps ils allaient rester coincés, ils firent le point sur les vivres dont ils disposaient pour se sustenter. Ils possédaient juste une pomme et une bouteille de vin pétillant et ne risquaient pas aller bien loin avec cela. Ils riaient jaune aussi en pensant aux problèmes qu’une longue attente pouvait causer sur le plan biologique.

Alors, pour qu’ils puissent se détendre, la société chargée de la réparation leur passa des tubes des années quatre-vingt dignes d’un film à l’eau de rose. Enfin, au bout d’une bonne heure, les dépanneurs purent ouvrir une trappe pas plus grosse qu’une raquette afin d’évacuer les prisonniers de l’ascenseur.

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

Se charger du choix du jour, celui d’un mot frac-

tionné, je jouerai donc coupant à coup de ra-

quette, toutes phrases écrites sans constes-

tation. Je jonglerai comme avec une po-

me Les vers montant, descendant comme un ascen-

seur, pour un résultat écrit le plus pétil-

lant. Certes ce ne sera nullement un tu-

be, mais je ne veux nullement vendre une pi-

le de disques avec des mots à l’eau de ro-

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Jeanne_ecrivant :

La vie est-elle en rose comme le chantait Edith Piaf dans son tube ? Peut-être faudrait-il que cet ascenseur émotionnel, qui n’a de cesse de m’emmener à fleur de moi, arrête de me malmener pour le savoir !

Pour pétillante que soit mon existence, je n’en suis pas encore à croquer ma pomme d’Amour sans retenue.

Et j’avoue que j’en ai marre de recevoir des piles à tout va. Mon cerveau ne suit plus et mon cœur se perd en conjectures fallacieuses. L’heure est à la contestation et, s’il fallait jouer de la raquette, je frapperais de toutes mes forces pour repousser ce gris, cet entre-deux qui me mine. Je ne veux plus vivre fractionnée, je veux être entièrement moi à chaque seconde dussé-je pour cela saisir par le cœur ceux qui d’un instant font une éternité !

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Les oulimots de Fran :

Il n’y avait aucune contestation possible : le trou dans la raquette que je venais de déceler était si gros que, même fractionné sur plusieurs exercices comme il l’était, un comptable débutant l’aurait constaté. Comment se pouvait-il d’ailleurs qu’aucune alerte n’ait été donnée ? Il n’en demeurait pas moins qu’il était passé inaperçu durant des années et que sa justification était pour ma pomme. Foutu audit.

J’avais donc pris l’ascenseur jusqu’au dixième étage, là où se trouve  le service financier, afin de demander des explications à Rose, sa responsable. J’aimais bien aller la voir. Je crois que j’étais bien le seul. Car, visiblement, personne d’autre n’avait remarqué que sous ses grosses lunettes d’écaille se cachait un regard pétillant. Dont elle m’avait gratifié quand j’avais passé la porte de son bureau. Mais je n’étais pas là pour lui conter fleurette. L’heure était grave.

— Il faut qu’on se parle. Il y a une grosse anomalie qui est passée à l’as depuis des années et je ne peux pas croire que tu n’es pas au courant

— Tu tombes pile, c’est justement le petit secret dont je voulais te parler. Ferme la porte, tout ceci doit rester entre nous.

Elle m’avait alors raconté le détournement de fonds ahurissant auquel elle avait procédé durant toute sa carrière dans la société. Dont l’objet de ma visite n’était que la partie qu’elle avait bien voulu faire émerger pour attirer mon attention avant de disparaître. Elle possédait désormais plusieurs millions sur une constellation de comptes offshores et elle était disposée à les partager avec moi. Car, m’avait-elle  dit, j’étais le seul durant ces années passées à lui avoir accordé de l’intérêt. L’audit auquel je me livrais allait lever le voile sur ses malversations. Elle me demandait juste de jouer la montre, le temps pour elle de prendre l’avion. Je la rejoindrais ensuite, quand l’affaire se serait tassée, après avoir moi aussi quitté la boîte. Mais auréolé pour ma part de mon rôle de lanceur d’alerte.

Que croyez-vous qu’il est advenu ?

Nous sommes maintenant tous les deux au bord d’une piscine, dans un pays dont on n’extrade pas, et nous écoutons un orchestre de mariachis jouer de vieux tubes en sirotant des cocktails.

Qui a dit que le crime ne payait pas ?

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

C’est bien ma chance, c’est encore pour ma pomme… pour une fois que je ne prends pas l’escalier,
me voilà coincée dans l’ascenseur.

Déjà que j’accumule les galères, mais là franchement je suis maudite. Dire que je n’avais qu’une envie, prendre un bon bain. Il faut dire que je ne sens pas la rose après deux heures intenses de sport. Mon entraîneur a insisté pour que je m’échauffe en courant autour du cours, que je fasse plusieurs fractionnés avant de pouvoir faire des services musclés avec ma raquette.

Et attention avec lui pas de contestation possible, il est du genre « ça passe ou ça trépasse ». Déjà tu dois arriver pile à l’heure et ensuite il ne veut rien savoir sur des douleurs persistantes. Si tu es venue, c’est pour en « chier ». Oui c’est son expression favorite.

Bon, en attendant, je vais devoir patienter. Qu’est-ce que j’ai dans mon sac de sport ?

Une pomme, 50 cl d’eau pétillante, c’est toujours ça de pris… hihi des piles neuves et mon sex-toy en forme de tube de rouge à lèvre. Tout compte fait, je vais peut-être attendre avant d’appeler les secours.

2K20S42 : sept contraintes ou neuf ?

Calliste septicolore. Famille des Thraupidés. Ordre : Passériformes

Mots contraints : Sept, septain, septantaine, septembrisades, septénaire, septentrion, septembre, septicolore, septidi

Les oulimots autocontraints d’un joueur Parisien :

Sept syllabes jamais, en alignant des mots,

Ne seront suffisants, pour offrir des émaux.

Septain ne permet pas même avec un jumeau

D’inscrire dans des vers, tous les neuf Oulimots.

Septantaine qui vient et chasser le grumeau

Serait donc mon destin, ou jouer du plumeau.

 Septembrisades non, ce serait, mettre en vers

Ce fait historique, véritable calvaire.

Septénaire choix fou, c’est un mode pervers,

Une forme oubliée, menant à un revers.

Septentrion, vieux nord, éloigné du Cap-Vert,

Dont aucun son rimé ne viendra découvert.

 Septembre joli mois, est-il source de rimes,

Ou alors sera-t-il celui ou je déprime ?

Septicolore essai, sur lequel je m’escrime

Continuellement et non par intérim.

Septidi, jour rare qui, sur les autres, prime

Pour sans fin versifier, mais sans la moindre frime.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Starkette :

Elle avait donné naissance à des septuplés, non sans difficultés. A cette époque là, l’Etat civil n’existait pas encore, mais il était né le septidi, sûrement pendant les septembrisades. Bref au mois de septembre, comme on dirait maintenant. Les sept enfants portaient tous des vêtements septicolore. Chacun avait sa propre couleur. Ils dormaient tous paisiblement mais dans sept berceaux différents. Pour les endormir rapidement tous les soirs, leur grand-père qui portait beau la septentaine leur lisait des septains qui parlaient de septentrion, d’étoile du berger et de voyages. Tous les septénaires, le patriarche recommençait une nouvelle histoire pour les septuplés. Cela dura ainsi tant qu’ils l’écoutèrent. 

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Les oulimots de Fran :

La septentaine bien sonnée, il s’était attaqué en cette fin septembre à la réécriture de blanche neige et les sept nains sous forme de septains. Révolutionnaire dans l’âme bien que pas nostalgique des septembrisades, il s’y était attelé chaque décade du primidi au septidi, se laissant trois jours pour souffler. Même Dieu avait fait une pause. 

Ce serait, disait-il, le chef d’œuvre de sa vie, dût-il y consacrer tous les septénaires du reste de son existence.

Qui s’acheva hélas prématurément lorsqu’il fut victime d’une septicémie consécutive à la morsure d’un septicolore égaré dans son septentrion.

Le texte demeura alors inachevé. 

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

Je ne suis pas certain que vous connaissiez la publication « Septentrion ». Ne vous trompez pas, son nom ne signifie pas qu’elle ne parait qu’une fois l’an, au mois de septembre. Elle n’est pas plus une revue de poésie où les auteurs rivaliseraient pour composer des septains et y glisser des septénaires ïambiques. Il exista bien une revue littéraire qui porta ce nom, son premier numéro fut lancé en mars mille neuf cent vingt-sept. J’ignore si elle a dépassé la septantaine de parutions. Il faudrait aller vérifier en bibliothèque à condition que la collection complète ait échappé aux septembrisades de la guerre ou tout simplement à l’action de rongeurs affamés.

Non, la revue Septentrion que je connais est belge et voit ses débuts en 1972, avec pour ambition d’être la vitrine à destination des francophones de la culture flamande et néerlandaise. Faute de moyens le comité éditorial dut renoncer à une couverture septicolore et se contenter d’un simple liseré vert, couleur de l’espérance, me direz-vous. Petite anecdote, pour le numéro d’avril 1979, l’imprimeur facétieux s’amusa à glisser la date selon le calendrier révolutionnaire soit septidi 7 Floréal. Vous ne me croirez sans doute pas, mais aucun lecteur n’envoya de lettre de réclamation.

Comme quoi, on se demande si les revues ont vraiment un public attentif.

2K20S41 : Dans les yeux de la contrainte

Mots contraints : Galerie, épice, outrage, encore, garçon, danse, écarlate, infortune, yeux

Les oulimots de P_apanoel :

Tel un ménestrel dans la galerie, le garçon regarde le parcours de la ballerine sur le parquet.

Il a franchi des portes qui devraient rester fermées, en tout cas, c’est ce qui est écrit dessus, sauf en cas d’incendie, précisent les pancartes.

Il n’a pas rencontré de gardien sur son chemin, donc il n’y a pas d’outrage, par définition.

Donc, il est là, dans la pénombre de la mezzanine. Ses yeux brillent de contempler la danse de l’artiste qui ignore encore que sa prestation a un public.

Elle est concentrée sur la mise en place de son numéro,elle touche à peine le parquet de ses chaussons de soie.

Ses pieds enfermés dans leur fourreau la font souffrir. Chaque pas est un coup de poignard qui va jusqu’à son coeur, mais sa danse est si belle que le spectateur ne voit rien de son infortune.

Elle a gagné dans un pacte terrible le pouvoir de capturer l’attention des spectateurs de ses arabesques. Son ballet est une drogue puissante, les entrechats sont les épices qui emportent la raison de ceux qui la contemplent.

A tel point que notre spectateur secret ne peut résister, il s’approche de la rambarde, l’enjambe, et vole vers elle, dans un saut bien plus élevé que ce qu’elle pourra jamais atteindre, embrasse le sol sur lequel il dépose une flaque rouge comme une rose qui s’ouvre au matin.

Elle s’est interrompue, glacée par cette vision. Bientôt la fleur grandit et vient teinter son chausson gauche d’ écarlate.

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Les oulimots de Bruneline :

Seule dans l’immense Galerie des glaces qui lui renvoie son reflet, multipliée mais seule. Elle croise la nuance écarlate de ses lèvres qui lui semble comme atténuée…tout était bien plus vif, lumineux, coloré, intense et épicé quand elle se voyait dans ses yeux. Elle ne cherchait rien, elle avait trouvé ce regard, celui d’un petit garçon, d’un homme, d’un mari, d’un père…et miracle ou infortune il s’était arrêté sur elle. Repartant et revenant, questionnant ce qu’elle était vraiment. Entre eux tout n’était qu’une danse, tout était une question de corps qui se répondent ,qui s’écoutent… jusque dans les derniers outrages, leurs souffles restaient attentifs à chaque frisson de l’autre. 

De sa bouche arrondie par le souvenir du désir, elle exhale une bouffée d’air chaud, dépose sa buée sur la glace tout en dorure…et d’un doigt irrespectueux mais agile elle trace  » encore ».

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

Il cherche ce gars le riz et pisse dans ce pot sans écart, la tenue débraillée, hagard son pantalon baissé. Un nain fort, une question lui pose, outre âge, identité, il veut savoir. Banco regarde mes papiers là, sous tes yeux.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Jeanne_ecrivant :

Viens toi, accompagne moi pour une dernière danse. Je pense que je vais l’aimer celle-ci plus que de raison, comme un épice dans cette drôle de vie que tu me fais vivre.

Vas-y garçon, ouvre tes yeux et regarde autours de toi ! Regarde bien hein, ne lâche pas encore ton observation.

Tu les vois bien tous ces portraits ? Ils ont tous un gros point commun avec toi : chacun de ceux représentés ici a fait outrage à la femme qu’ils étaient censés aimer. Et tu la vois la place au bout de la galerie là-bas ? Un nouveau portrait va y être accroché à l’instant. Tu devines lequel peut-être ?

Mais attends, ne deviens écarlate, ça n’en vaut pas la peine. C’est avant qu’il fallait avoir honte, avant les coups, avant de me forcer, avant d’être odieux, toi qui devais me chérir, m’honorer, me protéger.

Et tu sais quoi, il y a une seconde chose que ses couards ont en commun, toutes celles qu’ils ont outragées s’en sont débarrassées.

Mon infortune aura été de te rencontrer juvénile presque !

Allez, adieu, je te quitte…

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Les oulimots de Fran :

Tu as voulu épater la galerie en accordant une danse à ce garçon beau comme un dieu qui te dévorait du regard depuis le début de la soirée. Tout ça sous mes yeux. Je pense que, innocente perverse, tu as voulu épicer un peu notre relation en me rendant jaloux. Mais tu ne savais pas jusqu’où les choses iraient. Tu ignorais à ce moment que j’avais déjà tout orchestré. Que ton cavalier était là dans le simple but de te séduire. Alors tu as encore eu l’impression de contrôler la situation quand il t’a proposé de vous éclipser un moment. La décision t’appartenait encore. Et tu as pris celle de l’emmener dans notre chambre. 

Il t’a fait subir les derniers outrages et bien d’autres encore. Après qu’il t’a baisée à fond tu as notamment découvert que tu aimais te faire claquer fortement le cul. Tu as adoré en voir l’écarlate dans le miroir du dressing. 

C’est alors que j’ai fait mon apparition dans la suite matrimoniale, Te faisant croire que de découvrais mon infortune. Tu ne savais plus où te mettre et t’es jetée à mes pieds, implorant mon pardon. Tu étais prête à tout, m’as-tu dit, pour que je passe l’éponge sur cette passade. Je t’ai regardée et t’ai dit que je n’étais pas en colère contre toi. Bien au contraire. Et tu as lu l’excitation dans le sourire que je t’ai adressé.

Tu as découvert à ce moment que je venais de t’amener là où je voulais que tu sois, épanouie mais légèrement honteuse, maîtresse de tes sens mais soumise à mes envies. Et tu m’as souri 

Notre couple venait de prendre une nouvelle dimension. La suite promettait d’être belle. 

Le blog de Fran

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Les oulimots de Starkette :

Il revenait dans cette galerie,

Ce lieu du passé sentait toujours les épices,

Le but de ce retour était d’oublier l’outrage,

Il y repensait, encore et encore,

Alors qu’il n’était qu’un petit garçon. 

Son agresseur, lui faisait faire une drôle de danse, 

Il en devenait souvent écarlate, 

Il savait que là était son infortune,

Il avait toujours des larmes plein les yeux.

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Je suis ce garçon qui danse chaque jeudi soir dans la classe de madame Brazeau et, aux yeux de tous les autres garçons du voisinage, je suis traître à la belle et grande cause masculine. Je porte des collants écarlates et des chaussons de ballet qui, étrangement, portent outrage à ceux qui préfèrent se cogner à des hanches de rugbymen pour les faire tomber. La danse classique, c’est l’épice nécessaire pour que ma vie n’ait pas un goût délétère d’ennui. Mon aisance fait l’infortune de tous les matamores qui, pour épater la galerie, doivent bomber le torse et montrer les poings encore et encore. Moi, je le bombe pour me tenir droit pour le grand jeté. Chacun ses goûts…

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Les oulimots d’Alexandre :

Je vous assure Madame la juge que je ne voulais pas l’effrayer, encore moins la frapper, vous savez je suis un garçon très doux. Ma mère me le dit souvent : « Mon fils, tu ne ferais pas de mal à une mouche ».

Mais je dois le reconnaître, quand j’ai bu, je ne suis plus le même homme. Il faut dire que l’autre soir, pour amuser la galerie, j’ai avalé cul-sec cinq bières d’affilée et trois verres de gin. Il faut me comprendre, c’était le dernier soir avant la fermeture des bars vu que la ville passe en zone écarlate.
Alors avec les copains on avait décidé de s’amuser et là dans le bar qui vois-je entrer ? une nana super bien roulée, euh excusez-moi Madame la juge, une jeune femme bien sous tous rapports et paf je tombe amoureux. Car croyez-moi, Madame la juge, j’ai un vrai cœur d’artichaut.

C’est bien mon infortune, je ne peux pas résister à un regard de braise, ni à une belle carrosserie. Et ce soir-là, la façon dont elle me regardais, je me suis dit « mon gars, cette fille à la peau couleur pain d’épice elle est pour toi ». Quand je lui ai proposé une danse avec moi – c’est que c’était mon morceau favoris qui passait à ce moment-là, elle s’est mis à rire. Alors j’ai pensé « femme qui rit est à moitié dans le lit. » Et ni une ni deux, je lui ai exhibé Popaul. Il faut dire , Madame la juge que, sans vous manquer de respect, la nature m’a bien doté. Et là, mon braquemart à peine sorti, elle me gifle, alors vous comprenez j’ai répondu et pas qu’une fois.

Comment Madame la juge, vous dites que j’ai commis un délit ? L’exhibition sexuelle est punie par la loi , dites-vous ? Mais je vous assure, je ne voulais absolument pas lui faire outrage à cette jeune femme, uniquement rendre hommage à sa beauté ! Et j’ai aggravé mon cas pour coups et blessures ?!
Quoi ? 3 ans de prison et de 25 000 euros d’amende ? Ah Madame la juge, c’est trop d’honneur pour Popaul.

Vous savez que vous avez de beaux yeux ?

2K20S40 : une sainte envie de contrainte

mots contraints : Train, café, punition, chat, sautoir, perle, insomnie, envie, sainte.

Les oulimots d’Ambre :

Il est là prêt à m’infliger la punition tant méritée….

Ma peau est encore porcelaine, mais je sais bien que son envie de la colorer de rouge ou de bleu est présente, pour se faire il utilisera un chat à neuf queues.  Je l’ai mérité, je n’ai pas été une sainte, je me suis rebellée et n’ai pas écouté mon Maître.

Après cette douce et douloureuse séance de punition, il prépara un café qui embauma la maison… Pour me féliciter de cette séance et d’avoir été obéissante, il m’offrit un sautoir de perles et celui-ci se fond bien sur ma peau transparente. Après des jours d’insomnies, le train du sommeil m’emporte, apaisée, à l’idée de l’avoir à mes côtés. Je peux enfin dormir paisiblement.

Le blog d’Ambre

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Les oulimots de Starkette :

Le chef de gare venait de siffler, le train était prêt à partir. Elle tenait le panier de son chat à bout de bras. Pris de panique par le bruit sur le quai, le chat avait sauté hors du panier en accrochant au passage le sautoir en perle de sa maîtresse. Il s’était cassé, les perles jonchaient le sol et l’envie de tordre le cou de l’animal devint encore plus forte qu’à son accoutumé. Elle lui promit une punition dont il se rappellerait, plus de sardines pour le reste de la semaine. Elle avait une sainte horreur de se faire remarquer et aujourd’hui entre le chat et son collier s’en était trop. Elle attrapa son chat tant bien que mal au milieu de la cohue des voyageurs chargés de leurs bagages et ferma convenablement le panier dans lequel elle l’avait fait rentrer avec difficultés mais avec fermeté. Elle grimpa dans son wagon, épuisée par ces événements et la nuit d’insomnie qu’elle venait de passer. Elle posa le panier du chat sur le siège réservé à côté du sien et partit se chercher un café avant de s’installer dans son siège. Le train démarra, les perles de son collier étaient restées sur le quai de la gare. 

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Les oulimots de Jeanne_ecrivant :

Mon chat est un fripon, je crois que je suis trop gentille, il a été démon à la faveur de l’obscurité. Je le surveille du coin de l’œil encore à peine réveillée. Si vous saviez ce qu’il m’a fait cette nuit ! Je crois que ça mérite une belle punition.

Attendez, je me prépare mon café et je vous conte comment il m’a fait passer de sainte à damnée dans les ténèbres qui ont précédé ce jour.

Voilà je suis installée et j’aperçois l’envie qui m’a fait sortir du train du sommeil il y a quelques heures. Je ne saurais vous la décrire, mon esprit est tout embrumé encore. Ce que je peux vous dire c’est que, dans l’opacité noire et morbide de mon endormissement, j’ai cru au diable. Avec ses deux billes luisantes et la forme de cette tâche qu’il porte sur sa peau, j’ai eu la peur de ma vie quand ma bête à poils s’est tranquillement promené le long de ma fenêtre éclairé par le crépuscule, la queue fièrement dressée. D’un mouvement lunaire, il a pris son envol, se servant de moi comme d’un sautoir vers une proie invisible. Il s’est déchaîné ensuite faisant allers et retours tel un Sysyphe devenu fou.

La perle de tout ça, c’est que mon insomnie est revenue et que j’ai commencé à l’imiter, damnée que je suis !

Maintenant, je vais devoir lutter entre mon désir de dormir et d’enfermer mon démon chat.

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

Boire un café dans un train est une étrange punition.

Et, tenir un crin noué dans un bas étang fait une poire

Ce chat porte une perle en sautoir

Electre, un chou râpé sorti en pâte 

Une sainte envie, un culte, ne plus avoir d’insomnie

Une saine nuit pleine d’avoir un vit semé en son cul

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Plumenlarmes :

« savoir prendre le train en marche » « au train où vont les choses »

Toutes les belles paroles, les grandes idées, les poussées de philosophies se sont évaporées il y a déjà bien longtemps. 

Je me ressers un café du fond de mon insomnie, de mon agonie d’être toujours en vie sur cette terre. La sainte planète que l’homme a fini d’assassiner. Abandonnant ses enfants sur une surface décimée par la guerre, la pollution. Où les mots tels que « solidarité », « amour » ou « bienveillance » ont totalement disparus au profit d’autres comme « torture », « punition », « égoïsme », « survie »…

Ainsi nous payons les excès et les folies de nos ancêtres. Et les bonnes pensées sont désormais aussi utiles qu’un sautoir sur le cou d’un corps décapité et immolé. 

Il y a bien longtemps que je ne rêve plus dans ce monde qui n’a plus comme fragrance que la mort et la désolation. Que l’envie de vivre s’est envolée dans les cieux anthracites et que seules les cendres du désespoir s’abattent désormais sur nos existences stériles. 

Pourtant, il doit bien en rester des bonnes personnes encore vivantes. Ces perles sont surement esclaves des groupes de pillards qui arpentent la surface en quête d’une pitance moins misérable que l’eau croupie et irradiée, que de manger les plus faibles puisque plus rien ne pousse. Et que les animaux que nous avons exterminés afin d’assurer notre survie alimentaire. Que les bêtes aient été d’élevage comme les vaches ou les cochons, qu’elles aient été sauvage tels les loups ou les hyènes, voire domestiques comme les chiens, les chats ou encore les poissons dans les aquariums. 

Ainsi se termine donc l’épopée humaine. Dans la fange et l’horreur. Parce que du haut de son piédestal d’ego, de suffisance et d’arrogance, il n’a pas su s’arrêter à temps et prendre soin des autres et de son environnement. Parce qu’il n’a pensé qu’à sa petite gueule oisive. 

Et ce sont les archéologues d’une autre planète qui en feront le constat quand ils découvriront nos ruines, ce qu’il restera de nos bâtiments, de nos machines, de nos sondes éparpillées autour du globe entre des milliers d’éléments abandonnés là-haut qui annonceront déjà la couleur de notre manque de respect, de clairvoyance. Parce que l’argent valait plus cher que tout et tout le monde, et qu’il était une raison suffisante pour tout se permettre, que chacun d’entre nous était un responsable anonyme de notre destin à tou(te)s. 

Nous serons l’exemple à ne pas suivre, à ne pas reproduire. Le piédestal de notre fierté sera balayé par l’immensité de notre démagogie et de notre échec.

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Les oulimots de Fran :

Une nuit d’insomnie m’avait décidé à me relancer dans l’écriture. Depuis le temps que j’avais envie d’écrire un roman, l’heure était peut-être venue de concrétiser ce projet.

J’étais donc plein d’idées au moment de m’asseoir devant mon clavier et je m’étais lancé. Je tenais mon idée : les tribulations érotiques d’un perchiste éternellement amoureux mais dont la punition était qu’il ne parvenait à consommer l’acte que sur le matelas d’un sautoir, ce qui compliquait considérablement sa tâche.

L’idée était amusante et j’enfilais les paragraphes comme autant de perles sur un chapelet, me disant qu’à ce train j’aurais bientôt un manuscrit à remettre à mon éditeur. Le matin arrivant, j’avais mis le café à chauffer afin de continuer sur ma lancée. 

C’était sans compter sur la maladresse de mon chat qui, courant après une mouche, était venu renverser ma tasse sur mon ordinateur, lui faisant pousser un drôle de soupir avant une extinction qui semblait définitive malgré tous mes efforts.

Tout était-il donc perdu ? Mon œuvre avait-elle disparu à jamais dans les entrailles fumantes de mon PC ? Ne me restait plus qu’à prier sainte Rita pour que la sauvegarde cloud de mon fichier ait fonctionné. 

Je fus exaucé. Et me voilà maintenant en pleine séance de dédicace à raconter cette genèse à des lecteurs que je n’aurais jamais cru friands de telles anecdotes. 

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

Première proposition :

Vous arrivez vous à trouver le sommeil dans les trains de nuit ?

Pour moi train de nuit rime avec insomnie. J’ai pourtant tout essayé, surtout ne pas prendre de café après 16h, tenter de m’endormir au rythme des boggies, peine perdue.

J’en suis réduite à compter les perles de mon sautoir, une fois dans un sens, une fois dans l’autre. Rien de probant, autant imaginer recenser les moutons égarés dans un poulailler.

Je me serais bien caressée mais quand cinq autres personnes occupent les couchettes, je ne peux pas me laisser aller et je suis obligée de me comporter comme une sainte. Pourtant ce n’était pas l’envie qui me manquait.

Au final moi qui me faisais une joie de voyager la nuit pour rejoindre mon chéri, je vis plutôt cela comme une punition. D’habitude quand mon chéri me retrouve, il m’embrasse en m’appelant « mon petit chat », là je crois que j’aurais plutôt la tête d’une chouette.

Seconde proposition :

  • Mais dépêche-toi un peu, à ce train-là, ton café va être froid et tu n’es pas prêt d’être à ta table de travail !
  • Ce n’est pas de ma faute si j’ai des insomnies et que me lever le matin est comme une punition
    Je veux dormir. Ah j’envie ce chat qui peut pioncer autant qu’il veut. Qu’est-ce que je dois faire pour retrouver le sommeil, aller brûler un cierge à sainte Rita à Notre Dame de la Garde ? Je serais prêt à monter à genoux si je savais que c’était efficace
  • Arrête tes jérémiades, c’est toujours le même numéro chaque matin mais, en attendant le sautoir
    aux perles multicolores reste en plan. Je te rappelles que je l’ai promis à la cliente pour aujourd’hui.
  • j’y vais, j’y vais… Ne crie pas aussi fort, j’ai déjà assez mal à la tête. Tu crois que c’est le virus chinois qui m’empêche de dormir ?
  • Ouste, au travail !