Oulimots 2021S34 : une méchante contrainte

Mots contraints : Blesser, pot, méchant, vélo, réveil, personnel, ministère, démolition, escalier.

Les oulimots d’Elisa Stark :

Il m’avait drôlement blessé en me lançant un pot dessus, je n’avais pas compris pourquoi il était si agressif aujourd’hui. Depuis que le réveil avait sonné il était de mauvais poil et cela en devenait une affaire personnelle entre lui et moi par rapport à son attitude déplorable. Il avait déjà été très méchant en ne me prêtant pas son vélo, j’avais donc dû faire plusieurs kilomètres à pied pour me rendre à mon travail. Je travaillais dans un ministère et la grève des bus m’avait obligé à me lever très tôt pour arriver à l’heure. Durant mon chemin, je remarquais des choses que je ne voyais pas habituellement comme la démolition d’un cinéma où j’avais l’habitude d’aller dans lequel un escalier majestueux conduisait vers les salles obscures. 

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Les oulimots d’Izia :

L’homme se rend quotidiennement au ministère, déclare Loretta entre deux gorgées de punch. Il arrive vers seize heures, juché sur une bicyclette grinçante. Sûrement un vélo volé, suppute Véra avant de plonger dans la piscine. 

Sans vouloir vous blesser, s’excuse Lavinia, les membres de notre personnel sont tous issus des patelins alentour. Lavinia et le sicaire gravissent le monumental escalier, parviennent au bord du bassin où ondule Loretta ; seins nus. Après un esclandre avec sa belle-sœur, Lavinia s’éloigne, talonnée par l’insondable inconnu. Il a l’air méchant ce type, pense Dillie en caressant son ventre lisse : sans  doute un de ces experts en démolition charnelle dont raffole Loretta…

L’affaire, elle en était persuadée, serait réglée en deux coups de cuillère à pot.  

Le lendemain, Octavia la vénérable domestique, fit irruption dans la chambre dévastée. Le réveil gisait éclaté sur le marbre. Malgré l’énervement et les cris, Dillie demeura introuvable.

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Les oulimots de Dick :

« Le réveil de la conscience passe par la démolition des barrières de nos préjugés ». 

Voilà ce que j’ai lu sur la plaquette de présentation du séminaire que nous impose le boss de ma boîte. Rien de bien méchant me suis-je dit en faisant ma valise. On va juste s’ennuyer à écouter des péroraisons new age, faire des balades en vélo et bouffer des graines. J’ai relativisé en me disant que, avec un peu de pot, il y aurai du vin vegan à picoler. 

Eh bien, finalement, rien de tout cela. Le gars qui anime le truc, un gourou au drôle de ministère nous a proposé un truc fou pour détendre l’ambiance. Croyez-le ou pas, il a commencé ni plus ni moins que par nous faire mettre tous à poil avant de nous demander de nous caresser les uns les autres. 

— N’y voyez rien de personnel, ça fait partie du jeu. J’espère ne pas vous blesser. 

Jamais on ne m’avait dit cela en me touchant les couilles.

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Les oulimots de Caroline : 

Il avait proposé son ministère pour résoudre un conflit de voisinage. Il s’agissait de la démolition d’un vieil escalier inutilisé pour permettre le passage d’un vélo! A priori rien de bien méchant, c’était même plutôt nul. Mais il ne faudrait ni tourner autour du pot ni blesser quelqu’un en se montrant trop personnel. Il se demanda pourquoi penser, dès son réveil, à cette réunion de conciliation prévue dans la soirée le mettait de si mauvaise humeur. Finalement, il aurait mieux fait de s’abstenir.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

J’ai sauvé ce manoir qui était prévu pour la démolition. Pour ça, il a fallu écrire plusieurs courriers au Ministère de la Culture.

Maintenant, il est classé par les Monuments historiques. Je vais le rénover et l’habiter. Je n’ai pas de personnel alors, je dois tout faire tout seul. J’ai trouvé un petit pot contenant une clé de porte. Faut-il que j’arrive à trouver la porte qu’elle ouvre ?

Mon réveil a sonné et je n’ai pas bien dormi. J’ai entendu beaucoup de bruits. Je suis inquiet, en arrivant dans la cuisine, j’ai découvert un vélo. Le problème, c’est qu’il n’était pas là hier, ce qui veut dire que quelqu’un est entré dans la maison, mais j’en doute ou qu’il y a quelqu’un qui se cache à l’intérieur, ce qui est plus grave. Je vais chercher.

J’ai bricolé toute la journée et je me suis endormi sur le canapé du salon. J’ai mal dormi. Un bruit sourd qui vient du sous-sol m’a réveillé.

Je descends l’escalier et je suis le bruit qui s’accentue. Je découvre une porte fermée. Je me rappelle que j’ai une clé dans ma poche de pantalon. Il y a une lueur en dessous. Je fais attention, car un passant m’avait dit que cette maison était habitée par un homme méchant, dont le but était de blesser verbalement tous ceux qui se présentaient à son pas de porte. Je ne voudrais pas qu’on me confonde avec cet être ignoble. 

Le bruit s’est arrêté, mais la lueur continue à briller. La porte s’ouvre en tournant la clé. Je la pousse et je vois un long couloir lumineux. Quelque chose est au fond. J’ai du mal à distinguer, car la lumière m’éblouit. C’est un ange féminin, matérialisé ! Je suis surpris. Je crois que l’homme la gardait prisonnière ici. Je dois la libérer. Elle me sourit et me caresse la joue puis elle s’enfuit vers la maison et la porte se referme sur moi. Je n’ai plus la clé.

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Les oulimots de Laurence David :

Tout le personnel du ministère était réuni pour le traditionnel pot de bienvenue, après la non moins traditionnelle photo de groupe des huiles sur l’escalier, côté jardin. Quand soudain, un dénommé Gontran, un employé du troisième étage, déjà bien imbibé, s’en prit bruyamment à une néobicyclette, stationnée là dans le respect des nouvelles directives.

— Méchant vélo ! Tu voulais me blesser ! Tiens ! Tiens ! répétait-il, en y donnant de féroces coups de pied, avant de piquer du nez.

Belle entreprise de démolition de sa carrière déjà chancelante ; endommager une néobicyclette était impardonnable.

Le réveil serait douloureux.

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Les oulimots d’Alexa D :

Dans la poussière, au milieu du chantier de démolition, tout se mettait à tourner autour de moi. Je cachais mes yeux avec mes mains; ce besoin instinctif de me protéger, comme si une situation inconnue pouvait me blesser avant même de l’appréhender. Le vertige de la peur. Ça me rappelait chez ma grand mère lorsque je descendais à toute vitesse l’escalier en colimaçon; arrivée en bas les murs dansaient autour de moi, rien de bien méchant. Chaque matin, quand le réveil sonnait, je restais murée dans le noir, j’essayais de visualiser comment se passerait cette nouvelle journée, j’ouvrais les yeux une fois les prédictions faites: enfourcher mon vélo, passer devant l’immense bâtiment du ministère des affaires étrangères, et rejoindre mes amis pour boire un pot. Être loin du chantier, du sentiment de table rase que sa vision m’imposait, c’est si personnel, intrinsèque.

Oulimots 2021S33 : une contrainte au soleil

Mots contraints : Mer, soleil, vent, sable, serviette, musique, roulis, château, parasol

Les oulimots de Caroline :

Assise, face à la mer, sur sa serviette, elle attendait. Sur la colline avoisinante, on devinait le château dans la pénombre. La veille, un vent violent avait chassé les nuages de pluie, provoqué l’envol de parasols multicolores et rendu la mer houleuse. Bercée par la musique des vagues, elle fut distraite par le roulis d’une barque de pêcheur qui traversait la baie.  Elle posa la main sur le sable mais il était humide et froid. 6h35: le soleil allait bientôt se lever à l’horizon et embraser la plage. Le meilleur moment de la journée.

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Les oulimots de Laurence David :

Posée sur sa serviette de bain, à l’ombre du parasol, elle laisse vagabonder son esprit. Elle pourrait vivre ici, entre mer et soleil, avec le vent du large pour la réveiller, la musique des flots, le soir, pour la bercer. Nul besoin de bâtir des châteaux en Espagne, sentir le sable sous ses pieds lui suffirait. Au point de faire abstraction du roulis pendant la traversée ?

Allez hop, fini de rêver ! Elle se lève d’un bond et s’ébroue. Demain, elle donne sa démission !

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Les oulimots de Gérald :

Un léger roulis me berce et me donne l’impression d’être sur la mer. Est ce l’abus de vin hier soir ou l’amour ? sans doute un peu des deux.

J’ai passé la plus belle des soirées, allongé sur le sable avec elle. Écoutant de la musique et refaisant le monde en savourant ce merveilleux rosé. 

Ce matin, dès le lever du soleil, je vais la rejoindre. Elle m’a donné rendez-vous près des ruines du château à l’ombre d’un pin parasol.

Je la vois, elle est là, se prélassant sur sa serviette, le vent jouant avec ses cheveux blonds. Elle est si belle avec son joli sourire et ses yeux bleus.

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Les oulimots d’Izia :

Portées par l’impétueux vent du large, les spores carnassières infiltrent narines et pensées tandis qu’entre ciel et mer, l’orgie béate bat son plein en musique. Sous un soleil de plomb, la méduse virevolte dans l’eau du seau abandonné parmi le sable des dunes. 

Emporté au loin par l’envoûtant roulis de hanches téméraires, le garçon nu a oublié sa translucide captive et délaissé l’édification du château de sa dulcinée. Serviette négligemment nouée autour de la taille, regard inquisiteur, elle le cherche, le hèle en vain, parmi les troncs crépitants des pins-parasol.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

La visite du château l’a laissée perplexe. Elle rêvait de mer de soleil, alors qu’elle devait accompagner sa famille pendant les vacances. Ils étaient loin, la serviette, le vent, le sable et le parasol. Elle aurait voulu être allongée tranquille à écouter le roulis de la mer comme musique. 

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Les oulimots de Dick :

Il faut traverser une forêt de pins parasols avant d’arriver au château. Et, parfois, le chemin nous oblige à prendre un roulis inquiétant tant il est sinueux. Mais c’est le prix à payer pour notre tranquillité et c’est peu cher payé pour n’être bercé que par la musique des cigales une fois arrivé sans oublier que nous pouvons, en toute liberté, ne porter qu’une serviette comme tout vêtement si le cœur nous en dit. Ou rien du tout. Pas d’étendue de sable blanc pour nous poser au bord de la mer en revanche, mais de grands rochers plats après une descente vertigineuse le long de la falaise. Et le soleil qui se couche en face de nous quand le soir tombe. 

J’ai eu vent du fait qu’il existait de plus beaux endroits pour les vacances. Je n’ai jamais cru à ces rumeurs.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Je suis allongée sur ma serviette. Je suis seule dans une crique que personne ne connaît en contrebas d’un château datant du moyen-âge. Le soleil est très fort, mais ce n’est pas grave, j’ai mis mon petit parasol.

Le vent s’est levé et a envoyé mon parasol se fracasser sur les rochers. Il est cassé. Tant pis, je prends mon chapeau de paille que j’attache sous mon menton. Une autre rafale s’abat sur moi et curieusement je vois le sable former un corps humain. La forme se rapproche de moi. Je la regarde. Les grains de sable s’agitent pour imiter un sourire sur un visage. C’est lui, trait pour trait comme si j’avais pensé très fort à lui jusqu’à engendrer une sorte de golem de sable. Ses doigts s’effritent en me caressant, laissant glisser des milliers de petits grains sur mon dos.

J’entends une musique, mais d’où sort-elle ? D’un bateau. Je me réveille dans une cabine. La mer est mauvaise. La houle est si forte que je sens le roulis du navire. J’ai un peu mal au cœur alors je sors sur le pont. Je m’accroche à la rampe. Je vois des traces de pas en sable sur le pont. Je regarde à droite et à gauche. Il n’y a personne. Je les suis jusqu’au bord. Veut-il que je le rejoigne enfin ? Mes mains ne tiennent plus la rampe et je bascule par-dessus bord. Je te rejoins mon amour. Nous allons enfin être réunis.

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Les oulimots de Ssaara :

L’enfer , je vous dis , l’enfer !

Je hais ce monde étalé sur sa serviette comme des tranches de lard sur le grill, planté sous son parasol en conquérant d’un territoire. 

L’humain est décidément la plus grande pollution de la planète : il dénature les plages de sable , imprègne le vent du large d’écœurantes fragrances de crème pour se protéger du soleil, tue la mer de ses déchets,  envahit la douce musique du roulis des vagues par un brouhaha fait de cris et sons de radios mêlés envahissant .

Tout ça en vantant le bonheur d’être dans le paradis de la « nature ».

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Les vacances sont finies, j’imaginais la mer, le soleil, juste un léger vent faisant voleter quelques grains de sable sur la serviette, bercé par la musique d’une radio débile dont le rythme est aussi envoûtant que celui du roulis. Mais cela n’était que construction de château en Espagne, et je n’ai même pas planté mon parasol.

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Les oulimots d’Alexa D :

L’été indien

Pendant plus de deux mois cette plage a accueilli des milliers de personnes, se jetant à l’eau, la peau encore brûlante senteur monoï. Parasol enfoncé dans le sable s’envolant au premier coup de vent, enfants agenouillés dispersant sauts, râteaux et pelles, mission château… 

Plus je les imaginais, plus j’augmentais la climatisation. Clim voiture, clim bureau, clim maison.

J’ai patiemment attendu l’été indien. 

L’été indien, ce laps de temps fugace mais si doux. 

« Viens on va à la mer »

Une serviette pour deux, tes pieds nus qui font trempette, tu bouges ton corps comme s’il y avait de la musique, ta robe danse sur ta peau, tes cheveux scintillant au soleil… Tes yeux fixent le large puis tu te retournes. Ton sourire espiègle m’annonce qu’une seule serviette était une bonne idée. T’asseyant près de moi ton visage se rapproche du mien, tu murmures au creux de mon oreille :

« Il n’y a plus beaucoup de bateaux, trop de roulis à bord avec ce petit air »

Je souris parce que je sais que tu avais juste envie d’humer mon parfum, il t’enivre comme lorsque je te lis du Baudelaire. A nous l’exaltation des sens.

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Oulimots 2021S32 : le fardeau de la contrainte

Image Julien Ortet / Flickr

Bête, pays, magique, souhait, danse, balance, meilleur, fardeau, sobre

Les oulimots d’Elisa Stark :

Il y avait de drôles de bêtes dans ce pays magique. Et les lutins n’avaient comme souhaits que de les éviter. Ils préféraient les fêtes ou ils pratiquaient la danse pour laquelle le rythme balance. A leurs yeux, il n’y avait rien de meilleur, cela leur permettraient d’oublier le fardeau de se cacher dans la forêt, pour cela ils étaient habitués à porter des tenues sobres. Ainsi étaient leurs vies. 

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Les oulimots de Dick :

Cela va probablement vous sembler bête mais je n’ai aucune envie de libérer le génie de la lampe. Parce que mon seul souhait ce n’est pas la fortune ou la gloire. Non, ces choses-là ne pèsent pas grand chose si je mets mon amour pour elle dans la balance.

Mais le fardeau que je porte est trop lourd pour espérer quoi que ce soit. Rester sobre n’est pas chose aisée pour moi et et aucun pouvoir, même magique, ne fera de moi un homme meilleur, sinon celui de ma volonté. 

Alors peut-être que, un jour, si je m’en sors, elle m’ouvrira les bras pour quelques pas de danse. Et elle m’emmènera dans un pays merveilleux.

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Les oulimots d’Alexa D :

« Donne le meilleur de toi-même ». Une expression sobre, passe partout, qui est censée aider, mais je ressens cet adage comme un fardeau. Une sorte de formule non magique qui se balance de bouche en bouche pour remplir un blanc, ponctuer d’un point final une discussion. Intérieurement j’émets souvent le souhait d’être dans une bulle de silence, rester concentrée, et me donner le luxe de faire évoluer mes pensées comme une danse fluide, sans interruption. L’idée que mes élucubrations puissent grandir en toute liberté me donne le frisson, le grand frisson. Un peu comme si je quittais mon pays natal pour aborder une terre vierge de souvenir ; l’excitation est au rendez-vous, tout est nouveau, on se sent bête de ne pas s’inquiéter, on lâche prise, tout est possible pour devenir la meilleure version de moi-même. 

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Les oulimots d’Izia :

Aux contorsions sentimentales de la mère s’ajouta le fardeau de la crise identitaire de l’adolescente. Cette dernière ressassait à l’envi les boniments égrillards de l’homme au corps de bête, s’entêtant à haïr son physique de brindille, ses oreilles décollées ; exemptes de tout caractère magique.

Après le virevoltant spectacle de danse les deux âmes en peine déambulèrent dans Athènes jusqu’à l’aube. Le ferry appareilla du Pirée, les emportant vers Patmos. 

Entre ses pieds, l’aiguille frétillante de la balance s’immobilisa enfin. La doctoresse se garda de tout   commentaire, se contentant de louer la gastronomie autochtone. Elle recommanda à l’adolescente une pension de famille où un certain Dionysos servait le meilleur Ouzo du pays. 

Un jour étincelant se leva sur Patmos. La mère s’éveilla, se promit de rester sobre.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Comme une bête,

Dans son pays,

Baise magique,

Perverse à souhait,

Superbe danse,

Jolie balance

Pour le meilleur,

Sans nul fardeau

Nullement sobre.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Elle m’a quitté, alors je me suis juré de ne plus tomber amoureux. Mais ça, ce ne sont que des paroles dites sous le coup de la colère. D’habitude, je suis quelqu’un de sobre, mais là, il a fallu que je noie ma tristesse. J’ai commencé à boire un verre, puis deux, puis trois et j’ai fait un souhait… 

En un clin d’œil, je me suis retrouvé dans un pays magique. Vous savez un peu comme dans un film, lorsqu’on entre dans un livre. Je me trouvais sur un chemin et j’ai vu ce château sombre, seul sur un piton rocheux. Il m’attirait. J’y suis entré et il n’y avait presque rien. Seule une bête m’a attaqué. Elle m’a attaché et posé sur une balance. Elle m’a dit que si le meilleur de moi-même était plus lourd que le pire, elle serait sauvée. Le sort qu’on lui avait jeté était un fardeau qu’elle portait depuis des années. Heureusement pour elle, la balance a penché du bon côté. La bête est devenue une belle femme. Lorsqu’elle m’a détaché, j’ai mené la danse. Je l’ai embrassée. Je lui ai fait l’amour toute la nuit. Je l’ai comblée et un bruit m’a réveillé. Le camion poubelle dans la rue. Oh ! C’était un rêve ! Déçu, je descends à la boulangerie du coin et je reste scotché au comptoir. La fille de mon rêve était là, devant moi. Elle me souriait. Était-ce un signe ? Comment allais-je l’aborder ?

Oulimots 2021S31 : une contrainte sans prétention

Mots contraints : Prétention, lit, brillant, personnel, raisin, libre, souci, résidence, chéri

Les oulimots d’Elisa Stark :

Mon chéri avait eu la prétention de me dire qu’il allait me réserver la surprise de ma vie. Il m’avait demandé de me rendre dans sa résidence. Dès l’entrée dans son appartement, je regardais avec attention la décoration soignée qu’il avait créé pour l’occasion. Des bougies et des chandeliers, du raisin et des fraises dans une corbeille à fruits, du blanc et du doré donnaient une ambiance chaleureuse à ce lieu si masculin d’habitude. Je me sentais libre de déambuler dans cet univers qui me paraissait si apaisant. La chambre était aussi décorée, sur le lit quelques mots personnels écrits avec des pétales de roses. Tout avait été pensé avec un souci du détail poussé à l’extrême. Je revenais dans le salon. Lui était là, élégant comme à son habitude. Il m’observait, un sourire énigmatique aux lèvres, ses yeux étaient brillants, il s’avançait et me pris dans ses bras. Il me basculait légèrement et m’embrassait comme si sa vie en dépendait. Puis en s’écartant de moi, il posa un genou à terre. Son regard ne quittait pas le mien. Il sortait une petite boîte de la poche de son pantalon. Il ouvrit l’écrin dans lequel un brillant m’était présenté. Il posait la question que j’attendais depuis que je l’avais rencontré

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Les oulimots de Laurent Chamoux :

Dans cette résidence du sud ouest de la France entourée de raisins presque mûrs sous le soleil brillant ,je voyais mon chéri sortir de notre lit. Libre comme l air ,il descendit l escalier et partit se baigner nu dans la rivière, sans soucis du qu en dira t on . Heureux et sûr de sa beauté sans prétention aucune, naturellement  beau . Il vient me voir assise sous les arbres et m embrasse tendrement.  Le personnel nous apporte le déjeuner et j entrevois comme un avant goût du paradis.

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Les oulimots d’Izia :

Le Cessna contourna le volcan, se posa en douceur sur la piste balayée par la brise océanique. La passagère, en robe d’été et espadrilles à talons compensés, fut chaleureusement accueillie par Gregor.                           

Membre du personnel de la résidence hôtelière depuis quinze ans, le serbe poivre et sel jouissait de l’entière confiance de la directrice : avec lui, il n’y avait jamais de souci.

Ginebra se posa sur le cuir et la Mercedes s’élança. Sondant ses souvenirs, la brune se remémora son premier séjour au paradis : elle n’était alors qu’une ado anorexique aux prises avec une mère irascible.

Dix ans déjà. Elle se souvenait bien de Gregor, de son regard affligé, quand à la dérobée, il posait sur sa mère ses yeux acier. Ginebra se demanda machinalement si Gregor était libre. 

Après un dîner agrémenté de grains de raisins, Ginebra et son chéri du soir s’abîmèrent dans l’océan des draps du lit à baldaquins. La prétention du bellâtre semblait sans limite. Peu brillant, il s’échinait vainement en elle. Ginebra, feignant le plaisir, pensait à Gregor. Les étoiles scintillaient encore sur ses rétines quand le jour se leva.

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Les oulimots de Dick :

– Ne te caille pas le raisin chéri, tu vas voir, ça va bien se passer. 

C’est ainsi que la professionnelle à qui j’avais décidé de confier ma première fois m’accueillit. Ce fut tellement bien que j’y retournai souvent. Elle se montra patiente et pédagogue, sans doute pour me fidéliser en tant que client. J’appris notamment d’elle ce souci du détail dans les choses de l’amour qui fait de moi un amant apprécié. 

Jusqu’au jour où, estimant qu’elle n’avait plus rien à m’apprendre, elle me raccompagna au portail de sa résidence. 

– Tu dois voler de tes propres ailes maintenant. Sois libre de mettre qui tu veux dans ton lit. Ce ne sera plus moi, plus jamais. N’y vois rien de personnel, les choses sont ainsi.

Je ne la revis jamais. 

Je n’ai pas la prétention d’être particulièrement sentimental, il ne faut pas l’être dans mon métier. Mais, pourtant, quand je repense à elle, j’ai les yeux brillants.

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Les oulimots de Ssaara :

A leur retour de voyage dans les îles le test PCR les avait diagnostiqués positifs .

Ils se pensaient dans un monde libre, mais voilà qu’un vulgaire Pangolin sans prétention en avait décidé autrement .

Là où précédemment leurs seuls soucis résidaient dans le fait de faire de leur propriété un espace lumineux , brillant , et pour tout dire fait juste pour épater la galerie , il n’avaient plus que le loisir de se traîner misérablement seuls de leur piscine à leur lit , de leur lit à leur salle de sport , seuls , privés de leur personnel chéri à cause de leur isolement contraint.

Leur seul réconfort était d’abuser de leurs bonnes bouteilles de jus de raisin fermenté qui garnissait leur cave , et d’attendre mes livraisons du traiteur qui déposait les paniers devant la grille . 

Le monde se délitait réellement !

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Aucune prétention,

Il est au creux du lit,

Absolument brillant,

Là rien de personnel/

Doux comme du raisin

Et l’esprit toujours libre,

Sans le moindre souci,

En une résidence

Est blotti mon chéri !

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Je viens de décrocher un travail intéressant. Je n’ai pas la prétention de dire que suis brillant dans mon domaine, mais disons que j’ai des aptitudes. 

Ce travail n’est pas près de chez moi, alors l’entreprise m’a trouvé une chambre à louer dans la résidence d’une femme plutôt étrange. Une très grande maison. Ce n’est pas un souci pour moi, car je vis seul. Elle déambule le soir dans la propriété, toujours habillée de noir. Ma chambre ne ferme pas et je suis libre d’utiliser toutes les pièces de la maison.

Je me suis promené un soir et j’ai ouvert une porte qui donnait dans sa chambre. Son lit était en forme de cœur comme ceux que l’on voit dans les films, vêtu de draps noirs en satin.

Il y a une table ronde au milieu de la pièce où se trouve posée une corbeille de fruits. Le lit sent la rose. Je les caresse, car ils sont doux puis la femme apparaît brusquement derrière moi, sans faire de bruit, comme un chat.

Tu veux un peu de raisin, chéri ? me dit-elle en me posant un grain entre les lèvres.

N’y voyez rien de personnel mais je vous trouve bizarre ! dis-je après avoir avalé le grain.

Parce que tu dois apprendre à me connaître. À partir de ce soir, tu es mon prisonnier. Le travail n’était que pour t’attirer ici. Je t’ai choisi parmi cinq candidats. Alors si tu veux survivre, il va falloir faire tout ce que je te dis. Me dit-elle en souriant.

Je suis surpris de sa réponse et ma gorge se resserre. Maintenant, elle me fait vraiment peur.

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