S39 26/09 : Une contrainte ruisselante

Contrainte : touffeur, envisage, ruisseau, frisson, lunule, allegro, navrant, maudit, divague

Les oulimots autocontraints de Faffwah :

— J’irai crescendo. Et si, au début, tu ne ressentiras qu’un frisson, tu finiras par implorer ma grâce. Mais ta semence sera ruisseau tant ta jouissance sera grande. Tu dois te dire que je divague, je le vois à ton air perplexe. Et je ne chercherai pas à te détromper par des mots. Mais nous en reparlerons après.

Elle l’avait prévenu lors de leur prise de contact, il s’en souvenait parfaitement. Mais il n’avait pas imaginé à ce moment à quel point ce serait fort.

Comme elle l’avait annoncé, les choses avaient été croissant dans l’intensité. Il avait tout d’abord été impressionné par la mise en scène. Un éclairage savamment agencé et Carmina Burana sorti d’enceintes invisibles avaient annoncé la couleur. Puis elle était apparue, gainée de noir et masquée, ce qui lui avait conféré une classe folle. Il avait cru qu’il sourirait de ce décorum. Il en avait été extrêmement troublé, se disant que, rien que pour cela, cela resterait un grand moment. Quoi qu’il en soit.

Les actes qui avaient suivi avaient confirmé cette entrée en matière. Les premières caresses s’étaient faites d’abord coups légers. Il l’avait, par défi, encouragée à aller plus loin. Alors elle avait augmenté la cadence. Jusqu’à ce moment où, le prenant allegro avec un godemiché qu’il ne se serait jamais imaginé pouvoir accueillir aussi facilement, elle avait claqué ses fesses au rouge. Il n’avait alors plus pu se contenir et en avait griffé le tapis jusqu’aux lunules, de douleur autant que de plaisir, tandis qu’il se vidait. Ils avaient ainsi atteint le point culminant de cette séance qu’il s’était maudit de ne pas avoir acceptée plus tôt. C’était tellement navrant d’avoir si longtemps jeté un voile pudique sur ce genre d’envies. De s’être dit que ce n’était pas pour lui. Le cérébral qu’il était se retrouvait parfaitement dans ces jeux. Il mesurait tout de même la chance qu’il avait de l’avoir rencontrée. Elle n’y était certes pas allée de main morte. Mais en demeurant à son écoute et jamais au delà.

Laminé par ses sensations, il n’avait pas pu lui dire quoi que ce soit. Et, quand bien même, il n’aurait pas su quoi lui dire pour lui manifester sa gratitude. Alors il s’était tu. Mais le regard qu’il lui avait lancé avait été tellement éloquent. Et l’avait tellement ravie.

— Tu ne dis rien ? Je devine tout. Et je suis heureuse de m’être occupée de toi. J’envisage maintenant de grandes choses pour la suite. Tu es réceptif, plus que je ne pensais, et je sens en toi une réelle volonté de progresser. Pour ton plaisir et le mien. Et je sais que je serai plus qu’un souvenir pour toi, que tu me reviendras. Je le lis dans tes yeux. Mais il est temps que je te libère. Tu as une autre vie que je me dois de respecter. Alors Va !

Elle lui avait donné ainsi son congé. Et quand il s’était retrouvé seul, béant, et l’épiderme cuisant dans la touffeur de cette nuit d’été, il avait compris qu’il n’en était qu’aux prémices de l’exploration de sa face cachée. Et qu’elle serait son guide.

Il s’en était complètement remis à elle ce soir, il recommencerait.

Le blog de Faffwah

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Les oulimots de Bruneline :

Longeant le ruisseau, elle marche dans la touffeur de cette nuit d’été, un frisson d’excitation lui parcourant l’échine, à moins que ce ne soit la peur…entourée du chant des grenouilles en pleine parade nuptiale qui monte allegro des massettes, elle envisage de faire demi tour. Sous une lune fine comme une lunule, elle attend son arrivée. Il tarde, elle le maudit, écrase une larme, se ronge les ongles, son esprit s’égare, divague…elle imagine le pire.

Ses mains par surprise se posent sur ses yeux et ses lèvres s’écrasent sur sa nuque, elle inspire…

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Les oulimots de Pidgy :

Avant de dormir

Dans la touffeur de notre couche, mon esprit divague. Ce maudit lumbago me rend navrant pour chaque chose de l’amour. Vivement que je sois de nouveau valide.

J’envisage avec délectation ces futurs plaisirs, ce frisson incontrôlable qui va te saisir, ce ruisseau de jouissance qui signera ta reddition. Oui, j’ai hâte de pouvoir de nouveau faire aller mon corps, allegro ma non troppo, sur et dans le tien.

Le bruissement des ailes d’un lunule contre la vitre me rappelle qu’il est l’heure de dormir. Le temps de l’amour reviendra plus vite.

Kenavo ar wech all !

Le blog de Pidgy

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Les oulimots de De La Vega :

Une déception de plus pour la petite Alina. Dans la touffeur improbable d’un début d’automne, elle prend conscience. Le miroir brisé de ses rêves vole en éclat, lévite un temps… et lorsqu’il retombe, ne laisse qu’un frisson sur le ruisseau au bord duquel elle avait trouvé refuge.

Le petit monde qu’elle avait créé était pourtant destiné à un foisonnement, une explosion de vie, une harmonie. « Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? » Les yeux dans le vide, elle divague, elle envisage des possibles, elle entrevoit des impossibles.

Une joie de plus pour Carlos. Finement manucuré, luisant jusqu’au bout des lunules, il est sacré aujourd’hui. Il est sacré roi du monde. Ses miroirs l’éblouissent, il est fier et maudit. Car il n’est pas heureux Carlos. Il n’a, ni eu le temps de l’être, ni le souvenir de l’avoir été.

Ce dont il est sûr c’est que la vie est un morceau qui se joue allegro… et quoiqu’il en coûte avancer, profiter doivent rester les maîtres-maux ! Car derrière le miroir sans teint de sa réussite s’amoncellent les malheurs de ceux qui ont croisé sa route.

Navrant…

Gina voudrait éprouver l’impermanence des choses en balayant ce monde d’un revers de main, elle hésite, demain peut-être.

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Les oulimots de Louarn Breizh :

Malgré la touffeur de la nuit, un frisson me parcourt lorsque je vois le ruisseau de larmes sur son visage livide. Ses pleurs alternent avec des hoquets de rire allegro. Elle me dit regretter ce week-end navrant à Paimpol, me reproche mon inconsistance, mon incapacité à l’écouter, à la rassurer. Elle divague. Elle maudit les effets néfastes des lunules de Saturne sur mon caractère chaotique, ne se cherche aucune excuse et rejette le naufrage de notre couple sur mes épaules. Elle hurle qu’elle envisage de me quitter. Même si j’ai déjà vécu cette scène, j’encaisse mal, je bafouille, je cherche des mots pour répondre à chacune de ses salves de haine. Mais ne serait-ce pas plutôt l’expression de sa façon d’aimer ? Tout en martelant son discours sans concession, ses mains recherchent les miennes, son corps se rapproche du mien. Les modulations de sa voix me font chavirer, comme à chacune de ses crises. Je ne peux qu’enrouler mes bras autour d’elle et attendre qu’elle s’apaise. J’aime la chaleur de son souffle dans mon cou. Je sais que l’orage va passer et que nos lèvres vont bientôt se retrouver.

S38 19/09 : Une contrainte sur feuille seyes

Contrainte :

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Les oulimots de Faffwah :

Le blog de Faffwah

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Les oulimots de Dans l’œil du cyclone :

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Les oulimots de De La Vega :

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Les oulimots daphnesques de La Peau Douce :

Le blog de La Peau Douce

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Les oulimots de DomVauvert

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Les oulimots de Mrfantasies :

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Les oulimots de Ludoludic :

Le blog de Ludoludic

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Les oulimots de Popins :

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Le blog de Popins

S37 12/09 : Une contrainte

Contrainte : Songer, clame, nuit, ennemis, gare, mémoire, bougie, années, vacillante.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Elle jouait et sur ce joli son j’ai dansé avec éclat me déhanchant toute la nuit sur cette musique caraïbéenne mis comme un gars revenu de tout mais, moire des étoffes troussée le bout gigote, bandant, naissant le désir, l’érection vacille antérieurement à la raideur magnifiée du vit.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Bruneline

« Ce soir elle rejoindra la gare pour rentrer chez elle en début de nuit, loin de cette ville. Pour l’heure elle erre dans ce terminal, perdue,  déboussolée, la démarche vacillante. Tout en elle est vide, creux, elle n’a plus ni amis ni ennemis, ni espoir, ni désespoir, ni mémoire. Même la lumière semble s’être éteinte brutalement, elle ne perçoit que des ombres autour d’elle, comme éclairées à la bougie. Songer que ce matin encore, elle clamait sans peur son bonheur. Ce matin d’il y a quelques heures qui lui semblent des années. Elle se demande quels transports lui fera encore prendre son coeur… »

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Les oulimots de Pidgy :

Scribe…

De ma mémoire vacillante j’extrais les souvenirs de toutes ces années enfuies. 

Je les consigne, par écrit, dans ces supports modernes qui les transportent à la vitesse de la lumière vers le futur. Il est possible qu’ils soient lus avant que j’ai fini de les écrire. Cela me fait sourire mais je me remets au travail. La bougie de ma vie va bientôt s’éteindre.

J’écris surtout la nuit, sur ma tablette, quand l’infirmière Vador a éteint la lumière en disant « Il est temps de songer à dormir Papy ! ».

Elle ne sait pas que j’attends ce moment avec impatience pour m’évader de cette prison pleine d’ennemis qui me veulent du mal. Quand j’arriverai à ce moment de ma vie il y aura quelques chapitres sur ce séjour en EHPAD. Ils relégueront tous les livres d’horreur au statut de charmantes historiettes pour les enfants !

Gare à vous mes tortionnaires aux petits bras, ma vengeance sera à la hauteur de ce que je subis ici. Je le clame haut et fort ! 

Cette pensée me remplit d’aise, me fait sourire, alors que je remplis ma couche de ce qui les fera pousser des hurlements quand elles le découvriront. 

Allez, au travail ! Cela ne va pas se faire tout seul. Surtout depuis que je me suis cassé le poignet. Le droit bien sûr, sinon ce ne serait pas drôle !

Le blog de Pidgy

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Les oulimots de Louarn Breizh

« Gare à toi, la vie n’est qu’une bougie dans le vent » lui disait souvent son vieux. Il ne comprenait pas trop la signification de cette maxime rabâchée toute son enfance. Maintenant, il commence à en saisir le sens profond alors qu’il clame son innocence. Qui peut songer un seul instant qu’il est coupable ? Il n’ignore pas qu’il a beaucoup d’ennemis qui seraient heureux de le voir endosser le crime. Mais il ne mérite pas une condamnation pour le seul motif d’avoir une mémoire vacillante la nuit de l’événement. Certes, il ne sait pas expliquer les tâches rouge sang sur ses vêtements et ses empreintes digitales sur le couteau planté en plein cœur de la rondelette victime. A peine se souvient-il du gout sucré de la chair dans sa bouche et le plaisir qu’il a eu à bien la mastiquer avant de l’avaler gloutonnement. Mais mérite-t-il des années de prison pour avoir dérobé, éventré et dévoré une tomate cœur de bœuf ?

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Les oulimots de Airelle :

La mémoire aime jouer des tours quand il s’agit de penser aux trains ratés ou pris à temps in extremis sans réfléchir.

Songer aux choix.

Chercher la nuit qui soit-disant porte conseil, mais ne clame pas ses réponses.

C’est vacillante que les décisions se prennent. Elles engagent, jours, mois, années et quoi d’autre encore ?

Tant que la lumière de la bougie éclaire tes yeux dans tes caresses, ni épreuves, ni ennemis n’arriveront au bout de cette course folle.

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Les oulimots de Faffwah :

Il a fallu cette énième dispute pour que je me décide. Nous ne sommes pas encore ennemis mais, après toutes ces années de non dits, il y a réellement quelque chose de rompu entre nous et il faut que je m’émancipe un peu plus. Alors j’ai pris ma veste, mes clés et mon portefeuille et je suis sorti, la laissant interdite devant mon audace.

Je n’ai absolument aucune idée d’où aller. Alors j’erre dans la ville. Jusqu’à arriver devant la lumière vacillante d’un établissement de nuit. J’hésite un long moment et, finalement, je me décide à sonner. La porte s’ouvre et le physionomiste m’invite à rentrer.

Je passe au vestiaire, surpris par la disparité des tarifs selon que l’on est un homme, une femme où un couple. Et puis je réalise : je viens de passer le seuil de ce que les gens appellent vulgairement une boîte à cul. Cette idée me fait sourire. Je suis curieux de voir comment les choses vont se passer pour moi qui suis plutôt séduit que séducteur, observateur plus qu’acteur.

Pendant que je me débarrasse de mes affaires, j’observe. Et je ne comprends pas pourquoi on m’a laissé entrer. À part le noir de mon jeans et de mon polo, je n’ai rien de commun avec le vinyl, le latex et le cuir des personnes qui évoluent autour de moi. Mais peu importe finalement. Et l’impression que j’ai sur le coup est surtout celle d’un profond respect de l’autre. Bien plus que dans d’autres endroits que j’ai pu fréquenter.

J’aime cette atmosphère. Et c’est parfaitement détendu que j’emprunte l’escalier qui descend vers la pièce principale. Il y a une sorte de solennité en ce lieu qui me plaît beaucoup. Je me dirige vers le bar et prends un verre. La superbe créature au crâne rasé qui me sert devine mon inexpérience et engage la conversion en me faisant l’état des lieux. Je trouve cette attention touchante. Et c’est fort de ses conseils que je pars explorer les lieux.

Je découvre alors toute une panoplie de pratiques que je ne connaissais que par mes lectures. Ici une brune pulpeuse assène des coups de martinet à un colosse cagoulé et attaché à une croix de Saint André tout en le masturbant. Là, une femme au visage très digne se fait déverser la cire d’une bougie sur les seins.

Je regagne le bar. Une femme immense est assise à proximité. Je suis aussitôt fasciné. Et, chose troublante, je sens son regard, gourmand et inquisiteur, se poser sur moi. J’avais perdu l’habitude de susciter ce genre d’attitude, ce qui la rend d’autant plus délicieuse. Et la barmaid, tout en me servant, me confirme mon impression. J’ai tapé dans l’œil de Maîtresse G. Un peu désarçonné quand même,  je lui demande quelques conseils sur comment procéder. Je ne maîtrise absolument aucun code de ce monde. Elle me préconise d’être direct mais humble et me glisse une flûte entre les mains. À remettre à Madame. Pour rompre la glace. Et puis elle me lance cette mise en garde :

— Gare à vos fesses si elle vous prend en main.

Je me prendrai à songer à ces dernières paroles bien des années plus tard en me remettant en mémoire ma rencontre avec celle qui m’a initié à cette forme de plaisir. Je ne le clame pas sur tous les toits, certes. Mes goûts ne sont pas de ceux que la morale approuve et notre relation est notre jardin secret. Mais, grâce à elle, même si j’ai repris une vie à peu près normale, j’assume maintenant pleinement qui je suis.

Le blog de Faffwah

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Les oulimots de De La Vega :

« Gare à toi ! » clame le silence à la nuit, « Songer aux ennemis du temps ne saurait rallumer la bougie. Oublie ces années vacillantes, ne garde en mémoire que le beau et fais place au jour ! Après tout, l’obscurité n’existe que par la lumière.»

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S36 5/09 : Joie, une contrainte !

Contrainte : Envie, caduque, tirelipompon, joie, verdure, bovin, végan, endorphine, contrainte

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Jimmy Marble

Les oulimots de Bruneline: 

Allongée dans la verdure, elle suivait d’un air un peu endormi les déambulations de son ami le plus vegan, un magnifique spécimen de bovin de près d’une tonne, encore pourvu de tous ses attributs et nommé Ferdinand. 

Tout à l’heure si l’envie la prenait elle jouerait à tirelipompon avec son toupet de queue, juste pour la joie de voir son air vaguement indigné et recevoir le souffle chaud de ses naseaux en plein visage…

Un arbre à feuillage caduque lui renvoya brutalement un rappel di temps qui passe sous la forme d’un limbe virevoltant. Demain déjà approchait à grand pas la contrainte de la rentrée des classes, chassant sournoisement les endorphines qui parcouraient ses veines en ce moment presque parfait.

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Les oulimots d’Eholienne : 

Grommelant dans sa barbe, Benjamin repoussait l’aliment de ses bovins vers le cornadis. Dans sa combinaison verte un peu trop serrée à son goût, il commençait sérieusement à transpirer. Il ouvrit la fermeture éclair jusqu’à son nombril, posa un instant sa pelle et pris le temps d’essuyer la sueur sur son front. Il contempla quelques minutes le jeu de la poussière avec les rayons de lumière dans sa stabulation, se remémorant – une fois de plus ! – la journée de rêve passée il y a déjà trois semaines avec Béatrice. Béa. Un sourire de joie illumina son visage, puis il se renfrogna en repensant que tout était déjà caduque. Son sourire reparu un instant quand il se remémora ses boucles blondes, son air sévère et joueur tout à la fois, ses yeux bleus et sa robe légère.

Elle était arrivée à l’improviste dans sa ferme, se garant devant sa stabulation dans un grand nuage de poussière. Ils discutaient depuis peu sur l’appli, il lui avait dit où il habitait. Elle était venue, sans prévenir, sur un coup de tête, suivant un désir, ou une envie. Il avait commencé par se décomposer dans sa combi verte, avec ses bottes en caoutchouc et sa pelle. Elle lui avait souri, elle avait regardé la paille dorée et la poussière dans les rayons du soleil, le poil brillant de ses vaches, elle avait écouté le silence à peine perturbé par le vol des mouches et les mouvements des bovins. Puis elle l’avait embrassé, elle avait abaissé la fermeture éclair de sa combinaison, s’était emparée de son sexe et l’avait lentement léché, avant de l’engloutir. Il n’avait pu dire un mot, il était resté là, paralysé, avec elle à ses genoux. Il avait senti le plaisir monter, sa main qui se glissait sous le tissu de sa combinaison, qui caressaient son scrotum, et lui, lui, il regardait tour à tour ses boucles, ses vaches, ses épaules, la paille, ses mains, ses deux taureaux. Elle avait cessé ses va et vient pour le fixer dans les yeux. Gêné, il n’avait pu détourner le regard de sa langue jouant avec son gland. Elle s’était relevée, elle l’avait à nouveau embrassée, libre et sans contrainte. Il l’avait soulevée avec la facilité de ceux qui travaillent chaque jour de leurs mains, elle s’était laissée portée dans ses bras, telle une princesse. Il l’avait déposée dans la paille fraîche et, sous le regard approbateur de Tirelipompon et Chihuahua, ses taureaux, il l’avait lentement déshabillée. Elle n’avait cessé de le fixer de ses grand yeux bleus. Aimait-elle ses muscles longilignes, sans artifices, sa barbe brune, ses cheveux bouclés, ses yeux presque noirs ? Il avait plongé sa bouche entre ses cuisses, et, dans cet écrin de verdure aux creux des collines, ils avaient fait l’amour avec tendresse, avec fougue, avec lenteur, avec passion, jusqu’à rendre les armes et à s’abandonner au plaisir et aux endorphines. Il était tombé instantanément amoureux. Elle avait juste suivi ses envies.

Il se remémora encore son cul trempé par la sueur et la cyprine alors qu’elle se rhabillait devant lui. Son dos. Son sperme qui finissait de sécher sur sa cuisse.

Son dernier regard alors qu’elle s’était penchée une dernière fois sur lui pour l’embrasser.

Ses sourcils.

Ses derniers mots, alors qu’elle balayait la stabulation du regard : « je ne comprendrai jamais les végans ».

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Les oulimots de Faffwah :

L’été est passé et voilà que vient l’automne. Et je me pose la question suivante : mes amours, que je crois caduques, vont-elles se comporter à l’instar des feuilles des arbres ? Et jaunir avant de me quitter ? Non pas que j’en aie envie, elles m’ont quand même apporté plus de joie que de peine. Mais je me dis que leur verdure ne peut pas être éternelle. Rien ne l’est je le crois. La contrainte du temps qui passe est universelle.

Mais voyons le bon côté des choses : je garde d’elles, précieusement, un stock d’endorphines qui me servira à supporter la mauvaise saison et m’évitera sûrement d’avoir un regard bovin dû à quelque dépression hivernale.

Une mention tout particulière à celle dont le pseudo reprend curieusement le mot « vegan » alors que je connais maintenant ses appétits pour ce qui est de l’ordre du charnel. Elle m’a ouvert la porte d’un autre monde que je suis bien décidé à explorer.

Et puis je me dis que nul ne sait ce que peut nous réserver l’avenir. Et que, si ça se trouve, je rencontrerai quelqu’un qui me dira ses désirs de tirelipompon et dans la bouche de laquelle je trouverai le mot charmant. L’amoureux des mots que je suis a déjà adoré entendre « crapitouillerie », même si je n’en ai pas commis avec celle dont j’ai appris l’expression.

Alors oui, en ce début du mois de septembre, c’est une page qui se tourne. Mais la suivante est blanche et, si j’ai un peu d’angoisse devant elle, elle est mêlée de mon désir de l’écrire au mieux. 

Et je crois avoir quelques idées.

Le blog de Faffwah

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Les oulimots de Dans l’œil du cyclone :

Trou de mémoire. 

Ce jour là, elle se réveilla avec une chanson en tête, mais impossible de retrouver les paroles ! Une chanson de Carlos. Mais pas sûr. Avec une histoire de Chihuahua… Elle prépara son café en fredonnant un célèbre refrain de Peter et Sloane « besoin de rien, tralalala ». Bon sang, c’était quoi déjà ? Décidément elle n’était pas douée avec les chansons. Mais un coup d’œil par la fenêtre lui indiquant que le soleil brillait, la mit en… en… en quoi déjà ? Fête? Bonheur ? Rhaaa, ces mots manquants commençaient à l’agacer.

Un running en forêt lui ferait sans doute le plus grand bien ! Elle aimait beaucoup se défouler au milieu des sapins. L’odeur de la résine l’aidait à autoproduire sa morphine. (tiens, encore un mot oublié) et le fait qu’ils ne perdent jamais leur aiguilles comme certains autres arbres dont les feuilles tombaient en automne (elle savait qu’il existait un mot pour ça), la rassurait sur le temps qui passait. En plus, en hiver, c’était sa seule source de vert, avec la salade et la roquette du primeur.

Hélas, sa petite balade en forêt ne lui remit pas les idées en place. En rentrant, elle passa devant la ferme de ses voisins. Le genre de ferme où l’élevage est intensif, où l’exploitation animale est poussée à son paroxysme, le genre de ferme qui lui donne envie de pousser à l’extrême son végétarisme. Mais était-elle prête à s’infliger une telle pression, un tel assujettissement? La question la laissa avec le même air que les vaches qui la regardaient passer.

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Les oulimots de De La Vega :

Voilà, nous y sommes… après de longs mois d’attente, le rendez-vous est donné. Mais, comme toujours, la réalité prend quelques libertés avec les rêves auto-proclamés prémonitoires.

Je nous voyais sur une terrasse cosy ou un rooftop, place Bellecour, à Lyon, profitant de la clémence d’une fin d’été généreuse. Rafraîchis par la verdure d’un mur végétalisé, bercés par le gazouillis d’une cascade artificielle, le moment aurait été comme suspendu. En arrière-plan sonore de nos échanges presque chuchotés, j’imaginais volontiers un vieux Blues Mississippi, un jazz mélodieux ou même un rock tiens ! Pourquoi pas ! En une heure à peine, peinant à contenir notre envie mutuelle pour l’autre, nous aurions fait l’amour dans la cage de l’escalier de service ou le hall d’un immeuble voisin. A l’énoncé de ces mots, je peux presque ressentir la montée d’endorphines que j’ai connue mille fois en rêve.

Mais c’était sans compter sur ce troupeau de bovins qui décida, ce jour précis, de se balader sur la voie ferrée supposée me guider vers toi. La joie se changeait en résignation et le restaurant branché se transformait en authentique bouchon Lyonnais, sur le bord de la Nationale 7. En effet, l’ensemble des voyageurs du TGV 9659 avait dû descendre du train à la gare suivante, petit village authentique, dont l’unique attraction était justement ce très caractéristique « Routier ». Nul doute que la carte de ce restaurant « 100% cochon » peinerait à satisfaire les papilles d’une végan avertie.

Le plan initial était caduque, mais notre motivation restait inchangée. A dire vrai, je crois que même un déluge de contraintes n’aurait pu nous faire renoncer. 

Nous y voilà donc… assis à ma table, dans ce restaurant encore imperturbablement fumeur, grignotant des chips rances en regardant BFM TV, j’attends celle dont la simple vue me fera oublier ce contexte peu enchanteur. Celle dont les mots feront taire le ô combien approprié « Tirelipompon sur le Chihuahua » que hurle la sono depuis près de 15 minutes.

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Les oulimots de Pidgy :

Des mots à grimper…

Elle avait envie ! Encore ! 

L’amour ce n’est pas toujours la joie. Cela peut être une contrainte parfois !

Bref, comme disait Pépin, je prends mon regard bovin en lui disant “ Oui Mamour, j’arrive !”.

Je vais me transformer en simili végan pour aller brouter la verdure de sa voie sacrée. Verdure c’est vite dit mais passons. Je me prépare pour l’escalade de mon tirelipompon personnel. Nous allons libérer de l’endorphine pour rendre caduque la morosité des premiers jours d’automne.

Rouge aux joues, souffles courts et chaleurs animales, à nous, l’alpinisme d’alcôve, les escalades salaces, les passages à doigts, les moments à avaler, à brouter ou à pomper, le frottage de couennes, les bras en croix, les jumps, les oppositions hardies, les ramonages énergiques, les relances successives. 

Tu avais envie ? Je vais te faire connaître l’ivresse dans l’escalade du plaisir ! Maintenant, c’est moi qui ai envie !

Le blog de Pidgy

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Les oulimots de Ludoludic :

En cette rentrée des contraintes l’envie est de retour. Après des vacances ou j’ai contemplé des champs de verdure avec des bovins vegans placés là je ne sais pourquoi,  ce retour me procure une dose d’endorphine comme j’en ai eu lors de ma rencontre où j’ai fait tirelipompon. Ces souvenirs ne sont pas caduques et me permettent de me remettre à l’écriture.

Le blog de Ludoludic

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Les oulimots de Louarn Breizh

Je déteste le mois de septembre. La rentrée enfouit les joies futiles, fugitives mais bien réelles de l’été. Les paysages de verdure ne seront plus que de vieux souvenirs, peut-être subrepticement ravivés par le regard bovin de mes congénères dans le métro. Je vais vite oublier la forte dose d’endorphine ressentie après les somptueuses randonnées, notamment celle du ‘Tirelipompon’ en Vanoise ! Franchement, où sont-ils aller trouver des noms aussi poétiques ? 

Face au petit cataclysme émotionnel que représente cette maudite période, à l’absence de quelconques envies et au retour en pleine gueule des contraintes quotidiennes, je refuse de prendre la moindre résolution qui sera caduque dès qu’elle sera formulée. Cela ne sera que dans quelques années que je deviendrai végan !

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Les oulimots  de DomVauvert :

Contrainte de la vallée perdue.

Comme un parfum dans l’air, les flux d’endorphines se répandaient dans l’atmosphère viciée de l’appentis. L’envie était là mais le charme avait déjà jeté bas son masque, ce serait pour une autre fois le tirelipompon. En serait-il ainsi jusqu’à la nuit des temps?

Joie de regarder, sentir encore cette fleur céleste.

De la terrasse, l’on pouvait contempler la verdure se balancer harmonieusement en ces derniers jours d’été. Au loin, les monts, comme des gardiens éternels, veillaient sur nous.

En contrebas, les bovins, clarines en chant, témoins de ces caduques moments, enjambaient le ru pour disparaître au fonds des bois !

Le soleil de fin d’après-midi caressait encore leurs visages radieux.

Se tournant vers moi, elle m’asséna cette question:

— Chéri, tu les aimes mes steaks ?

— Oh oui je les aime. Avec toi impossible de devenir vegan.

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