Oulimots 2022S39 : une contrainte qui danse

Mots contraints : Large, illusion, nocturne, seul, assez, manie,  tempête, porte, danser.

Les oulimots d’Elisa Stark :

Je pense que je vais prendre le large. Cette vie n’est qu’illusion et, même lors de mes sorties nocturnes, j’ai du mal à me sentir seul. Je commence à en avoir assez de cette manie, cette rengaine qui tourbillonne dans ma tête. Je me sens comme au milieu d’une tempête, dans laquelle claquent des portes à en faire danser les lustres.

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Les oulimots de Nicolaï Drassof :

Je suis seul. La tempête,à ma porte,tambourine et frappe,faisant danser les branches du grand chêne assez fort pour créer une large fantasmagorie nocturne,pleine d’illusions tant visuelles qu’auditives. Je manie le rêve avec assez de brio pour discipliner ma peur.

Demain,c’est sûr, naîtra le poème capable de banaliser tout ceci pour en faire un souvenir presque plaisant,de nature à me faire passer pour plus courageux que je ne suis

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Tu es comme un animal nocturne, tu marches seul dans la nuit. Cette manie qu’elle a, de rôder autour de toi, de rester au pas de ta porte. Elle ne veut pas prendre le large. Elle veut rester près de toi. Elle veut créer le chaos dans ton corps, semer la tempête dans ton esprit. Elle veut te faire danser avec elle pour te mettre en confiance, mais ce n’est qu’illusion, elle est assez perfide. Elle va essayer de t’emporter, alors ne laisse pas entrer la mort.

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Les oulimots de Dick :

Elle était férue de grand large et je me suis bercé d’illusions en pensant que mes talents nocturnes seuls seraient assez convaincants pour la retenir à quai malgré mes petites manies

Hélas, ce qui devait arriver arriva : une tempête plus forte que les autres lui fit prendre la porte direction le premier bateau et, désormais, je danse seul en espérant qu’elle revienne un jour. 

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Les oulimots de Caroline /Petiteplage66 :

Pour occuper ses insomnies nocturnes, le marin avait acquis la manie de laisser sa porte grande ouverte. Ainsi, seul dans la pénombre, il pouvait voir la lampe-tempête danser. Cela lui donnait l’illusion d’être encore à bord de son bateau, au large. Et il se répétait avec nostalgie: « À reprendre l’itague de palanquin de ris bâbord de perroquet de fougue »! C’est assez triste pour un marin d’être à la retraite et de devoir jeter l’ancre…

Le blog de Petiteplage66 

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Être seul, lire, méditer, rigoler, roupiller. Tout ça derrière une porte close. Même danser! Je déteste que l’on me voie me déhancher, que ce soit dans une boîte de nuit ou lors d’un spectacle. Le regard du public braqué sur moi déclenche une tempête de honte que je peine à contrôler. 

Être seul, donc. Les écouteurs sur les oreilles. Rammstein dans le tapis. L’illusion que je suis Paul Landers, l’un des deux guitaristes du groupe. Je joue et me dandine comme un dieu. J’en même large. Je suis heureux! Assez pour ne plus sentir l’existence du monde. Une manie qui me sécurise, tel un vampire se préparant pour une autre virée nocturne. 

Je suis toujours seul quand je m’accroche à mes rêves.

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Les oulimots de Gérald :

Ce soir, petite balade nocturne . C’est une manie chez moi. J’aime assez me promener dans la montagne quand la nuit est tombée.                                               Prendre le chemin des écoliers qui suit le large torrent derrière chez moi. Écouter le bruit des animaux. Une chouette qui hulule, le brame du cerf. Quand le vent souffle en tempête, entendre les feuilles danser dans les arbres.                                     Je suis dans un autre monde, mon monde à moi, et pour le garder pour moi seul, je me donne l’illusion d’être un petit génie qui ferme la porte de ce monde, et je reste là, des heures.

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Oulimots 2022S38 : le miel de la contrainte

Mots contraints : Vigne, artificiel, neuf, goût, café, miel, estrade, gravité, continuer

Les oulimots de Dick :

C’est encore mieux que l’Eden : nous sommes dans le ciel, sans besoin de nous coller une feuille de vigne sur le sexe pour nous balader, et ce paradis, même s’il est artificiel, nous convient tout à fait. . 

Tout a commencé au sein de ce groupe de neuf personnes, réunion de trois trouples. Nous regardions je ne sais plus quelle chaîne en buvant un café matinal et régénérateur après notre folle nuit quand, avec sa voix douce comme du miel, Elle nous a demandé de nous taire et d’écouter. À l’écran, un gars sur une estrade parlait, dans une forêt de micros, d’une expérience de communauté dans l’espace et l’idée de baiser en l’absence de gravité nous a immédiatement séduits. 

Nous avons postulé, été retenus et cela fait maintenant deux ans que nous évoluons en autarcie dans notre station. La Terre continue sûrement de tourner sans nous, nous sommes heureux de nous passer de ceux qui la peuplent. 

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Temps maussade et nauséabond en la demeure, alors que les égouts ont refoulé. Il y a eu un geyser de merde dans la salle de bain du sous-sol. Ce n’était pas féérique. La gravité des dégâts m’a causé beaucoup de stress et, soudainement, le goût du neuf m’a immédiatement habité. Pas de ménage et il n’y en aura pas. Alors je propose d’acheter un billet de loto demain, avec mon café noir et mon beignet au miel. Nous allons continuer notre vie ailleurs. 

Or, mon bonheur artificiel n’a convaincu personne. 

Je me sens seul sur mon estrade à encourager ma façon d’éviter les problèmes. J’échangerais toute la merde dans mon sous-sol pour une vigne dans le Midi de la France. 

Ou peut-être le Nord de l’Italie.

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Les oulimots de Bella Dona :

La fête du raisin, du haut de l’estrade le lait de la vigne coule couleur de miel .

Goûter ce nectar est un privilège réservé à ceux qui gravitent dans le premier cercle du vigneron.

Monde réservé au bio, ici rien d’artificiel, de l’entrée au café un goût neuf élaboré par les viticulteurs.

Le flambeau est prêt pour que la génération à venir puisse continuer.

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Les oulimots de Gérald :

Chez elle, c’est la maison du bonheur, je ne saurais dire pourquoi, mais on s’y sent heureux. Sa vie, elle est tout, sauf artificielle. Elle est nature et amoureuse des choses simples.Son vin, c’est avec sa vigne. Son café, c’est avec du miel, son miel, tout est affaire de goût.

Il y a chez elle une petite estrade, ou elle aime nous voir chanter et danser, et ou pour elle chaque problème est sans gravité et va se résoudre dans la joie et la bonne humeur.

Je pourrais continuer des heures comme ça, tellement c’est un plaisir de vous partager ces moments merveilleux passés avec elle. C’est idiot à dire, mais quand vous repartez de chez elle, vous vous sentez comme neuf.

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Oulimots 2022S37 : la verve de la contrainte

Mots contraints : Mer, orchestre, majestueux, théâtre, verve, clé, poète, verre, attendre. 

Les oulimots de Nicolaï Drassof :

Il fallait s’y attendre, le poète,dès le premier verre, perdit sa verve et ses vers. Heureusement, le chef d’orchestre , profitant de l’acoustique de ce majestueux théâtre, sauva la soirée en déchaînant une mer d’harmonies célestes en clé d’ut. Ainsi naquit la fameuse symphonie des éléments perdus.

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Les oulimots de Dick :

J’orchestre toutes mes balades au bord de la mer de main de maître. 

Je leur montre tout d’abord le côté majestueux du soleil qui se couche sur l’eau avant de déclamer quelques vers avec toute la verve dont je suis capable. Je ne suis pas trop mauvais dans cet exercice et, en général, c’est gagné, elles me prennent pour un poète. Je ne dois toutefois pas attendre pour enchaîner et leur proposer un verre. La clé est de ne pas leur laisser trop de temps pour réfléchir si je veux que ma petite chambre devienne le théâtre de nouveaux ébats. 

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Les oulimots de Bella Dona :

Le poète dans son théâtre répète Macbeth, la tragédie revit. L’orage gronde dans un décor majestueux.

Lady Macbeth attend son tour, cachée dans la fosse de l’orchestre.

Un banquet est annoncé pendant lequel Macbeth fera preuve d’une verve insensée à coup de violentes diatribes .

Impassible, j’assiste à cette scène.

Quand soudain un bruit de verre cassé, je me réveille ; la porte de la chambre n’est plus fermée à clé , un souffle frais parvient de la mer :

Mais oui, j’ai rêvé !

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Les oulimots d’Edel Summus :

L’orchestre philarmonique des armes de guerres répandait la mort, crescendo en tir majeur. L’hôtel de Ville, autrefois majestueux dans sa robe de pierre blanche, n’était plus qu’un tas de cendres. Eléa pataugeait dans une mer de sang, ses vêtements tâchés jusqu’aux genoux. Près d’un camion, son frère Paulin la priait d’avancer plus vite. Elle hurla, le suppliant de l’attendre. Son pied buta sur un cadavre, Eléa s’affala de tout son long et l’extrémité de ses doigts glissa sur des bris de verre. Ne pas abandonner, c’est la clé, lui insufflait avec verve une petite voix dans son esprit. Tandis qu’elle se relevait, quelqu’un pressa Paulin de monter dans le véhicule qui démarra en trombe, sans la petite fille à son bord. Eléa égosilla son désespoir tandis qu’il s’éloignait, quand une détonation couvrit son cri. Le camion venait d’exploser, des projectiles atteignirent le bâtiment voisin d’où provenaient les tirs qui cessèrent aussitôt. Eléa eut le temps de se mettre à l’abri. Bientôt, elle trouverait un nouveau camion. Et pendant longtemps les poètes conteraient ce coup de théâtre qui sauva la vie de la future héroïne de la troisième guerre mondiale.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Je suis musicienne dans l’orchestre d’un majestueux théâtre de verre au bord de la mer. Je joue tous les jours depuis déjà quelques années pendant les temps de pause entre deux actes pour distraire le public.

J’accompagne souvent un poète discret à la verve exceptionnelle. Jamais de ma vie avant de travailler ici, je n’avais entendu de magnifiques poèmes lus avec un tel brio.

Mais il restait un mystère pour moi. Il s’échappait en douce dès son allocution finie.

Alors un soir, j’ai décidé de céder ma place à un musicien, d’attendre, et de le suivre de très près. 

Savait-il que je le suivais ? Je n’en sais rien, mais ce soir-là, il a laissé tomber la clé de la porte de sa loge et j’y suis entrée.

La pièce était simplement décorée. Seule une porte se trouvait au fond. Mes mains l’ouvrirent non sans peur de l’inconnu et je découvris un accès direct à la mer.

À peine la porte ouverte, il sauta dans l’eau pour s’enfoncer dans les eaux profondes. Je fus surprise de comprendre qu’il était un triton. Il remonta à la surface et me regarda en souriant. Maintenant, je connaissais son mystérieux secret.

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Les oulimots de Lady Annia :

J’ai pris, très tôt ce matin, le majestueux Oasis of the Seas, un bateau de croisière qui m’emmènera visiter plusieurs îles des Caraïbes.

On m’a donné la clé de ma cabine et après y avoir déposé mes affaires, je suis allée découvrir ce paquebot qui sera « mon chez-moi » pendant les 10 prochains jours.

J’ai découvert qu’à bord, il y a quatre restaurants, un théâtre, un cinéma, deux salles de spectacle et de jeux, ainsi que plein d’autres endroits de divertissement.

Je marchais tranquillement quand un homme d’un certain âge m’a bousculé : heureusement, plus de peur que de mal. Il semble qu’il fasse partie de l’orchestre car il se promène le regard rivé sur son saxophone.

Alors que je contemple la mer des Caraïbes avant d’aller enfin me reposer dans ma cabine, un autre homme, plus jeune, sûrement poète dans une autre vie et faisant preuve d’une verve incroyable, me propose un verre, que j’accepte avec plaisir : la vie est trop courte pour ne pas en profiter.

Le blog de Lady Annia 

Oulimots 2022S35 : vivre la contrainte

Mots contraints : Laboratoire, bibliothèque, sorcier, souvenir, pâle, cinématique, imitation, chaîne, vivre.

Les oulimots de Nicolaï Drassof :

Cette bibliothèque est un laboratoire de recherche où le sorcier de la cinématique ressuscite le souvenir du passé. C’est un faux,une imitation,du toc. Vivre ou avoir vécu pareille chaîne de situations improbables déstabilise à vie, n’essaie pas.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Dans le laboratoire où dans la bibliothèque, ce jeune sorcier a beaucoup de souvenirs à vous rendre pâle de frayeur. La magie a quelque chose de cinématique et aucune imitation de sort n’est permise. C’est une chaîne qui permet de transmettre le savoir et les gestes qu’il faut faire tel des rituels. Il faut faire vivre la magie partout où elle est indispensable.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Je n’ai qu’un vague souvenir de ma soirée. J’ai rencontré le docteur au bar sur la Hell Chapel Street. Il était fascinant. Nous avons sympathisé. Il m’a emmenée chez lui. Je me souviens de cette bibliothèque de sorcier remplie de livres de médecine, puis du baiser qu’il m’a donné. Et je suis sortie sous la brume et les ombres de la rue et… cette voiture puis le trou noir. 

Je me suis réveillée sur la table d’une sorte de laboratoire occupé par des machines étranges sortant tout droit d’un film de science-fiction. Un miroir au plafond me renvoyait un visage pâle. Ma cheville était attachée à une chaîne alors j’ai paniqué. J’ai crié et il est arrivé dans sa blouse blanche, le sourire aux lèvres. Étourdie, j’ai tourné la tête et j’ai vu mon corps en charpie, ma tête décervelée sur une autre table. Comme dans une scène cinématique, je ne pouvais rien faire. Il avait fait une imitation de moi et y avait greffé mon cerveau. J’ai compris alors qu’il m’avait permis de vivre une seconde vie, car ce soir là, mon cœur s’est arrêté. Il a caressé ma main et a retiré la chaîne pour me rassurer.

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Les oulimots de Dick :

Comment tirer ce rat de laboratoire de ses recherches ? Ce n’est pas bien sorcier finalement. Il suffit d’évoquer le souvenir de cette soirée où, prétextant lui offrir un ouvrage de référence pour ses recherches tiré de ma bibliothèque, je lui avais offert un cours sur la cinématique des instruments qui avait fait passer son postérieur du rose pâle au rouge sombre. Il n’a, depuis, de cesse de vivre encore ce moment et, s’il a parfois eu la tentation d’aller voir ailleurs, il préfère toujours l’original aux imitations et je n’ai pas à le couvrir de chaînes pour le retenir. 

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Les oulimots de Caroline / Petiteplage66 :

Dans la bibliothèque de cette communauté isolée , le sorcier avait retrouvé un livre de cinématique qui était pour lui plus qu’un souvenir et qui manquait cruellement dans la chaîne des connaissances. Jusqu’à présent, ils n’avaient pu reproduire dans leur laboratoire que de pâles imitations des expériences du passé, basées sur les souvenirs incomplets des anciens. Grâce à cet ouvrage, il avait le pouvoir de reposer les fondements scientifiques pour mesurer les distances sur le terrain. Les communautés survivantes allaient pouvoir se repositionner sur leurs territoires, accroître leur résilience et vivre plus tranquillement.

La page de Petiteplage66 

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Les oulimots de Bella Dona :

Tous les matins, même rituel, rejoindre mon laboratoire, en espérant que la chaîne cinématique de ma 2CV ne me laissera pas tomber.

Dès mon arrivée, enfiler la tenue obligée et rechercher sans jouer à l’apprenti sorcier.

Un seul objectif : trouver  le vaccin, participer à ce projet vital et surtout éviter les pâles imitations. 

Dans mes lointains souvenirs les formules s’accumulent grâce à une mémoire bien entraînée et une bibliothèque bien fournie.

Encore une journée comme une autre, bien remplie, avec un seul but : battre ce virus, ce combat me motive et m’aide à vivre. 

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Les oulimots de Patrice Saucier :

 J’ai le teint pâle. Devant la glace, c’est la panique. Je suis l’imitation parfaite d’Antonin Artaud, la barbe de quatre jours en moins. Alors ne perdons pas de temps, habillons-nous et sortons sans embrasser l’épouse qui est d’une humeur maussade ce matin, comme d’habitude.

Ce n’est ni le café, ni les rôties qui la rendent ainsi. Elle oublie de vivre, tout simplement. 

Il me faut le meilleur laboratoire en ville pour me donner des couleurs. Je file donc vers la bibliothèque municipale pour remettre un peu de vigueur sur mon visage. La magie des livres, que voulez-vous… 

Ouvrir un bouquin n’a rien de sorcier. C’est la formule la plus commune pour se guérir de la monotonie. Par exemple, Henry Miller qui exerce, par ses écrits, une amputation cinématique dans mon cerveau. Ce souvenir envahissant de l’épouse qui se traîne les pieds dans le corridor du bof… 

Henry la découpe et la colle dans une scène torride où je n’y suis pas, bien évidemment. Pour une jouissance à la chaîne, c’est toujours plus efficace que je m’efface. 

Je repâlis…

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Oulimots 2022S34 : attention à la contrainte !

Mots contraints : Esprit, défection, cher, lettre, attention, personne, délivrer, moitié, réflexion.

Les oulimots d’Elisa Stark :

Cher Esprit,

Je vous écris cette lettre afin d’attirer l’attention sur ma propre personne. Je n’arrive pas à me délivrer de vous, seule votre défection me permettrait de retrouver ma réflexion. 

Votre Moitié.

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Les oulimots de Dick :

Il n’y met pas forcément de mauvais esprit mais cette nouvelle défection va lui coûter cher. Faute d’obéir à la lettre à mes consignes, il va devoir faire attention à ses fesses lorsqu’il se présentera de nouveau en personne devant moi car, s’il faut le délivrer de ses mauvaises habitudes, je ne ferai pas les choses à moitié et ne me contenterai pas de quelques réflexions pour lui faire savoir que je suis très mécontente de son comportement. Je ne sais pas encore avec quoi je vais lui imprimer cela dans la peau mais j’ai commencé à fourbir mes armes.

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Pour me délivrer de tout ce qui pèse sur mon cœur, il m’est venu à l’esprit de lui écrire une lettre. Quelque chose de très profond. Personnellement, le rencontrer en personne et faire face à la musique, j’en suis incapable. 

Néanmoins, je ne me sens nullement coupable d’une telle défection de ma part. Je n’ai jamais eu de courage, de toute manière. Ou peut-être une moitié de courage… conjuguée avec une moitié de couardise! 

J’entame dès à présent ma réflexion. Attention… 

Cher papa

J’ai su que tu avais vendu la Maserati hier soir. La Maserati que je voulais tant essayer, mais que tu me défendais de conduire… 30 ans, papa. 30 ans que je garde ce poids en moi. Tu ne m’en veux pas j’espère. 

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Les oulimots de S WebberLove :

C’est par l’esprit 

qu’elle m’a touché

D’une simple lettre délivrée

Elle a fixé mon attention

Nourri ma réflexion

Nulle autre personne

ne m’est aussi chère

Elle est ma moitié

pour l’éternité

Et même sa défection

ne peut rompre mon don

Mon affection. 

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Les oulimots de Carole Bessiere :

Cher Henri, je suis partie, pour longtemps je crois, loin c’est sûr ! Personne ne me trouvera, j’y veillerai. Considère ce soudain revirement comme définitif. J’ai fait ça pour me délivrer de mes démons et m’empêcher de devenir à moitié folle. Tu le sais, je suis sous l’emprise d’esprits sombres, néfastes, démoniaques. Ne considère pas mon départ comme une défection, mais comme une attention particulière pour toi. Je me sauve et t’épargnerai ainsi mes frasques. À la réflexion, cette lettre tu pourras la brûler. Ne la montre pas aux enfants, je t’en supplie. Cher Henri, oh mon Henri

Le blog de Carole Bessiere 

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Les oulimots de Gérald :

A notre dernier rendez-vous, elle n’est pas venue. Cette défection m’a fait très mal au cœur. Je pensais qu’elle avait plus d’attention pour moi, que je lui était cher.

Réflexion faite, je ne sais pas, si je vais aller la revoir. Certes, je pense à elle, jour et nuit, et jamais personne ne m’a autant occupé l’esprit.          Mais, j’ai besoin de me délivrer de son emprise, de tirer un trait.

Je ne sais pas si je dois lui dire en face, ou lui écrire une lettre. Je suis à moitié partagé entre les deux choix.

Mais, une chose est sûre, je ne l’oublierai jamais.

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Les oulimots de Bella Dona :

Attention, ceci est une lettre pour personne, pour tout ceux qui me sont chers, pas aux mauvais esprits qui m’ont fait défection

Ceci délivre mon âme d’une réflexion trop intense, enfin, à moitié.

Oulimots 2022S33 : de la graine de contrainte

Mots contraints : Main, graine, gel, rencontre, flûte, rose, atteindre, continu, lotus.

Les oulimots d’une nymphe des fontaines :

Errant dans les rues de cette ville inconnue aux rues emplies de gel, j’entendis au loin une flûte jouée de main de maître et à la sonorité familière.

Je partis à sa rencontre, dans un état hypnotique continu, avide d’atteindre ce virtuose qui semblait être une vraie graine de champion ! 

Il était là,  assis en lotus.

Je le reconnaissais : lors de notre dernière rencontre, c’était moi qui avais joué de sa flûte rose.

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Les oulimots de Dick :

Depuis qu’Elle a mis la main sur moi, la graine de la dépression ne germe plus dans mon esprit. Comment s’y est-Elle pris ? Eh bien il Lui a suffi de glisser sa main ointe de gel en moi dès notre première rencontre. Il Lui a suffi d’un regard pour comprendre qu’il ne fallait pas me jouer de la flûte ni m’offrir des roses mais bel et bien se montrer entreprenante pour atteindre son but. Nous entretenons depuis une correspondance en continu quand nous ne pouvons pas nous voir et j’envisage de me faire tatouer une fleur de lotus sur l’épaule pour montrer à quel point j’ai atteint la paix intérieur avec Elle. 

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Les oulimots de Bella Dona :

Semer les graines en Ukraine, actuellement un défi difficile à relever.

Non, il n’y a pas eu de gel , les champs ont été  ensemencés, les mains ont travaillé.

Et puis, un 24 février, la foudre est tombée, Poutine est arrivé, sans tambour ni trompette ni flûte .

La rencontre de deux mondes, une dictature contre une démocratie.

Violences,

Meurtres,

Crimes de guerre, rien ne sera épargné.

Des attaques, des bombardements en continu .

Fin de l’humanitude, rien n’atteint le tyran.

Les Ukrainiens se battent, rêvent de paix, de zénitude, de fleurs, de bouquets de roses , de voyages en Orient, de trônes en fleurs de lotus, la fleur sacrée, symbole de paix et de repos pour l’épanouissement de l’âme.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

De ma main, j’ai jeté des graines. Les premiers gels étant terminés, les pousses ont grandis droites comme des flûtes. Le rose est arrivé au fur à mesure de l’éclosion de la fleur pour atteindre une teinte inattendue. Elles ont migré vers la mare pour devenir de jolis lotus que j’aime admirer chaque jour qui passe.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

J’ai fait une rencontre plutôt curieuse.

Un musicien qui m’a promis de changer le temps et m’offrir le ciel. Je ne le croyais pas. Tout cela me paraissait impossible. 

C’était l’hiver, le gel avait emprisonné le lac.

L’homme a pris ma main et tout s’est transformé. Le paysage était magique. Les lotus ont envahi le lac rapidement. Il a posé une graine dans la terre et a commencé à jouer de la flûte en continu.

J’étais si impressionnée que les mots ne sortaient pas de ma bouche.

La graine a éclos et une rose est sortie de terre. Elle semblait vouloir atteindre le ciel.

Elle grimpait tel un arbre jusqu’aux nuages. Ses épines formaient un escalier. Je suis montée vers les nuages. Tout était beau depuis là-haut. Il a posé un baiser sur mes lèvres et j’ai cueilli la rose rouge avant de disparaître en gouttelettes d’eau. Il pleuvait ce jour-là un peu de moi. J’étais bien alors que chez moi on pleurait ma mort. 

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Les oulimots de Patrice Saucier :

La rencontre tant souhaitée aura lieu en septembre. Quelque part dans un boisé, je lui offrirai, non pas une flûte de champagne, mais un bock d’IPA. Pour elle, c’est mieux qu’une rose. Nous sommes des randonneurs, pas des coureurs de 5 à 7.

Le raffinement est une graine qui n’a su fleurir dans notre cœur. 

Ensuite, main dans la main, nous pourrons atteindre le sommet du mont Tremblant. L’alcool consommé, la veille météorologique de gel au sol diffusé, le soir descendu sur tout le paysage, nous nous déshabillerons et nous nous aimerons en continu, de préférence dans la position du lotus.

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Oulimots 2022S32 : une contrainte par roulement

Mots contraints : Roulement, aide, baba, vraiment, merci, attendre, dimension, profond, désir.

Les oulimots de Nicolaï Drassof :

Votre profond désir de réussite me laisse baba. Le moindre roulement de tambour vous émoustille et vous aide à viser la quatrième dimension sans attendre. Merci,vraiment merci de cet enthousiasme.

Une admiratrice.

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Les oulimots d’Herbe Rouge :

Je m’emmerdais. Attendre ici pendant des heures d’avoir enfin le droit de passer dans l’autre dimension, c’était d’un chiant à mourir. Alors oui, j’avais besoin de leur aide, oui, vraiment, je leur disais merci. Mais merde, que c’était long et chiant. 

Tout ça à cause d’une histoire de roulement. C’est qu’on ne pouvait pas être trop nombreux en même temps de l’autre côté, bien entendu. 

Mais quand même, entre celui qui voulait absolument explorer au plus profond de son âme et celle qui voulait expérimenter le désir sous toutes ses formes, ils ne pourraient pas instaurer un genre de priorité, quelque chose ? 

Genre, moi, j’avais absolument besoin d’aller goûter au baba au rhum, c’était tout de même bien plus important. Alors je devrais être prioritaire non ?

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Les oulimots de SH Kovski :

Il y a un roulement de tambour, au lointain, derrière les collines. La guerre gronde. J’entends comme des appels à l’aide, des râles d’agonies solitaires, les morts en suspens, qu’une tombe même ne viendra jamais abriter. Et je reste pétrifié.

Notre Capitaine sonne la charge. Je ne sais pas si c’est le rhum qu’il a bu avec les officiers, s’il s’enivre pour occulter la mort promise. Il sonne la charge, il est saoul, il empeste. J’en suis baba. Il me donne envie de vomir. Je cours à mon tour, vraiment. Pour le fuir lui. Pour avancer l’heure de ma mort.

Je me souviens de la foule au départ de la gare. J’entends les Merci ! Merci pour la patrie !

La patrie, j’en rejoins le sein libre, six pieds sous terre, sans attendre, à la guerre comme à la guerre.

La vie n’a de valeur qu’à la dimension du cercueil que l’on vous offre au grand soir. Même là, je manque de place. Ma famille ne pleure qu’une caisse de sapin vide. Mon corps n’a jamais été retrouvé, et j’éprouve comme un profond désir de hanter ceux qui vénèrent la guerre.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Ce baba au rhum m’a donné un profond désir d’en déguster un autre. Sans l’aide de personne je suis revenu dans la pâtisserie d’un des grands pâtissiers que j’admire régulièrement à la télévision. Après cette première dégustation j’ai l’impression qu’un roulement à bille s’est mis en route dans mon corps pour me diriger directement vers ce lieu de gourmandise sans attendre une minute de plus.  Vraiment, merci chef pour m’avoir procuré autant de plaisir gustatif.

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Les oulimots de Dick :

Le performer arriva sur la scène, précédé de roulements de tambour et nous présenta un godemiché hors normes : 

  • Oyez oyez braves gens ! Avec l’aide de mon assistante préférée, Ursula ici présente, je vais me prendre cet énorme jouet dans le baba.

Le public manifesta sa surprise comme un seul homme :

  • Vraiment ? 
  • Oui et merci d’avance d’attendre avant d’applaudir que le tour soit fini. Les dimensions de l’objet, que je vais faire pénétrer bien profond dans mon cul, nécessitent une grande concentration.

Je me hasardai à une question :

  • Et de désir aussi, non ?
  • J’ai la chance de vivre de ma passion. 

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Les oulimots de Marie Bulsa :

J’étais un autre homme du style « baba cool » avant de tomber sur elle. Vraiment un drôle d’énergumène, un dragueur professionnel. 

J’écumais la plage avec un « roulement de mécaniques » avant de retourner à mon bar. Pas de quoi être fier.

Et ce jour-là, je suis rentré dans une autre dimension. Elle m’est apparue, tel un ange, me demandant de l’aide.

Des hommes la poursuivaient. J’ai regardé son visage et j’ai fondu. Je lui ai dit d’attendre derrière le bar dans le local de réserves.

Je l’ai cachée et je suis allé la chercher en fin de journée. Elle n’a pas cessé de me dire « merci » et j’ai eu un profond désir de l’embrasser avant qu’elle ne disparaisse.

Sauf qu’après mon service, les gars m’ont attrapé et m’ont fait passer l’envie de l’avoir aidée. Ils voulaient savoir où elle se trouvait et je ne le savais pas. Ils étaient décidés à me faire parler.

Ils m’ont fait avaler mes dents et m’ont laissé sur le carreau, les côtes cassées après s’être rendu compte que je ne savais rien.

Aujourd’hui, le dragueur professionnel a disparu !

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Les oulimots de Bella Dona :

Départ en vacances,

Désir profond de paix, de repos, de zénitude.

Destination inconnue, baba cool avec notre van vintage.

Juste changer de dimension, direction l’autoroute.

Soudain

crac, crac, crac, un bruit  sourd.

Bizarre le van toussote, se cabre, les roues bloquent puis s’arrêtent.

Direction l’aire d’autoroute.

Aucun de nous ne sait bricoler.

SOS à l’aide au garage le plus proche.

Vraiment, par chance, le dépanneur ne se fait pas attendre le verdict aussi :

Deux roulements à bille ont rendu l’âme.

Finalement nous pourrons récupérer le van le lendemain.

Il ne reste plus qu’à dire merci et à demain.

En route pour visiter la ville la plus proche.

Soudain le temps n’a plus d’importance,

nous sommes en vacances,

attendons la nuit et que le ciel se fiance

avec les étoiles

en silence.

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Attention… roulement de tambour… C’est du rôti de porc. 

Oui, je possède ce don pour deviner aisément les odeurs de cuisson qui émanent de ton four. Je détecte également des traces de baba au rhum dans l’air ambiant. Décidément, tu veux vraiment me gâter !

Sans attendre, j’ai envie de prendre place à ta table et d’espérer, du plus profond de mon âme, que ce rôti sera aussi satisfaisant que le désir que j’ai pour toi !  

Après le repas, je me détendrai, j’entrerai dans une nouvelle dimension de repos et je baiserai. Avec qui ? Toi, bien sûr ! Merci pour la confiance… Tu seras alors mon digestif libidineux, mon verre de grappa que je dégusterai doucement, bien entendu avec ta permission. 

Sinon, on bouffe et je ne demanderai rien d’autre que d’entendre tes récits de voyage et tes préférences entre Nathalie Sarraute et Hélène Bessette. 

Que Lilith me vienne en aide pour que le scénario le plus fauve se produise !

Oulimots 2022S31 : une contrainte pas si facile

Mots contraints : Riche, attendre, pièce, mots, facile, cachette, émotion, sort, assez

Les oulimots d’un apophtegme jaculatoire :

Pour que les mots apportent de l’émotion, c’est assez facile : il suffit d’écrire et d’attendre que le succès fasse sortir les pièces de leur cachette et donc de devenir riche. Mais ce n’est pas toujours le cas… Coquin de sort !

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Les oulimots de JeSuisFol :

Si cette liste de mots est facile, alors il faut s’attendre à ce que je sorte de ma cachette, envahie d’émotions diverses et assez riche, pour assembler les pièces des @Oulimots ! »

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Les oulimots de Bella Dona :

Pas de mots tarabiscotés

Ni de mots fléchés

Qui sortiraient de leur cachette 

Ce serait trop facile

Ayons assez d’inspiration pour calmer nos émotions .

Cette expérience est très riche, 

Elle se compose d’un puzzle de neufs mots

A intégrer pièce par pièce

Chaque lettre

Chaque mot

Attend son sort

Pourtant 

Il ne s’agit pas d’un scrabble

Mais d’un oulimot réalisable

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Les oulimots de M :

Je ne vais pas l’attendre toute l’après-midi. J’en ai assez. Il n’a pas osé sortir de sa cachette. Peut-être que je lui procure trop d’émotions quand je l’enferme dans la pièce de jeu. Il n’est pas riche de ses mots  quand il me voit,  je crois qu’il est assez impressionné. Si ça continue je vais faire semblant de lui jeter un sort, cela sera facile tant il vénère sa Maîtresse.

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Les oulimots de Dick :

Le ton utilisé sur le billet qu’elle m’a envoyé sonnait comme la promesse d’une soirée riche en émotions alors j’ai accepté son invitation.

Et me voilà dans une pièce plongée dans le noir, à attendre depuis un temps qui me paraît infini qu’elle décide de ce qu’elle va faire de moi. Je commence à en avoir assez lorsque, sans dire le moindre mot, un homme sanglé dans un drôle d’uniforme me sort de ma cachette et me mène jusqu’à elle. 

  • Il est facile de céder à ses pulsions mais il l’est moins de vivre la frustration. Voilà ta première leçon, tu peux repartir.

Tout s’éclaire. 

  • Qu’il en soit ainsi Madame.

Le blog de Dick

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Je suis riche de mes émotions. Je ne veux plus attendre pour dire tous ces mots qui sont comme enfermés dans une pièce. C’est pourtant facile de les faire sortir de leur cachette, de les jeter tel un sort à l’ouïe de tous, maintenant que j’écris je n’en ai jamais assez pour tout exprimer.

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Les oulimots de Barbe Noire :

Assis là dans le noir à méditer sur son sort…

Dans cette pièce où la lumière était presque inexistante…

Cette pièce qui lui offre le calme dont il a besoin…. Fuir les fantômes du passé… oublier les démons du présent … 

Il se terre dans cette cachette comme un enfant qui fuit ses émotions … il cherche les mots … les mots qui apaiseront les maux de son cœur … 

Pas facile d’admettre que la seule chose qui lui permette de se sentir riche, c’est uniquement son amour …

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Les oulimots de Caroline/Petiteplage66 :

Il sort de la pièce. La rencontre fut riche en émotions. Finalement, les mots étaient assez faciles à trouver. Maintenant il lui faut attendre sa décision. Mais, il ne pourra plus agir en cachette, les autres ne comprendraient pas.

La page de Petiteplage66 

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Je suis riche, seule et sans famille depuis deux ans. Il m’est facile de donner une pièce, façon de parler, plutôt un billet, à des personnes démunies, mais il est plus difficile pour moi de trouver l’amour désintéressé. 

Mais un jour, il y eut cet homme intrigant. Il était assis contre le mur et j’ai vu ses yeux clairs et son sourire séduisant sous son chapeau de paille. Il a relevé la tête et m’a regardée.  Je ne sais pas pourquoi, mais il m’attirait comme un aimant.

Je l’ai suivi jusqu’à sa cachette, son repère de nuit. Je sais, c’est assez culotté, mais je devais lui parler sans attendre, loin de la foule de la rue.

Alors, il m’a conté son histoire. Il a tout perdu, le mauvais sort s’est jeté sur lui. 

Soudain, ses mots, d’une douceur extrême, ont vibré sous l’émotion. Ses yeux ont versé de petites larmes ne pouvant plus cacher cette vie amère qui l’avait foudroyé.

J’ai senti cette attraction réciproque. Je lui ai dit de venir chez moi sans hésitation. Je lui ai rendu sa dignité et maintenant c’est avec moi qu’il vit et je suis sûre que mon cœur a choisi le bon.

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Les oulimots de Gérald :

S’il le faut, je passerai ma vie à l’attendre. Jamais, je ne lui ferai part de mon émotion. Je lui écrirai des mots doux, des mots d’amour. Je serai assez fort pour l’aimer envers et contre tout.

Je sais, rien n’est facile, surtout d’aimer dans son sens le plus noble, le plus riche. Je lui jouerai la pièce de théâtre de l’amant qui sort de sa cachette et viens à ses pieds lui déclarer son amour.

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Attendre ? Mais quoi, au juste ? Certainement pas d’être riche ! 

Déjà trois jours que je rumine des projets de grandeur, inspiré par le décor luxuriant de la pièce où je me suis enfermé pour réfléchir. Ma cachette est la chambre d’un manoir en Gironde mais personne ne doit le savoir, car je fuis le monde réel. Je fuis mes problèmes. Je fuis des percepteurs. C’est le moyen le plus facile que j’ai trouvé jusqu’à maintenant. 

Des idées prodigieuses surgissent. C’est écrit « best-seller » dans le ciel et il pleuvra beaucoup de sous sur moi ! Mes mots procureront beaucoup de bien aux nombreux lecteurs qui auront adopté mon style, mes histoires.

C’est toujours facile de rêver… Le rêve est mon phare dans la nuit. Il me guide, s’assure que je ne frappe pas trop d’écueils, projette chaque émotion dans mon crâne, comme un projectionniste de cinéma qui change de bobine pour chaque représentation. Mon sort est de rêver, et non de vivre.

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Oulimots 2022S30 : une contrainte à contre courant

Mots contraints : Destin, été, illimité, dessous, chaleur, jardin, dépendance, contre-courant, convoquer

Les oulimots de Patrice Saucier :

Te contempler va à contre-courant du serment que j’ai prononcé à l’église il y a quelques années, en pensant l’anneau au doigt de ma femme. Or, c’est soudainement plus fort que moi. 

Quelle idée aussi de se promener en dessous très léger dans le jardin! Chacun a sa manière de combattre la chaleur de cet été interminable. Or, désormais, voilà que je suffoque davantage que les autres à cause de tes formes étonnantes comme une surprise, toi qui as l’habitude d’embrasser la pudeur et la retenue chaque fois que nous sommes ensemble entre amis. Mes désirs naissants veulent nous convoquer, toi et moi, un peu plus loin, dans les plantations de lavande tout là-bas. Le destin veut que j’ignore cet appel et que je garde ancrée en moi cette nouvelle dépendance à ta beauté en me branlant discrètement à la maison, m’évitant un calvaire illimité car ma femme peut s’apercevoir de tout… 

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Les oulimots de Caroline/Petiteplage66 :

Elle avait toujours des idées à contre-courant et cela avait toujours été la source de son succès et de la confiance illimitée qu’on lui accordait. Mais son patron venait de la convoquer pour discuter de son dernier projet. La chaleur de sa voix ne laissait présager rien de bon. Surtout parce qu’il avait mentionné de la retrouver à la Dépendance, côté jardin. Elle en était sens dessus-dessous. Que lui réservait le destin ?

Le blog de Petiteplage66 

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Les oulimots de Dick :

Le destin s’est montré facétieux avec moi cet été. J’étais persuadée du pouvoir quasiment illimité que je pouvais sur la population de mes amants et quand j’ai débarqué uniquement vêtue de mes dessous puis que j’ai vu le regard de tous ces mâles en chaleur qui m’attendaient dans ce club dont j’ai fait mon jardin secret, j’en ai d’autant plus pris conscience. 

Ces coquins m’ont pourtant montré la dépendance que je pouvais envers leurs liqueurs les plus intimes. Figurez-vous que ces coquins, que j’avais convoqués pour les boire, sont allés à contre-courant de mes attentes en m’arrosant. C’était bien, c’est certain, mais j’ai dû ravaler ma frustration.

Le blog de Dick

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Les oulimots de Gérald :

Mon plus grand bonheur, c’est quand je suis dans mon jardin. L’été, quand viennent les fortes chaleurs, je passe un temps illimité dans mon petit havre de paix. Je ne veux plus le quitter. Alors que  le monde court, s’agite, moi, je prends mon temps, je regarde mes roses une à une, je les admire, je regarde au-dessous chaque feuille pour voir s’il n’y a pas de vilaines petites bêtes. J’ai l’impression de vivre à contre-courant de cette vie à cent à l’heure. Je suis accro à mon jardin. Un peu comme si c’était une dépendance.

La seule, je dis bien la seule raison pour laquelle je suis prêt à le quitter, c’est quand je suis convoqué par ma Maîtresse. Je suis obligé d’y aller, c’est mon destin, et cette dépendance là est encore plus grande.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

J’ai transformé une dépendance en chambre d’hôte pour me sentir moins seule. Le tribunal m’a convoquée pour me laisser une dernière chance. Mon activité a soudainement démarré. Mon carnet s’est rempli de réservations pour l’été.  À croire que le destin me sourit. Mon 1er client arrive demain, alors aujourd’hui, je peux profiter de mon jardin. La chaleur est élevée et j’ai fini par retirer ma robe et rester en dessous de dentelle sur mon hamac. Je me suis endormie. 

J’ai rêvé que je naviguais sur une rivière à contre-courant et je suis tombée. J’ai crié de façon illimitée et un homme m’a tendu la main pour me sortir de l’eau. Il m’a allongée sur la berge. Je regardais mon sauveur avec passion avant de l’embrasser fougueusement. Il m’a caressé les cheveux en me souriant et m’a prise dans ses bras. Son parfum m’enivrait. J’étais bien jusqu’à ce que je me réveille. Je me souviens de son visage.

Ma journée est passée et ma nuit a été agitée. Le touriste est à présent à ma porte. Quelle n’est pas ma surprise en voyant le visage de l’homme. L’homme de mon rêve ! Comment est-ce possible ? Est-ce un présage ?

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Oulimots 2022S29

Mots contraints : Bord, plastique, carnivore, tournesol, marteau, nocturne, dépression, ritournelle, quitter

Les oulimots d’Elisa Stark :

Je veux quitter ce monde. Je me sens comme au bord d’un précipice. Cette ritournelle qui m’entraîne vers la dépression va me rendre marteau. Je me sens comme un tournesol en nocturne. La maladie est pire qu’une plante carnivore, elle me ronge. J’ai l’impression d’être en plastique et de fondre sous son emprise.

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Les oulimots de Dick :

Il est d’une rare distraction et un peu fêlé sur les bords. Il ne manquerait plus qu’il soit sourd et j’aurais une parfaite réplique du professeur Tournesol, à la plastique près, la sienne étant nettement plus avantageuse que le personnage d’Hergé.

Bref, si je ne l’ai pas encore quitté, c’est grâce à son physique mais surtout à la façon qu’il a de s’en servir lors de nos activités nocturnes sans jamais que cela ne tourne à la ritournelle. Et c’est en bonne carnivore que je continue de me délecter de la moindre parcelle de sa chair.

Parce que, je dois vous avouer, un zozo pareil, il y a de quoi devenir marteau ou faire une dépression.

Le blog de Dick 

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Les oulimots de Marie Bulsa :

J’ai fait ma sortie habituelle nocturne. J’ai besoin de réfléchir, car je suis au bord de la dépression. Je crois que je vais le quitter. J’ai regardé le soleil se coucher sur les tournesols et je suis rentrée. Tout allait bien jusqu’à hier soir. Il m’attendait à l’entrée du salon avec un air enragé. Je ne sais pas à quoi il pensait. Il m’a simplement dit «je la connais ta ritournelle » et est devenu soudainement muet. 

J’ai eu à peine le temps de remarquer la bâche en plastique qui tapissait le sol, qu’il me frappait à la tête avec une batte de baseball. Il m’a traînée jusqu’au garage bien décidé à me couper en morceaux pour donner à manger aux animaux de la forêt.

Mais il en a été autrement. Réveillée, j’ai saisi un marteau posé dans une caisse sur le sol et je l’ai frappé de toutes mes forces. Il s’est écroulé. Je n’étais pas en forme. Ma tête tournait, mais j’ai eu assez de force pour le tirer sur la bâche et le glisser dehors.

J’allais appeler la police le lendemain, mais son corps avait disparu. Il restait juste quelques morceaux que les carnivores n’avaient pas aimés.

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Elle doit quitter son amant dans quelques minutes. 

Sa dernière nuit a été fantastique avec lui, ritournelle bien connue et entonnée par son cœur fauve, dont la dépression et le désir d’en finir s’amenuisent chaque fois qu’elle pousse un dernier soupir de plaisir dans ses bras. 

Demain, il faut recommencer. Affronter ce monde carnivore qui la considère marteau chaque fois qu’elle se plaint. Pour éviter de vivre en équilibre au bord de la catastrophe, elle se promet une autre escapade en sa compagnie. Une autre virée nocturne. Avant, elle doit rentrer se doucher et se préparer pour sa journée.

Mais ce soir, pas de jouets en plastique ou en latex faisant suinter son sexe en pensant à son corps. Ce soir, elle sera sa rose, son bouquet de marguerites, son tournesol pendant qu’il pourlèche son sexe sur un lit confortable.

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Les oulimots de Gérald :

Elle m’avait invité à un pique-nique nocturne. Je l’attendais au bord d’un champs de tournesols en chantonnant une petite ritournelle. Pique-nique plus que agréable. J’étais amoureux fou de cette fille, à m’en rendre marteau, et prêt à tout quitter pour ses beaux yeux bleus et sa chevelure blonde.

Aussi, quand elle m’a dit que ce repas champêtre serait sans viande, elle était tout, sauf carnivore, et qu’elle ne voulait pas entendre parler de verres, d’assiettes et de couverts en plastique. Ce plastique qui pour elle était la cause principale de la pollution des océans, j’ai bien entendu dit oui.

Seule ombre au tableau, la météo annonçait une dépression avec un risque de pluie pour la soirée. Il n’a pas plu. Je vous raconterai cette soirée dans un prochain oulimots.