Oulimots 2021S4 : une authentique contrainte.

(Photo Xavier Popy)

Mots  contraints : Sillon, rosée, herbe, aurore, pénétre, sabot, graine, authentique, logis

Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Sillon humide et blond,

Rosée ourlant ses lèvres,

Herbe nous accueillant,

Aurore prometteuse

Pénétrer sa chaleur,

Sabots jetés au loin

Graines de jouissance,

Authentique abandon,

Logis doux à mon vit.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Starkette :

Il connaissait ce sillon par cœur. Par le passé, il y avait planté ses graines lesquelles, au fil des saisons, avaient donné de beaux fruits.

Il l’avait parcouru, pénétré, avec ou sans ses sabots, ce champ qu’il aimait tant labourer. Le matin, à l’aurore, l’herbe folle y était pleine de rosée.

Tout était authentique et il aimait ça. Il savait qu’il pouvait y trouver le réconfort d’un logis.

Mon dieu, qu’il aimait le sexe de sa femme. 

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Les oulimots de Fran :

Aurore n’avait pas les pieds dans le même sabot et ne lésinait pas sur les moyens pour obtenir sa dose quotidienne d’herbe.

Aussi s’était-elle créé un solide réseau d’amants dealers à même de lui fournir le plus authentique des voyages dans les paradis artificiels.

De la graine de voyou me direz-vous. Mais qu’elle faisait manger dans sa main sitôt qu’ils avaient passé la porte de son logis. Car, pour dépendante qu’elle était à la weed, elle avait réussi à rendre ses messieurs encore plus accro au sillon de son décolleté. Et chacun d’entre eux aurait vendu son âme au diable pour avoir le privilège d’y déposer sa rosée.

Leur commerce était donc gagnant-gagnant.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Ssaara :

Avant qu’il ne pénètre au logis, il en avait rêvé tout au long du chemin. Il avait parcouru la fin de son périple lentement sur l’herbe encore mouillée de rosée, à la tendre et rose lumière de l’aurore, le cœur empli à l’idée de la joie authentique qu’il allait lire sur son visage aimé. 

Et enfin il allait pouvoir planter dans son tendre sillon la graine d’amour de l’enfant qu’ils s’étaient promis d’avoir si la vie le leur permettait.

Et enfin le claquement de ses sabots retentit dans la cour de la ferme. Derrière le volet clos, elle dormait encore. 

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Les oulimots d’Alexandre :

Creuser son sillon qu’il a dit, je voudrais bien le voir, en cette période de marasme économique. Va donc lancer une entreprise. Pourtant j’avais tout prévu pour faire  de mon hôtel un petit paradis.

Tout était prêt : quand un client serait invité à pénétrer dans sa chambre, il découvrirait une literie de qualité, il va sans dire, mais surtout une décoration authentique, reflétant le travail de nos artisans locaux.

Aucun détail n’était oublié, une rose serait offerte à chaque cliente. J’avais même imaginé une balustrade en bois ajouré courant sur le balcon et décorée de sabots.  Ces derniers, et j’en avais eu l’idée, étaient remplis de terre, et, au printemps, les graines qui y avaient été plantées donnaient naissance à de magnifiques crocus.

J’avais même déjà prévu le site internet qui montrait l’hôtel sous ses plus beaux atours, en insistant sur le fait que ce gite de qualité était inscrit à la chaîne des Logis de France. Le photographe que j’avais engagé avait réussi à magnifier cette bâtisse en prenant aux premières lueurs du jour, quasi à l’aurore, une vue depuis le jardin quand l’herbe luisait de la rosée matinale.

Hélas, pour l’instant mon rêve vire au cauchemar, la préfecture interdisant d’accueillir des clients en période de pandémie.

Oulimots 2021S3 : une contrainte dans la nuit

Image Institut National de la Météorologie

Diable, oiseau, lune, paradis, nuit, mission, ombre, distance, dormir. 

Les oulimots de Ssaara :

Si c’est le diable cet homme se disait-elle , moi je ne veux jamais aller au paradis . 

J’aime avec lui les ombres de la nuit , dormir dans ses bras dans la pénombre de la lune . 

J’aimerais que ma seule mission sur cette terre  soit de pouvoir comme un oiseau veiller sur lui à la distance d’un battement d’ailes.

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Elle m’empêche de dormir, la vlimeuse ! Aussi bien m’acclimater à cette nuit sans Lune plutôt que de prier le Diable pour lui redonner le sommeil un peu plus tard. Aurait-elle le goût de… Mes mains partent en mission du côté de ses cuisses. Elle me tourne subitement le dos. Dommage… Déjà quatre mois aujourd’hui que nous pratiquons la paix du slip, elle et moi. Pas l’ombre d’un désir ne se pointe. Est-ce une prévision du paradis qui nous attend après notre mort ? Je veux me tenir à distance de la vertu et chasser les oiseaux de malheur qui font des ronds autour de ses scrupules !

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Les oulimots de Gérald :

J’étais parti pour deux jours de randonnée avec nuit à la belle étoile. Cette île était un vrai paradis : des oiseaux multicolores et des fleurs toutes plus belles les unes que les autres.

Ma première journée touchait à sa fin. Il me fallait trouver un endroit pour dormir, si possible, à bonne distances des araignées et autres charmantes petites bêtes. Le ciel était dégagé, laissant apparaître une pleine lune de toute beauté. J’étais sous le charme.

Mais soudain, je vis une ombre courir devant moi : ce que j’espérais arrivait enfin. J’allais pouvoir remplir la mission que je m’étais confiée et le prendre en photo.

J’étais face à un diable de tasmanie.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Si belle, vêtue à la diable,

Absolument inoubliable,

Des îles, merveilleux oiseau

Que j’imagine aussi maso,

Nue et offerte sous la lune,

De cuir vêtue, superbe brune.

À la porte des paradis

Source des désirs inédits

Elle a une seule mission

De tous plaisirs la gradation,

Jouant, entre soleil et ombre,

De jouissances sans encombre

Et abolissant la distance

Entre plaisir et pénitence.

Comment pourrais-je ainsi dormir

Sentant mon sexe s’affermir ?

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Starkette :

Ma mère m’avait surnommé l’oiseau de nuit. Depuis ma dernière mission professionnelle, j’avais du mal à dormir. Militaire, j’avais l’habitude de tomber dans des lieux inhospitaliers. Lors de cette expédition j’avais d’abord pensé atterrir dans un lieu semblable à un petit paradis. Quand le jour était là, tout paraissait parfait, mais lorsque la lune pointait ses premiers rayons, les oiseaux dans l’ombre ressemblaient à des petits diables. Leurs cris stridents hantaient mes nuits. J’étais depuis effrayé dès que je fermais les yeux. Même de retour chez moi, j’avais peur. Je faisais des cauchemars et je rodais dans la maison comme une âme en peine toutes les nuits. Je pensais à l’époque où à peine couché je dormais. Je me demandais s’il n’allait pas falloir que je rencontre mon médecin pour qu’il me marque des somnifères qui me permettraient peut-être la possibilité de retrouver le sommeil. 

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Les oulimots de Fran : 

Un drôle d’oiseau. Qui a le diable au corps. Voilà ce qu’il a entendu dès sa plus tendre enfance. 

Tout ça parce que, depuis qu’il a appris à lire, il aime le temps de la nuit pour le faire. Et a, désormais, adopté ce rythme de vie. Dormir ? Il en aura le temps quand il sera plus vieux se dit-il. 

Alors, bien évidemment, il n’a jamais eu de boulot stable et vivote entre deux missions d’intérim en tant que gardien. Mais il a choisi cette existence à distance du commun des mortels, arguant que les ombres qu’il croise au cours de ses rondes ont bien plus d’humanité que la majorité des gens.

Quand on lui demande si ce n’est pas difficile de ne jamais voir le soleil, il répond que la lune est son astre. Et que, si l’on croit qu’il vit un enfer, il est, bien au contraire, au paradis en dehors du tumulte des jours.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

Pourquoi diable cet oiseau était venu se nicher chez moi, au dessus de l’armoire ?

Évidemment être au chaud et à l’abri des bourrasques devait être pour lui l’équivalent du paradis. Seulement, moi les nuits de pleine lune, je n’arrive pas à dormir, et franchement, cet oiseau me fait peur quand il se met à voleter dans la pièce. La lune projette sur les murs une ombre menaçante. Et faute de pouvoir se mettre à distance, je me cache sous la couette, rêvant être aussi courageuse que Lara Croft qui élimine tous ses adversaires quelle que soit sa mission.

Mais voilà j’ai peur des oiseaux et je ne sais pas si je vais arriver à me lever pour ouvrir la fenêtre et faire en sorte que cet intrus s’en aille.

Oulimots 2021S2 : une contrainte féline

Mots contraints : Chat, jouet, chinois, retard, rose, espace, enceinte, punition, main 

Les oulimots de Fran :

— Vous ne me croirez jamais, mais j’ai été le jouet d’un drôle de truc en venant. 

— Dis toujours. 

— Eh bien figurez-vous que j’étais dans l’enceinte de la gare pour venir vous rejoindre quand on nous a tout à coup annoncé le train ne partirait pas tout de suite à cause d’un colis suspect

— Et ? 

— Il s’est avéré qu’il s’agissait d’un chat dans une boîte. Avec un nœud rose. Et qu’il était à la fois mort et vivant. 

— Foutaises ! Et dire que, l’espace d’un instant j’ai été prête à te croire. 

— Mais je vous assure ! 

— Tais-toi maintenant ! Et suis moi dans mon bureau ! Tu devras te polir le chinois devant moi pendant un temps équivalent à celui de ton retard. Soit une heure, montre en main.

— Chic ! J’adore ! 

— Sans te faire jouir, banane ! 

— Outch ! C’est en effet cruel comme punition… 

Le blog de Fran

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Les oulimots de Gérald :

Après avoir soigné mon mal de tête avec un remède chinois que m’avait conseillé ma charmante ostéopathe, je m’étais installé dans ce petit espace que j’ai créé pour me relaxer.

J’écoutais, confortablement installé dans mon canapé, mon chat sur mes genoux, mes chansons préférées. De plus, avec ma nouvelle enceinte, le son était superbe. La vie en rose, j’oubliais tout.

Et comme toujours, dans ces cas là, le téléphone se mit à sonner :

« Allo, oui, oh bonjour Maîtresse ! Vous voulez me voir ? Vous avez de nouveaux jouets, et vous voulez me les faire essayer ? Oui Maîtresse, je viens tout de suite. Non, je ne serai pas en retard, je sais que sinon, je vais recevoir une belle fessée de vos divines mains. »

Finalement, ma soirée n’allait pas du tout être relaxe.

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Les oulimots de Starkette :

J’étais en retard ce matin pour partir au bureau. La faute à qui ou à quoi ? La faute au chat. Il avait appuyé en marchant avec ses petites patounes sur mon enceinte radio-réveil rose. Je m’étais donc réveillée naturellement à l’heure à laquelle je devais partir normalement travailler. Je n’avais pas très bien dormi en plus cette nuit. Un rêve étrange avec un homme chinois qui me courait après m’avait fait passer une partie de la nuit en état de stress. Je n’étais donc pas très en forme quand je me suis aperçue de l’heure qu’il était. J’ai avalé un café que j’ai presque renversé sur mon plan de travail en me brûlant la langue. J’ai sauté sous la douche puis dans des vêtements propres après bien sûr avoir pesté contre mon félin d’habitude préféré. Je ne l’avais pas pris sur le fait de dérégler mon réveil, je me voyais mal lui attribuer une punition. Il n’était puni que si je le prenais la patte dans le sac.

J’ai enfilé ma parka, pris mon sac à main et celui avec mon panier repas.

Enfin, je le croyais. 

Mais, en arrivant dans mon bureau et en regardant dans le sac l’espace d’un instant, je me suis mise à rire nerveusement.

J’avais emporté le sac avec les jouets du chat à la place de mon déjeuner.

Je me suis dit à ce moment-là que la journée allait être très longue…

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Maintenir chaque chose en place avec ce caht était une gageure, il considérait tout objet comme son jeuot et n’avait qu’un seul objectif tout chambouler que ce à la cuisine, casseroles, poêles, passoire, conihis, ou dans le jardin entre tulipe et rsoe, il s’appropriait chaque ecpase qui devenait aussitôt son ecinnete entièrement chambardée, il ne craignait nulle pitunoin pour le désordre et était certain que la mian ne se tendrait vers lui que pour des caresses.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Au concert des Pogues, un garde du corps chinois ou vietnamien, allez savoir, filtre 

les invités autorisés à pénétrer dans le « backstage ».

La foule se presse tenant précieusement le carton d’invitation rose, ce précieux sésame permettant de fouler l’enceinte réservée aux artistes et à leur équipe. 

Après vérification de la liste des invités, l’homme-montagne fait signe  de la main qu’on peut entrer,puis arrête  la personne suivante.

Il ne s’agissait pas d’être en retard, car passée l’heure indiquée sur le carton, les personnes sont refoulées.

Il n’y a pas pire punition pour un groupie de ne pas pouvoir approcher ses idoles alors qu’elle trépigne depuis qu’elle sait qu’elle aura accès aux coulisses. Si vous voulez avoir une idée de son degré d’excitation, pensez aux enfants qui attendent de savoir si le Père Noël leur a apporté leur jouet favori.

Pour appartenir à ces privilégiés, il fallait sur une radio répondre à plusieurs questions dont une évidemment sur la composition du groupe et ses principaux succès.

La question subsidiaire pour départager les gagnants était la suivante : Est-ce que les termes de « chat » et d' »espace » sont utilisés dans leurs chansons ? Seuls ceux qui connaissaient les paroles par cœur purent répondre.

Elise fut l’une des heureuses gagnantes, son nom cochée sur la liste, elle allait pouvoir entrer.

Mais au moment d’atteindre le Graal, son cœur flancha et victime d’une attaque cardiaque, elle fut rapidement évacuée par les secours.

Peu de temps après les Pogues se séparèrent. Elise ne s’en remit jamais.

Oulimots 2021S1 : les retrouvailles avec la contrainte

Photo Serlunar on Flickr

Mots contraints : Retrouvailles, confinement, cœur, amour, distance, correspondance, téléphone, train, baiser.

Les oulimots de Bruneline :

Assis devant son café, il regarde les premières informations de la journée. Ça parle de trains qui se remettent doucement en branle, de fin de confinement, de retrouvailles. Rien qui l’intéresse donc. 

Il envoie son premier message du matin, celui qui contient le baiser du réveil. Son amour à lui grandi à distance et ça lui va très bien. Tout une vie s’écoule dans cette correspondance frénétique de chaque jour, bien plus dense que sa vie quotidienne, bien plus intense et profonde que juste partager un espace sans se regarder. 

Son coeur fait une embardée au son de la notification qui illumine son téléphone, comme à chaque fois…

Un jour, peut être, il aura le droit d’entendre sa voix en attendant il s’illumine de ses mots.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Pour fêter leurs retrouvailles et la fin de l’année, ils avaient rendez-vous à la sortie du confinement et de son hôtel, ils se sont ouvert l’un à l’autre leur cœur et leur cul, ils partageaient le même amour du plaisir et du chocolat, tout en étant l’un de l’autre à distance tout aussi respectueuse que géographique, soutenus par une correspondance de leurs goûts autant qu’épistolaires et unis grâce au téléphone portable et ses albums, mais enfin, ils furent en train et en TGV de rouler l’un vers l’autre pour échanger un baiser et baiser dans un merveilleux échange.

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Les oulimots de Starkette :

Elle avait hâte de vivre ces retrouvailles. Depuis quelque temps, elle avait mis son cœur en jachère ou en confinement comme on peut le dire maintenant. Cet amour qu’elle avait pour lui malgré la distance avait été difficile à vivre depuis leur séparation. Elle ne pouvait le voir qu’à travers des photos qu’on lui envoyait par écran interposé. Elle avait de ses nouvelles de temps en temps par téléphone. Un appel lui avait remis du baume au cœur, elle devrait prendre le train pour le retrouver. Il lui avait tellement manqué pendant cette période. Elle imaginait le baiser qu’elle allait déposer sur le sommet de son crâne. Elle était heureuse. Elle allait enfin pouvoir serrer dans ses bras son chat. Celui qui lui avait échappé l’été précédent pendant les vacances. 

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Les oulimots de Fran :

« Le confinement c’est la vie » 

J’avoue ne pas avoir saisi le sel de cette phrase quand Vous me l’avez dite au cœur d’une de nos premières conversations au téléphone. Nous ne pouvions alors envisager de relation qu’à distance et, faute de pouvoir baiser, nous contentions de caresses partagées en visioconférence et d’une correspondance toujours plus osée. 

Nous nous sommes vus depuis et, non content de Vous être occupée de mon arrière-train à chacune de nos retrouvailles, Vous m’avez révélé mon amour pour la claustration en me faisant passer des heures dans le réduit qui Vous sert de cave.

Merci Maîtresse. 

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Les oulimots de Ssaara :

L’année masquée 

Le printemps avait été confiné, si douloureux du fait de la distance.

Mais le méchant avait enflammé plus encore leurs correspondances. Il avait lié davantage, si cela était encore possible, leurs cœurs par l’entremise de leurs voix chuchotées et amoureuses au téléphone, seules échappées vers la vie par le virus figée . 

Ils s’étaient promis, dès le confinement terminé, qu’ils sauteraient dans le premier avion, le premier train, pour enfin nouer leurs bouches dans les baisers dont ils avaient été privés. Ce qui fut fait et refait durant un été radieux . 

Et c’est ainsi que, prévoyants, l’automne contraint à nouveau avait été l’occasion de retrouvailles d’amour, dans le cocon de leurs bras . 

L’hiver pouvait arriver .

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Les oulimots d’Alexandre :

Cela devait être le temps des retrouvailles entre eux. Elle, certaine de l’amour qu’elle portait à son mari avait engagé depuis plusieurs mois de longs échanges pour lui expliquer ce qui signifiait le polyamour et le convaincre qu’elle serait plus heureuse avec deux hommes. Lui n’avait pas ce courage et comme beaucoup d’hommes, compartimentait sa vie, espérant multiplier les aventures au hasard de ses déplacements en train. Il avait gardé en mémoire un baiser quasi volé au moment où sa compagne d’un jour descendait du train. Il conservait précieusement une lettre où il avouait sa passion pour une belle inconnue aux yeux de jais, qui a quelques places de lui n’avait pas arrêté de le dévisager sans que l’un ou l’autre ne fasse le moindre geste. Il en avait été tellement troublé que ce jour-là il avait raté sa correspondance. Il dut alors expliquer au téléphone à un client important qu’un problème de dernière minute l’avait retenu mais que promis, juré, il serai présent le lendemain aux premières heures.

Cette fois-ci, il était certain que ce n’était pas une amourette éphémère. La femme qu’il avait rencontrée alors qu’il vantait les mérites des créations de son entreprise, l’avait proprement subjugué. La soirée passée ensemble l’avait conforté dans sa décision, il souhaitait vivre auprès d’elle et elle même lui avait avoué que son cœur était à prendre.

Mais les mesures de confinement étaient tombées, les déplacements professionnels devenaient impossibles et en plus à la distance s’ajoutait une frontière entre eux. Jusqu’à quand ?