S48 28/11 : une contrainte linguistique

Mots contraints :Pétanche, foutraque, conjuguer, décliner, indicatif, morphologiquement, expansion, gradation, syntagmatique.

Les oulimots de Pidgy :

Sans tête pour la queue…

“Quand tu m’as dit : Viens, je vais te conjuguer ! J’ai failli décliner mais en te regardant je me suis dit : pourquoi pas. C’est peut-être foutraque de laisser passer une occasion ! Mais je t’avoue que ta gradation dans l’expansion de ton obscur objet de mon désir me file une pétanche comme jamais je n’ai eue !

— Quoi ? Kestata ? Est-ce morphologiquement qu’elle te plait pas Zézette ?

— Bon, ça suffit ! Les curiosités issues de l’anormalité m’amusent en estampes, voire en do(cul)mentaires animaliers mais pas de ça Lisette ! Je ne mange pas de ce pain là ! je n’ai pas envie de m’étouffer !

Tu ne mettras pas ton syntagmatique dans mon paradigme, épicétou ! Et je ne dis pas ça à titre indicatif mais bien impératif ! Colle toi bien ça dans l’éponge qui te sert de cerveau dans ta caboche d’ahuri. Je retourne dans la boîte ! Je veux trouver ma dose de bonheur ce soir et je vais voir si je trouve un dealer un peu plus ad hoc que toi.

— C’est ça ! Casse toi ! Tu passes à côté d’une occasion en or ! Allez, c’est pas le tout faut que je range toute la marchandise maintenant ! Punaise, la corvée…”

Le blog de Pidgy

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Les oulimots de Camille Sorel :

Je venais de passer quelques jours irritée et il me fallait décliner ma rage. La contenir était vain, je visais l’expansion.

Je pensai à Edmond. Pétanche, après tout ! S’il était à mes pieds, il fallait que ça serve. (A titre indicatif, si vous arrivez juste, Edmond est majordome.

D’un point de vue purement syntagmatique, si j’égrène ses fonctions, le code du travail ne conjugue pas ses heures jusqu’à souffre-douleur. Mais ce qui rend Edmond inestimable, c’est que s’il me sert – depuis belle lurette – c’est juste par amour.

Donc, j’appelai Edmond, et selon l’habitude, il vint son ventre à terre. (En gros, il accourut.)

J’avouai simplement ma joie de le revoir. (Toujours aussi foutraque, pendant ses longs congés, il avait fait le tour des Maîtresses du canton.)

— Edmond, mon vieil ami ! Enfin, vous revoilà !

— Madame, vous savez bien : un seul mot et j’accours.

— J’espère que cette fois tu ne le regretteras pas… J’ai une contrariété : mon humeur est atroce et par étrange gradation, ça ne cesse d’empirer. J’espérais carrément me défouler sur toi. Ça ne pose pas de problème ?

— Vous savez bien, Madame, par vos mille bontés, que, morphologiquement, je peux bien encaisser tous vos défoulements. Mais j’ose suggérer…

— Eh bien ! Quoi ?

— Il me semble, Madame, qu’un long massage à l’huile, avec une musique douce, et tous charmes encagés, vous irait à merveille.

— Que tu es insolent. Toujours à suggérer ! Eh bien soit, mon Edmond, masse-moi donc, sans tarder. (Mais laisse-moi bouder. Mon humeur est méchante, je tiens à rester vache.)

Le blog de Camille Sorel

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Les oulimots de Faffwah :

— Ti piace petanche ? Voglio giocare con le tue palle.

Ma maîtrise de la langue de Dante était par trop limitée pour saisir le sens des paroles de Flora ma belle romaine. Et, faute de comprendre ce qu’elle me disait, j’aurais pu décliner son offre si, à titre indicatif, elle ne m’avait pas mis franchement la main au paquet, renforçant ainsi l’axe syntagmatique de son énoncé.

Hormis l’aspect foutraque de son entrée en matière, elle me tenait donc morphologiquement par les couilles. Ce qui aurait pu être douloureux eut au contraire pour effet, l’expansion immédiate de mes corps caverneux et donc une érection sans la moindre gradation depuis l’état flaccide.

Il était donc temps de lui faire la contre proposition d’une partie de billard maintenant qu’ensemble nous pouvions conjuguer l’usage de queue, boules et trous.

Le blog de Faffwah

S46 21/11 : Une contrainte vaniteuse

20191121 oulimots

 

Mots contraints : Improvisation, escalier, autobus, vanity, noir, cuisson, chevalet, sourire,  nuit.

 

Les oulimots autocontraints de Faffwah :

Je l’avais repérée dès sa montée dans l’autobus. Il faut dire qu’une personne comme elle ne passe pas inaperçue. En l’occurrence il s’agissait ici d’une féminité suffisamment teintée d’androgynie pour laisser planer le doute et d’une tenue qui ne faisait qu’entretenir la confusion. Tout cela faisait que, malgré cela (où plutôt grâce), elle était à mes yeux faite à peindre. Et je m’y serais volontiers collé si j’avais eu le moindre talent devant un chevalet. Et du temps à passer avec elle. Mais les circonstances faisaient qu’il me fallait me contenter de la dévorer des yeux pour en imprégner ma rétine. 

Elle m’avait vite repéré au milieu des usagers et me dévisageait maintenant de l’air résigné de la biche qui se sait proche de l’hallali. Et le sourire maladroit que je lui avais lancé n’avait pas suffi à la dérider. J’aurais voulu lui dire des mots rassurants, que j’étais un gentil garçon, qu’elle ne risquait rien avec moi, mais j’avais compris dès le début que je ne serais pas crédible. Elle semblait avoir croisé le chemin de trop de prédateurs pour faire confiance à qui que ce soit.

J’étais donc resté dans mon coin. À distance respectable. Jusqu’à ce qu’elle arrive à son arrêt et descende. Je lui avais alors emboîté le pas. J’étais surpris de cette improvisation de ma part. Pas elle visiblement. Car elle avait ralenti le pas au lieu de l’accélerer et je m’étais retrouvé à sa hauteur. À portée du sac à main qu’elle tenait à bout de bras. Elle aurait pu m’assommer avec. Mais non. Au contraire. Elle m’avait désigné de son index libre une entrée d’immeuble et je m’étais engouffré à sa suite.

Il faisait noir dans la cage d’escalier. Est-ce cela qui m’avait encouragé ? Quoi qu’il en soit je m’étais jeté sur elle comme un mort de faim. Elle n’avait même pas cherché à se défendre. Tout juste s’était-elle un peu dégagé pour attraper ses clés et ouvrir la porte de son appartement. Je l’avais alors basculée sur le vieux canapé, au milieu d’exemplaires fatigués de Vanity Fair probablement piqués dans une salle d’attente, et mes mains s’étaient démultipliées sur son corps pour en prendre possession au plus vite. Jusqu’à arriver à son entrejambe.

J’avais déchiré son collant pour m’emparer de son sexe. Et j’avais alors découvert qu’il n’était pas celui de son état civil supposé quand il avait jailli du tissu comme un diable hors de sa boîte.

— Voilà. Tu sais maintenant. Et ? 

Je découvrais le son de sa voix. Cette intonation lasse de celle à qui n’arrive que le pire. Mais, là, tout de suite, je ne lui voulais que le meilleur. Alors, en guise de réponse, je l’avais relevée et  faite asseoir sur la table de cuisson avant de la prendre en bouche. Avec toute la tendresse dont j’étais capable. Elle avait alors posé ses mains sur mes tempes pour me guider. 

— C’est bien, oui… 

Ces mots étaient sortis avec un peu plus de chaleur que les précédents. Je sentais aussi son corps se détendre en même temps que grossissait un peu plus ce que j’avais sous la langue. J’en étais heureux. J’allais faire en sorte qu’elle le soit aussi. 

La nuit ne faisait que commencer. 

Le blog de Faffwah

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Les oulimots de Julie Plume : 

Elle offrit un sourire à la Russe

Au beau chauffeur de l’autobus

Avant de s’évanouir dans la nuit

Lestée de son seul vanity.

L escalier noir mit en cuisson

L antre humide de son buisson.

Là-haut se démenait 

L olisbos de chevalet

Ultime improvisation

De son week-end polisson.

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Les oulimots de De La Vega :

Abel a tout pour lui, artiste peintre reconnu, bel homme noir à la musculature imposante, il est d’une élégance rare, presque intouchable. Dans l’autobus ou l’escalier, il n’est pas rare qu’on le complimente sur la clarté de ses yeux ou qu’on jalouse le teint halé mat que semble lui avoir conféré une cuisson providentielle, au soleil.

Pourtant ce soir-là, derrière son chevalet, on peut à peine le distinguer par cette nuit sans lune. On ne peut d’ailleurs rien voir. Le néant. Mais l’heure n’est pas à l’improvisation et le ballet du pinceau sur la toile fait entendre son chant nocturne. Un sourire esquissé permet soudain à la foule silencieuse de localiser le virtuose aveugle en pleine création. Mais ce soir Abel n’a pas peint. Il a juste écrit… cette citation de Jane Austen « Vanity working on a weak head, produces every sort of mischief. »

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Les oulimots de Pidgy :

Sur le chemin du bonheur…

Dans l’autobus qui me ramène chez moi, je pense à ce soir. Un sourire vient s’inviter sur mon visage. Je l’imagine à la table de cuisson en train de préparer le repas. Elle se livrera, comme d’habitude, à une nouvelle improvisation culinaire. Immangeable. Comme à chaque fois. Mais ce n’est pas grave. Faire la cuisine est un prétexte pour m’accueillir le soir. Un rituel. Immuable. Aimable. Elle n’aura sur elle qu’un petit tablier qui ne me cachera rien d’elle et qui volera bien vite sur le chevalet. Il est plus là en objet décoratif qu’en instrument de travail vu qu’il ne supporte qu’une toile blanche. Une toile et un petit vanity avec du matériel de peinture, accroché à sa façon avec un petit ruban rose. Elle aime quand cela fait beau. Elle a des idées bien à elle en matière de décoration.

“Une toile blanche, c’est mieux comme ça, qu’elle me dit, chacun y voit ce qui lui plaît”. Ce n’est pas faux. A chaque fois je la vois Elle, son sourire fripon et ses manières de petite fille naïve. Perverse !

Je regarde par la vitre. Il fait noir. Miz du ! Le mois noir porte bien son nom ! La nuit tombe vite en novembre. 

L’autobus ralentit. Je vois le petit escalier qui mène à la porte d’entrée. L’escalier vers le Paradis ! Cette pensée me fait sourire de nouveau. 

Allez, je vais retrouver ma Jolie. Je sais qu’elle m’attends avec impatience !

Le blog de Pidgy

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Les oulimots de Bruneline :

J’avais la tête ailleurs. Comme d’habitude depuis plusieurs mois. Alors quelle idée de déplacer un chevalet avec peu de lumière dans les escaliers ! Ma scène d’improvisation d’une chute avec fracas aurait mérité un oscar. Malheureusement, je n’avais pas de public et me retrouvai à gémir en serrant les dents dans le noir. La douleur fulgurante dans la cheville me mettait les larmes aux yeux et j’imaginais déjà devoir rentrer en autobus, boitillante.

J’entendis ses bottines en premier. Puis vis une cascade de cheveux bouclés et un sourire étincelant. Elle avait un petit vanity rouge à la main… elle me tendait l’autre. Elle m’expliqua en me relevant qu’elle était restée aussi tard pour lancer la cuisson de ses céramiques qui durerait toute la nuit.

Nous découvrîmes ainsi que nous étions voisines d’atelier…

Pour ne plus nous quitter.

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Les oulimots de John Doe

Chrysalide 

Le trajet fait partie de la préparation mentale, il est la transition depuis un quotidien fade.

Dans l’autobus qui la mène vers ce quartier industriel de la banlieue parisienne, les passagers ne la voient pas.

Elle n’est rien.

Énora paraît insignifiante et quelconque, avec son sac à dos et un vanity à la main.

Son grand manteau noir la cache des regards, petite chose fragile.

 

Maintenant, seule dans la rue devant cette porte sombre, elle respire profondément avant d’entrer.

Le sourire révérencieux du serveur qui la guide à une table et la débarrasse de son manteau.

Le regard ébahi sur sa tenue, la magie s’opère.

—Descendez mes affaires !

Comme programmé, on lui sert sans attendre une coupe de champagne et une pièce de bœuf.

Cuisson parfaite.

Aucune improvisation n’est tolérée.

Elle prend son temps, se sait attendue.

 

Puis Énora se lève et se dirige vers le fond de la salle.

Elle descend lentement l’escalier en marquant chaque marche de ses hauts talons.

 

Au pied, elle regarde l’assistance et apprécie la vue.

Elle est le centre du Monde.

 

Sa Chose est bien là, attachée au chevalet.

Offerte.

Ses ustensiles ont été disposés, le fouet sorti du sac.

 

— Maîtresse Énora est dans la place, veuillez faire silence je vous prie.

Le jeu peut commencer.

Le blog de John Doe

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Les oulimots d’Alexandre :

— Allez on se concentre. Je vous rappelle le cadre. Vous êtes dans un autobus, il fait déjà nuit et vous vous voyez déjà de retour chez vous. Léa, tu commences !

— Ouf, j’ai bien cru que j’allais raté mon bus, un peu plus et je finissais à pied. Par ce froid, avec mon manteau noir trop léger, j’aurais fini congelée. Mais bon, à cheval donné on ne regarde pas s’il est borgne. L’autre jour, quand au magasin de fripes, le vendeur m’a fait don avec un grand sourire de ce manteau au prétexte qu’il traînait  depuis longtemps ici et qu’il irait très bien avec le vanity case que je venais d’acheter, je n’étais pas dupe. Je n’ai pas été surprise de trouver dans une des poches du manteau le 06 de ce vendeur fort mignon ma foi. Je crois qu’une fois arrivée, je vais l’appeler.

— Très bien, on enchaîne avec Maxime.

— Quelle idée de revenir en bus avec un chevalet sous le bras, pas un chevalet pour poser une assiette de collection, non un chevalet qui permettra de mettre en valeur le grand tableau offert par beau-papa. Quand il viendra dimanche déguster un pot-au-feu qui aura mijoté pendant deux heures de cuisson, il nous racontera une nouvelle fois comment son flair lui a permis de découvrir chez un brocanteur de province une pièce de grande valeur laissée dans l’ombre. Moi je veux bien, mais cette femme en majesté qui descend un grand escalier de pierre me laisse froid. Mais peu importe, beau-papa est riche et c’est bien là l’essentiel. Pardon, excusez-moi, attention au chevalet, je descends,  pardon… Merci.

— Très bien ! Alors les autres que pensez-vous de ces deux improvisations ?

 

 

S46 14/11 : Une contrainte en toute liberté

Noritoshi Hirakawa-5

Photographie de Noritoshi Hirakawa

Mots contraints : Bonsoir, objectif, respecter, contraintes, toute, liberté, verve, enivrée, oubli.

Les oulimots de Faffwah :

Je ne crois pas que je serais objectif si je devais la décrire. Emporté par ma verve et ainsi enivré, je perdrais toute mesure.

Alors tout ce que je vais vous dire d’elle c’est qu’elle compte. Et que, si je déplore qu’elle ait été si longtemps dans l’oubli d’elle-même, ce qui l’a empêchée de s’épanouir, je ne peux qu’être heureux de la voir prendre son envol maintenant. 

Vous voudriez savoir de qui je parle ? Bon sang de bonsoir, il faut respecter son désir d’anonymat ! Il est garant de sa liberté. Et je ne le trahirai pas, même sous la contrainte.

Le blog de Faffwah

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Les oulimots de Pidgy :

Rendez-vous !

Bon sang de bonsoir ! 

L’objectif de respecter les contraintes hebdomadaires n’est pas simple ! Loin de là ! Toute liberté pour le choix des mots est supprimée. Cela donne une verve atone. Pas de parole enivrée souvent. Il faut faire de son mieux en évitant un oubli.

Le résultat est variable mais permet de faire un peu de gymnastique intellectuelle. 

Alors rendez-vous à la semaine prochaine.

Le blog de Pidgy

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Les oulimots d’Alexandre :

« Bonsoir, votre mission, si toutefois vous l’acceptez, a pour objectif de retrouver les documents dérobés à la présidente de la Malachie.
Cette dernière a été, au cours d’une soirée chez elle, enivrée ou plus exactement droguée. Et à son réveil, son coffre était ouvert et des documents de la plus haute importance avaient disparu. Évidement la présidente n’a aucun souvenir, un oubli total de la soirée comme si  sa mémoire avait été effacée. Nous soupçonnons Viktor Nekhrovich d’être à l’origine du vol. Un contrat court sur lui et il est vital pour sa survie qu’il puisse respecter cette commande : livrer les documents à l’ennemi mortel de la Malachie.
Vous avez toute liberté pour choisir deux de vos coéquipiers. Vous devrez par contre respecter deux contraintes : engager à vos côtés   Anna-Maria Kalenda. C’est une  voleuse professionnelle de grand talent, elle vous sera très utile. Vous avez 24 heures pour la recruter et me retrouver à Moscou pour recevoir vos instructions. Ceci est la première condition.  La seconde est de n’avoir aucune aventure avec mademoiselle Kalenda, je vous sais assez en verve sur la chose.  Or je vous rappelle cette règle première : pas de sexe en mission.
Comme toujours, si vous ou l’un des membres de votre unité était pris ou tué, l’agence niera avoir connaissance de vos activités. Ce message s’autodétruira dans cinq secondes. »

 

S45 07/11 : une contrainte élégante

Mots contraints : Eau vive, scrupule, llumine-alcôve, succulent, rustique, coloration, vétyver, élégance.

 

Les oulimots de Kali : 

Sans aucun scrupule, je recouvrirai ton corps de racines de vétyver,  l’aspergerai d’eau vive et observerai la coloration rouge sang qui, depuis ton cou jusqu’à ta queue, rejoindra ma bouche en un met succulent.      

         — Est-ce que tu as pensé à acheter le pain, chérie ?

Je crierai j’hurlerai je te mettrai au défi. Bats-toi, relève-toi, soulève-toi, élève-moi. 

         — Si tu ne l’as pas pris, tu prendras une baguette mais rustique, plutôt !

Je lâcherai la chienne. Elle te forcera à voir ce qui l’illumine, au fond, tout au fond de l’alcôve où elle repose, presque morte du pain-pain quotidien.

         — Chérie ? Tu m’as entendu pour la baguette ? Rustique, hein ! 

J’espère que tu auras alors l’élégance de manier cette baguette pour que, peut-être, nous reprenions vie sous ses coups. Pour que mon cul se souvienne qu’il vit.

         — Chérie ? Tu veux des sous ?

Mais je vais peut-être m’éteindre avant.

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Les oulimots de Pidgy :

Je vais t’aimer…

Leste comme une eau vive, tu illumines notre alcôve d’amoureux de ton élégance gracieuse. Un bref scrupule m’envahit, moi, le rustre, le rustique comme tu dis en riant, en pensant aux désordres que je vais te faire subir. Désordres, plutôt des ordres muets que tu vas me faire parvenir de tes gémissements, de tes gestes, de tes caresses, de tes impudeurs…

Succulent va être ce repas des fruits de nos amours. Pour Moi. Pour Toi. Je vois déjà la rougeur de tes joues après nos corps à corps ! Tendre coloration qui dit quelles forces ont été déployées, quelles vigueurs ont été mises en oeuvre, quelles étreintes ont vu le jour !

Allongés, serrés l’un contre l’autre, les yeux fermés nous saurons, dans les fragrances mêlées de Vétyver et de Guerlain, combien ces étreintes nous ont emmenés loin d’ici, dans ces pays inconnus que seules visitent les amours intemporelles.

Le blog de Pidgy

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Les oulimots de Bruneline :

Je l’aimais pour son port élancé, sa grande structure qui se déployait avec élégance au dessus de moi quand je pique niquais de succulents mets à ses pieds au bord de l’eau vive. Mais un jour foudroyé, il s’effondra. Ne pouvant me résoudre à le perdre à tout jamais, je passais outre mes scrupules et mis tout mon art et ma patience à le découper en longues planches, à lui appliquer la coloration adéquate et à l’assembler en un meuble plus vivant que rustique. Depuis, il illumine mon alcôve de sa présence chaleureuse et de son odeur étonnante de vetivier, je le caresse chaque jour au passage et je prend chaque petit déjeuner…à ses pieds.

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Les oulimots de Docile :

Elle m’avait donné rendez-vous dans ce petit chalet de montagne aux portes et aux fenêtres d’une jolie coloration rouge basque. L’intérieur était rustique et joliment décoré.

Je l’attendais là, comme elle me l’avait demandé, à l’extérieur, assis sur une pierre, perdu dans mes pensées, regardant l’eau vive d’un torrent descendre dans la vallée.

Elle arrivera. Nous parlerons de choses et d’autres, je lui offrirai un parfum aux essences de vétiver. Nous allons nous confier l’un à l’autre nous enivrant de paroles en savourant ce succulent vin de Savoie. Et, tout doucement, je m’abandonnerai. Je m’abandonnerai à elle et, sans honte et sans scrupules, je lui serai soumis. L’espace d’un soir, je serai à elle. Je serai sa poupée. Et peut- être aurais-je le bonheur de partager son lit. Ou alors me fera-t-elle dormir dans cette petite alcôve près de sa couche. Mais peu importe. Elle sera là, tout près de moi. Et je serai un homme soumis et heureux. Elle illumine ma vie.

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Les oulimots de Zebalts : 

Si ce soir là il se confond tout à fait parmi les citadins venus peupler le cabaret, Betixa devine que derrière son élégance des grands jours se cache un être bien plus véritable. À peine s’est-il approché qu’elle sent son authenticité. Une nature ardente, timidement grimée. Comme un soupçon de vétyver de Java mêlé à d’autres fragrances qui chercheraient à masquer un puissant et rustique parfum de terre. La danseuse lit dans l’expression de ses gestes la force de paysages entiers. Cet accoutrement de boulevardier n’a de raison que de déguiser le fabuleux en banal. 

L’homme l’intrigue. Betixa l’invite donc à boire en sa compagnie et, fine buveuse,  décide du vin. Les premières impressions qu’elle se fait de l’inconnu la poussent à choisir un Gigondas. Une robe sombre, brillante de ses rubis de nuit, un nez promettant des cerises mûres et délicatement poivrées. Alors qu’ils portent leurs verres aux lèvres, elle s’imagine déguster celui qu’elle écoute. Un succulent bouquet d’arômes flatte ses papilles, des fruits profonds empruntant à la terre des notes presque fumées.  Il lui raconte les raisons de son voyage mais elle sait qu’il ment. La coloration grave de sa voix raconte une tout autre histoire. Peu importe. Elle décèle en lui une vérité qui vibre, qui résonne et la fait presque trembler. 

Bientôt ils ne se parlent plus qu’avec les yeux. La prenant par la main, son regard s’illumine. Betixa le suit dans une alcôve au fond du cabaret et, sans plus attendre, lui offre sa bouche. Le désir court en elle comme de l’eau vive. Tout est si inné. La danseuse ne se laisse que très rarement mener mais  l’attraction de ses doigts sur sa peau finit par balayer ses derniers scrupules. Elle décide alors d’offrir à l’inconnu, qu’elle jurerai être vigneron dans le Vaucluse, le goût obsédant de son fruit défendu.

Le blog de Zebalts

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Les oulimots de Faffwah :

Aqua Viva. Eau vive en italien. C’était le parfum qu’il avait choisi pour la rencontrer, comptant sur le vétyver pour l’aider à la séduire. Sans se faire trop d’illusions. Il se savait de ceux dont on devient ami plus qu’amant.

Cela avait fonctionné au delà de ses espérance.

Un sourire l’avait illuminée quand, déposant un chaste baiser sur sa joue, elle avait senti l’attention. Elle l’avait alors félicité pour son élégance olfactive et lui avait carrément avoué que ça la changeait bigrement des eaux un peu rustiques utilisées habituellement par ses rencards. Et elle avait fait glisser ses lèvres dans son cou. Presque imperceptiblement.

Il en avait été touché. A l’âme et puis au corps quand il avait senti ses orteils se presser contre son entrejambe. Et la coloration qu’avait alors pris son visage ne l’avait pas quitté tout au long d’un repas qui, tout succulent qu’il ait pu être, était passé au second plan tant elle l’avait captivé.

Il savait qu’il y avait des alcôves au sous-sol. Et le pied, qui n’avait pas quitté la bosse qui déformait son pantalon, était un bel encouragement pour la suite. Mais ils savaient tous deux qu’il ne pouvait pas lui offrir plus qu’un second rôle pour le moment. Ce qui lui faisait nourrir quelques scrupules. Il n’osait pas aller plus loin.

C’était finalement elle qui, gardant l’initiative, lui avait proposé de descendre boire un verre. Ses dernières défenses étaient alors tombées.

Ce qui s’était ensuite passé n’était que le début de sa nouvelle vie. Elle lui avait montré une nouvelle voie. Il s’y était reconnu. Et il avait décidé de s’y perdre pour mieux se retrouver.

Le blog de Faffwah

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Les oulimots dAlexandre :

Être créateur de parfums à Grasse, ce n’est pas un métier mais un plaisir sans cesse renouvelé.
Je suis un « nez », comme on le dit dans la profession. « Eau vive », c’est moi qui l’ai créée, avec cet arôme de vetyver qui rend cette eau de toilette unique. Secret d’Alcôve, c’est encore moi, j’ai mêlé la senteur d’un cacao rustique avec celle de la vanille et des extraits d’’aloé vera, cette plante succulente.
Dans le secret de mon laboratoire, j’associe les fragrances et je vends mes créations au plus offrant. Oui je suis un mercenaire sans scrupule mais en retour j’illumine le chiffre d’affaires  des grandes maisons qui joueront autant sur le mystère de la composition que sur l’élégance du flacon. Ajoutez à cela une campagne de publicité où apparait une superbe femme à la coloration blond platine et le tour est joué. Mon parfum devient un cadeau de Noël incontournable, tintent les tiroirs-caisses des marchands et moi je me régale des royalties.
Quand je vous disais que mon métier n’était que plaisir !