2K20S18 : dans les embruns d’une contrainte houleuse

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Mots contraints : azur, barre, cabestan, démâtage, embruns, houle, krill, noroît, océane

Les oulimots autocontraints d’Alienor : 

SORTIE EN MER 

Moi, la fille Océane, comme on me nomme ici, après maintes sollicitations, j’acceptais l’invitation de Brieuc pour une sortie en mer. Il m’avait informée qu’il s’occupait de notre déjeuner à bord et que je n’avais rien à faire sinon prendre mon maillot de bain et ma crème solaire.

Cette journée était propice à voguer, le ciel était azur. 

Je marchais lentement sur le ponton et cherchait le Stered-Mor. Après quelques mètres, j’aperçus Brieuc. Il était beau comme un diable comme d’habitude. C’est à ce moment qu’il leva la tête et son sourire éclaira son visage de marin. Brieuc avait déjà sillonné pratiquement toutes les mers du globe.

D’un geste souple, tel un chat, il sauta sur le ponton pour venir à ma rencontre. Il déposa un baiser sur ma joue et s’exclama

— Alors ma Sirène, prête ? Donne-moi ton panier.

Délicatement, il prit ma main pour me mener à bord.

— Bienvenue, dans mon humble demeure ! Mets-toi à l’aise Sklerenn, je termine de préparer notre départ.

Je pris donc place à l’avant du bateau et, je le regardai s’affairer à diverses tâches et dernières vérifications.

Tous ses muscles étaient en action pendant qu’il utilisait la manivelle du cabestan pour hisser l’ancre.

Toutes voiles au vent, lentement nous sortîmes du port, non sans en respecter les balises de navigation. Enfin, au large, Brieuc lâcha la barre et vint à ma rencontre.

Dans un sourire, qui désarme les âmes, il me demanda :

— Veux-tu déjeuner ma sirène, il est déjà tard. Ou préfères-tu d’abord que je te passe de la crème solaire ? Ta peau de rousse commence à souffrir.

— Un peu dans le dos.

Tout marin qu’il était, la douceur de ses mains était sans égale. Après ce petit moment de douceur, il alla préparer le déjeuner.

— Un petit verre de blanc Sklerenn ? J’ai pris un Menetou-Salon

— Avec plaisir !

Durant l’apéro, il m’expliqua comment lui et ses amis avec Greenpeace, ils prenaient très au sérieux la disparition du Krill dans l’océan Antarctique. L’écouter était passionnant comme toujours. Il avait tant voyagé, connaissait tant de choses. Je pouvais boire ses paroles des heures durant.

Après le déjeuner, nous décidâmes de nous octroyer une petite sieste, bercés par les flots.

Soudain, Brieuc me réveilla d’une caresse sur la joue.

— Sklerenn, lève-toi et rhabille toi. Le temps à changé très rapidement. Et cela, ne laisse rien de bon à présager. Tu vas aussi enfiler ce gilet de sauvetage. 

Prise de panique, je regardais le ciel. En effet, celui-ci était dès plus noir, le Noroît montait en puissance, tout autant que la houle. 

Les embruns giflaient mon visage. 

Durant des heures, Brieuc batailla pour maintenir le bateau. Nous étions ballottés par les creux et frôlions le démâtage. 

La coque craquait de partout, j’étais terrifiée. 

C’est à ce moment que j’aperçus au loin L’Abeille Bourbon. 

Voilà, les héros. Nous étions sauvés.

****

Les oulimots de P_apanoel : 

C’est lent, (pas) beau

« Les langueurs océanes », aurait pu susurrer la voix sans visage dans la scène du numéro de strip-tease de Jane Birkin dans « Comment réussir quand on est con et pleurnichard «  si le pastiche avait été de Brel et pas de Baudelaire, et si cette voix avait été celle du noble Ferdinand, et pas celle de Jean-Claude.

En résumé, tout foutait le camp.

Parti d’un héros balinais, assassin rituel ne se déplaçant jamais sans son kriss à la courbe dérangeante, un caprice du clavier l’avait plongé au milieu d’un banc de krill, plus nourrissant certes, mais au potentiel narratif moins prometteur.

Bref, ce récit avait toutes les chances de tourner à l’épopée hauturière autant que frisquette, vu que le vent de noroît avait forci et faisait voler les brins usés des bouts passés autour du cabestan.

Ah, la vie de correcteur basculait parfois de la jungle humide abritant des palais oubliés des cartes et  du tumulte du monde, où vivent des beautés à la tenue adaptée à la moiteur du climat, longs voiles arachnéens magnifiant plus qu’ils ne les cachent les courbes des corps splendides, qui passeront de la couche aux coussins de soie pour déguster des fruits ou pincer les cordes de la harpe jusqu’au bassin parfumé qui adoucira encore la peau au cours des longs bains qui seront d’autres préambules aux étreintes du soir, aux bras qui se serrent pour que les torses se touchent, les épidermes s’électrisent, les volontés se perdent, dans un instant suspendu alors que dans l’ombre des feuilles larges des arbres de la lisière, des yeux rendus luisants par la fièvre haineuse, 

ET VLAN ! Un paquet de mer en pleine face. ça remettait les idées, pas forcément en place, mais dans la droite ligne du labeur à titre onéreux, et c’était pas plus mal.

Un bon bol d’embruns, c’est pas nécessairement l’ami rêvé au petit déjeuner, surtout si l’on tient compte de la houle qui jouait à cache-cache avec la girouette en haut du mât, mais ça pouvait aider à tenir la cadence, celle imposée par le contremaître et ses deux fûts frappés avec une rigueur implacable, l’échéance fixée par la  grande aiguille sur la pendule au mur de la salle de rédaction, la  barre placée haut, celle de l’heure du bouclage pour l’édition du matin.

Ce petit matin blême, où les piles de journaux arriveraient dans les kiosques avant la cohue des passants matinaux, prenant bientôt leur exemplaire sous le bras sans un mot, faisant l’appoint sur le comptoir haut du kiosquier, et repartant dans la lumière blafarde qui rend toute forme indistincte, sans se douter un instant, qu’ils venaient de manquer, en échange de la description convenue du bleu azur et magnétique du regard du navigateur au long cours dans sa course rythmée par les lignes imaginaires tracée sur le globe par l’hubris humain, le récit haletant d’un démâtage tropical.

Les oulimots d’Alexa :

Je sors de la douche, nue et encore humide, je prends ta bague dans le tiroir sous le lavabo et je la mets à ma chaîne. Puis je fais halte devant mon armoire. Mes longs cheveux mouillés rafraîchissent le creux de mes reins, cambrés et les gouttes d’eau coulent sur la courbe de mes fesses. Déterminée, j’entame un chant de cabestan en attrapant mes vêtements. C’est la dernière fois que je ferai ce geste. Douce comme une bloom, ou salée comme un krill j’ai pris racine dans l’eau. Embruns ou vagues déferlantes, j’y suis dans mon élément : parfois calme, souvent agitée, mais surtout à la dérive. Comme preuve de mon attachement à cette molécule je me suis même délestée de ma voiture, avec une seule idée en tête :  avoir les deux mains sur la barre, l’océan à perte de vue, et me souvenir de ton regard couleur azur. C’est toujours comme cela que je m’imagine naviguer.

Puis une fois arrivée sur place, j’entends la résultante de la houle. D’abord des clapotis. L’iode arrive ensuite jusqu’à mon nez et c’est précisément à ce moment-là que je comprends l’ampleur de l’immensité à laquelle je vais faire face.

J’aurais pu m’appeler Océane que cela ne m’aurait pas plus donné confiance. Pas même un baptême de Neptune ni même le trident de Poséidon.

Sur la terre ferme il n’y a pas de place pour les êtres solitaires, et je ne souhaite pas devoir m’incarner en capitaine Haddock pour supporter les mœurs et cette effervescence incontrôlable autour de moi ; encerclée, je sais qu’à chaque embarquement je fuyais, que la mer était mon exutoire, et que chaque pas de plus vers le ponton me rapprochait d’elle. Et de toi.

Sur ces lattes de bois je suis comme à contre-courant. Le vent s’intensifiant, mes cheveux virevoltent sur mon visage. Mais je croise le regard insistant de chaque matelot qui regagne le quai. Je suis la seule à aborder. Je fixe alors mon navire, ton navire, pour ne pas me laisser distraire par les voiliers en démâtage. Et j’ai en tête la phrase de Victor Hugo : « quand le noroît souffle vous êtes perdus! ». Perdue, et bientôt disparue pour mieux me retrouver, te retrouver.

****

Les oulimots de Fran :

Je me souviendrai toujours de ce soir où, d’un battement de cils sur ses yeux bleus azur, elle m’a invité à la rejoindre avant de disparaître au sous-sol. 

J’étais seul et désespéré. Un énième chagrin d’amour m’aveuglait de ses embruns. Alors étais venu au hasard dans ce restaurant pour tenter de l’oublier. J’y mangeais une salade océane avec l’indifférence d’une baleine avalant son krill quand elle est entrée dans mon champ de vision. . 

Tout a alors basculé : un grand coup de noroît a balayé mes idées noires et je n’ai plus pensé qu’à la houle de ses hanches alors qu’elle viendrait s’enrouler autour de mon cabestan. Avec elle il n’y aurait pas de démâtage et je tiendrais le cap me suis-je dit.

Et je me suis levé pour la suivre. Juste avant qu’un mec, surgi d’on ne sait où, ne me barre la route en m’intimant de faire la queue comme tout le monde et ne me dise, coupant court à toute protestation, que ce serait bientôt mon tour. 

Je m’étais cru son unique amant. Je découvrais le monde sulfureux de la pluralité. Mais j’étais prêt à tout pour elle tant j’étais pris dans ses filets. 

— Au suivant !

Et j’avais avancé.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

Ah la mer chantée par les poètes…. Savez-vous que la vie est comme une étendue océane aux humeurs changeantes ?

Un jour, un ciel d’azur se miroite dans une mer calme. Tout apparaît alors possible aux navigateurs qui s’élancent, une fois la corde dégagée du cabestan.  Le voilier, poussé par un vent de noroît, fend les embruns et file vers les mers chaudes et apaisées.

Le lendemain, la houle se lève, l’océan se gonfle de vagues menaçantes et la tempête éclate soudainement. Il faut tenir la barre et accepter de rabattre la voile pour éviter le démâtage.  La survie du navire dépend de l’engagement de chaque membre de l’équipage.

J’entends bien docteur et je partage pleinement votre point de vue. Mais je suis simplement venue faire renouveler mon ordonnance de gélules de krill.

 

 

2K20S17 : l’animalité de la contrainte

Virgine cavelier, l'habit ne fait pas le moine

Virginie Cavalier, L’habit ne fait pas le moine, 2018

Mots contraints : colombe, chat, chienne, escargot, coccinelle, abeille, moineau, hérisson, hirondelle

Les oulimots d’Alexa : 

« Colombe ou hirondelle ? »

C’est la question que je lui ai posée en effleurant le creux de ses reins, sa peau si douce, encrée d’un oiseau. Ma voix lui esquisse un sourire. Étendue, lascive, çà et là dans les draps, je la contemple, elle qui s’étire tel un chat qui reviendrait à la réalité après quelques heures passées dans les rêves les plus paisibles. Impatient je la flaire comme un animal cherchant sa chienne. Alors je me modère, flâne en abeille qui cherche à butiner sa fleur. Malgré ma barbe dont le toucher s’apparente à un hérisson, c’est avec grâce que ma bouche se pose sur sa croupe. Les yeux fermés, je poursuis ma quête insatiable de cette contrée riche et fertile pour y goûter l’élixir brillant que laisserait un escargot chemin faisant.

Voyage… c’est le mot qui me vient à l’esprit au fur et à mesure que j’explore ses courbes ; je me crois dans un tableau de Cézanne et, de l’abeille qui butine, je deviens la coccinelle ou le moineau qui se pose délicatement sur un vallon de son corps. Tel le peintre qui finit sa toile, j’en admire les perspectives pour mieux m’y replonger.

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Les oulimots de Bruneline :

Enfermée dans ce bureau à la petite fenêtre, ne me parvenait que le son atténué du vent et le roucoulement d’une colombe diamant, trésor de la petite grand mère du rez de chaussée. 

En face sur le même palier vivait un grand escogriffe aux yeux de chat et à la coupe de hérisson qui semblait butiner de filles en filles comme une abeille au printemps.

Au premier,  toute une famille qui ne semblait sortir qu’avec la pluie, de vrais escargots ! La petite dans son imperméable coccinelle sautait dans les flaques malgré les remontrances régulières de sa mère qui sous ses mouvements vifs et craintifs de moineau cachait le tempérament d’une chienne de garde dès que quelqu’une s’approchait de trop près de son mari.

Une comme moi l’hirondelle sous les toits qui accueillait tous les matous noctambules du quartier tant qu’ils n’essayaient pas de me passer un collier ou pire la bague au doigt !

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Les oulimots d’Eshi :

Ma colombe ma princesse, tu ouvres tes yeux de biche et tu t’étires comme un chat sous les rayons du soleil qui te caressent. Ma beauté ma princesse, voir tes courbes se tendre dans un soupir me rend chienne, je te veux mienne. Je t’immobilise entre mes jambes mon hirondelle, tu souris et tu me regardes, ton rire s’envole dans les airs, les moineaux s’enfuient et je fond sur toi mon ange, ma coccinelle. Les draps sont humides, tu te loves dans mes bras. Tes « Je t’aime » brisent ma carapace, j’arrête de faire le hérisson et je laisse une petite larme de bonheur s’exprimer. Les abeilles bourdonnent, les escargots se traînent. Et nous, nous sommes heureuses ensemble.

Le blog d’Eshi

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Les oulimots de Patrice Saucier : 

Le jour, elle est sa colombe

La nuit, elle est ma chienne

Elle adore se faire aimer de la sorte. Il faudrait bien que son Jules le sache, car je commence à être fatigué. 

Ce matin, avant de partir pour sa vie régulière, elle fait l’escargot… et elle exige des choses ! 

— Mon café n’est pas prêt ? Où sont les croissants ? Peux-tu faire couler ma douche ? Ça me pique ici, viens me gratter ! 

— Tu n’as qu’à t’en occuper toi-même, ma coccinelle ! Ton moineau est plutôt pressé ce matin.

— Merde alors ! Moi aussi je suis pressée ! Et elle bondit hors de la chambre, à la recherche de son soutien-gorge et de son slip. Où sont-ils ? Probablement dans le petit salon, lieu sacré de leurs premiers ébats de la soirée. 

Finalement, le chat s’était couché sur le slip. Il sera infesté de poils ! Tant pis. Elle n’aura à faire attention lorsqu’elle se déplacera avec ses longues jambes. Dans sa mini-jupe, ça ne sera pas facile… 

Elle quitte l’appartement à peine coiffée, soudainement rapide comme une hirondelle, oubliant de me donner un dernier baiser. 

Si seulement elle n’avait pas pris son temps, mais peut-on réellement la blâmer ? Ensemble, nous n’avions pas vu le temps passer !

Je l’imagine appeler son chéri sur son portable avant de s’engouffrer dans le Métro

— Oui, oui, c’est un congrès fort plaisant, mais nous n’avons guère le temps de rigoler puisque nous travaillons tous avec fougue. Je suis une véritable petite abeille, tellement je me donne ! 

Son hérisson d’amour est rassuré. Et moi, son petit moineau pourra prendre son petit-déjeuner tranquillement. Les avantages du télétravail… et d’être un amant formidable !

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Les oulimots de Fran :

Il n’y a pas un chat sur la route qui me mène à Hérisson. Tant mieux. Car même si je me traîne comme un escargot au volant de ma coccinelle hors d’âge je n’arriverai pas en retard à mon rendez-vous. Mais quelle idée de l’avoir organisé dans l’Allier…

 Il faudra que je prenne aussi le temps de me mettre en condition. Parce qu’il est extrêmement important ce rencard. J’en ai les abeilles. Parce que s’il m’a souvent dit que j’étais sa colombe, il veut ce soir que je sois sa chienne devant un parterre de connaisseurs. 

C’est la première fois que nous pratiquerons en public alors j’ai longuement révisé mes postures pour ne pas le décevoir. Mais au fur et à mesure que l’heure du début approche j’ai l’impression que tout ce que j’avais appris a déserté ma cervelle de moineau.

J’ai la peur au ventre. Mais je dois la surmonter. Ce soir est un passage obligé si je veux évoluer dans la cour des grands. 

 Me voilà arrivée. Je  regarde au loin un vol d’hirondelles. Elle évoluent bas, signe de mauvais temps paraît-il. Pourvu que ça ne vire pas à l’orage pour moi tout à l’heure. 

Je chasse cette idée et respire un grand coup. Courage petit soldat ! Quoi qu’il advienne ils n’auront que ton corps. Pas ton âme.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

Quelle ménagerie !

Ma voisine fort âgée adore les animaux, sept chats cohabitent avec sa vieille chienne qui ne sort plus pratiquement plus. Ce sont désormais les félins qui font la chasse aux moineaux au grand désespoir de ma voisine qui nourrirait tous les oiseaux de la terre.

Devant la fenêtre de son salon, elle pose la cage où deux perruches prennent un bain de soleil. A chaque printemps ma voisine s’émerveille de revoir venir les hirondelles qui sont allés nicher au coin d’une vieille poutre dans le garage tandis que les abeilles sont de la fête avec le pommier en fleur.

Son jardin où les orties se répandent est presque devenu une forêt vierge, à la grande joie d’un hérisson  qui se cache sous un tas de bois, ne croisant la nuit que les somnambules ou les insomniaques.

Moi qui suit un citadin pur sucre sachant tout juste identifier une coccinelle, je regarde le spectacle d’un escargot qui monte paresseusement le mur de la clôture.

Vous ai-je dit le prénom de ma voisine ? Colombe, elle le porte à merveille.

 

2K20S16 : C’est chaud la contrainte

 

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Paysage des  monts Huang, situés à l’est de la Chine

Mots contraints : Monts, Mystère, Cité, Produit, Omission, Répétition, Pétillant, Chaud, Perdu

Les oulimots d’un anonyme :

Rêves

T’embrasser sans omissions

T’embrasser sans mystères

Être perdu sur les monts 

De ta peau douce

Produit de mes envies 

 

La cité de mon corps 

Mon sexe pétillant et chaud

Veulent à répétition 

Tes va-et-vient 

Envahir mes rêves

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Les oulimots de Pidgy :

Divagations…

Dans les monts secrets de ton corps, que j’explore, jour après jour, sans jamais trouver les mêmes repères, ni obtenir les mêmes réactions, je cherche le Mystère caché, le mystère absolu, celui de ta jouissance ultime.

Répétition jamais lassée de gestes anciens ou innovants, mélange de pratiques éprouvées et d’inventions érotiques. L’ennui ou la lassitude n’ont pas droit de cité dans ces moments là !Pas de temps perdu à demander ou à préparer, le produit de la somme de nos plaisirs ne se divise pas en minutes ou secondes mais en éternités instantanées que personne ne peut nous soustraire !

Nous péchons consciencieusement. Pas par omission, surtout pas, ni par soumission, et puis quoi encore, mais bien par perversion parce qu’il est bien connu qu’en amour la limite des interdits est comme la ligne d’horizon : jamais atteinte ! 

Il faut du pétillant dans le sexe, que cela débouche sur un feu d’artifice qui jaillit dans de grands rires d’amour. Rien de plus désespérant que le sexe triste. Le sexe c’est la vie comme la vie c’est le sexe. Sans l’un ou l’autre quel serait la justification de notre existence ? Un ou des dieux improbables ? S’ils existaient ils auraient autre chose qu’à jouer à la création. Ils seraient plutôt à jouer éternellement à papa dans maman, à viens ici qu’on recommence, à cours après moi je n’irai pas trop vite, à emmène moi au ciel même si nous y sommes déjà ! Ça serait chaud la vie de Dieu, nom de Moi !

Donc, mes biens chers frères, mes bien chères sœurs, aimons-nous jusqu’à l’impossible ! Faisons rougir tous les Saint Bretons ainsi que tous les seins Bretons ! Ayons le sexe joyeux, ça nous fera les joues rouges, le teint frais et nous enverra au Paradis de notre vivant. Ce qui est plus sûr !

Le blog de Pidgy

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Les oulimots de Patrice Saucier :

À mi-chemin entre Sainte-Rose-du-Nord et le lac Saint-Jean, les Monts Valin se parent de milliards de flocons de neige, tout comme une bonne partie de la région du Saguenay. C’est la tempête. À la radio, on nourrit le mystère de l’heure : le Parc des Laurentides sera-t-il ouvert ou non à la circulation automobile ? J’espère que oui puisque tu m’attends à Chicoutimi. Toi et moi devons sans faute nous expliquer sur ton chat, produit de mon angoisse actuelle. Je l’ai perdu à Québec, alors que j’avais laissé la porte de mon appartement grande ouverte par inadvertance pendant quelques minutes. Dans la cité historique, un musicien chantait ma chanson favorite et je voulais mieux l’entendre.

Mon omission a provoqué la fuite de Marcel Aymé, ton cher félin, vers je ne sais quelle féline… Ta colère au téléphone était évidente. Je t’ai dérangé en pleine répétition au Théâtre du Palais municipal. Dans la voiture, j’ai perdu mon regard pétillant qui t’avais tant séduit. J’ai chaud. J’ai mis le chauffage au maximum pour permettre au pare-brise de bien dégivrer.

Avant de partir, j’avais laissé une assiette de poitrine de poulet sur la galerie, question de l’attirer un peu. Aura-t-il préféré ce fabuleux repas à la chatte qu’il vient probablement de séduire ? J’arrive à la hauteur de L’Étape et j’ai une prémonition, celle que tu te sois laissée prendre par cet acteur qui te donne la réplique, histoire de me punir. Je hais les chats.

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Les oulimots de Fran :

Ce n’était plus qu’une question de temps Une équipe d’intervention de la Criminelle allait enfoncer sa porte. Il n’avait plus aucun doute à ce sujet. Et il se préparait à l’accueillir comme il se doit, bien décidé à en estourbir le plus grand nombre avant de succomber. Son plan avait foiré, il fallait l’assumer. Pourtant ça avait si bien commencé. 

Il avait certes passé quelques temps en garde à vue quelques jours auparavant. Mais cela ne l’avait pas inquiété outre mesure. Car il avait donné toutes les indications qu’il avait jugées nécessaires à la police pour faire avancer l’enquête sur la disparition de cette autrice. Enquête qui faisait grand bruit dans la presse et sur les réseaux sociaux car elle était promise à un grand avenir grâce un style pétillant qui faisait le bonheur de ses lecteurs. Il la fréquentait de façon épistolaire et en avait livré la teneur quand cette relation avait été évoquée. Pas de quoi fouetter un chat. Il en était également un fervent défenseur sur divers fora et lui connaissait quelques ennemis qu’il s’était empressé de dénoncer quand on lui avait posé la question. Voilà pour sa version. Tout était absolument vérifiable et nullement incriminant. 

Il savait toutefois qu’il avait émaillé sa déclaration de juste assez d’omissions pour brouiller les pistes. Notamment le fait qu’il était intime avec elle et qu’ils avaient eu ensemble quelques moments chauds dans quelques clubs libertins. Mais il comptait sur les masques qu’ils avaient portés à ces occasions afin d’entretenir le mystère sur leurs identités pour passer entre les mailles du filet. Ces choses là demeureraient secrètes, il le savait. Et Il aurait pu rester serein longtemps

Mais à présent il était clair à ses yeux que ce premier interrogatoire n’était qu’une répétition. Et qu’il serait tôt ou tard cité à comparaître dans cette affaire. Car l’impensable s’était produit. Un inédit de la disparue avait fuité sur la toile et, malgré tous les brouilleurs qui avaient été utilisés, il savait d’où cela venait. Et les limiers de la police le sauraient bientôt. 

Du fond de sa cave où elle n’écrivait que pour lui désormais depuis bientôt un mois. Il ne lui avait donné que du papier et un stylo jusqu’à présent mais, comme elle lui avait promis monts et merveilles contre un accès à un clavier, il s’était laissé amadouer. Et ses câbles internet passaient par le sous-sol. Il avait négligé ses talents d’informaticienne et cela était en train de se retourner contre lui. 

Quel con il était ! Tout à sa joie de la contraindre, il avait pêché par excès d’orgueil. Et maintenant, à plus ou moins brève échéance, il était perdu.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

Perdu, complètement perdu, je ne comprends pas comment j’ai pu m’égarer, je n’arrive pas à retrouver la direction des  Whitmore.  Pourtant lors de la dernière répétition dans le simulateur, je pouvais y aller  les yeux fermés. Impossible de demander son chemin ou d’appeler qui que ce soit, je suis coupé de tout lien avec la base.

Je voudrais vous y voir tenter de retrouver votre chemin sur la face cachée de la Lune.
Si je suis appelé à disparaître, ma mort restera un mystère.  Ah je me voyais au retour de la mission sabler le champagne ou au moins un vin  pétillant si les budgets de l’ESA sont revus à la baisse. Ils sont devenus tellement pingres dans les bureaux, pour un produit dégraissant comme pour une combinaison,  il faut faire une demande dans trois services différents, avec copie à chacun.  Et attention, en cas d’omission, la demande est invalidée.

En plus ça commence à sentir le chaud dans la cabine. Qu’est-ce que c’est que ce voyant ?
Merde il ne me reste que trois minutes d’oxygène. Si je tenais le technicien qui a conçu cet appareil…

Allez,  inutile de s’énerver, respire tranquillement, de toute façon, tu le savais bien
que cette mission ressemblait à un suicide. Au moins tu seras cité à l’ordre de la Nation.

 

2K20S15 : « le rite de la contrainte, petit scarabée. »

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(David Carradine & Keye Luke dans Kung Fu)

Mots contraints : Rote, Rite, Rate, Route, Rente, Rüte, Rinte, Raite, Scarabée

Les oulimots de Necro-logique :
Un galant scarabée qui avait pris la route
Dans le canton de Vaud ou peut-être de Rüte
Pour percevoir sa rente auprès de son banquier
Rêvait de voyager à Rinte ou à Bombay
Il courait comme ceux dont on ôta la rate
Éreinté il mérite et repose ses pattes
Mange, rote et s’endort au creux d’une tomate
Il fut cueilli avec et termina en raïte.

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Les oulimots de Patrice Saucier :

À Rüte, petit village du canton suisse d’Appenzell Rhodes-Intérieures, les habitants ne sont guère portés sur la chose, c’est-à-dire le sexe. On laisse tout ça aux non-calvinistes. Autrement, on rigole, on boit, on ripaille, on se dilate la rate et c’est tout. C’est le rite traditionnel pour obtenir du bon temps, surtout après la partie de foot entre le FC Rüte et le AS Appenzell, les grands rivaux. Si la bière est bonne, on la rote en guise d’approbation.

Un jour, un grand gaillard se pointe dans le village. Il se nomme Juan Cairo. Musclé, belle gueule, ce Galicien originaire de Rente vient d’être recruté par le président du FC Rüte, un certain Helmut Schlappschwantz. Si, c’est un joueur de foot. Dans son pays, on le surnomme « le scarabée » parce qu’il est une véritable nuisance pour ses adversaires ! Formé au Deportivo La Coruña et acheté à gros prix, on espère qu’il fera la renommée du FC Rüte dans toute la Suisse !

Lors de son premier match, c’est le délire dans les gradins, alors que Juan étourdit les joueurs du club adverse par ses feintes à l’emporte-pièce et ses tirs foudroyants qui trouvent toujours le fond du filet. Autre fait étrange : Juan donne chaud aux femmes du village qui, sous l’effet de ses prouesses, fantasment sur son corps. Les hommes ne se rendent compte de rien puisqu’ils se concentrent uniquement sur le sport et la bière. Leurs épouses, en revanche… Certaines se caressent en cachette en pensant au bel espagnol. Un jour, l’une d’elle raite carrément son nom au beau milieu d’un devoir conjugal…

Soudain, c’est l’urgence. Quoi faire ? Il faut se débarrasser de ce Belzébuth au sang latin qui pervertit les pensées de nos femmes ! Le président du club roumain de Sibiu, un certain Vlad Rinte, arrive à Rüte et se porte acquéreur de Juan, ce véritable démon qui écarte les femmes de leur droit et vertueux chemin. Une dernière paie, un dernier verre pour la route et au revoir !

Plus rien ne fut pareil à Rüte. Oui, le football et la bière occupèrent une place de choix parmi la population, mais d’autres choses firent peu à peu son chemin : l’intimité, la sensualité !

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Les oulimots de Fran :

Il allait se mettre en chemin pour Rüte. Mais avant cela il se livrait à un rite immuable : celui de mâchonner quelque chose.

D’habitude il agit d’un morceau de rinte. Tout cela afin que, gonflé par la fermentation de la salive qu’il avait avalée, il ne rote un bon coup. Cela le purifie dit-il, et lui permet de se concentrer sur sa conduite. Car les routes de montagne sont traîtresses, particulièrement en Suisse, et son métier de passeur de mallettes l’oblige à les emprunter pied au plancher pour semer quiconque essaierait de le suivre. C’est un métier risqué mais qui lui assure une belle rente.

Mais aujourd’hui, faute d’écorce, il s’était rabattu sur une carapace de scarabée et son éructation tardait. Sa femme, inquiète qu’il ne l’a rate, ce qui aurait à coup sûr compromis sa mission lui demanda

— Je ne t’ai pas entendu. L’as tu raite ?

Devant sa négative, elle tenta le tout pour le tout en pratiquant une variante de la manœuvre de Heimlich sur son abdomen. Ce qui eut pour effet de le libérer d’une façon particulièrement bruyante.

Rassuré, il s’installa derrière son volant après avoir embrassé sa salvatrice épouse. Il se sentait désormais invincible.

Il démarra.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

Saviez-vous que la Rote était un tribunal religieux de la cour de Rome, c’est-à-dire du Pape ?
C’est mon ami Mattéo qui me l’a appris, en me précisant que le travail des auditeurs de rote  n’était pas une sinécure puisqu’ils ne touchaient aucune rente pour statuer en appel sur les  reconnaissances de nullités de mariage.
Il faut dire que Mattéo est un vrai puits de science, incollable aussi bien  sur la reproduction des scarabées que sur les rites des papous de Nouvelle-Guinée.  C’est pour cela que j’aime prendre la route avec lui. Le voyage passe plus vite et à la fin de la journée tu es plus savant. En plus Matteo, c’est un calme, pas le genre à se mettre
la rate au court-bouillon. L’autre jour, en direction de Rüte, nous traversions la forêt et Mattéo se mit à expliquer les bienfaits de l’extrait de la rinte de sapin.
« La quoi ? » demandais-je. Mattéo s’excusa « Euh je veux dire l’écorce de sapin, la rinte c’est une expression de chez moi, là-bas en Vénétie ». C’est vrai, j’avais oublié que Mattéo était originaire de Sappada, un village italien proche des Dolomites.
Je dois reconnaître que Matteo est doté d’une mémoire prodigieuse. il lit une fois une page de dictionnaire, une leçon de grammaire et il retient tout, c’est super-pratique pour le scrabble.  La dernière fois, avec un grand sourire il plaça ses dernières lettres avec le mot « raite ».  Evidemment, autour de la table, personne ne connaissait, il nous expliqua alors que « raite » était le participe passé féminin singulier du verbe raire qui signifiait brâmer.
Franchement j’aime bien Matteo mais il y a des jours où il est un peu énervant !

 

2K20S14 : La petite contrainte élégante du patron

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Mots contraints : fragrance, élégance, chocolat, couture, petite, main, aimant, aiguilles, patron.

Les oulimots de P_apanoel :
La couture glisse du patron
Elégance abandonnée
Envol des aiguilles
La petite main souffle
En promenant l’aimant
dans les poils du tapis
La mousse fine du chocolat
S’accroche à la fragrance subtile
Du parfum de son corps.

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Les oulimots de VonVauvert :
La geste de la compensation
Elégance : Ils sont parmi nous, un soir de brume, sur une route déserte…
-P’tit doigt en l’air.
Chocolat : Une langue audacieuse léchant les babines.
-Revers de main.
Aiguilles : Piquantes et troublantes en des flancs douloureux.
-Doigts croisés.
Patron : Gloire aux genoux douloureux et joints.
-Un doigt en bord d’œil.
Main : Svelte et assurée.
-Enfournée.
Fragrance : Narines dilatées aux franges des monts..
-Mains sur la nuque.
Petite : pompe phallique.
-Bras au dos.
Aimant : Dos à dos, fessiers frémissants.
-Oreilles obstruées d’auriculaires afin de sentir plutôt qu’entendre.
Couture : Corset bien mis.
-Palmes sur les hanches en compression haletantes.
L’ Amour Toujours.

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Les oulimots de Julie Plume :
Sans arrogance
Dans un costume
D’un noir chocolat
Cotillon à patron plat
Avec élégance
De belles petites mains
Défont à la brume
Coutures et entrelacs
Travaux lents d’aiguilles
Du Covid le tourment.

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Les oulimots de Pidgy :

Points satin triangle…

Tes cheveux ont la fragrance du chocolat, des oranges sanguines, de la vanille et de la tendresse. J’aime y enfouir mon visage quand mon corps, lourd comme un cheval mort….

Je sens alors ta petite main qui se faufile, qui essaie de me ranimer. Doucement d’abord, puis plus vigoureusement. Quelle force dans ces petits doigts charmants qui expriment toute la violence de ton désir.

J’embrasse doucement ton cou tout doux. Je devine ton sourire. C’est Toi le patron maintenant. Tu as l’élégance de me laisser croire que c’est moi qui mène la danse mais tu sais, comme moi, qui dirige nos émois.

Tes va-et-vient, tendrement directifs font naître des picotements dans tout mon corps, comme des milliers de petites aiguilles impérieuses qui me disent ce que je dois faire de nouveau. Ils arrivent à me faire renaître et m’attirent, comme un aimant, vers ton temple d’amour, cette ouverture vers des horizons à chaque fois redécouverts.

Allez, je vais faire un peu de couture. Je vais sceller nos corps, à petit coups d’abord, comme une machine à coudre qui avance prudemment, puis avec de plus vigoureux, qui te font serrer les lèvres, agripper l’oreiller de tes jolies mains et enfin laisser échapper des soupirs et parfois de petits gémissements.

C’est de la belle ouvrage.

Une broderie d’amour.

Le blog de Pidgy

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Les oulimots de Hell :

Aller, mes lapines, riez un poil.

De vos petites mains tordues, vous avez branlé mon aimé.

Avec élégance, certes, parfois, avec arrogance, souvent, vous avez seriné mon patron… de vos envies, de vos fantasmes. Il était là, bien réel, la tablette de chocolat (aucune référence à son corps, soit dit en passant, mais à sa disponibilité de sucrerie passagère) sur la table basse d’un salon improvisé…

sa fragrance, choisie pour moi, à votre nez susurré…

Je l’entreprends, depuis, je l’exige même parfois en patron, cherchant à effacer vos traces, vos coutures mal faites, vos aiguilles gênantes…

Mais vous me faites mal, ainsi soit-il, des bâtis résistants dans une couture trop vite faite…

J’aimerais m’en satisfaire, mais vous avez réveillé son envie de davantage, de peaufiner le modèle, mon modèle, sur le vôtre… il a appris à donner plus de plaisir que je n’en réclame…. Que vous atteigniez, si cela n’était feint, cela reste à prouver, plus vite que moi.

Prions, prions mes ennemies, pour que mon con le serve bien mieux que le vôtre.

Et n’allez pas festoyer à ma mort imminente, je suis fragile, mais pas trébuchante.

(En tous cas pas deux fois sur les mêmes pierres).

Allez, un verre pour vous, de virusses en tous objets, vous obligeant à vous réserver, voire à vous confiner. Loin de moi, loin de nous.

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Les oulimot de Patrice Saucier :

Chaque jour, je perds un peu plus de mon élégance et je me sens aussi inutile qu’une couture qui lâche. C’est la faute à cette pandémie qui me confine depuis maintenant 15 jours dans mes derniers retranchements, c’est-à-dire cet appartement que je trouve de plus en plus moche. Il s’incruste de ma fragrance paresseuse et découragée. Voilà ce qui arrive lorsqu’on ne se douche plus, n’est-ce pas ?

J’ai le nez collé à ma fenêtre et je scrute ma rue déserte. Où est passé ce couple s’aimant passionnément sur le banc public à côté du kiosque à journaux ? À quoi s’occupe monsieur Galgani qui, chaque matin, me saluait de la main dès qu’il me croisait ? Même mon patron me manque ! Ce fourbe qui m’envoyait, de sa petite voix aiguë, des remontrances blessantes comme mille aiguilles qui se plantent dans votre visage… Excusez-moi.

La seule solution à mes problèmes serait de sortir pour prendre l’expresso au café en bas parce que madame Langlois est très gentille avec moi. Elle m’offre souvent un carré de chocolat noir pour accompagner mon divin nectar. Tout cela est si loin maintenant.

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Les oulimots de Bruneline :

J’ai toujours aimé cette maison, d’aussi loin que je me souvienne. La fragrance particulière du cyprès dont on cueillait les fruits collants pour faire des munitions, en les cachant sous de petits tas d’aiguilles sèches.

Le morceau de chocolat dans un tronçon de baguette qui nous attirait depuis le fond du jardin comme un aimant…sommés par la gardienne des lieux de laver nos petites mains sales avant d’en jouir enfin. Nous obéissions tant elle était le patron incontesté de la troupe, une certaine sévérité non sans élégance dans ce chignon toujours impeccablement noué.

Avant d’avoir le droit de dévorer le précieux goûter nous étions examinés sous toutes les coutures pour déterminer si notre degré de crasse était acceptable.

Repartir jouer les dents encore collantes du chocolat fondu par la chaleur pesante … que ne donnerais-je ?

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Les oulimots de Fran :

C’était un soir de semaine comme les autres. Sauf que je ne voulais pas rentrer chez moi tout de suite après cette journée de travail harassante. Alors, pour tuer le temps tranquillement et me détendre avant de regagner ma petite chambre, j’avais poussé la porte de ce club que je savais peu fréquenté à cette heure. Et, en effet il n’y avait que deux ou trois couples qui dansaient mélangés. Et toi, seule au comptoir, qui sirotais une flûte de champagne. Aimant à l’occasion faire glisser mes doigts sur la couture d’un bas, toute mon attention s’était portée sur tes jambes gainées de ce que j’avais reconnu d’emblée comme une paire de Wolford. Ils étaient d’un blanc nacré et, comme tu ne portais quasiment que ça, j’étais fasciné par le contraste qu’ils faisaient avec ta peau chocolat. Mais pas seulement. Tu portais ta presque nudité avec une telle élégance sur ton tabouret de bar que je n’ai pas pu m’empêcher de venir t’offrir un verre. Tu m’as alors tendue une main gantée que je me suis empressé de baiser.

Et nous avons engagé la conversation, presque joue contre joue pour nous entendre dans le tumulte de la boîte. J’étais maintenant si près de toi que les fragrances de ton corps emplissaient mes narines. Et je bandais très fort contre ta cuisse.

C’est alors que le patron de l’établissement est passé. Tu lui as glissé un mot à l’oreille et il t’a remis un des précieux sésames vers la partie câlins des lieux. Puis tu t’es levée et m’as pris par la main. J’avais l’impression de n’entendre que le cliquetis de tes talons aiguilles sur le sol et leur tempo faisait battre mon cœur plus fort.

Ce qui se passa ensuite restera secret. Tu y tiens et je le respecte. Mais je dois te dire que je n’oublierai jamais nos ébats. Tu m’as fait découvrir que je pouvais être animal et je t’en remercie ma belle princesse nubienne.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

Qui est le patron, ici ? C’est moi ! Alors quand vous m’annoncez que vous avez perdu
votre aimant qui vous permet de récupérer les aiguilles tombées sur le parquet,
je ne vais quand même pas vous féliciter. Je vais même devoir faire une retenue sur salaire.
Mais oui vous avez beau être au service depuis cinq ans dans cette maison de couture
comme petite main, le règlement c’est le règlement et inutile de m’offrir un chocolat pour m’amadouer !
Rappelez moi votre nom Mademoiselle… ? Fragrance dites-vous, ah non Garance !
Vous pourriez faire un effort pour articuler. Ces jeunes aujourd’hui, déjà qu’ils sont mal
fagotés, ce n’est pas l’élégance qui les étouffe, mais si en plus ils avalent leurs mots…
Allez au travail Mademoiselle !