2KS22 : une contrainte à quai

2020-05-22_03-07-48

Mots contraints : Port, coque, cheminée, sauvetage, quai, cabine, escale, matelot, atlantique.

Les oulimots de Fran :

J’étais arrivé à bon port et pas trop en retard. Ouf. Restait à faire escale dans le dressing pour un changement de tenue express et je pourrais faire mon apparition dans le salon.

Je me savais attendu. Je découvris par contre que ça serait en tenue de matelot coquin avec pour seuls habits un bachi et un simulacre de gilet de sauvetage en résille jaune fluo. Je serais nu en bas par contre. Prêt à l’usage 

Les choses allaient un peu loin là. Mais ça faisait partie du jeu et, l’effet de l’herbe aidant, je choisis de ne pas m’en formaliser. 

Il était temps que j’entre en scène. 

Un feu, bien inattendu pour la saison, crépitait dans la cheminée. Je dus cependant reconnaître qu’il se mariait bien avec la lumière des bougies pour éclairer l’assistance. 

La soirée avait commencé et les sévices allaient déjà bon train. Tout semblait bien se passer Je fus quand même effaré de voir deux femmes échanger sur leurs vacances sur la côte Atlantique alors qu’elles fouettaient un homme de concert. Tout foutait vraiment le camp.

Heureusement que Ma Dame était là. Et elle avait amené son coffre à jouets, une valise cabine remplie d’accessoires pour notre seul plaisir.

Mais, avant de commencer, elle m’examina des pieds à la tête avant de tonner :

— Et le coque ringue ? On l’a oublié ? Mais qu’est-ce que je vais faire d’un chien de quai comme toi ?

J’avais beau y être habitué, son accent du Sud et ses expressions imagées me surprenaient toujours. 

Mais en bon toutou je me couchai à ses pieds pour implorer son pardon.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Eliette

Année 1968. Mes 20 ans de bourgeoise révolutionnaire.  La vie m’appartient.  Départ pour Israël,  direction kibboutz Afikim.

Le port de Marseille grouille d’une foule bruyante, colorée et laborieuse. 

L’Apollonia, à quai, attend ses passagers. Rien en lui de ces grands paquebots qui sillonnent l’Atlantique.  Loin de Zelda et Scott…

La coque fraîchement repeinte, laisse par endroits, entrevoir d’anciennes couleurs, vestiges du passé. 

Pas très rassurée en montant la passerelle,  j’écoute la chamade s’installer en moi. 

Pour ces 5 jours de traversée,  le billet de 3ème classe, le moins cher, permet de dormir en soute ou sur le pont, sous les étoiles.  Le choix est évident. Chaise longue et couverture. Un peu l’impression d’accompagner Tintin et le Capitaine Haddock,  dans Coke en stock…la cheminée de ce rafiot ressemble trait pour trait à celle de la BD.

Fort heureusement,  ma chaise longue est installée pas très loin d’un canot de sauvetage…cela me rassure.. 

Tout l’équipage,  officiers et matelots, est grec…ils seront nombreux à me proposer leur cabine, mais, non, rien ne vaut mes nuits étoilées…

Il règne à bord une atmosphère bizarre, due au régime des Colonels qui sévit à Athènes. 

Nous ferons escale à Limassol, port de Chypre…

Souvenir d’odeurs, de musique, de bleu, de blanc…et de retsina..

Qui a dit qu’il n’y a pas de tempête en Méditerranée ?

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Les oulimots de Zebalts :

Son cargo rouillé restera à jamais son unique bouée de sauvetage. Les chocs des lames contre sa vieille coque, les grondements rauques de sa cheminée ventriloque. Tout ça l’apaise, la calme. Les incessantes traversées étouffent sa rage. 

Dans chaque port, un homme l’attend. Escales polygames ou étreintes amicales, de Dar Es Salam jusqu’au Pays de Galles. Elle apprécie leur compagnie, mais c’est toujours à la mer qu’elle se rend. 

Bien sûr elle s’aventure parfois dans d’autres cabines. Traverser l’Atlantique ouvre les sens et aiguise l’appétit. Mais traverser l’Atlantique ouvre aussi parfois le cœur et puis le laisse meurtri. Comme ce matelot épris de sa capitaine, l’impossible concubine.

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Les oulimots d’Alexandre : 

Qui n’a pas rêvé de monter sur un voilier amarré sur un quai, un vieux gréement à la coque en bois et de quitter son port d’attache ?

Traverser l’Atlantique ou  naviguer sans but d’une escale à l’autre, peu m’importe, l’essentiel est de changer de vie plutôt que de regarder, sans bouger, le feu se consumer dans la cheminée.

Au diable les situations installées, prenons le large et affrontons l’océan, que l’on soit marin d’eau douce ou vieux loup de mer !

Telle était mon envie il y a six mois, aujourd’hui  je suis confiné dans une cabine sans hublot comme tous les matelots de l’équipage en attendant un hypothétique sauvetage de la compagnie de croisière en ces temps de crise économique.

Bonjour l’aventure  !

2K20S21 : une contrainte qui chante

Mots contraints : Champagne, champion, champignon, champêtre, changer, chanvre, chantilly, chanson, charme

Les oulimots autocontraints de Fran :

J’étais en retard. Et encore je n’avais pas compté le temps qu’il me faudrait pour me changer et être prêt pour elle. Son champion devait être le plus beau de la soirée qu’elle avait concoctée.

Je devais donc appuyer sur le champignon pour arriver au plus vite. Sans compter qu’elle avait déjà dû déboucher le champagne pour les premiers invités. Et si par malheur il devait s’éventer et perdre ses bulles, cela me vaudrait à coup sûr quelque remontrance.

Je connaissais la chanson.

Et pourtant la route champêtre pleine de charme que j’avais empruntée pour la rejoindre à Chantilly incitait à la flânerie. Ou alors était-ce la cigarette de chanvre indien que je fumais négligemment, le coude à la fenêtre. Une petite manie dont je n’arrivais pas à me défaire mais qui m’aidait considérablement dans le lâcher prise.

Et, vu ce qui m’attendait, j’en avais bien besoin.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Eliette :

Nous fêtions le champion dans cette party de campagne. Il venait de signer LE job avec une très éponyme agence de pub. Le rêve qui lui assurait une belle carte de visite et un siège éjectable, sans parler de toutes les mentions dans Stratégies.

Flambeaux, rires, jolies femmes, hommes qui fleuraient bon la réussite éphémère…mais la réussite..

Champagne, rillettes, rillons chauds et pains cuits pour moi…mélange de luxe et de ruralité. L’apéritif se prolongerait par un barbecue. Tout se voulait simple.

Quelques édiles villageois invités, sapés comme au 14 juillet regardaient s’agiter cette faune parisienne , amoureuse de verdure.

Le garde champêtre qui, à ses heures dirigeait la fanfare et un petit orchestre, animait la soirée. Il entonna d’une voix sirupeuse une chanson plus destinée aux fins de soirées…mais qu’importe. Une acheteuse d’art encore belle riait à gorge déployée , entreprenant de séduire un jeune rédacteur fraîchement arrivé à l’agence. Que dire, si ce n’est « les maris de mes amies ne sont pas des hommes « 

Sous les arbres deux directeurs artistiques et un régisseur préparaient des omelettes aux champignons…pas des cèpes, pas des girolles…ni même des chanterelles..non des mexicains séchés, de la réserve qui alimentait leurs délires créatifs…envol assuré…

Coupe de Champagne en main, j’allais de groupe en groupe… »oh bonsoir…comme c’est gentil…quel plaisir de te voir…vous aimez…ah je suis ravie »

Des bribes de conversations arrivaient à mes oreilles : « la douleur…la pauvre…chimio…machin quel con…le job est foutu…y a plus de fric…t’aurais pas un tuyau pour de l’huile de chanvre…elle souffre trop »

Obnubilée par une ampoule au talon, qui elle ne relevait pas de cette panacée je décidai de monter me changer. Les effets du vin, des voix, de la chaleur me rendaient légèrement flottante. Arrivée dans la chambre, je m’aperçus, là, allongé sur le lit…tous ces reportages avaient eu raison de toi. Je pensais très vite, qu’en bas les extras servaient probablement la Pavlova…meringues, fruits rouges, Chantilly…

La porte bien fermée, allongée contre toi, j’entrepris de te faire monter en Chantilly…doucement mais sûrement…champion beaucoup moins fatigué soudain…

J’adore les soirées à la campagne..

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Elle avait usé de ses charmes les plus flamboyants et les plus parfumés pour me séduire, mais cette chanson, je la connais déjà par cœur… et elle ne me plaît pas ! Ses paroles grasses comme une crème Chantilly ne font que me donner mal au cœur. Ou mal à l’âme, je ne sais trop. Un peu de musique organique me ferait un bien fou. De la musique de chanvre… Tu connais Les Endimanchés ? C’est un groupe punk français. Roger Des Prés, l’un des fondateurs, possède une ferme à Nanterre, au milieu du béton. Ça prend du courage pour changer ainsi les mentalités.

— Les Endimanchés ? Connais pas.

Audacieux, je lui fais écouter Les Jardin potager dans mon téléphone portable. C’est malheureusement un peu trop champêtre pour elle… Je sens que je vais connaître le même destin que Jean-Paul Dus dans quelques instants. Justement, elle doit filer. Je me sens quelque peu abandonné, comme un champignon que les Schtroumpfs jugent impropre à devenir une maison… Qu’à cela ne tienne, dans ma tête, je serai toujours un champion. De quoi ? Je l’ignore, justement. Profitons de ce moment de solitude pour se satisfaire un peu.

— Garçon ? Champagne s’il vous plaît

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Les oulimots de P_apanoel :

Fragments pendus à l’oreille

Elle apparaît, grande,

les premières notes montent,

heure parfaite : Chant, pagne.

Gestes vifs, les dames cavalent

« Blancs, noirs, filez tous et sur-le-champ, pions ! »

Sous le pin, l’ombre s’étire,

Poc sur la porte posée à chant. Pignon.

A quatre pattes, elle avance son museau.

Non, pas de pomme, qu’elle aille dans le champ paître.

Il est sombre. Noir et bleu,

 mais un critère nous fait tous crier,  son chant : « J’ai ! »

«- Chambre avec vue, Please … « 

« – c’est déjà commencé.»

En ouvrant le lien de chanvre.

Ils firent trois fois le tour

de Paris en vain.

Aucune porte de Chantilly

«- Hé là, mon verre est vide !»

« – ne poussez pas votre clameur, j’appelle l’échanson !»

La vue de la condamnée dans le char me remplissait d’effroi. 

J’avais plus mon briquet.

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les oulimots d’Alexandre :

Connaissant son faible pour les bulles, je lui avais promis un dîner au champagne. J’avais déployé tous mes charmes pour arriver à la convaincre de venir diner chez moi.

Sans me présenter comme un champion digne de Top Chef, je lui avais vanté ma recette de tourte aux champignons tout comme celle de la pavlova aux fraises. Elle ne connaissait pas ce dessert composé d’un disque de meringue croustifondant recouvert d’une crème chantilly

et de fruits. Ma description la fit saliver tandis que je me disais qu’une femme gourmande ne pouvait qu’aimer les plaisirs au lit. Sous sa robe légère aux couleurs champêtres, pointaient deux charmants tétons, je lorgnais dessus sans vergogne, pensant à la chanson d’Olivia Ruiz

« Au bout de mes tout petits seins

S’insinuent, pointues et dodues

Deux noisettes, crac! Tu les manges ».

Une fois la donzelle repue, il serait alors temps de changer de registre et de croquer cette belle gourmande retenue dans des cordes de chanvre d’un rouge vif.

2K20S20 :une contrainte volume à fond

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Mots contraints : Egrégore, punk, intime, chevet, rayon, iode, volume, goût, velours

Les oulimots autocontraints d’Alexa :

La ville est sèche, pas de pluie depuis des mois, impossible d’échapper à un seul rayon de soleil. Je m’introduis furtivement dans une galerie. Pas de climatisation. Cette après-midi-là je suis restée des heures durant à admirer des toiles colorées et la moiteur perlait sur ma peau, son odeur était un dosage hasardeux de nuances de vanille bourbon, iode, et ylang ylang. À moi seule j’aurai donné une seconde jeunesse au pop art. Regarder les toiles avait pour effet de me faire me perdre dans mes pensées, et d’analyser mes propres élucubrations, un labyrinthe psychique d’aliéné. En réalité j’étouffais quand j’étais seule, sans ma troupe, mes amis, et parmi eux j’étais exactement là où j’étais censée être, naturellement.

Une fois partie de la galerie j’ai observé l’effervescence urbaine. J’ai pu voir des dames apprêtées, des couples atterrissant directement du septième ciel, et des hommes en cravate bien ajustée parler de « punk » « punk à chiens » en jetant un œil furtif à mes camarades. Ils étaient vêtus de vestes en cuir et de boots de guerre sous les 38 degrés de Madrid en juillet. C’est sûr qu’avec un ampli dont le volume était à fond on attirait l’attention. C’était le but en fait, entre garçons et filles dont la spiritualité venait directement de 1939, on avait encore goût à éveiller des consciences, «¡viva la revolución! » criait Pedro, «¡vulva la revolución! » lui répondait Valeria. Le goût prononcé pour le combat contre les injustices sociales n’était pas une façon de vivre mais plutôt notre besoin pour survivre. Au plus nous étions nombreux, au mieux l’égrégore fonctionnait. Mais, contrairement à ce que la plupart des gens pensent, un contestataire peut emplir votre vie de douceurs plus soyeuses que du velours, hurler sa rage est totalement compatible avec la rose déposée sur ma table de chevet après une nuit intime.

On vibrait dans Madrid

Entre catalan et castillan, puis des mots français et anglais, nous étions un melting pot de mêmes valeurs humaines, et surtout de bonheur, façon Auberge Espagnole : « on y trouve ce qu’on y apporte ». Cela commençait donc par une affiche ¡No pasarán! Et quelques boissons fraîches. Nous avions le monde à refaire.

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Les oulimots de Patrice Saucier : 

Me voilà punk intime dans ma petite demeure de la rive-nord de Montréal. J’écoute Ludwig Von 88 sur mon iPod dans ma voiture, en me rendant au travail. Personne ne vient au chevet de ma révolte. Personne n’est dérangée par cette dernière, surtout pas ma femme, pour qui le punk lui fait l’effet d’une teinture d’iode sur les oreilles… Sur moi, il a plutôt l’effet du velours ! Question de goût, sans doute. L’égrégore de Folklore de la Zone mondiale… quelle puissance ! 

Devant mon ordinateur, le Ciel m’aurait-il entendu ? Ludwig Von 88 en concert à Montréal ! Mon excitation a le volume au fond. Je suis comme le petit Rambal-Cochet au rayon des costumes de la Grande Quinzaine de Jouets : JE VEUX ÇA !!!!!

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Les oulimots d’Eliette :

Arrivée seule à cette soirée qui se voulait chic, je me promis de partir tôt.

Des vieux beaux encore coquets, des encore jeunes cokes, des biquets , des botoxées, sapins de Noël, des bouches qui ressemblaient à des culs…Rien …comme d’habitude…et soudain, mon rayon laser bien affûté le débusqua.

Beau fauve, décalé, genre…éternel jeune homme. Nos regards se croisèrent . A la façon dont je tripotais mon collier de perles, nul doute que je m’ennuyais à mourir.

Deux secondes trente plus tard, me tendant une coupe de Champagne, il murmurait : « venez, je connais un endroit plus intime « . Aucune envie de résister. Sa chambre, deux étages au dessus du salon de réception semblait nous attendre. Envie folle de le déshabiller. Au fur et à mesure les boutons de sa chemise sautaient, laissant apparaître une œuvre d’art. Tatoué total. Maori ? Non. Il avait fréquenté un squat punk berlinois , au grand dam de sa famille…

Il dénoua prestement mes cheveux blancs, s’étonnant de leur volume…Les vieilles dames indignes gardent parfois quelques charmes…Il m’allongea sur le lit. Agenouillé à mon chevet. Il léchait mes stiletto de velours noir.

Dans un état proche de l’Ohio, je pensais à mes frères et sœurs de Loge.

Jamais ressenti un tel égrégore … Miracolo…

Tremblante et trempée, je léchai les dessins magiques de son œuvre d’art. Ses blessures aussi..

Je balbutiai : « j’aime votre goût…divin…vous sentez…l’iode »

« Oui Madame….Sécrétions Magnifiques »

Aaaahhh….

Oooohh…

Charming punky Prince…

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Les oulimots de Fran :

Only Entertainment de Bad Religion, volume au maximum, vient d’exploser dans mes oreilles. Il est six heures du matin et je ne dois pas traîner : j’ai un train à prendre. Je tâtonne sur la table de chevet à la recherche de ma montre et de mes lunettes. Ça y est, je les ai. J’ose alors un pied prudent hors du lit. Le carrelage est froid.

Je finis par me lever, tire les lourds rideaux de velours de ma chambre et ouvre les volets. Le soleil fait passer un timide rayon à travers les nuages tandis que les effluves d’iode de l’océan tout proche montent à mes narines.

Dire que je vais devoir quitter tout ça pour un travail précaire et mal payé. J’ai le goût amer de la défaite dans la bouche. Je regarde en arrière, vers le libertaire que j’étais à mes vingt ans. Il est maintenant un mouton soumis à son patron. J’étais libre avant. Et maintenant j’accours dès qu’on m’en intime l’ordre. Je n’aime pas ce que je suis devenu

Et puis je me dis qu’il est temps de créer un nouvel égrégore avec la communauté des gens que j’aime. Qu’il est possible de vivre différemment, avec les seules contraintes de la nature. Il est temps que je me reprenne en main.

Alors, tout en buvant mon café, j’envoie un mail à ma future ex hiérarchie. Je ne me rendrai pas à leur convocation. Ce faisant, je sais que je me condamne à redevenir marginal et sans le sou. Mais c’est le prix à payer et je l’accepte. Le désire même. Je vivrai chichement, certes. Mais sans maître.

Punk’s not dead

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

Comment ? Tu n’as pas assisté au concert des Viagra Boys ? Ah tu as raté quelque chose !

D’abord pour l’ambiance, il fallait voir les spectateurs sauter en l’air et chanter « Baseball… Basket-ball… Volley ball… » à tenter de couvrir la sono poussée à plein volume. C’est sûr que, parmi le public, cela ne sentait pas l’iode mais qu’il flottait plutôt l’odeur de la beuh. Aux yeux injectés de sang et à l’excitation grandissante, tu ne pouvais pas te tromper.

Tu me connais, je suis resté sobre, j’avais un article à écrire sur ce groupe post-punk. Je fus sans doute l’un des rares à résister au plaisir du goût d’un cannabis puissant. les premiers à avoir abusé de la fumette, c’étaient les sept Viagra Boys, avec leur leader totalement déjanté, le chanteur Murphy. Il se présente sur scène torse nu, laissant le public admirer son corps recouvert de tatouages XXL. Quand tu sais qu’il travaille encore comme tatoueur à Stockholm, tu comprends qu’il en connaît un rayon sur l’art de dessiner sur les corps.

Ah tu ne savais pas que c’était un groupe suédois ? C’est vrai que la Suède n’est pas considérée comme le chevet d’un rock rugueux. Les Viagra Boys sont nés de l’envie de s’amuser et de foutre le bordel en musique. Cette vision peut t’apparaître un peu simpliste mais elle est vraiment partagée par tous les membres du groupe. Si tu veux briller en société, tu parlera d’un égrégore uni par la musique.

Mais laisse-moi te dire que quand tu as entendu rugir les guitares saturées et la basse enflammée, tu deviens accro à leurs beats survitaminés. Avec une énergie pareille, les organisateurs de festivals jouent sur du velours, les Viagra Boys vont mettre le feu sur scène. Inutile de faire partie des intimes invités dans le backstage, le spectacle est dans la salle ! Ce groupe avec de tels énergumènes c’est de la dynamite !

 

2K20S19 : une contrainte comme un sacerdoce.

 

Mots contraints : Cathédrale, cierge, jubé, orgue, confessionnal, pavé, chocolat, policière, hostie

Les oulimots autocontraints de Patrice Saucier :

La policière a fait irruption dans la cathédrale. Revolver au poing, peur bleue dans ses yeux bruns. Pour un chocolat volé, elle jure de me mettre le grappin dessus. Tu peux toujours courir, ma belle. Je suis au jubé et je me prends pour un joueur d’orgue… ce que je suis, d’ailleurs ! Mais des joueurs d’orgues, plus personne ne les engage. Plus personne ne va à la messe, alors des artistes comme moi, on les laisse pourrir comme une hostie au fond du tabernacle…

Soudain je l’aperçois : elle fait brûler un cierge et se recueille. Mais pourquoi ? Cela me happe comme si je recevais un pavé en pleine figure. Voilà que je ne suis plus fier de mon larcin. J’aurais voulu jouer avec ce Casavant magnifique. À la place, je redescends. Non, je ne me rendrai pas. À la place, je laisse ma tablette Perugia sur un banc et me réfugie dans le confessionnal. Dieu et moi avons des choses à nous dire…

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Les oulimots d’Alexa :
Rouge et noir un jour, rouge et noir toujours

 

Fuir une policière et se réfugier dans une cathédrale

Perdre la vue dans les reflets colorés de ses vitraux

Ne plus penser à l’orgue et ses sons ancestraux

Se diriger sans sourciller vers le confessionnal.

Stopper mes pas, et penser à ton dernier râle

En ce jour funèbre point d’hostie

Mon esprit demande amnistie

Du haut du jubé je te sais loyale.

Un cierge en ton honneur

Ne serait pas à ta hauteur

Brin de femme aguerrie.

Pavé foulé à toute vitesse

Pour combler tes petites faiblesses

Chocolat et gingembre confit.

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Les oulimots de Ragnarr :

Au cœur d’une Cathédrale, le chant lancinant d’un orgue, se disperse en écho sur le pavé pour se perdre sous la voûte élancée d’un jubé. Dans cette atmosphère de recueillement, la lueur d’un cierge, les illumine, d’une douce clarté.

C’est là, dans ce confessionnal, qu’il la voulait, à genoux, l’hostie en bouche, pour faire pénitence et l’entendre murmurer ses tentations, ses faiblesses, ses pensées inassouvies et sa volonté d’être à lui.

Alors, sans se sentir chocolat, sous le regard des saintes policières, elle prononce avec fierté sa prière inspirée, Ô combien païenne, du renouvellement de son désir de lui appartenir, au delà de ce collier, qu’elle arbore déjà avec fierté.

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Les oulimots d’Eliette :

Le message disait « rendez-vous devant la Vierge noire, Cathédrale de Chartres.  Tenue de policière exigée. Soyez libre dessous. « 

Elle entendit son pas résonner sur le pavé, et frissonna…

Venez à jubé,  Madame !

Se soumettre…jamais…

Il croyait peut-être que son cierge allait se transformer en tuyau d’orgue et qu’elle jouerait…!

Elle le menotta et l’entraîna dans le confessionnal…son hostie sentait bon le chocolat…péché de gourmandise et de luxure…

Mea culpa,  mea maxima culpa…

3 Ave Maria…

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Les oulimots de Fran :

Tu as enfin accepté de venir chez moi. Alors j’ai voulu travailler l’ambiance de nos ébats à venir. La chambre baigne ainsi dans une atmosphère presque mystique dont la chaîne stéréo, qui joue un air d’orgue, augmente, si besoin était, la solennité. Tu es l’objet principal de cette mise en scène, là devant moi à quatre pattes et les reins cambrés.

La lumière des cierges que j’ai disposés autour du lit joue sur ta peau nue et me trouble terriblement.

— Ton cul est une cathédrale. Il mérite qu’on lui adresse une prière…

Je m’agenouille devant lui. Mais avant de le baiser je lui parle. Je lui dis tout ce à quoi je vais le soumettre. Tous ces péchés que je me dois de lui avouer avant de les lui faire subir. Il est à présent mon confessionnal par anticipation. Et puis, religieusement, j’écarte tes somptueux globes de chair pour passer une langue gourmande sur l’hostie brune qu’ils cachaient jusqu’alors.

C’est le moment que tu choisis pour lancer un pavé dans la mare.

— Bon mon chéri, c’est bien joli tout ça mais il va falloir songer à me bourrer la turbine à chocolat maintenant.

Je reste un instant interdit devant la crudité de ton langage. Je m’attendais plutôt à un : « Jube Domine Benedicere » plus conforme au contexte. Et puis je reprends mes esprits et décide d’exaucer ton vœu. Ta façon de me parler a fait raidir entre mes jambes une matraque bien peu policière dont tu vas tâter sur le champ.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

En cette période de confinement, rares sont les lieux qui permettent de retrouver en toute discrétion l’élue de son cœur, une Catin fière de sa soumission. J’ai la chance de résider dans une ville qui s’enorgueillit de sa cathédrale gothique fièrement dressée dans l’ancien quartier médiéval. Ce lieu de culte a la particularité d’avoir conservé son jubé de pierre qui séparait les fidèles de l’office se déroulant dans le chœur.  Mais délaissons cette visite guidée et revenons à notre sujet. Si les règles actuelles sont strictes, aucune personne ne pouvant rester plus de 10 minutes sur place, rien ne vous empêche d’aller vous cacher dans un confessionnal à condition d’être discret.

C’est ainsi que je donnais rendez-vous à ma belle Catin lui proposant d’entrer après moi dans ce lieu saint et de venir jouer à con-fesse. Installé dans le confessionnal à la place du prêtre, je la laissais se glisser derrière le lourd rideau de velours et s’agenouiller pour avouer ses péchés.

« Mon Père, je suis venue demander votre absolution. Une fois de plus je n’ai pas pu résister et j’ai croqué le dernier pavé au chocolat noir qui était destiné à mon maître vénéré. »

« Avez-vous conscience Madame d’avoir commis l’un des sept péchés capitaux ? Demain vous jeûnerez. Ainsi vous purifierez votre corps. Et vous ne toucherez plus au chocolat avant ma venue. »

« Ce n’est pas tout mon Père, je n’ai pas pu m’empêcher de regarder un film porno, oh rien d’original, une policière prise à partie par des voyous et qui était livrée à tous leurs attouchements et pire encore. Mais je l’avoue, j’étais excitée devant ces images et j’ai joui par le truchement de mon jouet que mon maître qualifie de diable mécanique»

« Pauvre de vous Madame, vous ajoutez au péché de la gourmandise celui de la luxure. L’enfer vous guette Madame. Priez Notre Seigneur de vous accorder sa clémence. Vous ferez vœu d’abstinence pendant une semaine à l’issue de laquelle vous userez d’un cierge pour contenter votre con assoiffé. »

« Huit jours mon Père, je ne suis pas certaine de tenir un tel délai »

« Il le faudra Madame. Si, par malheur une mauvaise pensée même fugace vous venait à l’esprit, vous vous munirez de votre ceinture de chasteté. Ainsi protégée, vous vous flagellerez au son d’une œuvre pour orgue de Jean-Sébastien Bach. »

« Bien mon père, je suivrai scrupuleusement vos directives »

« Allez ma fille, soyez êtes sage ! Je viendrai vous rendre visite et en guise d’absolution, nous partagerons l’hostie noire que Lilith apporta sur terre.