Oulimots 2022S30 : une contrainte à contre courant

Mots contraints : Destin, été, illimité, dessous, chaleur, jardin, dépendance, contre-courant, convoquer

Les oulimots de Patrice Saucier :

Te contempler va à contre-courant du serment que j’ai prononcé à l’église il y a quelques années, en pensant l’anneau au doigt de ma femme. Or, c’est soudainement plus fort que moi. 

Quelle idée aussi de se promener en dessous très léger dans le jardin! Chacun a sa manière de combattre la chaleur de cet été interminable. Or, désormais, voilà que je suffoque davantage que les autres à cause de tes formes étonnantes comme une surprise, toi qui as l’habitude d’embrasser la pudeur et la retenue chaque fois que nous sommes ensemble entre amis. Mes désirs naissants veulent nous convoquer, toi et moi, un peu plus loin, dans les plantations de lavande tout là-bas. Le destin veut que j’ignore cet appel et que je garde ancrée en moi cette nouvelle dépendance à ta beauté en me branlant discrètement à la maison, m’évitant un calvaire illimité car ma femme peut s’apercevoir de tout… 

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Les oulimots de Caroline/Petiteplage66 :

Elle avait toujours des idées à contre-courant et cela avait toujours été la source de son succès et de la confiance illimitée qu’on lui accordait. Mais son patron venait de la convoquer pour discuter de son dernier projet. La chaleur de sa voix ne laissait présager rien de bon. Surtout parce qu’il avait mentionné de la retrouver à la Dépendance, côté jardin. Elle en était sens dessus-dessous. Que lui réservait le destin ?

Le blog de Petiteplage66 

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Les oulimots de Dick :

Le destin s’est montré facétieux avec moi cet été. J’étais persuadée du pouvoir quasiment illimité que je pouvais sur la population de mes amants et quand j’ai débarqué uniquement vêtue de mes dessous puis que j’ai vu le regard de tous ces mâles en chaleur qui m’attendaient dans ce club dont j’ai fait mon jardin secret, j’en ai d’autant plus pris conscience. 

Ces coquins m’ont pourtant montré la dépendance que je pouvais envers leurs liqueurs les plus intimes. Figurez-vous que ces coquins, que j’avais convoqués pour les boire, sont allés à contre-courant de mes attentes en m’arrosant. C’était bien, c’est certain, mais j’ai dû ravaler ma frustration.

Le blog de Dick

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Les oulimots de Gérald :

Mon plus grand bonheur, c’est quand je suis dans mon jardin. L’été, quand viennent les fortes chaleurs, je passe un temps illimité dans mon petit havre de paix. Je ne veux plus le quitter. Alors que  le monde court, s’agite, moi, je prends mon temps, je regarde mes roses une à une, je les admire, je regarde au-dessous chaque feuille pour voir s’il n’y a pas de vilaines petites bêtes. J’ai l’impression de vivre à contre-courant de cette vie à cent à l’heure. Je suis accro à mon jardin. Un peu comme si c’était une dépendance.

La seule, je dis bien la seule raison pour laquelle je suis prêt à le quitter, c’est quand je suis convoqué par ma Maîtresse. Je suis obligé d’y aller, c’est mon destin, et cette dépendance là est encore plus grande.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

J’ai transformé une dépendance en chambre d’hôte pour me sentir moins seule. Le tribunal m’a convoquée pour me laisser une dernière chance. Mon activité a soudainement démarré. Mon carnet s’est rempli de réservations pour l’été.  À croire que le destin me sourit. Mon 1er client arrive demain, alors aujourd’hui, je peux profiter de mon jardin. La chaleur est élevée et j’ai fini par retirer ma robe et rester en dessous de dentelle sur mon hamac. Je me suis endormie. 

J’ai rêvé que je naviguais sur une rivière à contre-courant et je suis tombée. J’ai crié de façon illimitée et un homme m’a tendu la main pour me sortir de l’eau. Il m’a allongée sur la berge. Je regardais mon sauveur avec passion avant de l’embrasser fougueusement. Il m’a caressé les cheveux en me souriant et m’a prise dans ses bras. Son parfum m’enivrait. J’étais bien jusqu’à ce que je me réveille. Je me souviens de son visage.

Ma journée est passée et ma nuit a été agitée. Le touriste est à présent à ma porte. Quelle n’est pas ma surprise en voyant le visage de l’homme. L’homme de mon rêve ! Comment est-ce possible ? Est-ce un présage ?

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Oulimots 2022S29

Mots contraints : Bord, plastique, carnivore, tournesol, marteau, nocturne, dépression, ritournelle, quitter

Les oulimots d’Elisa Stark :

Je veux quitter ce monde. Je me sens comme au bord d’un précipice. Cette ritournelle qui m’entraîne vers la dépression va me rendre marteau. Je me sens comme un tournesol en nocturne. La maladie est pire qu’une plante carnivore, elle me ronge. J’ai l’impression d’être en plastique et de fondre sous son emprise.

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Les oulimots de Dick :

Il est d’une rare distraction et un peu fêlé sur les bords. Il ne manquerait plus qu’il soit sourd et j’aurais une parfaite réplique du professeur Tournesol, à la plastique près, la sienne étant nettement plus avantageuse que le personnage d’Hergé.

Bref, si je ne l’ai pas encore quitté, c’est grâce à son physique mais surtout à la façon qu’il a de s’en servir lors de nos activités nocturnes sans jamais que cela ne tourne à la ritournelle. Et c’est en bonne carnivore que je continue de me délecter de la moindre parcelle de sa chair.

Parce que, je dois vous avouer, un zozo pareil, il y a de quoi devenir marteau ou faire une dépression.

Le blog de Dick 

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Les oulimots de Marie Bulsa :

J’ai fait ma sortie habituelle nocturne. J’ai besoin de réfléchir, car je suis au bord de la dépression. Je crois que je vais le quitter. J’ai regardé le soleil se coucher sur les tournesols et je suis rentrée. Tout allait bien jusqu’à hier soir. Il m’attendait à l’entrée du salon avec un air enragé. Je ne sais pas à quoi il pensait. Il m’a simplement dit «je la connais ta ritournelle » et est devenu soudainement muet. 

J’ai eu à peine le temps de remarquer la bâche en plastique qui tapissait le sol, qu’il me frappait à la tête avec une batte de baseball. Il m’a traînée jusqu’au garage bien décidé à me couper en morceaux pour donner à manger aux animaux de la forêt.

Mais il en a été autrement. Réveillée, j’ai saisi un marteau posé dans une caisse sur le sol et je l’ai frappé de toutes mes forces. Il s’est écroulé. Je n’étais pas en forme. Ma tête tournait, mais j’ai eu assez de force pour le tirer sur la bâche et le glisser dehors.

J’allais appeler la police le lendemain, mais son corps avait disparu. Il restait juste quelques morceaux que les carnivores n’avaient pas aimés.

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Elle doit quitter son amant dans quelques minutes. 

Sa dernière nuit a été fantastique avec lui, ritournelle bien connue et entonnée par son cœur fauve, dont la dépression et le désir d’en finir s’amenuisent chaque fois qu’elle pousse un dernier soupir de plaisir dans ses bras. 

Demain, il faut recommencer. Affronter ce monde carnivore qui la considère marteau chaque fois qu’elle se plaint. Pour éviter de vivre en équilibre au bord de la catastrophe, elle se promet une autre escapade en sa compagnie. Une autre virée nocturne. Avant, elle doit rentrer se doucher et se préparer pour sa journée.

Mais ce soir, pas de jouets en plastique ou en latex faisant suinter son sexe en pensant à son corps. Ce soir, elle sera sa rose, son bouquet de marguerites, son tournesol pendant qu’il pourlèche son sexe sur un lit confortable.

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Les oulimots de Gérald :

Elle m’avait invité à un pique-nique nocturne. Je l’attendais au bord d’un champs de tournesols en chantonnant une petite ritournelle. Pique-nique plus que agréable. J’étais amoureux fou de cette fille, à m’en rendre marteau, et prêt à tout quitter pour ses beaux yeux bleus et sa chevelure blonde.

Aussi, quand elle m’a dit que ce repas champêtre serait sans viande, elle était tout, sauf carnivore, et qu’elle ne voulait pas entendre parler de verres, d’assiettes et de couverts en plastique. Ce plastique qui pour elle était la cause principale de la pollution des océans, j’ai bien entendu dit oui.

Seule ombre au tableau, la météo annonçait une dépression avec un risque de pluie pour la soirée. Il n’a pas plu. Je vous raconterai cette soirée dans un prochain oulimots.

Oulimots 2022S28 : loin d’être la dernière contrainte

Mots contraints :  Saison, excuses, vérité, drone, ressentir, phénix, apathie, dernier, amant. 

Les oulimots de Caroline/Petiteplage66 :

Que pouvait-elle ressentir dans un moment pareil? La vérité était que son amant n’avait pas d’excuses pour expliquer son apathie et son manque d’intérêt pour ce qu’elle aimait. Ce cadeau d’anniversaire qu’elle venait de déballer, en était la  preuve  : un drone ! Que devait-elle en faire? Comment réagir ? Le mois dernier, il lui avait offert un phénix en pot ! Elle se dit que c’était bien la saison finale qu’elle jouait avec lui.

Le blog de Petiteplage66 

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Les oulimots de Dick :

Je ne peux pas m’empêcher de le ressentir à chaque début de la belle saison, ce regain de vitalité, comme si j’étais un phénix renaissant des cendres de l’hiver. 

Est-ce parce je sais que, s’il y a des frimas, ce seront les derniers ? Peut-être mais la vérité est ailleurs. C’est surtout parce que, tout autour de chez moi, la nature sort de son apathie et mes voisins de chez eux pour l’entretenir. Je n’ai alors plus qu’à sortir mon drone pour choisir parmi eux qui sera mon prochain amant. Je ne me cherche pas d’excuses pour procéder ainsi, ils sont parfaitement au courant et jouent le jeu.

Les oulimots de Dick 

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Les oulimots d’Elisa Stark 

Notre relation montre des signes d’apathie. Au fil des saisons, je prends de la hauteur tél un drone au-dessus d’elle  Ce dernier amant me présente toujours de nouvelles excuses. Il ne me dit plus la vérité sur son engagement envers moi et me fait ressentir qu’il veut passer à autre chose. Je vais lui couper l’herbe sous le pied en lui disant que je ne veux pas m’engager.

Oulimots 2022S27 : un artefact de contrainte ?

Mots contraints : Montre, vanité, connaître, salon, autre, artefact, lune, évolution, encore

Les oulimots d’un garçon fragile :

L’ordre du jour de ce soir-là débutait par l’étude d’un article paru la veille dans la presse locale. Le président de leur association expliquait à ses compagnons qu’il ne fallait y voir aucune vanité de sa part. Un journaliste avait repéré le nom de leur club, « le salon de la montre » sur le site internet de la ville, et leur proposait de les aider à se faire connaître.

« Encore une méprise », dit l’orateur, « il pensait que nous étions une foire dédiée à cet artéfact de mesure, qu’il soit de gousset, ou à quartz ». « Et je n’en peux plus d’être constamment interrogé sur ce sujet, c’est pourquoi je suggère, à nouveau, une évolution de notre désignation ». Ainsi, le billet rétablissait une tout autre vérité, puisqu’ils n’étaient qu’un groupe d’insomniaques se réunissant les nuits de pleine lune pour discuter et passer le temps.

Le blog d’un garçon fragile 

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Le mécanisme de cette montre est un vrai artefact d’horlogerie mais il faut s’y connaître pour s’en apercevoir. Son créateur, qui a péché par vanité lors du salon international des montres, ne nous a pas fait découvrir la lune à travers son modèle. Il va falloir qu’il le fasse évoluer et encore je pense qu’il devrait reprendre son montage et les pièces pour créer un nouveau modèle.

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Les oulimots de Dick :

Il m’a donné rendez-vous dans ce palace, faisant ainsi montre de toute sa vanité de nouveau riche. 

Mais c’est mal me connaître.

Je l’ai vite vu dans le petit salon, avec sa bouteille de champagne, mais j’ai choisi de me jeter au cou d’un autre, même si lui aussi n’était qu’un artefact dans mon étude de la gent masculine, juste pour voir sa tête incrédule. Je suis ensuite partie pour un rendez-vous plus prolétaire mais bien plus amusant. 

Je ne comprends pas pourquoi tous ces hommes essaient ainsi de me faire voir la lune en plein jour en faisant étalage de tout ce luxe. On prétend qu’il s’agit d’une évolution des mœurs. Et puis quoi encore ? 

Le blog de Dick 

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Les oulimots de Lady Annia :

Avant de découvrir le salon de la Haute Horlogerie, je m’attendais à quelque chose de très pompeux, où je ne verrais rien d’autre que vanité, orgueil et prétention. En arrivant sur le stand de la marque Roger Dubuis qui m’y avait invitée, j’ai vu au contraire tout à fait autre chose : de la musique électro, une zone transformée en piste de danse ou encore un bar à whisky. Tout leur stand était in-cro-yable ! Au milieu, dans une sorte de bulle, trônait une montre exceptionnelle en silicium. Un artefact, sublime évolution d’une pièce présentée il y a quelques mois. J’avoue ne pas vraiment m’y connaître en horlogerie, j’arrive à peine à reconnaître ce qu’est une phase de lune, mais je trouve néanmoins cette pièce magnifique.

Le blog de Lady Annia. 

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Les oulimots d’un barbu anonyme :

Il était presque minuit quand il regarda sa montre, elle lui rappelait son ancienne vie remplie de vanité qui flottait encore dans son esprit. 

Il se rappelait ces longues soirées dans des salons où au milieu des autres il aimait voir son évolution dans la société …

Encore une nuit tourné vers la lune à repenser à ce jour où par malheur il prit cet artefact dans la bibliothèque de l’un de ces salons qui viendrait bouleverser sa vie …

Ce moment de flottement après avoir lu ces mots d’un autre temps qui aujourd’hui le condamnent à errer la nuit en hurlant tel la bête qu’il devient quand sonne minuit … 

Il était Loup dans la société … il est Loup dans la forêt …

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Les oulimots de Gérald :

Quand j’ai vu ce magnifique artefact exposé dans son salon, j’ai compris toute sa passion pour l’Égypte ancienne. Il fallait que je me montre à la hauteur si je voulais lui faire connaître toute la culture de ce pays, et ainsi, gagner sa confiance et son amitié. Et pour commencer mettre ma vanité de côté, et rester modeste. Je lui expliquerai l’évolution durant les siècles de ce peuple qui le premier, a appris à cultiver avec la lune. Je lui expliquerai encore plein d’autres secrets concernant les habitants de ce pays et notamment leurs pratiques et jeux sexuels, histoire de se mettre un peu dans l’ambiance.