2K20S35 : Une contrainte artistique

Les oulimots de Fran :

Elle est de ces femmes que l’on dit belles à peindre. Et j’ai eu moi aussi envie de la croquer. Alors je lui ai fait prendre la pose et ai sorti ma toile, mon chevalet et mes pinceaux. 

Mais, au moment de dessiner le premier trait, l’angoisse m’a étreint. Étais-je le mieux placé pour coucher son corps sur quelque support que ce fût ? Et quand bien même. Fallait-il la figer, elle dont les courbes semblaient en mouvement même alors qu’elle était immobile ?

Elle a vu que j’étais troublé, incapable du moindre coup de pinceau. Alors elle m’a dit « viens m’aimer » et m’a tendu ses bras. Je me suis fondu en elle et j’ai oublié toutes mes craintes. 

Le tableau que j’ai fait d’elle après restera à jamais mon chef d’œuvre. 

Le blog de Fran

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

Nue, immobile, figée, ou nue saisie dans un mouvement ? Un gobelet, des pinceaux qui pourraient laisser supposer qu’elle pose pour un, une peintre, et l’on imagine devant elle un chevalet, une toile, de l’autre côté de la toile, lui ou elle peignant son corps nu, ses courbes en voluptueux traits de couleur, sa peau, ses seins tendus de désir, une peinture d’un érotisme intense. Mais peut-être faisons-nous fausse route en imaginant cela, peut-être aucun chevalet, aucune toile dans la pièce, pas de trace de quelque peintre que ce soit. Peut-être est-elle nue face à un, une, des, joueurs, joueuses. Peut-être est-ce la seule à être nue, face à elle un appareil photo pour conserver des images de ces jeux. Peut-être les pinceaux laisseront-ils sur son corps d’impudiques traces. Peut-être frissonnera-t-elle de plaisir sous leurs regards fiévreux et avides.

Elle est nue, elle attend, et nous ne pouvons que rêver cette attente.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Elle avait toujours rêvé de poser pour un peintre. Elle gardait en elle le souvenir du corps lumineux d’Emmanuelle Beart dans « la Belle Noiseuse » et elle était certaine qu’un jour un artiste serait capable de magnifier son corps. Car elle se savait belle. Lorsqu’elle était plus jeune, le regard masculin la troublait et la mettait mal à l’aise. Ensuite elle comprit que c’était elle qui pouvait mener la danse. Son allure altière héritée des cours de danse, son corps élancé, sa poitrine ferme, les traits fins de son visage étaient autant d’atouts pour faire tourner les cœurs des hommes comme des femmes. Elle ne comptait plus les conquêtes, on chuchotait même qu’une tête couronnée d’Europe avait réussi à la glisser dans son lit. Cette fois c’est un peintre italien Angelo Ferri qui s’est amouraché d’elle. Elle a d’abord joué les indifférentes devant cet homme à l’aspect malingre, les sourcils noirs en broussailles, les dents jaunis par l’abus du tabac. Mi amusée mi-curieuse, elle l’avait accompagné dans son atelier et là, devant les tableaux posés à même le sol elle comprit que ce drôle de personnage n’avait pas son pareil pour capter la lumière sur des corps dénudés et révéler l’âme de ses modèles.

« Veux-tu poser pour moi » lui demanda-t-il ?

Elle ne répondit pas tout de suite et fit languir le peintre plusieurs semaines, le temps de s’étourdir avec un homme d’affaires russe. Angelo la relançait régulièrement, lui promettant qu’elle serait son chef d’œuvre.

Lassée de courir les capitales et de fréquenter la « jet société » avec son amant russe, elle accepta d’accorder une semaine à Angelo. Dans l’un de ses messages, Angelo lui avait écrit : « Accorde-moi six jours et autant de nuits pour créer un portrait qui te rendra immortelle. »

Au milieu de l’atelier trônait un immense chevalet  de la taille d’un homme. Intriguée par cette mise en scène, elle se déshabilla à la demande d’Angelo qui l’invita à s’adosser au chevalet.

« Laisse-toi faire » dit Angelo en l’attachant à la structure en bois, les bras étirés vers le haut et les jambes écartées.

Médusée, elle ne put faire aucun geste quand le peintre la bâillonna.

« Je te l’ai promis, je vais faire de toi un chef d’œuvre comme nul n’a connu. Tu seras une toile vivante. » Angelo s’empara de sa palette et de ses pinceaux et se mit à peindre son corps. «  Une toile vivante, enfin presque, car la peinture contient un pigment toxique qui va raidir tes muscles et à la fin des six jours ton cœur s’arrêtera de battre. »

 

2K20S34 : une contrainte en miroir

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Laura Kampman : autoportrait

Les oulimots de Bruneline :

Se regarder, sous toutes les coutures….

Pendant longtemps elle ne s’était jamais vue nue, cachée dans le noir, cachée des miroirs, elle connaissait sa peau par son odeur, par sa douceur, par sa chaleur, elle était son enveloppe, son intermédiaire avec le monde, mais pas un sujet, pas quelque chose à regarder. Elle se savait mince mais imparfaite, ses parents l’avaient peu regardée petite, peu touchée aussi, elle était discrète et pas du genre à se montrer, on pouvait l’oublier facilement. Même sa blondeur lumineuse était bridée, domestiquée pour ne pas attirer les regards.

Et pourtant lui l’avait vue, immédiatement, elle avait senti le crochet de ses yeux se planter dans sa peau à travers la foule. Elle avait été saisie par la surprise, elle n’avait pas l’habitude de se sentir cible. Elle n’avait pas reculé, d’abord il lui plaisait et elle était insignifiante mais courageuse, elle ne baissa pas les yeux. Et tout s’était enchaîné, avec douceur mais exigence et évidence, dans son regard elle s’était vue enfin et elle avait aimé se découvrir, ils s’apprivoisaient l’un l’autre autant que leur propre image. Et maintenant, pour lui, elle savait composer des images d’elle qui allumaient son regard. Elle était prête au pas suivant, se montrer aux autres.

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Les oulimots de Fran :

Elle est ici ou bien ailleurs. Et peu importe

Elle joue avec son image et c’est joli 

Je déclenche et ces photos que je prends me lient 

À elle. C’est une passion tellement forte

 

Elle s’expose à moi et mes désirs ressortent 

Des choses très osées et j’en aurait pâli 

À l’idée de les faire avec elle au lit

J’assume maintenant. L’inhibition est morte 

 

Je sais que, une fois le shooting terminé 

C’est au creux de son corps qu’elle va m’amener

Au milieu des miroirs qui entourent sa couche 

 

Alors nous nous verrons sous toutes les coutures 

En train de nous aimer, délicieuse torture, 

Et nous irons très loin, elle n’est pas farouche 

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Eliette : 

Se regarder, se voir, se mirer, s’admirer…Narcisse n’avait pas ce fou d’Afflelou comme meilleur ami, pour sûr…

Veiller sur mon corps, le surveiller d’un regard inquiet, de plus en plus flou…merci l’âge..mais comme disait Sarah Bernhardt…il n’y a qu’une chose qu’on peut être et avoir été….un imbécile. 

Miroir,  mon beau miroir..dis moi..

Mais oui ma chérie,  tu as de la chance…chance…chance..répond l’Écho.

Ton regard me renvoie une image de beauté,  d’amour,  de désir…le temps passe et.nous épargne…un luxe.

Tes yeux de photographe intransigeant pour toi même et pour les autres me rassurent…sûre…sûre 

Certes pas de narcisses sur nos tombes…juste des forget me not…

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

Jeux de miroirs photographiés, à moins que ce ne soit jeux de photographies dans des miroirs. Images multipliées se répondant l’une l’autre. Corps de dos, de face, dévoilé et dénudé, glissement du vêtement offrant à la vue de corps de l’autre dans le miroir du miroir. Quel autre, ou quelle autre, jeu du je multiplié dans les images reflétées, mais aussi jeu du je photographe et photographié et jeu de l’androgynie du je. Combien de jeux dans cette image, mais aussi combien de je, je photographie-t-il je, ou est-ce une second je qui entre en jeu et photographie le premier je dont je jeu est de sembler être le je qui photographie. Etranges jeux dans lesquels je me perds entre jeu multiples et possibles multiplicité des je de l’autre côté du miroir.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Être vue sans se dévoiler

Être désirée sans se montrer en entier

Tel est le jeu des miroirs

Où apparaissent trois femmes qui n’en sont qu’une

Trois femmes telles que vous les rêvez

Vous pouvez seulement deviner mon visage,

A vous d’imaginer la couleur de mes yeux

Je vous laisse admirer la douceur de mon dos

A vous de deviner la senteur qui parfume mon cou

En partie mon corps gracile vous est révélé

pourtant mes seins symbole de féminité restent cachés

Vous ne connaîtrez jamais le grain de ma peau

Sur ce cliché, je reste cachée.

2K20S33 : une contrainte solitaire

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Les oulimots d’Eliette : 

La fille sur la photo n’a pas l’air heureuse…pourtant que ces apéros entre amis sont joyeux!

Un vrai rituel…assise à une terrasse,  écrasée de chaleur, cherchant l’ombrelle d’un parasol,  les uns et les autres arrivent,  les tablées se font de plus en plus larges au fur et à mesure des vacances…

Siroter un Campari soda, voir et être vue…le plaisir à l’état pur. Ici tout le monde boit du Jasnieres ou du pétillant de Loir ou de Loire….Hydratons nous….et rentrons à pied  bien sûr. 

Demain,  j’investirai dans une bouteille de Bardoin, pour un pique-nique piscine en nocturne, chez un ami…

Côté Sud après Côté Ouest….

Les peaux sont belles bronzées, les corps très dénudés…les hommes charmants, gays et gais…machos toujours…c’est délicieux!

La chasse paraît souvent plus intéressante que la prise…

Un immense orgeat à l’eau fraîche…le rêve…réalisé….par le maître des lieux qui préfère les garçons…nous rions beaucoup…

Tout à l’heure dans la moiteur de ma chambre, seule, je guetterai les Perséides,  en remerciant pour toute cette beauté,  cette douceur,  j’enverrai quelques sextos tendres à quelques amants, virtuels ou plus…en m’interrogeant sur cette période très très bizarre.

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

Elle fume une cigarette en buvant un café, elle regarde un groupe d’hommes qui bavardent. Non, ce n’est pas tout à fait cela, certes elle fume une cigarette en buvant un café et elle regarde en direction d’un groupe d’hommes qui bavardent, mais elle regarde un homme; le sien, qui bavarder avec deux amis, qui leur dit au revoir. Elle fume une cigarette en buvant un café en attendant que son homme ait fini Elle fume une cigarette en buvant un café, et elle sait qu’elle va partir avec lui, ils ont prévu un week-end à Bruges, tous les deux, les yeux dans les yeux, un week-end de rêve, le leur !

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Fran :

La fête bat son plein. Ça et là des groupes se forment et des conversations s’engagent. C’est l’heure des premiers jeux de séduction. 

Et comme d’habitude elle y est étrangère. Participer est au dessus de ses forces et elle se contente d’observer comme elle sait si bien le faire. Pour se donner une contenance elle fume et boit. Ça l’occupe de surcroît. 

Elle aimerait bien que quelqu’un la remarque, soit intrigué par sa solitude et vienne lui parler. Mais ça arrive si rarement. Et la plupart pour de mauvaises raison. 

Alors ce soir elle ne va pas insister. Elle va rentrer chez elle avant d’être ivre. Elle n’aura pas la bonne surprise d’un regard complice. Elle n’aura pas non plus la mauvaise d’un réveil hagard et sans souvenirs dans des draps inconnus. Ça vaut peut-être mieux.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre

– Bien aujourd’hui les enfants, une petite séance d’improvisation à partir d’une photographie que voici. En ce premier jour de stage, libérons les imaginations, regardez bien la scène et ensuite on fera un petit match entre Thomas et Julie.

Vous êtes prêts ? Thomas à toi !

– Regardez-le ce beau parleur, la petite qui lui fait face est sous le charme, comme subjuguée. Continue ainsi à l’envoûter, tu vas vite arriver à tes fins. Ce qu’elle ne sait pas cette demoiselle, c’est que le jeu qu’il va lui proposer plus tard dans la soirée ne sera pas une rencontre à deux dans une chambre isolée, mais à trois. Et oui, ce bel étalon est mon rabatteur. Quand nous avons repéré de concert une belle proie, je le lâche auprès de l’élue. Oh je connais par cœur son numéro pour séduire la prochaine victime, les yeux doux, la voix mielleuse, une façon de remettre en place une mèche rebelle et fixer son regard au point de faire rougir son interlocutrice. Il commence par des banalités, écarte par son brio tout autre prétendant et se retrouve vite en tête à tête faisant alors l’éloge de la dame, de ses qualités tant physiques qu’intellectuelles. Lors que sa proie est ferrée, il lui avoue son penchant pour 50 nuances de bdsm et dans la chambre il lui propose de lui bander les yeux et de l’attacher aux montants du lit. J’entre alors en scène et à tour de rôle nous faisons découvrir à cette charmante personne des plaisirs inavouables. Souvent les femmes que j’ai fait jouir m’avouent que c’était la première fois qu’elles succombaient aux caresses d’une partenaire de jeu. Nous échangeons alors nos 06 pour se retrouver par la suite.

– Bien joué Thomas. Vous voyez les autres comment l’on peut entraîner ses auditeurs vers des terrains inexplorés avec simplement un peu d’imagination ! A toi Julie, sauras-tu faire mieux que Thomas ?

– C’est reparti ! Encore une fois je vais faire tapisserie. Mais qu’est-ce toutes les filles ont de plus que moi ? Regarde celle-la qui sourit bêtement, elle est plate comme une limande et maigre comme un clou. Moi au contraire, j’ai des formes et en lectrice assidue des magazines féminins je les mets en valeur. Voyez, je porte un soutien-gorge à armature et une gaine qui amincit ma taille. Une allure de pin-up vous dis-je. Et celle-là, les lèvres pincées, on dirait qu’elle s’apprête à mordre ou à cracher son venin. Tout le monde vous le dira, ce qui attire un homme ce sont des lèvres pulpeuses aux courbes soulignées par un rouge carmin. Bon j’ai peut-être choisi une couleur de rouge à lèvres un peu trop vive, mais celui qui me déshabillera aura la surprise de découvrir mes tétons colorés de la même façon. J’ai lu cela dans Fashion and Beauty Magazine. C’est parait-il l’arme fatale ! Sans oublier un parfum qui fait tourner les têtes. Moi j’ai choisi Chanel n°5 comme Marylin Monroe. Entre nous elle avait les moyens la Marylin, au prix où coûte un flacon de parfum, elle n’avait pas de problèmes de fin de mois pour l’utiliser chaque soir ! Non vraiment, je ne vois pas ce qui me manque pour agripper un beau garçon. Sourire peut-être ? J’ai lu quelque part que sourire est nécessaire pour séduire. Le sourire met à l’aise, parait-il et appelle en retour un sourire et entraine un premier contact. Oui mais voilà, ce n’est pas avec un salaire de caissière à Wallmart que je peux me faire rectifier les dents et surtout les soigner. Quand j’ouvre la bouche, malgré la tonne de chewing-gum consommé, malgré l’odeur de nicotine, j’ai une haleine de chacal. Bon… je crois que ce n’est pas encore ce soir que je coucherai avec un garçon.

– Bien troussé, bravo Julie ! Alors-là chapeau, les autres vous pouvez applaudir, c’est plutôt rare de rencontrer une femme qui pense !

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2K20S32 : une obscure contrainte

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Photographie d’Andris Feldmanis

Les oulimots d’un joueur Parisien :

Derrière une vitre elle scrute l’extérieur. Attend-elle, espère-elle ? Une voix derrière elle lui répète-t-elle inlassablement comme tous les soirs  » Anne, Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » Par contre, il est peu probable dans le cas où elle s’appellerait Anne et qu’elle guette désespérément l’arrivée de ses frères, qu’elle réponde « Je vois la route qui poudroie » la journée semble bien trop humide pour cela. Peut-être alors guette-t-elle son amant et sa petite culotte est tout aussi humide, elle pourrait aussi attendre son amante, voire un couple, un trio ou plus encore. Cependant il serait aussi possible qu’elle soit à l’affût d’un livreur, non pour lui proposer un petit coup à la hussarde, soyons sérieux parfois, mais car une livraison lui a été annoncée, que le créneau est déjà largement dépassé, et qu’elle se demande où est ce superbe jouet qu’elle s’est offert pour son anniversaire…

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Eliette :

La moiteur de la nuit, après l’écrasante chaleur du jour, les fenêtres ouvertes sur un ciel divinement étoilé, les cigales lancinantes…la maison est pleine de tantes, de cousins qui exercent leur charme naissant et qui font rêver l’enfant que je suis.

Ma sœur et moi partageons la même chambre, le même lit. Nos corps sont interdits de nudité…famille italienne catho oblige. Tout n’est que péché, les pensées son traquées…la beauté est partout, mais toujours suspecte et diabolisée. Un de nos cousins, un petit peu plus âgé que moi, nous rejoint en passant par les fenêtres, au risque de se rompre le cou, ou d’être attrapé et puni. Nous explorons ensemble nos différences en gloussant sans trop de bruit.

Aujourd’hui ces images s’imposent alors que vous et moi sommes allongés sur le lit, avec ce souffle d’air tiède qui passe sur nos corps trempés de bonheur…je lèche votre sueur…avant de sombrer…Morphée nous entraîne…je suis votre Nausicaa…

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Les oulimots de Fran :

La nuit est tombée. Assise derrière la fenêtre elle le guette. Cet homme, qui l’a séduite tout à l’heure par messagerie, sera-t-il exact au rendez-vous. Elle ne pense pas qu’à l’heure de son arrivée, non. Mais plutôt aux attentes qu’elle a envers lui. Il s’est montré drôle, cultivé humble et raisonnablement empressé quand ils se sont parlé. Et, sans rien lui promettre, il a fait miroiter certains plaisirs qu’il pourrait lui donner. Alors, c’est humain, nue sous son kimono de soie grège, elle rêve un peu en essayant de percer les ténèbres. Sans toutefois s’empêcher de redouter un terrible lapin.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Alexandre :

« Quelle poisse, il pleut… »

Elle n’a aucune envie de s’habiller pour sortir le chien, encore moins de devoir faire le tour du quartier sous la pluie et ensuite d’essuyer le pelage trempé. Mais voilà, un Beauceron dans un deux pièces, il peut se sentir à l’étroit. Qu’il pleuve ou qu’il vente, Rex a besoin de bouger. D’ailleurs il s’agite déjà.

« Ce n’est pas possible, c’est une véritable horloge ambulante ce chien. »

Rex, c’est le seul souvenir qui lui reste de sa vie d’avant. Avant… quand elle était heureuse avec Yves. Elle se souvenait très bien quand il lui avait offert ce jeune chiot pour fêter le premier anniversaire de leur rencontre. « Tu verras, avait-il précisé, c’est le plus fidèle des chiens et il est doux comme un agneau avec les enfants ». Rex était comme la promesse d’un amour éternel et l’annonce d’une famille heureuse. Mais voilà Yves s’était avéré stérile et les tentatives de procréation médicalement assistées avaient toutes échoué. Ils avaient bien pensé à l’adoption mais le dossier était à peine achevé qu’Yves était tombé malade. Un cancer foudroyant l’emporta en moins de trois mois. Elle se retrouva seule, avec pour unique compagnon Rex. Faute de moyens financiers, il lui fallut quitter la maison où le chien courait dans le jardin et s’installer dans ce petit appartement au loyer accessible.

Rex semblait épouser les humeurs de sa maîtresse, il était morose quand elle se morfondait, il était joyeux quand elle croyait de nouveau en l’avenir. Ce soir, il sent bien que c’est un jour sans, alors il essaye d’attirer son attention en allant et revenant de la chambre au couloir. Il sait bien qu’aboyer ne servira rien et qu’au contraire il se fera réprimander. Au bout de cinq minutes, elle sort de sa rêverie, regarde le chien et fond devant les yeux suppliants de Rex.

«J’ai compris Rex, je m’habille et on sort ! »

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