Oulimots 2021S21 : une contrainte au cœur

Photographie  : Jean-Guy Huot on Flickr

Mots contraints : Terrain, soleil, cerisier, apiculteur, possible, aquarium, direct, petit, cœur. 

Les oulimots d’Elisa Stark :

Tout était une évidence entre eux, leur relation était franche et directe. Ils s’étaient ouverts le champ des possibles pour mieux vivre leur avenir et ne pas se sentir prisonniers comme dans un aquarium. Ils avaient planté les graines de leur relation sur un terrain solide, illuminé de soleil et l’arbre de leur vie, le cerisier, poussait tous les jours grâce à leurs petits cœurs battant à l’unisson. Elle l’appelait son apiculteur car il avait su récolter tout son amour.

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Les oulimots de Dick :

Le terrain était propice à la bagatelle. Un grand soleil brillait au-dessus de nos têtes et nous nous étions réfugiés à l’ombre d’un cerisier.

Elle avait troussé sa robe très haut pour me donner accès à son sexe et, en bon apiculteur, je recueillais des doigts et de la langue le miel qui en ruisselait.

Je goûtais, elle aimait. Était-il possible de passer un meilleur moment ? 

—Direct dans deux minutes !

Mon cœur avait failli s’arrêter en entendant la voix de l’ingé son. Je m’étais assoupi et la réalité m’avait rattrapé.Je n’étais pas à la campagne mais dans l’aquarium d’une station de radio pour faire la promotion de mon dernier livre, un recueil de contes érotiques. 

Mais ce petit rêve venait de me donner des idées pour le fil conducteur de l’interview.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Croyez-vous que cette histoire soit possible ? Je sors la tête hors de l’eau et je le vois au loin près d’une superbe maison, enfumant une boîte au pied d’un cerisier en fleurs. Mais je ne peux pas quitter l’océan de jour. Ce soir, j’irai lui rendre visite. Je vais fouler de mes pieds un terrain inconnu. Le soleil se couche et j’avance lentement vers la lumière. Pourquoi ai-je l’impression qu’il m’attend ? La porte de la baie vitrée est ouverte et mon coeur palpite. J’entends un petit son. C’est de la musique. Il se lève et me regarde. Il s’approche de moi et d’un geste direct, caresse ma peau. Je ne bouge pas. Je suis attirée par sa beauté. Ses doigts glissent le long de mon corps, puis ses mains accrochent mes hanches pour me tirer vers lui et m’embrasser. Ses lèvres ont un goût de miel. Il est apiculteur alors rien d’étonnant. Il me fait l’amour. Je me réveille avant l’aube, terrifiée. Je dois vite rejoindre l’océan. Il me retient, prend ma main et m’amène dans une pièce où se trouve un aquarium géant rempli de poissons multicolore et d’algues. Quelques nénuphars flottent en surface. Le plafond est en verre et je vois le lever du soleil. Tout cela est pour moi. J’entre dans l’eau et mes jambes se transforment aussitôt. Je suis heureuse et je nage en fredonnant des chants de sirènes.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Un superbe terrain, au grand soleil d’été

Au centre un cerisier, vient un apiculteur,

Un essaim, possible ? Un aquarium, pourquoi ?

Je vais être direct, prendre un petit chemin,

Rentrer auprès d’Elle, qui est chère à mon cœur.

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Les oulimots d’Alexandre :

Consigne
Rédiger un poème d’amour sur le thème du printemps

Quittons sans tarder ma mie cet hiver gris
où nous avions le sentiment d’être
enfermés à jamais dans un petit aquarium

Embrassons-nous ma mie de toutes nos forces
A ta vue, mon cœur s’enflamme
Tu es comme un cerisier en fleurs

Butinons ma mie, le soleil est de retour
Je suis un apiculteur impatient
de repousser les champs du possible

Vibrons ensemble ma mie avec la même fièvre
que lorsque nous suivons en direct une finale
sur le terrain cendré d’un court de tennis

Poème composé de platitudes aux métaphores creuses
A refaire !

Oulimots 2021S20 : une contrainte magnétique

 Mots contraints : Exemple, perdu, novembre, grimé, vision, spirale, accord, magnétique, mélancolique. 

Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Par exemple, ce jour perdu, premier novembre

Bien sûr grimé, pâle vision, regard spirale,

Accord parfait, magnétique, mélancolique.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Elisa Stark :

J’étais complètement perdue. Bien que nous soyons au mois de mai, le temps ressemblait à celui de novembre. Mon moral était tel une spirale mélancolique, je n’étais plus en accord avec moi même. J’avais l’impression d’être grimée et de porter un masque. Ma vision me semblait de plus en plus sombre et je ne retrouvais le moral que lorsque je faisais fonctionner ma carte magnétique. 

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Les oulimots de Dick :

Cela remonte à novembre dernier. Et pourtant cette vision ne cesse pas de me hanter.

J’avais eu son accord pour aller voir ailleurs, ce qui m’avait beaucoup surpris. Mais il y avait une condition : je devais me présenter avec tous les attributs d`une fille pour aller rencontrer cet autre, qui avait été mise au courant de ce deal.

J`avais accepté et je m’étais retrouvé ainsi grimé sous le regard magnétique de cette femme qui avait ensuite profite de mon corps de toutes les façons possibles.

A mon retour, j’avais dû illustrer par l’exemple les pratiques qui avaient été les plus invasives pour moi, celles qui avaient définitivement fait de moi la salope que je suis devenue.

Je ne le savais pas à l’époque, mais je venais d’entrer dans une spirale infernale et, à présent, je me sens perdu si l’on ne s’occupe pas de moi ainsi, tout comme je me sens mélancolique quand je repense a cette première fois.

Le blog de Dick

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Les oulimots de Ssaara :

Tu sais Mamie que tu ne m’as jamais raconté ta jeunesse ? Par exemple, comment as- tu rencontré mon grand-père ? 

Ma petite chérie c’était en novembre 1970, j’étais installée dans le parc derrière la mairie et j’attendais mon amie Marie. J’étais un peu mélancolique et perdue dans mes pensées, et j’avais froid, je regardais la buée sortir en spirale de ma bouche .

Avec Marie nous devions nous rendre chez sa grand-mère après son travail pour trouver dans son grenier de quoi nous grimer pour une fête qui était prévue la semaine suivante .

Je n’avais pas très envie de m’y rendre mais, tu sais, une jeune fille ne devait pas sortir seule et j’avais promis à Marie que nous irions ensemble .

C’est là que j’ai eu la vision d’un jeune homme plutôt grand et beau qui venait vers moi .

Il s’est approché et m’a demandé si je connaissais la ville . Il venait d’arriver disait-il et il cherchait le bureau de poste . Il avait quelques lettres dans la main . 

Quand nous nous sommes regardés, je suis restée interdite et lui aussi . 

Je crois qu’on a su tous les deux qu’on allait passer notre vie ensemble. Il y avait déjà comme un accord magnétique entre nous .

Et tu vois on a passé 50 ans côte à côte.

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Les oulimots d’Alexandre :

Peine perdue, en ce jour gris du mois de novembre, il ne faut pas espérer bronzer en plein soleil. L’été a filé trop vite, l’automne comme beaucoup de personnes me rend toujours mélancolique, et cette année particulièrement.

Je garde en mémoire cette rencontre lumineuse avec S. Je ne la nommerai pas mais si elle me lit, elle se reconnaîtra. Le temps d’un séjour au bord de la mer, nous fûmes l’exemple d’un couple radieux avec ce sentiment que nous nous étions toujours connus. Vous savez parfois, l’on parle d’accord magnétique pour caractériser la relation d’un couple. Et bien cette vision était exacte. Aux côtés de mon aimante, je ne touchais pas le sol, j’ai vécu des semaines merveilleuses. Nous nous sommes découverts des passions communes et je l’avoue, j’étais à ses pieds dès que la porte de la chambre était close. Pourtant notre bonheur s’est fracassé en une journée quand elle refusa toute idée de mariage encore moins avec une personne d’une autre religion que la sienne.

J’étais prêt à tout pour rester à ses côtés, même à me convertir ou à pactiser avec le diable, peu importe dans quelle spirale j’allais être entraîné. Mais la rupture fut définitive, du jour au lendemain elle disparut en m’intimant l’ordre de ne pas chercher à la revoir.

Alors je suis rentré chez moi, laissant croire à mes proches que ces vacances m’avaient permis de recharger mes batteries tandis que moralement j’étais au fond du trou. Pour donner le change, je me suis grimé, arborant le plus beau des sourires et exhibant mon bronzage étincelant.

Dieu que cet automne est long, vais-je réussir à supporter les matins blêmes du prochain hiver ?

Oulimots 2021S19 : la promesse d’une contrainte

Japon, étrange, gay, promesse, partir, foule, coloré, honte, toujours

Les oulimots de Gérald :

Je lui avais fait la promesse de lui faire visiter le Japon. Elle adorait cette destination depuis toujours. Ce pays, avec ses rites et ses coutumes parfois étranges, la fascinait. Il restait juste à trouver la date pour partir.

Pour la faire patienter et la mettre un peu dans l’ambiance, je lui avais proposé d’aller à la Japan expo, qui est un salon événementiel très coloré sur la culture japonaise.

Ce que j’adore dans ce salon, c’est cette foule bigarrée, et surtout les cosplays qui s’amusent à imiter sans honte leurs personnages préférés des mangas, que ce soit, aussi bien une prostituée, un gay, ou un héros comme  » chapeau de paille « . Leurs déguisements sont toujours superbes et criants de vérité.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Je suis gay et toute ma vie a été parsemée de honte. Je vais fuir la foule qui m’a souvent jugé. Je vais partir, m’élancer sur les chemins de la forêt de Jukai, au Japon. Là où le printemps est toujours coloré, face à ce géant de feu qui ne jugera jamais mon étrange vie.

J’ai fait une promesse à mon amour, que je ne peux plus tenir. Je voulais avoir la force de survivre à cette épreuve, mais je n’en peux plus. La forêt emportera mon âme, mes rêves et mon amour pour lui.

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Les oulimots de Dick : 

Toujours friand de ce qui touche au Japon, je ne pouvais pas passer à côté de son profil sur lequel il publiait des Haïkus d’une puissance inouïe. Et, bien sûr, j’avais succombé au charme de la personne qui se cachait derrière la poésie. Rien d’étrange alors au fait que cela avait fait remonter en moi la remarque d’un ami gay lors d’une sortie en discothèque :

— Tu plais aux hommes, c’est un fait avéré. Mais comment réagirais-tu si l’un d’entre eux essayait de te séduire ?

A ma grande honte, je n’avais su que répondre à cette époque. Enfin, rien d’intelligent. Mon visage s’était juste coloré de rouge.

Et là, sur la promesse de découvrir le wakashudo, j’avais pris l’avion pour Tokyo sans réfléchir. J’aurais pu pourtant me poser une foule de questions quant à cet amour subit. Mais non. Partir le retrouver m’était paru si

évident.

Le blog de Dick

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Il y a quelques années je me rappelle que j’ai pu partir faire un voyage au Japon. C’était un échange entre étudiants. J’avais accueilli Akiharu et c’était à mon tour d’aller à la rencontre de sa culture. Nous étions très proches depuis le début de nos échanges et avions totale confiance l’un envers l’autre. Aussi, j’avais révélé à mon correspondant et ami que j’étais gay lors de sa venue chez moi. Il m’avait dit être très heureux que je partage ce secret avec lui.

Mon voyage avait été programmé au début du printemps et j’avais une chance incroyable d’être sur les lieux pour la fête du Hanami, la fête des cerisiers en fleurs.C’étaient des journées pleines de bonheurs et de promesses en tout genre, la fête était partout en ville.

Il m’avait fait la surprise de me révéler qu’il aimait pour l’occasion se déguiser en Geisha. Il n’avait eu aucune honte à déambuler ainsi habillé pendant cette période. J’avais toujours eu envie de m’habiller en femme et ce fut l’occasion parfaite. Nous étions là au milieu de la foule à admirer les cerisiers. En rentrant en France j’avais décidé, en souvenir de ces quelques jours passés avec lui, de me faire tatouer une sakura sur le poignet.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Elle rêvait d’une île, flottante, ou le Japon, et eut une envie étrange et soudaine, aussi, bien qu’il soit gay et peu joyeux elle lui fit une caresse et une promesse, elle le laisserait tranquille et partir, il pourrait ainsi se noyer dans la foule et dans l’alcool bu, comme à son habitude, dans un verre coloré et plein, au risque de se retrouver empli de honte et d’eau-de-vie qu’il aimait toujours et assidûment.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Ssaara :

Il était dans la salle d’embarquement de Roissy.

Son vol pour l’aéroport de Haneda était sur le point de décoller. Ça faisait au moins 10 ans qu’il rêvait  de partir un jour au Japon . Et là on y était ! 

Pourtant c’était étrange, alors qu’il était toujours si excité au milieu de la foule colorée et cosmopolite des voyageurs d’un aérogare , le cerveau bouillant de promesses de découvertes, il avait ce jour là en lui une déplaisante sensation d’inachevé et de honte qui lui collait à la peau.

Il avait rencontré cette fille il y avait une semaine déjà à l’anniversaire de mariage de ses potes Alex et Léo, et il n’avait pas été fichu de lui parler.

Ils s’étaient cherchés du regard  plusieurs fois dans la soirée mais il était certain qu’elle avait pensé qu’il était gay aussi. Et il n’avait pas été fichu avec sa timidité maladive de l’aborder. 

Il n’avait même pas été capable de demander son prénom à ses amis. 

Et quand il allait rentrer il en était sûr, elle aurait oublié jusqu’à son existence.

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Les oulimots d’Alexandre :

C’est au Japon que j’ai rencontré Rudy. Au milieu de la foule colorée, il ne pouvait pas passer inaperçu.
Grand, élancé, les cheveux blonds coiffées en arrière, le regard étincelant, à coup sûr c’était un top model.
Je l’ai abordé, précisant que j’aimerais bien faire un shooting avec lui. Il m’a souri, l’air amusé et me répondit
que c’était impossible. J’ai insisté, il me précisa qu’il était sur le départ. En effet, le lendemain, il prenait un avion pour aller voir ses parents en Allemagne mais, j’ignore pourquoi, il me fit la promesse qu’il me recontacterait à son retour.
Sur le moment j’étais dépitée et puis le temps passa. J’ai fait ma place dans le milieu de la mode et j’avoue à ma grande honte que je l’avais oublié quand il me recontacta .
Dans le studio loué pour l’occasion, je le menais progressivement à se dévoiler au propre comme au figuré. Les premiers portraits lui plurent et nous passâmes à des photos de nu. Avouez que c’est étrange, de voir un homme montrer son corps sous le regard d’une photographe jusqu’alors inconnue.
Ne croyez pas que cela s’est terminé au lit comme on le croit toujours dès qu’il s’agit de photos dénudées.
Nous discutâmes simplement toute la soirée, partageant des lambeaux de vies. Ce fut presqu’au moment où il allait partir qu’il m’avoua qu’il était gay. Ses parents ne l’acceptaient pas et l’avaient même renié lors de son dernier séjour. Il était reparti furieux et il escomptait ne plus revenir en Allemagne.
Quelquefois le malheur est bon car notre rencontre fut déterminante pour Rudy. Mes photos furent plébiscitées et si j’eus la reconnaissance de mes pairs et des agences de mode, c’est Rudy qui se trouva propulsé comme icône gay, trônant sur les couvertures des magazines. Triomphe ultime, le journal « Stern »
que ses parents lisaient chaque semaine lui consacra un portrait sur deux pages vantant la réussite d’un gaijin au pays du soleil levant.

Oulimots 2021S18 : une contrainte brûlante

Mots contraints : Brûlant, survivre, balade, sommet, rêve, perle, âme, pose, jungle 

Les oulimots d’Elisa Stark :

La vie est une jungle me disait ma grand-mère quand je lui parlais des problèmes de mon existence. On ne doit pas imaginer sa vie mais la vivre en son âme et conscience. Ce n’est pas une question de survivre mais d’oser vivre ce que l’on a envie. Ne pas s’infliger des sommets trop difficiles à atteindre et parfois préférer prendre le chemin pour une balade plutôt qu’un sentier tortueux et boueux. Prendre le temps de s’arrêter, même prendre la pose pour immortaliser un moment de pause mentale et de réflexion. Se laisser gagner par ses propres rêves à réaliser comme dans l’écriture, le dessin ou tout autre chose qui peut faire du bien. La vie est précieuse et délicate comme une perle et il faut en prendre soin. On en a qu’une, alors il faut en profiter. Vivre chaque moment comme s’il allait être le dernier. Vivre pour soi car on est la personne la plus importante de sa vie.

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Les oulimots de Dick :

Elle n’est pas humaine. Elle danse au sommet du mur d’enceintes depuis des heures sur des tempos brûlants de jungle music et c’est à peine si elle transpire. Et je ne peux justement pas détacher mes yeux de cette petite perle qui, née à la base de son cou, s’apprête à présent à disparaître dans l’échancrure de son t-shirt après avoir emprunté le sillon qui sépare ses seins. 

Cela ne doit pas être une balade de tout repos de sortir avec elle me dis-je. Et, pourtant, j’en rêve depuis que j’ai posé mes yeux sur elle. Mais elle semble tellement inaccessible. Alors je me contente de la regarder de loin, accoudé au comptoir de la boîte de nuit. 

La musique s’est arrêtée et elle a fini par redescendre parmi les mortels, fraîche comme une rose. C’est incroyable. Comme la pose provocante qu’elle vient de prendre en se plantant devant moi. Suis-je son élu ? Celui qui va accompagner la fin de sa nuit ?

Cette perspective me fait sourire tout autant qu’elle m’inquiète. Je devrais certes survivre à l’épreuve de son corps. Mais j’ai peur d’y laisser mon âme.

Le barman pose un verre à côté de moi tandis qu’elle vient de glisser un « Salut toi » mouillé au creux de mon oreille. J’ai cru sentir sa langue me chatouiller le lobe et sa main a pris possession de mon épaule. 

Il va falloir se montrer à la hauteur à présent.

Le blog de Dick

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Les oulimots de Saara :

Le ciel était brûlant. Cette petite balade qui avait commencé comme un rêve était devenue un enfer. 

Elle se demandait comment elle allait survivre dans cette forêt du fin fond de la Sologne qui lui semblait désormais aussi hostile qu’une jungle. 

Pas âme qui-vive à l’horizon, elle avait juste envie de pleurer de rage. Des arbres, des moustiques, des moustiques, des arbres…. 

Le soi-disant prince charmant romantique rencontré sur « le parfait gentleman » – quel nom à la con – atteignait les sommets de la goujaterie en cavalant comme un dératé devant elle sans mot dire, ridiculement harnaché comme un trekkeur en Himalaya. 

Pour parfaire le tableau il n’avait plus quelques perles  de sueur éparses sur le front mais il était inondé d’une transpiration abondante et puante .

La nausée aux lèvres, elle se disait que, quand enfin elle allait pouvoir se poser dans la voiture, il allait falloir qu’elle affronte un cloaque en priant tous les Dieux de l’univers qu’il ne tente aucune approche.

Et dès qu’elle serait rentrée, c’est sûr, elle allait supprimer la mention « randonnée-marche » sur son profil !

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Brûlant d’envie de survivre à cette balade,

Vers le sommet, tel un rêve, comme une perle

Près de l’âme qui se pose, fuyant la jungle.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Enfin son rêve se réalise.

Lui qui s’est toujours imaginé au sommet d’une montagne surmontant la jungle, il est là, aux confins de l’Amazonie, en train d’escalader un volcan toujours en activité que les indigènes désignent comme « la perle des Andes ».

La démarche est lourde, les pieds s’enfonçant dans la cendre.

Ce qu’il pensait être une balade tranquille, devient une épreuve, la tête lui tourne sous un soleil brûlant, des gouttes de sueur glissent du front, à peine retenues par ses sourcils épais, sa gorge est sèche. Il ne faudrait pas que la montée ne dure trop longtemps sinon il a le sentiment qu’il ne pourrait pas survivre à ses efforts de plus en plus difficiles. Désormais il est à la traîne, la colonne de marcheurs qu’il précédait au début est désormais loin devant. Bientôt il se retrouve seul, plus une âme qui vive à l’horizon, devant lui une pente grise et sèche striée par la marque des pas de ceux qui l’ont précédé.. Il n’en peut plus, les jambes coupées, il pose son barda, cherche de l’air, boit une gorgée d’eau tiédasse et honteux il décide de redescendre.

Il ne réalisera pas son rêve.

Deux jours après, il apprend que les hommes qui l’avaient rapidement distancé avaient été surpris en descendant dans le cratère par une émission de gaz toxiques. Il n’y avait eu qu’un seul rescapé.

Alors il remercie les dieux. La montagne ne l’avait pas vaincu mais épargné.