Oulimots 2021S12 : il faut alimenter la contrainte

Mots contraints : Occuper, travailler, alimenter, nourrir, être, faire, payer, rentrer, croire

Les oulimots de Starkette :

S’occuper, travailler, s’alimenter, se nourrir, être, faire, payer, rentrer chez soi et croire ou pas en l’avenir. Quelle vie ! Zéro distraction ! Putain de COVID. 

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Les oulimots de Fran : 

On avait voulu me faire croire que, pour nourrir le moindre espoir de rentrer chez moi et reprendre une vie normale, il me suffisait de travailler sur moi et on m’avait conseillé un spécialiste.

Tout cela pour constater au bout d’un moment que mes séances, loin de me faire avancer sur le chemin de la rédemption, ne servaient qu’à alimenter mon désir de liberté.

Être un nouvel homme, loin de tous les jougs sous lesquels on avait voulu me faire plier : c’était à cela que je devais m’occuper désormais.

Un nouvel avenir s’ouvrait devant moi.Tant pis pour mon passé.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Ssaara :

Ma vie au temps de la COVID

Travailler sans plus avoir le droit de me cultiver ou de rêver au cœur d’une assistance humaine. 

Rentrer chez moi comme un sage mouton à l’heure dite.

Alimenter les GAFA pour tromper le vide alentour.

Soutenir ceux qui occupent les théâtres pour crier à la vie de revenir et à ses travailleurs de pouvoir se nourrir.

Chérir les miens pour diffuser comme on peut de l’amour privé d’embrassades. 

Rêver de faire payer à ceux qui nous enfument cet emmurement en les condamnant au silence au plus vite. 

Être et rester moi même autant que faire se peut.

Attendre des lendemains qui ressembleront à des hier. 

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Oulimots, jolie manière de s’occuper,

Une belle façon de travailler,

Et, ce projet, alimenter,

Et, mon esprit, nourrir,

Car il faut être,

Afin de pouvoir faire,

Même si ça doit se payer,

En suant pour faire les mots rentrer

Cependant à y arriver je veux y croire.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Lady Annia :

Il vivait principalement pour s’occuper de sa fille de 12 ans.

La mère de l’enfant les avait abandonnés deux ans plus tôt et ça avait tout chamboulé. Il rêvait parfois qu’elle allait un jour rentrer.

Désormais, sa vie ne consistait plus qu’à aller travailler pour nourrir sa fille, et l’aimer pour deux.

Il semblait croire que payer les factures était la seule chose vraiment indispensable.

De temps en temps, il prenait quand même le temps d’alimenter son âme avec un livre. Il voulait juste être un bon père et faire de sa fille quelqu’un de bien.

Le blog de Lady Annia

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Les oulimots d’Alexandre 

La vie semble se résumer à s’alimenter, travailler et rentrer chez soi. Avouez que cela n’a rien d’exaltant.

surtout quand nos efforts pour croire aux mots d’ordre  de son employeur et les appliquer ne sont guère payés en retour.

On finit par faire le minimum, juste de quoi nourrir sa progéniture, faisant semblant d’être occupé par des dossiers urgentissimes qui réclament toute notre attention alors qu’il n’en est rien.

Être ou ne pas être un bon employé, c’est tout vu !

Oulimots 2021S11 : une contrainte pas si facile que ça

Mots contraints : Petit ami, week-end,  Médiumnité, captivité, facile, rapprochement, poignée, fanfaron, infini

Les oulimots de Lady Annia :

J’avais hâte que le week-end arrive, mon petit ami allait enfin me présenter sa famille après une année et demie de relation. Il m’avait tellement parlé d’elle que j’avais déjà l’impression de la connaître. Sa mère qui adore les beaux livres et qui est férue de médiumnité, son père qui aime le golf et qui a une poignée de main bien ferme, son grand frère qui est un fanfaron au grand cœur et coureur de jupons, sa petite sœur qui est une enfant au contact facile et douce à souhait. 

Ce que je redoute de cette rencontre, maintenant que les choses vont devenir sérieuses, vraiment sérieuses, est le fait de perdre cette liberté que j’aime tant, et cela malgré mon amour infini pour lui. 

Si je fais le rapprochement entre ma perte de liberté et la rencontre de sa famille, c’est parce que mon expérience m’a appris que les deux sont un peu liés. 

Je n’apprécie pas la captivité, même si les murs sont invisibles.

Le blog de Lady Annia

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Un chinois n’est pas une passoire, ni même un tamis, ni même un petit ami. J’en conviens, le jeu de mots est un peu facile. L’excuse du week-end qui vient ne peut tout expliquer, et j’en conviens ce rapprochement ne vaut pas une poignée de pois chiches, pas de quoi faire le fanfaron après une telle production.

J’espère que cette production d’un vide infini ne me vaudra pas des années de captivité, mais n’ayant aucun don de médiumnité, je ne saurai donc pas comment ce billet sera reçu.

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Les oulimots de Starkette :

Ce week-end, j’organise une séance de médiumnité pour mes amies. J’ai ce don depuis que je suis toute petite. Ma grand-mère avait le pouvoir de communiquer avec les morts et elle me l’a transmis. Nous sommes donc toutes autour de la table et chacune annonce avec qui elle veut communiquer. Nous avons besoin de ce rapprochement physique en se tenant les mains pour que la séance fonctionne. L’une d’entre elles indique qu’elle veut entrer en communication avec sa sœur disparue, une autre avec son petit ami décédé il y a un peu plus d’un an dans un accident de la route. Je me concentre. C’est facile pour moi depuis le temps que je le fais. Je commence à invoquer les esprits des êtres disparus avec qui nous voulons entrer en contact. Nous n’avons pas toute la nuit pour le faire alors j’appelle nos chers disparus à se manifester. La poignée de la porte ouverte bouge alors que personne n’est autour d’elle. Mes amies sont étonnées et impressionnées. C’est Maxime, le petit ami qui est là. Il me parle, il a toujours ce côté arrogant et fanfaron qui a eu raison de lui. Il s’est tué en défiant un de ses amis lors d’une course de motos illégale. Il veut dire à mon amie qu’il regrette de ne pas l’avoir écouté et d’avoir enfourché sa moto un soir de novembre. Marie est émue aux larmes. Elle a toujours pensé qu’elle aurait dû insister. Mais Maxime avait ce caractère impossible et n’écoutait rien. Il lui demande de lui pardonner et lui fait dire par mon intermédiaire qu’il l’aime et l’aimera pour l’infinie éternité. 

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Les Oulimots de Fran :

Je ne fais pas le fanfaron alors que, celui que j’ai décidé d’accompagner pour un week-end de sexe sans prise de tête, vient de me coller dans les griffes de ses parents en m’annonçant comme étant son petit ami.

Ces quelques jours durant lesquels j’espérais bien m’accrocher à ses poignées d’amour viennent de se transformer en captivité et un infini désespoir m’envahit.

Je fais d’habitude le rapprochement entre un plan d’apparence trop facile et les potentielles embrouilles que cela peut cacher. Mais là je n’ai rien vu. Et le ciel m’est brutalement tombé sur la tête.

Ma médiumnité m’aurait-elle abandonné ? 

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Les oulimots de Ssaara :

Je t’en fiche moi de la soi-disante médiumnité de ma copine Astrid !

Quand je pense que comme un fanfaron certain du facile rapprochement qu’elle prédisait, j’avais réservé pour elle la plus belle chambre pour ce week-end d’un luxe faramineux et m’étais ridiculisé avec le type de l’hôtel en me présentant comme le petit ami de la belle Déborah .

Et quand celle-ci était arrivée, répondant avec une hâte qui m’avait réjoui à mon invitation ! , accompagnée de sa meilleure amie avec laquelle elle comptait partager sa chambre, je n’ai plus vu que l’infini de ma pitoyabilité. 

Et je ne vous dis pas cette sensation de vide sidéral quand le garçon d’étage a déposé les valises des filles dans leur chambre, son clin d’œil narquois quand il a abaissé la poignée de la porte pour leur laisser le passage.

J’aurais encore mieux fait de ne pas chercher à échapper à la quasi captivité dans laquelle ma mère me maintenait prétendument pour m’aider . 

Clairement j’étais le loser de l’année et je n’étais pas près de pouvoir enfin arborer à mon bras une belle fille à faire pâlir mes amis de jalousie.

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Les oulimots d’Alexandre :

Mon petit ami m’avait convaincue de participer à une séance de médiumnité. Il me disait, tu verras, tu vas pouvoir entrer en contact avec des êtres chers disparus. Je le savais un peu fanfaron, mais après tout, pourquoi ne pas essayer ?
Nous voilà réunis ce week-end, accueillis par un grand maître du spiritisme. Nous nous asseyons autour de l’ ouija : une planchette en bois sur laquelle on peut lire les mots « oui », « non », les lettres de l’alphabet et les chiffres de 0 à 10. Sur la planche, une pièce en forme d’amande reposant sur trois billes.
Nous plaçons tous deux doigts dessus, effleurant le bois. Le grand maître demande si une « entité » est présente. Lentement, la pièce en bois – et nos doigts avec elle ! – se déplace vers le « oui ».

« Avez-vous un message pour une personne autour de cette table ? » demande-t-elle.
L’objet glisse vers moi. Le mouvement devient soudain très franc, à plusieurs reprises mes doigts se détachent de la pièce en bois, qui continue sa route et s’arrête sur une lettre.
L’entité affirme être un parent.


« De quoi êtes-vous mort ? » Réponse en toutes lettres : faim !
Je me souviens de mon grand-oncle mort en captivité. Je lui demande son nom de famille pour confirmer.
Il en écrit le début. Suffisant pour me troubler.
Je sais bien qu’il n’y a qu’une poignée de lecteurs qui vont me croire et que ce sera facile pour la très grande majorité
de se moquer de ma crédulité. Pourtant je vous assure que tout ce récit est exact et celui qui était le plus pâle
pendant cette séance était mon petit ami, bien plus impressionné que moi et à qui il ne fallait pas promettre de revenir
dans ces lieux à l’infini.

Oulimots 2021S10 : pas d’erreur, c’est la contrainte

Mots contraints : Sottise, erreur, péché, lésine, esprits, corps, remords, mendiants,  vermine.

Les oulimots de Starkette :

Ça n’était ni une sottise ni une erreur. Il n’avait pas lésiné pour faire de la publicité pour sa boutique pour la fête d’Halloween. Il savait  qu’il surprendrait ses clients qui étaient habitués à ses produits haut de gamme. Ils craquaient souvent par péché de gourmandise mais cette fois-ci, bien qu’il soit sain de corps et d’esprit il avait décidé de les faire se dépasser niveau gustatif. Il ne voulait pas avoir de remords alors il s’était lancé. Outre les mendiants qui étaient des chocolats connus et reconnus, il avait sorti une gamme de produits avec des noms plus dégoûtants les uns que les autres. La vermine et la saleté étaient donc ses nouvelles créations. 

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Les oulimots de Fran :

À chaque fois que cela arrive, c’est le même schéma. Il ne lésine pas sur les anxiolytiques mais il n’empêche : les remords le rongent. La faute à quoi ? À son corps défendant, il a toujours péché par excès de culpabilité au moment de laisser son passé derrière lui. Il sait pourtant que c’est une sottise de ne pas trancher avec la vermine que sont ces mendiants de l’amour qui s’accrochent à ses basques. Mais il commet quand même systématiquement l’erreur de leur accorder cet ultime rendez-vous. Et s’en mord les doigts à posteriori. 

Quel cruel manque d’esprit de sa part… 

Le blog de Fran

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Les oulimots de Ssaara :

Le vieil homme, comme chaque jour, était là dans ce parc, au même endroit, déclamant à haute et puissante voix des propos qui de loin étaient inintelligibles. 

A force de le voir, débordant de conviction, haranguer les passants, pour la plupart méfiants à l’égard de celui qui paraissait un mendiant, à vrai dire très crasseux et qu’ils supposaient sûrement couvert de vermine, il avait fini par se dire que que ce serait sottise que de ne pas lui accorder, même à son corps défendant un peu d’attention. 

Ce matin-là, il s’était discrètement approché, s’était assis sur l’herbe, le visage tourné vers le vieil original.

Ce dernier ne lésinait pas dans ses efforts pour capter les esprits. Il l’avait vu et ne semblait plus réciter que pour lui.

Et, très vite, il s’était trouvé happé par une voix profonde et une articulation parfaite, qui narraient à qui acceptait de l’entendre des contes anciens. L’homme bougeait, mimait, riait, pleurait au fil de son récit.

C’était un griot, un griot à la peau burinée qui vous emportait en voyage d’enfance, vous berçait, émouvait, terrifiait sans remords au fil de son histoire. 

Depuis lors, dès que l’occasion lui en était donnée, il revenait se nourrir de sa dose de rêve, retomber en enfance dans les mondes fantastiques du conteur, comme lorsque, petit, sa grand-mère lui racontait des histoires. 

Puis, un matin, il trouva l’endroit vide.

Le lendemain aussi, et encore et encore .

Le vieux avait dû partir conter sur d’autres rives. 

A la fois résigné mais rempli de tout ce bonheur offert il se dit, reprenant l’expression favorite de sa grand-mère, aujourd’hui décédée aussi, que vraiment «ç’aurait été pêché de ne pas profiter de ce cadeau».

Et il entra dans une librairie et se dirigea directement au rayon mythes et contes. 

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Les oulimots de Gérald :

Aucun remords, et mon esprit me dit que c’est bon pour mon corps, de toutes manières, la gourmandise n’est pas un péché, et c’est si bon de se laisser aller à quelques sottises de temps en temps. Comment résister devant de si succulents mendiants au chocolat.

Et, cette fois, pas question de faire la même erreur que précédemment, je ne lésine pas sur la quantité.

Et comme disait Jules Renard. Scrupules, vermine de la volonté.

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 Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Sottise que ces mots, erreur cette expérience,

Péché d’orgueil certain, lésine en conscience,

Esprits tumultueux, corps et âmes assortis,

Remords d’avoir tenté, mendiants vers la sortie,

Vermine sans idée.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Lady Annia :

À notre rencontre nous étions comme deux mendiants sans but, cabossés par la vie, sans espoir de lendemain.

Son sourire et ses baisers m’ont laissé croire que l’amour et l’espérance existaient bel et bien.

Je me suis laissée bercer d’illusions et le fait que je sois une grande romantique ne m’a sûrement pas aidée.

Tomber amoureuse de lui, fut-ce une sottise ?

Oui, sans aucun doute. 

J’ai péché le jour où je lui ai ouvert mon âme.

J’ai aussi péché chaque nuit où je lui ai offert mon corps.

Je ne lésine pas quand je me donne à quelqu’un, surtout quand nos esprits s’entendent aussi bien que s’entendaient les nôtres.

Je sais que les remords de cette relation chimérique ne vont même pas le ronger car il n’était malheureusement qu’une pauvre vermine.


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Les oulimots d’Alexandre :

Sale vermine, tu n’as pu t’empêcher de boulotter tous les mendiants ! En plus pas n’importe lesquels, ceux de la maison « Esprits de cacao » ! Et je suis certain que tu n’as aucun remords. Oh tu peux me regarder avec des yeux de cocker malheureux, cela ne change rien, Ta gourmandise te perdra. Tu sais que c’est péché mortel. Vraiment ! Ne pense pas que que tu n’ as commis qu’ une petite sottise Tu devrais savoir que manger du chocolat c’est la pire erreur que tu puisses faire. Tu peux y rester !

Tu serais un écureuil, je comprendrais que la lésine te soit indispensable pour tenir l’hiver, le corps bien rempli. Mais Boule tu n’es qu’un chien et le chocolat est toxique pour toi et tous tes copains.

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Les oulimots de Charles B. :

La sottise, l’erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

Oulimots 2021S9 : une contrainte douce-amère

Mots contraints : Vin, titre, meilleur, ange, respirer, doux-amer, voix, bras, orange. 

Les oulimots de Fran :

— Tu as encore soif ? Attends-moi, je vais aller chercher du vin mon ange.

Il était déjà un peu pompette et aurait dû s’abstenir de sortir dans cet état à plus d’un titre. Car, si la maréchaussée lui était tombée dessus à bras raccourcis à cause d’une conduite peu académique, le meilleur restait à venir quand on avait découvert le corps d’une femme ligoté et bâillonné dans le coffre de son véhicule. Les policiers en étaient restés un long moment sans voix avant d’aller lui faire respirer l’air doux-amer d’une cellule.

Et sa femme ? Elle n’allait certainement pas venir lui amener des oranges. Elle venait de se débarrasser tout à la fois d’un mari volage et d’une rivale devenue trop encombrante.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Ssaara :

Un jour, un ange inattendu est apparu dans mon ciel. Il a rouvert les volets tout grippés de mon cœur.

Depuis je bois au vin de sa bouche, je respire au rythme de son souffle, je m’apaise blottie dans ses bras, je m’endors au son de sa voix.

Et nos vies ont le délicieux goût doux-amer de nos séparations, prémices de nos retrouvailles bonheur. 

C’est ma moitié d’orange. Il n’est pas de meilleur titre pour le définir.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Avez-vous cru qu’il est vain de rappeler que lorsque le vin est tiré, quelle que soit la manière dont il est titré, quel que soit son titre d’alcool, il faut le boire, qu’il soit dans les vingt meilleurs crus ou une abominable piquette tout juste digne d’être distillé permettant à chaque ange de respirer sa part. L’obtention ainsi d’une liqueur au goût doux-amer est peut-être dans ce cas la meilleure voie en versant de l’orange dans le distillat. J’entends certes déjà la voix de certains d’entre vous qui ne sont pas des anges, prêts à me tomber dessus à bras raccourcis, me reprochant l’air que j’ai dû respirer pour proférer de telles absurdités. Dois-je préciser alors que je n’apprécie guère le vin d’orange, fut-il des meilleurs.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Starkette :

Le titre sur la bouteille était prometteur, Vin d’orange, cuvée primée au concours agricole 2020. Il avait été acheté chez un caviste dont la boutique s’appelait la part des anges. Je l’avais débouché pour le laisser respirer. Il avait un goût doux-amer qui vous enveloppait tel les bras de votre bien aimé. Son goût était caressant comme la voix de Barry White. 

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Les oulimots d’Alexandre :

— Entrez, entrez messieurs-dames ! N’hésitez pas à aller au fond, vous êtes dans la partie la plus ancienne de la propriété. Cette cave date du XVIII° siècle et vous pouvez admirer disposés de chaque côté ces fûts de chêne qui contiennent ce vin si particulier, appelé à être conservé six ans.

— Mon garçon, sais-tu comment s’appelle ce vin ?

— le vin orange ms’ieur ?

— Presque, il s’agit du vin jaune issu d’un cépage local, le savagnin. Ce vin, disais-je est conservé pendant six ans, sans aucune intervention de l’homme, une partie de l’alcool contenu dans ce vin s’évapore naturellement, on appelle cela la part des anges. Cette expression viendrait de l’alchimie, où les composés volatils sont appelés anges.

Une petite anecdote. « La part des anges » est le titre d’un film de Ken Loach. l’histoire se déroule en Écosse qui, comme chacun sait, est la patrie du meilleur whisky quoi qu’en pensent les Irlandais et autres Japonais.

Et nous obtenons au final un vin intense qui met en joie vos papilles et vous laisse sans voix. Sentez moi cela ou plutôt respirez moi ces arômes de noix fraîche, de fruits secs et d’épices douces.

Monsieur, je vous vois lorgner sur le prix de la bouteille. Je vous l’accorde, s’offrir ce plaisir vous coûte un bras mais quand on aime, on ne compte pas ! Déjà ce n’est pas n’importe quel flacon, il s’agit du clavelin, créé sur-mesure il y a plus de trois siècles. Cette bouteille unique contient 62 cl, soit environ ce qu’il reste d’un litre de vin après son vieillissement. Ensuite quand vous aurez accompagné un verre de vin jaune avec un vieux comté de 30 mois, vous vous sentirez comme l’égal des Dieux. Alors n’hésitez pas à vous porter acquéreur de ce nectar plutôt que de repartir de cette visite avec le goût doux-amer de ne pas avoir su profiter des splendeurs de la vie.