Oulimots 2021S17 : une contrainte interlope

Mots contraints : Indochine, Téléphone, Alliage, Air, Interlope, Minuit, Endimanchés, Métal, Urbain

Les oulimots de ArthK :

Demain j’ai dix huit ans, la force de l’âge, une belle gueule, une dégaine un peu interlope, genre mi-dandy, mi-voyou, mi-bon fils de famille, would-be aventurier. Preuve, je passe la nuit dans un rade, l’air empli de fumée, j’aime bien les images comme ça, me croire dans un film de Garel, à discuter linguistique et beat culture – mon côté urbain –  avec un argentin qui enquille les verres, divague, parle de Cortazar, de Bacon, de Vertigo, des colonels et de comment il a servi la France en Indochine, ses petits arrangements entre amis, ce qu’il appelle ses “safaris sous la lune”; quand il part avec d’autres argentins paumés en maraude après minuit, piquer du câble sur les chantiers, récupérer je ne sais quels alliages spéciaux revendus illic au prix du vulgaire métal, et, évidemment, faire les caves pour boire le pinard du bourgeois, pour finir fin bourré à écrire sur les murs des slogans comme “sale bourgeois j’irais chier dans ton vomi !”

Bref, ça c’est ma vie rêvée mais – ah, le temps qui court, la vie qui passe – pépé est mort hier, juste un coup de téléphone de ma’,  pour que je la rejoigne fissa. “Tu sais, les hommes morts sont dangereux », a-t- elle dit. Résultat, au lieu d’être en train de m’enfiler des coups au Lapin Agile ou quelque autre rade branché à dragouiller une Cendrillon de passage, je suis là, tout endimanché, face à la campagne immense, et à la nuit qui tombe (à 18h, aujourd’hui).

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Les oulimots daphnesques de La Ligne Douce : 

Musical Vertigo 

Je suis rentré d’Indochine hier matin. 

A Minuit, le cœur en vrac, j’ai quitté le cockpit. 

La nuit, tout recommence, les souvenirs me rendent fou, Alliage de tout le mal que j’ai fait. 

Ce matin-là, un singe astronaute me soufflait l’Air 

Où sont les héros au corps d’athlète ? Sexy boy

Go go go dansez ! 

T’as pas besoin de gueuler,  décroche ton Téléphone. 

Sors donc la 403, hurlaient les Endimanchés pour le grand bal du 15 août 

Clé de contact du Métal Urbain

Ton corps

Tu déguises

Jouis

Ton …

Ctrl Syst

                Interlope

                                      Biiiiiiip

Le blog de La Peau Douce

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Les oulimots de Laurent Chamoux :

Dans un bar brumeux au fin fond de l’Indochine, il est environ minuit, l’air devient chargé, irrespirable, une odeur de métal se répand dans ce milieu urbain très dense. Des hommes endimanchés font leur apparition dans ce milieu interlope. Il règne une grande confusion dans ce bouge, alliage d’odeurs, de bruits, de sensations étranges retentit le téléphone.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

C’était le jour de la St Urbain quand, endimanchée, je décidais de sortir prendre l’air. Je n’étais pas une adepte des promenades en journée, je préférerais marcher seule dans la nuit vers minuit. J’en profitai pour aller faire des courses et me rendre dans mon restaurant préféré qui s’appelait Indochine. Il avait plusieurs plats dont divers alliages de cuisine asiatique. Sa devanture était composée de décorations de dragon en métal. Ce restaurant n’avait rien de traditionnel, il était même futuriste dans son décor d’ensemble.

Ma commande passée, j’étais assise dans un coin quand le téléphone de l’établissement se mit à sonner. Le patron répondait par onomatopées à son interlocuteur. Il se mit à crier dès qu’il eut raccroché. La BAC arriva quelques minutes après le coup de fil, les employés courraient dans tous les sens. Ce restaurant était en fait un établissement interlope, qui blanchissait l’argent de la mafia chinoise de tout le quartier. Je justifiai ma présence sur les lieux. Heureusement pour moi, je fut relâchée sans problème, l’inspecteur ayant compris le sens de ma présence dans le restaurant. 

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Les oulimots de Gabriel Kevlec :

Si Indochine rêvait d’un monde au satellite blond, tu sembles préférer ma lune blanche, révélée à peine le manteau tombé devant ta porte. Tu t’attendais peut-être à me voir endimanché, j’aspire à me sentir emmanché, nu contre ton torse large, jambes crochetées à tes hanches, emplissant la brise de nuit des clapotis de nos peaux rendues liquides. Entre tes bras, je deviens océan, plonge, plonge en apnée, viens flatter mes abysses de ta langue, de ta queue ceinte de cet anneau de métal qui la fait plus roide encore. Oublie les autres, oublie l’air de la ville, le paysage urbain qui s’étend sous les fenêtres de ton appartement, et vogue avec moi dans cette parenthèse, fais de moi la virgule de ta phrase, le soupir de ta mélodie, délice de catin interlope à tes lèvres soumise, vice de satin à ta hampe promise, oublie que je suis homme, oublie mon sexe tendu contre ton ventre, et avant que ne sonnent les douze coups de minuit nous renvoyant à la fadeur du réel, fais de moi un conte, un alliage de personnages taillés à ta mesure, taillant ta démesure, hétaïre sous ta baguette, jolie princesse en levrette… Il était une fois un coup de reins qui m’arracha des suppliques débordant le livre ; accroché à tes épaules, je divague, je dis encore, je disparais ; remplis-moi que je sombre et dans l’obscurité de ta chambre, attrape ton téléphone, et fige l’instant précieux où la rose dégorge langoureusement de toi sur les draps. Minuit résonne. Je t’abandonne. Dis-moi que tu frissonnes…

Le blog de Gabriel Kevlec

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Les oulimots de Ssaara : 

Il était minuit déjà et il savait bien qu’il n’aurait jamais dû goûter au breuvage interlope concocté par Max. 

Il n’en avait pas l’air Max, avec sa tenue de communiant endimanché, mais il s’y connaissait en cocktails chelous, qui vous envoyaient planer dans une autre dimension .

Alors que ses goûts musicaux ne l’entraînaient que vers les musiques urbaines tels rap et R’n’B, le Métal aussi, le voilà avec les autres abrutis en train de beugler des chansons de Téléphone et même d’Indochine dont il ne pensait même pas connaître les paroles.

Mais il avait atteint le summum de la honte quand ils en étaient arrivés au répertoire du Boys Band Alliage, chorégraphies incluses.

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Les oulimots de Dick :

On m’avait donné rendez-vous à minuit dans un club Interlope des bas-fonds. Un de ces endroits dont aucun secret ne sort. Notre conversation ne pouvait en aucun cas se faire au téléphone, son sujet étant trop sensible, et j’étais déjà probablement sur écoute.

J’étais arrivé à l’heure prévue et avais donné le mot de passe au portier, un colosse étrangement endimanché pour le lieu mais dont l’air bien peu urbain suffisait à dissuader quiconque d’essayer d’entrer. Je ne m’étais pas installé au comptoir. Trop visible. J’avais préféré un coin sombre, un peu à l’écart, sachant très bien qu’on me trouverait facilement et que nous serions plus tranquilles pour discuter.

Il allait falloir jouer serré. Le fabuleux métal dont je voulais avoir l’exclusivité de l’extraction ne mûrissait certes pas dans les mines lointaines de Cipango, en Indochine plutôt, mais les mafias d’extrême-Orient n’étaient pas commodes d’où qu’elles soient. Et j’en avais besoin pour la fonte d’un alliage qui ferait de moi, à coup sûr, l’homme le plus riche du monde.

J’attendais depuis une dizaine de minutes lorsqu’un petit bout de femme vint se planter devant moi. 

— Vous êtes à l’heure. Et seul. C’est bien. Je serai votre unique interlocutrice. Vous avez l’air surpris. Mais ne vous fiez pas aux apparences.

Les deux hommes qui venaient de se placer à mes côtés et qui vérifiaient que j’étais clean lui semblaient tout dévoués. Je lui souris timidement en l’invitant à s’asseoir. Les femmes de pouvoir me fascinaient depuis toujours.

Le blog de Dick

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Les oulimots de Ssslll2 : chut un pétale :

— Oh c’est quoi cette interlope ?

— Tu manques pas d’air !

— C’est pas parce que tu es endimanché que tu peux me manipuler à minuit ! Pour écouter du métal en plus.

— Je te rappelle qu’en Indochine on respecte son téléphone ! Cet alliage précieux de plastique  et de verre raffiné. La prochaine fois tu srras bien urbain de me laisser dans ta poche !

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Les oulimots de Gérald :

Elle m’avait donnée rendez-vous à minuit au bar de l’Alliage. J’avais l’air plutôt idiot en entrant dans ce bistrot un peu interlope.

« Je te veux endimanché » m’avait-elle ordonné.  Habitué à lui obéir, je m’étais exécuté.

Bien entendu, elle n’était pas à l’heure. Pour patienter, je décidai de faire un Paris Mutuel Urbain.

Au fond du bar, des types louches écoutaient de la musique du groupe Indochine, ainsi que du heavy Metal.

Je m’apprêtais à  prendre le téléphone quand je la vis entrer. Tous les regards se focalisèrent sur elle. Elle était superbe, tout habillée de cuir. Ma soirée s’annonçait sous les meilleurs auspices.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Quel point commun entre Marguerite Duras et le rock ? Vous ne trouvez pas, n’hésitez pas à me donner un coup de téléphone, même après minuit, mais si je vous précise que ce n’est pas de l’interurbain, je vais avoir l’air d’un de ces vieillards cacochymes endimanchés qui rêvent d’aller écouter du métal dans un bar interlope.

J’avoue, cet assemblage de mots hétéroclites est un étrange alliage. Je vais donc abandonner cet exercice d’écriture et filer écouter un vieux disque d’Indochine.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Il va bientôt terminer de nous casser les oreilles avec sa musique heavy metal ? Passe encore qu’il écoute en boucle Téléphone ou Indochine, mais cette musique de barbare jusqu’à minuit et plus, non je refuse, il a beau être mon fils, j’appelle la police !!

De mon temps, on savait se tenir, on allait en guinguette, propres sur nous, endimanchés quoi et on dansait sur un air de java. Il y avait bien quelques personnes qui avaient l’air un peu louches. On les qualifiait d’interlopes mais ils n’étaient pas méchants, ils faisaient partie du décor.

Oh je sais ! Pour son anniversaire, je vais lui offrir un disque des boys band d’Alliage, je pense qu’il comprendra le message subliminal : restons urbains, pas de musique de sauvages à la maison !

Oulimots 2021S16 : et toujours la contrainte

Jeanne J, un cul-rond en baie de Bourgneuf

Mots contraints : calfeutrer, priorité, route, chaloupe, lettre, jamais, toujours, encore, arbre.

Les oulimots de Laurent Chamoux :

Belle route du Morgan qui s’enroule autour des arbres de la forêt, tes couleurs flamboyantes dont je me rappellerai toujours les tons lorsque je serait loin de toi. Toujours cette maudite galvache qui m’expédie loin de chez moi. J’attends avec impatience ta lettre quand je serai au bas pays où j’arriverai doucement au pas chaloupé de mes bœufs qui ont ma priorité ces temps ci. De lourds travaux nous attendent avant de rentrer se calfeutrer pour l’hiver. Jamais j’oublierai mon beau pays moi le pauvre galvacher

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Les oulimots d’Elisa Stark :

La lettre était arrivée en priorité, ou plutôt en prioritaire. Il l’avait postée lors de sa dernière escale avec sa chaloupe. Ce voyage lui permettait de faire le tour du monde pendant la pandémie, il avait évité de ce fait d’être calfeutré chez lui dans son appartement. Le navigateur avait profité de descendre à terre pour s’approvisionner et se faire le plaisir d’aller pisser contre un arbre, la nature lui manquait en pleine mer. La route vers le sud était sa priorité, il n’avait jamais visité cette partie de l’hémisphère. Il en avait toujours rêvé de cette escapade, il la racontait dans les cartes postales qu’il envoyait à sa vieille mère. Il lui écrivait régulièrement, savait qu’elle devait les collectionner et à chaque fois penser, encore une. 

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Les oulimots de Béroalde :

A l’approche du matin, la tempête redouble de violence. L’arbre tient bon, je l’ai choisi pour sa solidité et la vue qu’il me donne sur l’océan, mais la cabane est bien près de céder. Les murs de planches prises à l’épave de la chaloupe, que je m’étais appliqué à calfeutrer de mousses et de goémon grincent et craquent sous les bourrasques. J’espère encore, tremblant de froid sur ma couchette, la venue d’une accalmie, mais la force du vent augmente toujours. Je sais que jamais je ne retrouverai le courage de reconstruire aussi haut dans les branches, malgré la priorité que je m’étais fixée de garder les yeux sur l’horizon. Il reste de toute façon désespérément vide, si loin de toute route maritime. 

Quand la tempête aura cessé, et si j’y ai survécu, il faudra que je retourne sur la plage. Avec du bois flotté et des galets, je reformerai les trois lettres géantes que jusqu’ici aucun avion n’a vues : S. O. S.

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Les oulimots de Dick :

Le temps est particulièrement moche aujourd’hui et je n’ai qu’une envie : rentrer me calfeutrer chez moi, prendre une douche brûlante et m’effondrer sur le canapé avec du Bach dans les oreilles et une tasse de thé dans la main.

La route entre mon bureau et chez moi n’est pas longue et ma priorité est de perdre le moins de temps possible entre ces deux points. Je me laisse pourtant distraite par le cul qui chaloupe devant moi. Large et rond, il appartient à un petit bout de femme aux cheveux très courts auquel je succombe immédiatement. 

Vais-je, comme toujours, passer mon chemin et ne garder qu’un souvenir fugace de ses rondeurs ? Non, pas cette fois encore. Je presse donc le pas pour la retrouver.

Je n’ai que quelques mètres à faire. Elle m’attendait visiblement. Elle me sourit.

— Tu viens Chéri ? Pour deux cents balles on va se mettre au chaud un bon moment tous les deux. 

Une professionnelle. Je n’ai jamais eu à faire appel aux services de l’une d’entre elles. Et pourtant, là, sous cet arbre, cela me semble tellement évident d’oublier un peu ma vie dans ses bras. 

Je lui rends son sourire. Je ne vais finalement pas suivre mon programme à la lettre et c’est tant mieux.

Le blog de Dick

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Les oulimots de Ssaara :

Je suis ta route 

Sur mes chemins secrets

Au tracé toujours parfait 

Viens suivre la sente

Qui chaloupe en secret 

Dans tes pensées je suis calfeutrée 

Tu sais que tu as la priorité 

Et qu’entre arbre et buisson moelleux 

Le voyage sera encore mieux 

Cette lettre mon voyageur

Pour te dire qu’encore et peut être à jamais 

Nous tracerons ensemble les virages 

Vers notre destination commune

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Les oulimots de Gabriel Kevlec :

Théâtre de rue

Louve urbaine juchée sur des talons aiguille, elle a la démarche en chaloupe, animale, prédatrice. Sur le sentier qui serpente hésitant entre les arbres centenaires, ses longues jambes gainées de noir se croisent, se frôlent, affolant mon regard et mes respirations. Je crois sentir dans l’air les effluves d’une fragrance brune, un parfum riche traçant une route olfactive entre elle et moi. Ses longs cheveux d’obsidienne balancent en rideau de théâtre, et je deviens l’acteur au trou de mémoire, rêvant de m’y calfeutrer pour ne jamais refaire surface. Ferré, hypnotisé, je coupe la priorité à un cycliste qui m’envoie quelques verbes fleuris dont j’attrape les lettres enragées pour composer une déclaration. Mais que dit-on à une inconnue que l’on croise pour la première fois, dont on n’a jamais vu le visage ? Lui dit-on que son empreinte restera toujours gravée sur l’écran de sa mémoire ? 

Les jérémiades du vététiste arrêtent sa course, et lorsqu’elle se retourne, son regard aspire tout l’oxygène de mes poumons, du parc, du monde entier. Sur son cou gracile qu’un léger chaume vient joliment ombrer, le sursaut d’une pomme d’Adam proéminente marque sa déglutition. L’œil alourdi de mascara m’envoie un clin d’œil. 

En matière de théâtre, il semblerait que j’ai encore beaucoup à apprendre…

Le blog de Gabriel Kevlec

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Calfeutrer le navire est évidemment une priorité pour pouvoir prétendre poursuivre la route sans risquer de finir dans la chaloupe jetant une bouteille à la mer contenant sa dernière lettre dont l’on ne saura jamais ce qu’elle deviendra, même si l’on espère toujours qu’elle arrivera encore à terre, près d’un arbre.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Quand te décideras-tu à calfeutrer cette porte ? Encore une fois, tu n’as rien fait, l’hiver viendra et j’aurai toujours aussi froid dans cette vieille maison.Tout que je peux réclamer reste toujours lettre morte. A croire que ta priorité c’est d’aller courir les filles ou de tailler la route.
Tu n’as rien à faire de ta pauvre mère. Ce n’est pas toi qui est coincée sur ce fauteuil roulant. Maudite soit cette plaque de verglas qui a provoqué une sortie de route contre un arbre. Pourtant la soirée avait si bien commencée, le dîner à « La Chaloupe » avait été un délice et le désir réciproque de connaitre une nuit torride se lisait dans nos yeux.
Hélas ton pauvre père est mort sur le coup et moi jamais plus je ne pourrai marcher.
Ne pars pas si tu me laisses seule, je fous le feu à la maison.

Texte inspiré du personnage de Stéphane Audran dans « Poulet au vinaigre »

Oulimots 2021S15 : une contrainte en cachette.

Mots contraints : Ouvrir, blessure, magnifique, course, cachette, choix, version, nouveau, même

Les oulimots de Gérald :

Retrouvailles. 

A nouveau, je voulais la revoir, pour cela, je m’étais inscrit à une course à pieds près de chez elle, malgré une blessure encore bien présente.

Pour cette épreuve, les organisateurs voulaient que l’on participe déguisé. Pour cela, j’avais acheté en cachette ,pour lui faire la surprise, une magnifique perruque version licorne, son animal fétiche.

Même si j’avais le choix du parcours entre un 10 kms et un semi marathon, j’avais privilégié le semi qui passait juste devant chez elle.

Je m’imaginais passant devant sa maison, la voyant ouvrir sa fenêtre et me reconnaissant avec ma perruque.

Ce serait le bonheur. 

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Les oulimots de Bruneline :

Non il ne faut pas ouvrir cette porte!!

Laisse moi juste montrer ma version magnifique. Celle où je suis moi en mieux. Celle où jamais ma course ne s’arrête. Celle où je souris sans blessure. Celle où tous les choix sont encore possibles. Mais ce n’est pas vrai, ce n’est pas nouveau… Je veux rentrer dans la cachette où même toi tu ne peux pas aller quand je suis épuisée, recroquevillée.

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Les oulimots de Fran :

De ses doigts en ciseaux, elle vient d’ouvrir son sexe, blessure magnifique qui découpe le bas de son ventre. 

Je m’assois en face d’elle, ne pouvant pas détacher mes yeux de sa béance. Même le temps doit interrompre sa course devant un tel spectacle me dis-je. 

Son clitoris est sorti de sa cachette et darde fièrement dans ma direction, ne me laissant pas d’autre choix que celui d’honorer cette sublime version vivante de l’Origine du Monde.

Cette façon qu’elle a de s’offrir à moi n’a pourtant rien de nouveau. C’est même devenu un rituel entre nous. Il n’en demeure pas moins que c’est un perpétuel émerveillement pour moi.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Ssaara :

Elle était là, dans ce lit d’hôpital, emplie d’une panique qui conférait à la douleur, d’un sentiment mitigé de soulagement et de terreur.

Bientôt le médecin allait ouvrir les pansements qui, encore, dissimulaient la blessure que quelques jours avant le bistouri avait générée.

Elle avait tant pleuré en cachette, à la terrible perspective de voir sectionnés d’elle ceux avec lesquels elle avait frémi, aimé, nourri ses bébés, ceux qui contribuaient tant à la faire femme.

Mais il n’y avait pas le choix : la course pour la vie avait commencé quelques mois plus tôt avec la pose de la chambre implantable et les instillations si délétères de poison destiné à tuer le crabe qui grignotait ses tendres globes blancs de l’intérieur.

Elle n’était déjà plus que la moitié d’une femme ,sans cheveux, faible et amaigri. Et, aujourd’hui, son torse, hier encore si rond et doux, avait été rayé de la carte.

Il allait bien sûr y avoir une version nouvelle de Ssaara, une œuvre de réparation du magicien en blouse verte. Mais allait-elle savoir adopter ces pièces de consolation ?

Elle ne savait pas encore qu’un jour la vie redeviendrait, magnifique, et que, femme, elle le serait encore et plus encore.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Au risque d’ouvrir une vieille blessure, mais je ne suis nullement responsable du choix de mots pour ce soir, un magnifique choix au demeurant, je voudrais évoquer un sujet sensible. Je n’évoquerai certes pas le fait que j’ai cessé la course à pied depuis déjà quelques mois, ni les jouets potentiellement rangés en quelque cachette, mais mon choix de cesser d’écrire ou de publier, il y a déjà quelque temps, après l’échec de la dernière version de mon format de publication qui finalement n’est pas si nouveau et même un peu trop classique.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Ouvrir un pot de confiture et se faire une blessure. 

Magnifique temps pour cette course en marchant. 

Tu as trouvé une cachette ? Ici il n’y a que l’embarras du choix dans cette maisonnette.  

Cette version n’a rien de nouveau, on dirait la même version 2.0. 

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Les oulimots d’Alexandre :

Merde ma blessure est en train de s’ouvrir, je ne vais pas pouvoir aller loin avec cette entaille au ventre. Les chiens vont vite retrouver ma trace.

Mais je n’ai pas le choix, il faut que je trouve une cachette pour la nuit avant de reprendre à nouveau ma course pour échapper à ce fou de Zharoff.

Comment ai-je pu croire à cette magnifique version d’un emploi de gouvernante payée rubis sur ongle ? Même pas vrai… Pourquoi faut-il que je sois toujours aussi naïve ?

En attendant cours de toutes tes forces !

Oulimots 2021S14 : une contrainte savante

Mots contraints : Aimables, têtus, lâches, bourbeux, vils, enchanté, riche, savant, chimiste, répugnants

Les oulimots de Ssaara :

Adeline avait décidé d’affronter son riche savant chimiste de père . 

Elle avait convenu de l’informer qu’elle allait partir avec le gentil Adrien, dont celui-ci ne voulait pas entendre parler, un poète ne pouvait être acceptable aux yeux de son trop conventionnel paternel. 

Il n’avait en effet rien à voir avec les répugnants prétendants auxquels il essayait vainement de la marier.

A ses yeux ils n’avaient rien d’aimable ces vils et lâches carriéristes qui ne voyaient en elle que la fille de, une garantie de belle carrière dans le laboratoire de leur supposé futur beau père.  

Ils étaient cependant aussi têtus l’un que l’autre et rien de l’empêcherait désormais de se construire une vie enchantée auprès de l’élu de son cœur, et non un avenir sombre et bourbeux auprès d’un homme qu’elle n’aimerait jamais. 

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Les oulimots de Fran :

Lécher son cul rendu bourbeux par ma semence et  lâche par les va et vient de ma queue : d’aucuns pourraient trouver cela répugnant. Eh bien moi j’en suis enchanté et il ne faut pas être un grand savant pour comprendre qu’elle apprécie cette aimable attention. 

Notre relation est riche de ces actes que les puritains disent vils. Et, pour peu qu’on essaie de nous convaincre de revenir sur le droit chemin des amours policées, comme nous sommes têtus, nous nous enfonçons un peu plus dans le stupre.

C’est la magie du contact de nos deux peaux, celle qu’aucun chimiste ne peut reproduire dans ses éprouvettes. Et c’est tant mieux. 

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Les oulimots de Starkette :

Je trouve cette liste de mots répugnante. Je ne vais pas faire ma têtue, je ne vais pas être lâche mais juste rester aimable pour écrire ce texte pour les oulimots. Je vais éviter les chemins bourbeux des mots savants et même si mon vocabulaire n’est pas assez riche, je ne suis pas enchanté de ce que j’écris. Je pense que je ne fais pas trouver une formule magique de chimiste pour vous passionnez par mon écriture. Sachez que je n’ai pas pas de vils sentiments envers la personne qui a choisi ces mots là.  

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Ils sont vraiment aimables, cependant si têtus, certains les disent lâches, et à l’esprit bourbeux, peut-être même vil, mais pas moins enchantés, avec un cerveau riche, et foutrement savant.

Ce sont de vrais chimistes, point du tout répugnants.

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Les oulimots d’Alexandre :

Ah les lâches, les répugnants, se faire du fric sur le dos de la misère humaine, quels salauds  ! Ils sont nombreux à profiter en ces temps de pandémie, de la crédulité des gens.

Se vanter d’être un savant de renom, chimiste de son état et promettre un remède miracle disponible immédiatement, cela devrait être interdit. Il aurait mieux fait de rester dans sa fange, les pieds bourbeux. Mais penses-tu, les réseaux sociaux  plus vils que jamais ont saisi leur flûte enchantée et les médias lui courent après tous plus aimables les uns que les autres pour obtenir une interview.

Les faits ont beaux être têtus prouvant que son remède est de la poudre à perlimpinpin, j’en connais un qui est devenu riche pour notre plus grand malheur, comme si le bicarbonate de soude pouvait tous nous guérir.

Oulimots 2021S13 : une contrainte brute.

Mots contraints : Beurre, fruit, fluorescent, moisi, unique, démon, frais, ornement, brut. 

Les oulimots de Lib Noa :

Jour 666

Le jour du Démon

Je soulève les rideaux en plastique à l’entrée de la serre. Le dernier tube fluorescent au plafond grésille, il faudrait que je le change. Si j’en trouve un neuf, ou tout du moins un qui fonctionne. Je parcours du regard les quelques branches desséchées qui ont survécu au manque cruel d’eau. Le poirier a donné ! J’imagine déjà le jus frais et sucré qui m’emplit la bouche. Je saisis avec enthousiasme l’énorme poire à la peau rugueuse et mes doigts entrent dedans comme dans du beurre. Le premier et dernier fruit de la saison a déjà moisi. Sale journée. 

Puis merde, on va pas se laisser abattre. J’emballe la poire pourrie dans un filet de pêche qui traînait là, y plante des bouts de bois brut pour la transformer en hérisson, et fixe le tout avec du fil du fer, au bandeau qui dégage mon front de ma tignasse hirsute. Je marche avec fierté, cet ornement sur la tête comme unique coquetterie. Certes, il n’y a plus personne en ce monde pour me voir, mais la folie est une douce compagnie.

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Les oulimots de Fran :

L’industrie agro-alimentaire ne sait plus quoi inventer. 

La dernière en date : le beurre qui devient fluorescent quand sa date de péremption approche. Soi-disant pour éviter de le consommer moisi. Ben voyons. 

Je ne sais quel démon m’a pris de l’utiliser comme lubrifiant lors de ma dernière rencontre. Peut-être était-ce parce que c’était l’unique moyen que j’avais de répondre à sa demande d’un moment de sexe un peu plus brut qu’à l’accoutumée.

Taper dans la plaquette c’était tellement plus « roots ». 

Mais à présent j’en suis pour mes frais. J’ai la queue qui brille la nuit et je me serais bien passé de cet encombrant ornement.

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Les oulimots de Starkette :

Non ce n’est pas une blague moisie, nous sommes bien le premier avril. C’est un jour unique ou les pires démons vont s’en donner à cœur joie et récolter les fruits frais de leurs blagues. Parfois vous recevrez l’ornement fluorescent ou pas d’un poisson malicieusement accroché dans votre dos. On vous caressera dans le sens du poil, on vous le collera et ça passera comme dans du beurre. Sachez bien que ça ne sera pas brut de décoffrage mais tout en finesse que vous vous ferez avoir. 

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Je voudrais le beurre et l’argent du beurre

Mais je devrais me lever de bonne heure

Afin de mon travail cueillir le fruit

Montrant par mes vers que je suis instruit

Mais sans tracer de mots fluorescents

Comme lorsque j’étais adolescent.

Une odeur de moisi

Loin de la bourgeoisie

Cela serait unique

Mais quelque peu inique

Cédant à un démon

Moins pur que Salomon.

 Mon pseudo-poème n’est pas très frais

Et devrait de cacher dans un coffret

Décoré de fabuleux ornements

Pour y rester caché peinardement

Car je vous l’ai livré quelque peu brut

De décoffrage et de manière abrupte

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Les oulimots de Lady Annia :

J’allume le néon fluorescent à l’entrée de la cuisine, j’ouvre le frigo à la recherche du pot de beurre de cacahuètes que j’avais acheté il y a une semaine, et je me rends compte que ma colocataire l’a fini sans aucune gêne ! 

Je vois qu’il y a plusieurs bouteilles de champagne brut, un fruit moisi que je n’arrive pas à identifier et quelques légumes frais .

Je me dis qu’un bon smoothie c’est un bon choix, surtout si j’ajoute du laurier, qui est un arbre d’ornement en plus d’être une plante aromatique.

Je t’entends m’appeler et, en prenant une des bouteilles de champ, je décide de retourner dans le lit te rejoindre toi, le seul et l’unique qui nourrit mon corps, en faisant ressortir le démon qui l’habite.

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Les oulimots d’Alexandre :

Bon sang ! Quel démon d’entre vous a laissé le beurre sorti ? Mais ce n’est pas possible !

Hier c’étaient les fruits abandonnés derrière le frigo que j’ai retrouvés moisis, aujourd’hui le beurre et demain qu’est-ce que ce sera ? Hein ?

Sachez garnements que la nourriture ne se gaspille pas. Si je m’efforce avec mon unique salaire de vous acheter des produits frais, ce n’est pas pour qu’ils servent d’ornement ou qu’ils se retrouvent à la poubelle.

C’est le seul moyen d’éviter des produits industriels qui contiennent je ne sais combien de produits qui rendent la peau fluorescente

Oui, parfaitement , fluorescente ! Je l’ai vu sur les réseaux sociaux. Je crois même que c’était une vidéo en ligne de Brut si ma mémoire ne trompe pas.

Mais bon, votre pauvre mère n’a pas toujours sa tête, cochonnerie de médicaments…