2K20S5 : une contrainte colorée

(Image by Aaron on Flickr)

Mots contraints : vertige, absinthe, vert, cru, biffeton, tapis, baraka, demi-castor, olive.

Les oulimots de Des mots et désirs :

Les jeux sont faits

J’ai la baraka. Elle a les yeux vert olive, qui me font craquer. Bonheur suprême, ils brillent littéralement d’intelligence. Le jeu en vaut la chandelle. La mienne, pour le coup, n’est pas morte. Pris de vertige, je feins de contempler mon morceau de sucre qui fond grain à grain au travers de la cuillère, avant de se mélanger voluptueusement à l’absinthe. Bien qu’elle ne voie pas que je la dévore des yeux, elle sent que je l’observe. Elle joue la demicastor, se tend, se cabre, mais tout en elle se cambre. Sa tête se relève. Elle se met sur la pointe des pieds. Ses fesses se tendent en arrière. Je lui dis tout cru : « Veux-tu être ma salope ? » Son regard vacille, part en vrille. Elle frétille. Puis se mettant à genou sur le tapis et levant les yeux, elle me lance d’un air de défi : « Les biffetons je m’en fous. Je veux sentir votre queue. Librement. Parce que je le veux et le choisis. Prenez-moi s’il vous plaît. » Son regard se baisse en signe de soumission. Rien ne va plus. Amour. Paire. Et manque.

Le blog de Des mots et désirs

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Les oulimots de Ludoludic :

J’arrive devant le club, la baraka. La porte s’ouvre et j’entre. Le portier m’indique les escaliers à prendre. Je les descends et arrive sur un tapis vert qui, en le suivant, m’emmène au bar. La taille du lieu ne me donnera pas le vertige tant c’est cosy et intimiste. La barmaid arrive et me tend la carte. Elle est composée principalement de vins de grand crus. C’est vraiment un lieu très atypique qui accueille le demi-monde, demi-castors comme demi-mondaines. Je regarde dans ma poche les biffetons qui s’y trouvent, commande un verre de vin et un d’absinthe alors que la barmaid dépose une coupelle d’olive devant moi.

Le blog de Ludoludic

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Les oulimots de Faffwah :

Je n’y aurais jamais cru. Jamais mis un biffeton dessus. Elle qui, au lycée, était gaulée comme la Olive de Popeye, avait, depuis, acquis des rondeurs à donner le vertige. Et s’il n’y avait que ça. Ou alors j’avais mal vu à l’époque. Mais ses iris avaient des reflets verts qui, à l’instar de l’absinthe que je sirotais tranquillement jusqu’alors, étaient en train de me rendre fou alors qu’elle me dévisageait en silence.

Nous nous étions retrouvés par hasard. Et c’est elle, devenue bombe anatomique, qui m’avait reconnu et alpagué pour ce verre. Et j’avais mis cette rencontre inopinée sur le compte de cette baraka insolente qui me collait aux basques depuis quelques jours. Tout ce que je touchais semblait se transformer en or et aucun obstacle ne me résistait. Et, maintenant, c’était elle qui refaisait surface avec ses armes de séduction massive. Il me fallait l’avoir. Et pour ça j’étais prêt à lui dérouler le tapis rouge. De ce bar où nous nous trouvions jusqu’au bout du monde si elle le voulait. Peu m’importait. Elle m’avait littéralement ensorcelé.

Je n’avais pas deviné à ce moment qu’elle était devenue un demi-castor ni qu’elle allait faire de moi son oncle d’Amérique.

Et, maintenant qu’elle m’a ruiné, la voilà qui s’en va chasser un nouveau pigeon. Et moi, assis dans le caniveau, je pleure un amour auquel j’ai cru et qui n’était qu’intérêt et, sûrement un peu aussi, sombre revanche sur notre adolescence.

La chance avait tourné. Je ne l’avais pas vu venir.

Le blog de Faffwah

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Les oulimots d’Alexandre :

Sur le tapis vert, les biffetons s’accumulent, comme si tous les joueurs de ce tripot clandestin avaient misé la plus forte somme dans le but de déstabiliser l’adversaire et de lui donner le vertige.
A ce jeu l’homme habillé en noir qui sirote tranquillement un verre d’absinthe est le plus fort et le public massé autour de la table commente son insolente réussite : « Quelle baraka, comme disent les Anglais : il a la chance du diable ! ». A ses côtés se tient admirative une femme à la chevelure flamboyante qui porte une robe en moire et velours de couleur olive. Derrière les apparences de grande bourgeoise, les habitués du lieu ont reconnu Eléonore, un demi-castor, une comédienne qui avait cru à ses débuts aux flatteries des directeurs de théâtre attirés par sa virginité aujourd’hui flétrie.
A la fin de la partie, l’homme en noir rafle la mise et part avec la coquette à son bras.

 

2K20S4 : une menue contrainte

Mots contraints : mensonge, ménagerie, ménine, mendier, menottes, menstruelle, mentionner, mentale, menue.

Les oulimots auto-contraints de Camille Sorel :

Tu es si jolie avec tes épaules maigres. Ton regard est brillant comme un onyx poli. De loin, poupée menue, et de près, jeune jaguar. Tu n’es pas d’une espèce à vivre en ménagerie. Parfois, tu me regardes. L’instant est suspendu après une moquerie. Je t’imagine déjà ramasser tous tes muscles et viser mon gosier pour y planter tes crocs. Et tu éclates de rire devant mon air inquiet !

J’aime notre duo. Je suis la fille sage que tout le monde croit simple. Je trompe les crétins avec mon apparence. Seule ma longue chevelure qui n’est jamais coiffée empêcherait de croire que je sors de la messe. Une sorte de ménine en porcelaine peinte : je reste posée là, je fais dans la déco. Quelqu’un pour un napperon ?

Toi, tu marches à grands pas, les cheveux courts au vent. Chaussée de godillots sur un jean trop serré, tu portes des tee-shirts d’homme dont tu étires le col jusqu’à les faire tomber plus bas que ton épaule. Depuis que tu es femme tu ajoutes une veste de costume masculin. Tes yeux verts de panthère toujours cernés de noir, tu sens les épices, la vanille, la muscade. Quand tu passes, on se retourne. Quand tu parles, on se tait. Ta colère est crainte, ton avis respecté.

On avait seize ans quand on s’est rencontrées. Tes menottes nerveuses aux doigts cernés de bagues faisaient tourner un Bic sur la table recouverte de trous et graffitis. Je faisais bonne figure à notre professeur qui mendiait l’attention quand tu m’as regardée : « Eh ! Tu t’appelles comment ? ». Une seconde après : « J’aime pas ceux avec qui tu traînes. Tu manges avec moi ce midi ? ». Je ne les aimais pas non plus. Je tombais amoureuse.

Tu te moquais des usages et du qu’en dira-t-on. Tu pouvais cribler d’insultes, cogner sans avoir peur, clamer ce qu’on chuchotait. Une période menstruelle, un mec de Terminale qui baisait super bien ou bien la connerie des filles populaires qui se déplaçaient en bande dans la cour du lycée.

Ma mère ne t’aimait pas. (Elle t’aimera plus tard quand tu seras médecin.) Quand je mentionnais ton nom sa bouche se pinçait : « Je ne veux pas que tu la voies. Elle est de mauvais genre ». Tout ce qui me fait vibrer, ma mère ne l’aime pas.

On ne se quittera plus jusqu’à ce que tu te ranges. On vivra même ensemble dans une petite maison pour se séparer juste avant d’être mères, ventres ronds, à regret. Les rumeurs de lesbianisme se turent peut-être là. Je crois que nos seuls mensonges seront juste des non-dits. Comme le plus long de tous : mon silence, depuis plus d’une année. Je me terre, je me cache. Tu es tellement forte, tu as tant d’énergie ! Comment comprendrais-tu qu’à chaque fois que je me lève, je retombe à nouveau ? Toi, tu réussis tout. Je n’ose t’avouer que je ne sais pas vivre. Une phrase me tient, une promesse mentale : un jour, dans un jardin, nous regardions nos fils et je venais de te dire un grand secret sur moi. Tu n’avais pas cillé. Tu as eu ce silence qui me pend à tes lèvres et as asséné : « Camille. Je veux te voir chez Busnel, au boulot ».

Le blog de Camille Sorel

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Les oulimots de Faffwah :

Stan Getz et Luiz Bonfa bercent ma soirée avec leur « Jazz Samba Encore ». Et ces airs, doux et entêtants à la fois me donnent envie de m’ouvrir à vous, me poussent à la confidence. Peut-être parce que je suis un peu à leur image.

Je ne vais pas vous raconter de mensonge : je ne serais pas vraiment le lion dans une ménagerie et c’est peut-être mieux comme ça. C’est tellement peu moi de rugir. Quitte à être félin je serais plutôt chat. À m’offrir aux caresses et puis à ronronner. Me mettre sur le dos, un regard implorant : c’est ma façon à moi de mendier de l’amour. Et, quand une menotte me gratouille le poil, je suis le plus heureux. Cette forme d’affection, si menue soit-elle, et le Roi n’est pas mon cousin.

Je ne sais être animal qu’ainsi. Mais n’oublions pas de mentionner que je ne fais que pattes de velours, me frottant à vos jambes sans jamais sortir mes griffes. Et que, s’il vous arrive de saigner avec moi, la raison n’en sera qu’une période menstruelle. Pas parce que je vous aurai blessée. Enfin je l’espère. Car ce serait une réelle souffrance mentale que d’imaginer que j’ai pu vous faire du mal de quelque façon que ce soit.

Comme le chat j’aime que l’on s’occupe de moi. C‘est un fait avéré. Mais, dans la mesure de mes moyens, je fais tout afin de le rendre au minimum au centuple. Toujours aux petits soins je serai près de vous et vous serez au centre de mes attentions.

Voilà. Menina Flor vient de s’achever au moment même où je repose la plume. Faut-il y voir un signe ? Je crois que oui. Car c’est grâce à cette chanson que je suis arrivé à ce disque et je lui voue une affection tout particulière. Elle est une belle conclusion à mes aveux du soir.

Le blog de Faffwah

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Les oulimots de Ludoludic :
Cessons de dire des mensonges,
De mendier nos songes.
Vidons la ménagerie !
La menue ménine utilise ses menottes mentales,
Pas pour ses contraintes menstruelle, mais pour mentionner la vérité.

Le blog de Ludoludic

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Les oulimots de Alexandre :

« Mensonge ! foutaises ! » Cria-t-elle.

« Que crois-tu ? Que je vais mendier le droit de partir ? Mais je fais ce que je veux de ma vie ! Je ne suis pas un animal sauvage que l’on expose dans une ménagerie, encore moins une soumise que l’on attache avec des menottes ! »

« Tu peux lever les yeux au ciel, penser que ma colère est due à une hystérie menstruelle ou à je ne sais quelle perturbation mentale Cette fois-ci c’est fini, tu n’iras plus parader en me tenant par le bras, te vantant de sortir avec une jeune Espagnole d’origine noble. Inutile de me susurrer « Ma ménine, mon sucre d’orge… » cela ne prend plus ! »

« Et n’approche pas ! Toute menue que je suis, je suis encore capable de t’envoyer un coup de pied dans ce que tu as de plus précieux. »

« Ce serait dommage de devoir mentionner à ta prochaine conquête que tu ne bandes plus ! »

2K20S3 : une contrainte chahutée

(Photo by Denis Collette on Flickr)

Mots contraints : Bourrasque, chiasma, confiture, mièvre, chahut, visite, inspecter, ritournelle, clopiner.

Les oulimots auto-contraints de Bruneline :

En ce premier jour de décembre, le ciel gris posait son couvercle sur sa tête déjà lourde. Une bourrasque de vent s’engouffra sous son trench, faisant frissonner la bande de peau douce. Elle avait la tête ailleurs, elle rêvait de ritournelle au coin du feu, de mots doux et sucrés, presque mièvres en dévorant des tartines dégoulinantes de confiture… elle suivait les méandres de son esprit, au chiasma de ses pensées pour lui il y avait toute cette douceur mais pas que…il y avait toute une branche bien plus sombre où elle souhaitait qu’il vienne en visite pour inspecter ce qui se trouve sous ce gros pull rose. Que la pièce soit la toile de leur terrible chahut et qu’elle en ressorte en clopinant sans que ce soit la faute d’un petit caillou dans ces jolies chaussures.

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Les oulimots de Faffwah :

Je suis pris dans une sorte de bourrasque émotionnelle. Et seul, pour le moment, un chiasma de sentiments pas vraiment officiels peut faire en sorte que je ne sois pas emporté. Et je l’ai plus ou moins consciemment cherché .

Car, reconnaissons le, je vivais des existences multiples et j’ai été pris sur le fait, les doigts dans le bocal de confiture. Un flagrant délit que je n’ai même pas cherché à éviter. J’aurais pu décliner cette visite, sachant tout le chahut qu’elle pouvait générer. Car je me doutais bien que Madame ne se priverait pas d’inspecter le moindre recoin de ma vie d’ici.

Et ce qui devait arriver arriva.

Mais au moins c’en est fini de cette ritournelle un peu mièvre de laquelle je ne savais pas comment m’échapper. Et, même s’il me faut clopiner de logement incertain en boulot de fortune, je me sens libre. Heureux d’assumer enfin des passions que le commun des mortels réprouve.

Le blog de Faffwah

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Les oulimots de Ludoludic :

Je l’attends sur le parking. Les bourrasques de mistral rafraîchissent l’air déjà rendu glacial par les basses températures. Dans ma tête, comme une ritournelle, repassent les échanges de la semaine alors que, autour de moi, le chahut des voitures qui entrent et sortent du parking n’arrête pas.

Je la vois enfin arriver.

Elle porte une petite jupe courte, une veste et une écharpe. Un sourire mièvre l’accueille ainsi qu’un baiser. Elle est venue pour une courte visite, nous n’avons pas de temps à perdre et nous n’avons pas le temps de clopiner. Nous nous dirigeons donc rapidement vers mon appartement. 

J’ouvre la porte et pas un mot ne sort de nos bouches. Elles n’ont envie que de s’embrasser, sont attirées l’une par l’autre. Je lui donne un fougueux baiser qu’elle me rend. Une main caresse son corps à peine la porte fermée. Elle arrive entre ses cuisses. J’inspecte. Pas de culotte. Oh surprise, aucune barrière n’est donc là pour empêcher mes doigts de la caresser.

Une de ses mains ne se gêne pas pour descendre sur mon jean et ouvrir le zip. Ses doigts se glissent à l’intérieur et elle attrape mon membre qui commence à se raidir. Je ne suis pas en reste avec les miens qui jouent avec son sexe et sont très vite humide. Nos lèvres, elles, continuent de rester collées les unes aux autre…

Nos mains se baladent sur nos corps encore habillés. Puis je la dirige vers mon lit et l’allonge tout en continuant à l’embrasser. Je commence à la déshabiller, lui retire sa jupe et son pull. Dans le même temps je retire ma chemise et mon pantalon.

Elle se place sur le rebord du lit et écarte les jambes. Je plonge ma tête entre ses cuisses. Ma langue passe sur son sexe. Elle est déjà très excitée. Il y a déjà une coulure de mouille dont je me délecte. Son goût est aussi doux que de la confiture de lait. Ma langue s’active sur son bouton de plaisir et mes doigts s’agitent en elle. Elle gémit de plaisir, m’attrape par les épaules et me demande de remonter. 

« Prends moi » me murmure-t-elle.

Je m’exécute. Nos corps s’entremêlent tel un chiasma. Ils bougent ensemble, en harmonie. Et, dans un plaisir simultané, nous jouissons ensemble…

Le blog de Ludoludic

2K20S2 : une contrainte touristique

(Photo Eva Court on Flickr)

Mots contraints : majorité, photo, chemin, touriste, parfum, théâtre, gué, santé, mémoire.

Les oulimots de De La Vega :

En matière d’amour, chacun compose avec son idéal…

Il y a ceux qui arpentent le chemin à la façon dont les touristes s’émerveillent des moindres détails. « Oh ! Cette vue est sidérante ! »,« Regarde le magnifique papillon », « bon, on y va ? » Ceux-là collectionneront les photos de points de vue sans trop s’y attarder mais auront l’intime conviction qu’il était nécessaire de passer au suivant.

Sur le même chemin, d’autres choisiront de ne pas s »égarer, besogneux sentimentaux, happés par un parfum rassurant, les chemins de traverse ne seront que rarement empruntés. Appelons les « randonneurs de l’amour », infatigables petits cœurs regardant leur pied pour s’assurer d’une marche sans encombres.

Il y a ceux qui s’embarquent dans une grande pièce de théâtre. S’inventant des rôles au gré des rencontres, ils finissent par se perdre. Ils ne seront jamais nominés ou primés au titre de couple de l’année. Et pour cause ! ils ne veulent que des seconds rôles.

Il y a ceux qui attendent… obnubilés par LA rencontre qui changerait leur vie. Ils font le gué, patiemment ou non, résolus ou pas, mais prêts à tirer. Mais savent-ils encore ce qu’ils attendent ? L’ont-ils jamais su ? Sauraient-ils le voir ?

Et puis, il y a ceux qui n’attendent plus. Sans réels espoirs, ils projettent leurs souvenirs sur un quotidien incomplet. Mémoire en diapositives à servir au dessert. Peut-être auront-ils, pour certains, la chance de redonner vie à du sépia de fond de tiroir…

J’en oublie sûrement, mais dans une grande majorité il y a surtout ceux qui, comme le disait Mandela,« ne perdent jamais…mais gagnent ou apprennent. ». Il y a surtout ceux qui ont entendu la consonance entre « santé mentale » et « sentimental ».

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Les oulimots de Ludoludic :

Alors que nous cherchions un petit coin durant notre balade le chemin nous fit passer par dessus le cours d’eau par un petit gué. C’était une jolie forêt et nous trouvâmes un petit coin calme pour pouvoir faire nos photos. Alors qu’elle se déshabillait, j’admirais les arbres au dessus de moi. De mémoire il y avait une majorité de pins. Elle s’installa sur le drap posé la, ce drap témoin du théâtre de nos ébats passés.

— Bon il est temps de commencer, tu t’es pris pour un touriste à regarder autour de toi ?

Je m’approchai d’elle et posai un baiser dans son cou. Le parfum de la forêt et de la voir ainsi me redonnèrent de la santé et de l’énergie. Mes lèvres ne purent s’arrêter de l’embrasser pour descendre jusqu’à son intimité.

Le blog de Ludoludic

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Les oulimots de Pidgy :

En avant Nouzôtres !

Je suis un touriste.

Un touriste de la vie. Je suis mon chemin, cahin-caha, et j’emplis ma mémoire de souvenirs. La majorité, que dis-je, la totalité est constitué de bons moments. Pourquoi retenir les mauvais ? Ils sont passés, ramassés, oubliés : je me fous du passé !

Dans ce théâtre éphémère qu’est notre passage sur la terre il faut saisir, si on le peut, la photo du bonheur. Pas facile à faire. Le hasard est souvent joueur mais le bonheur est toujours à portée de main. Son parfum nous entoure en permanence. Il suffit de fermer les yeux pour le percevoir. Parfois il suffit de franchir un petit gué pour le trouver sur l’autre rive du fleuve de notre vie.

Quoi qu’il en soit, j’ai décidé, comme l’a indiqué un philosophe il y a bien longtemps, d’être heureux parce que c’est bon pour la santé !

Le blog de Pidgy

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Les oulimots d’Anaïs :

C’est le même vallon. Et la même lumière à cette heure en juillet. Loin du sentier balisé dévolu au touriste, je vais à la rencontre des cendres d’un rêve. Au détour du chemin qui épouse la rive, je sais qu’il faut descendre le talus, avancer et encore se pencher, presque au point de tomber à l’eau. Là, on aperçoit les galets qui affleurent, à une enjambée à peine. C’est par ce seul passage, dissimulé, exigu — pas même un gué — que s’offre la clairière en demi-lune baignée par la rivière.

Au milieu du théâtre de frênes et de noisetiers, trône le retable de granite moucheté de quartz. L’autel sur lequel nous avons sacrifié nos enfances, dans les rires et le sucre.Le sucre et le sel.

Je sors de ma poche le papier de soie. J’en tire l’épreuve jaunie dont les bords dentelés sont restés presque coupants. Sur la table de roche où tu m’a tout appris du privilège et de la douleur d’aimer, je dépose le cliché. Comme une offrande libératrice. Comme un adieu.

Mon vieux Leica a décidément une toute autre mémoire que moi : sur la photo, nue, ruisselante d’eau vive et de soleil, tu as tous les dehors de la bonne santé. Je pourrais croire que ton parfum d’amande et de clémentine donne ses couleurs à l’image et imprègne mes doigts.

Mais il ment. Il ne dit rien du crabe déjà tapi dans ton ventre, qui le jour même de ta majorité, allait recracher ton cadavre décharné.

Le blog d’Anaïs

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Les oulimots de Faffwah :

Elle avait réussi à me tourner la tête dès la première fois que nous nous vîmes.Une rencontre qui se fit dans de bien troublantes circonstances

Elle était maîtresse de cérémonie et moi novice, touriste presque, dans un monde dont j’ignorais quasiment tous les codes. Mais j’avais osé franchir le gué. Et quelle ne fut pas ma joie ce soir là d’avoir son attention. Ses attentions devrais-je dire. Car elle n’en manqua pas à mon égard.

Je craignais que ce ne fût qu’un feu de paille. Juste l’exaltation de la soirée comme ça se passe dans la majorité des cas. Mais non. Je semblais rester dans sa mémoire comme en attestaient les messages qu’elle m’envoyait du bout du monde. Elle ne quittait en tout cas pas la mienne et j’espérais que nos chemins se croiseraient vite.

Et, finalement ce fut elle qui prit l’initiative de nos retrouvailles. Un projet qui s’avéra hélas impossible à concrétiser. Mais ma contre proposition, un brunch, eut l’heur de lui plaire. Vous n’imaginez pas alors à quel point ma joie fut grande quand elle accepta mon invitation.

Et quand ce jour arriva je décidai de ne négliger aucun détail pour la séduire Je m’étais fait le plus élégant possible et avais pris soin de me munir de quelques fleurs en chemin.

Je fus le premier sur les lieux. J’avais choisi, comme un symbole de continuité, le théâtre de notre première fois. Et le lieu pouvait s’avérer propice à l’éclosion de nouveaux plaisirs s’il s’avérait que nous nous plaisions toujours.

Ce qui ne manqua pas d’arriver. Le charme était resté intact quand nous nous revîmes. Un café à la main je portai un toast à sa santé. Ma marque de fabrique. Celle que j’immortalise souvent en photo. Cela l’amusa énormément. Ne restait plus qu’à nous apprivoiser au cours d’une passionnante discussion qui me révéla que l’attirance que j’avais eue pour elle quelques semaines auparavant avait été partagée au point qu’elle en avait un petit peu oublié ses obligations Puis nos mots finirent par être entrecoupés de légers baisers alors qu’elle avait pris ma main dans la sienne.

Il était temps de nous isoler. De nous accorder un peu plus d’intimité. Une volée de marches à descendre et nous l’avions enfin. Nous fîmes quelques pas de danse, langoureusement enlacés. Puis elle défit les boutons de ma chemise avant que je ne fasse glisser sa robe par dessus sa tête.

Il n’y avait désormais plus d’obstacle au mélange de nos corps et un parfum de désir mutuel flottait autour de nous.

Ce qui se passa ensuite reste un doux secret.

Le blog de Faffwah

2K20S1: une contrainte à corps et à cris

Mots contraints :Cris, écrits, crie, crise, crisse, cric, crac, croque, crique

(Photo by Cris on Flickr)

Les oulimots de Faffwah :

Les aiguilles de pin protestent de notre passage par un léger crac. Puis le sable crisse sous nos  pieds. Ce sont, avec le ressac, les seuls bruit que nous avons entendus depuis que nous avons quitté les sentiers balisés, laissant mon véhicule sur cric pour justifier de sa présence en un lieu si reculé. Nous sommes maintenant seuls au monde. Nul autre que moi ne connaît le chemin pour accéder à cette crique.

C’est un secret que je tiens de son grand-père, transmis alors que ce dernier rendait son dernier souffle et que le croque-mort attendait derrière la porte avant de prendre les ultimes mesures.

Je partageais déjà mon nom et mon  prénom avec lui. J’avais découvert il y a quelques années , cachés sous une pile de drap des textes érotiques écrits de sa main. Nous étions donc liés bien plus que par le sang. Et, à l’heure de sa mort, cette ultime transmission. Celle du lieu où, en temps de crise conjugale, il allait retrouver son amante pour une parenthèse galante.

Je perpétue la tradition. C’est avec celle que j’aime en secret que je m’y trouve maintenant. Et mon épouse pourra pousser tous les cris qu’elle voudra après cette incartade, cela n’aura plus aucune importance. J’ai la sensation que notre présence ici marque une transition entre deux ères de ma vie.

Je lui ôte sa robe et caresse sa peau nue. Puis je l’allonge sur la couverture que j’ai sortie de mon sac. J’ai maintenant la tête entre ses cuisses et je la lèche avec tout la passion dont je me sens capable. Elle crie. Je suis heureux.

Nous faisons l’amour avec la tendre énergie que nous inspire ce lieu. Comme si c’était autant la première que la dernière fois. Puis elle pose sa tête sur mon épaule et je la prends dans mes bras. Nous sommes maintenant unis bien plus que par le sexe. 

Le blog de Faffwah

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Les oulimots de Pidgy :

Histoire d’un aller simple !

Cric ! Crac ! Croc ! Nous sommes les Gobelins !

Écris ! Crie ! Prie ! Nous te mangerons comme les autres !

Croque le ! Qu’il crisse sous la dent ! Lui et sa clique dans la crique peuvent lancer tous les cris qu’ils veulent ! Nous les mangerons avant que le soleil se lève !

Notre petite entreprise ne connaît pas la crise !

Frodon, Bilbo, nous nous vengerons ! Nous mangerons tous les Hobbits !

Et clic ! Et clac ! Et cloc !

Le blog de Pidgy

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Les oulimots d’un joueur Parisien :

Cris et chuchotements dits parfois susurrés

Parfois aussi j’écris. Elle crie, crise intense.

La plume crisse, la clé pivote, cric crac.

Sitôt fait ; il la croque là au fond de la crique !

Le blog d’un Joueur Parisien