Oulimots 2022S08 : un coup de projecteur sur la contrainte

(Image Aurélie Durand)

Mots contraints : Gel, rajeunir, projecteur, sauter, quatre, émergence, dérapage, tristesse, lame. 

Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Tout est prévu, espère-t-il, les préservatifs, le gel lubrifiant. Cela va le rajeunir de se retrouver sous la lumière d’un projecteur pour sauter cette belle qui l’attend déjà à quatre pattes. Ce n’est pas pour autant l’émergence d’une star du porno, simplement un glissement du désir, sans dérapage, une envie sans le moindre regret, sans la moindre tristesse qui l’emporte telle une lame de fond.

Le blog d’un Joueur Parisien 

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Les oulimots de Lib Noa :

Le front appuyé contre le miroir, j’entends le public commencer à s’impatienter dans la pièce à côté. Avide de divertissement.

Je fais glisser la lame du rasoir le long de ma joue, caresse ma carotide, il suffirait d’un petit dérapage… Mais non. Pas tout de suite. Je dois d’abord aller noyer leur tristesse.

Les petites boules éclairent d’une lumière blafarde les rides qui se dessinent sur mon front. Je connais les petites astuces pour rajeunir, la poudre sur le nez, un peu de gel pour cacher la calvitie naissante. Il est interdit d’être vieux, quand on est dealer de rires. 

Allez c’est parti, je me jette dans la fosse, mais cette fois, ce n’est pas moi qui vais être la proie. Avancant doucement vers le disque blanc du projecteur, je sens l’émergence d’un frisson au fond des tripes. Non ce n’est pas le trac. C’est l’idée de tout faire sauter, maintenant ce soir. Du bonheur je crois, j’avais oublié ce que ça faisait.

Le détonateur dans la main, Cinq, un sourire, quatre, tonnerre d’applaudissements, trois, j’ouvre ma veste, deux, silence de sidération, un, l’affolement, la peur, les cris, zér…..

Le blog de Lib Noa 

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Les oulimots de Dick :

Un peu de gel dans les cheveux « parce que c’est plus stylé » et voilà mon neveu qui se lance dans une série de dérapages – il appelle cela des slides – et autres figures avec sa planche sous les projecteurs du skate park du quartier. Le public est maigre, quatre pelés et deux tondus, mais il semble s’en moquer. Il est dans son truc.

J’ai dû sauter quelques pages dans ma vie et, à l’émergence de ce constat, une certaine tristesse m’envahit comme une lame de fond alors que je le regarde évoluer. J’aimerais tellement pouvoir rajeunir pour retrouver son insouciance. 

Le blog de Dick 

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Le gel du point se faisait de plus en plus ressentir sur le salaire des fonctionnaires. Cela n’était pas mis sous les projecteurs de l’actualité mais pourtant, il y avait partout, des cortèges de manifestants qui sautaient dans tous les sens pour montrer leur tristesse sur cette situation. Cela restait toutefois assez pacifique et il n’y avait pas de dérapages en tête de cortège.

Le peu d’attractivité au niveau des salaires ne faisait pas rajeunir l’âge de la masse salariale et Ils avaient beau parfois devoir se plier en quatre pour assumer leurs fonctions sans beaucoup de moyens, la non reconnaissance de l’Etat face à leur mal-être était pour certains des plus acharnés dans ce combat comme une lame en plein cœur.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

J’ai cru avoir découvert la fontaine de jouvence dans mon laboratoire clandestin.

Un simple petit gel qui me donnait un pouvoir immense.

L’émergence de cette potion était une aubaine pour moi. Je pouvais rajeunir de 10 ans en quatre heures seulement.

Mais il y avait des effets secondaires impitoyables. Je n’avais plus faim, je n’arrêtais pas de sauter des repas… 

À la place, j’avais un besoin de sang vital. Je ne dormais plus. Je me remplissais de tristesse et je ne côtoyais plus personne. 

Mon côté primitif prenait le dessus sur ma raison. Bientôt, je chassais mes proies. La ville, la nuit, était devenue mon terrain de jeu.

Je comprenais à présent le sens des mots « dérapage incontrôlé ». C’était mon corps qui dictait sa loi. Je dérapais sans cesse enfreignant les règles de la société, car je ne contrôlais plus rien.

J’avais trouvé un entrepôt abandonné où j’amenais mes victimes. toutes des proies masculines, pourquoi ? Je n’en sais rien.  

Ce soir, j’ai kidnappé un homme d’une trentaine d’années. Vivant, apeuré. Tous les ingrédients pour avoir le meilleur sang.

Je l’ai attaché à une chaise au milieu de ces murs en parpaings avec un projecteur dirigé sur lui.

Lorsque je me suis approchée, son corps en sueur sentait la peur. C’était le meilleur moment pour assouvir mon envie.

J’ai entendu ses hurlements étouffés par le bâillon à l’instant où j’ai planté la lame dans sa gorge. Son sang s’est écoulé si vite. Cette rivière était accompagnée des tressautements de son corps.

J’ai bu mon nectar sans la moindre compassion. Juste pour assouvir ma soif et rester jeune. Je suis entrée dans une spirale infernale. Le meurtre pour la survie.

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Les oulimots de Gérald :

Qui y a t-il de plus beau que l’émergence d’un amour nouveau, quand celui-ci vous emporte comme une lame de fond ? Être le plus heureux des hommes, sauter de joie, oublier la tristesse. Pour elle, faire ses quatres volontés, chaque jour rajeunir. Être son héros, et sous les feux des projecteurs, jouer les James Bond faisant des dérapages avec sa voiture sur une route pris par le gel pour échapper  aux tueurs  à ses trousses.

J’aimerai un jour rencontrer cet amour.

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Les oulimots de Miss Pulpy :

Sous les feux des projecteurs il est là, à quatre pattes attendant sa sentence.

Il attend celle qui le fera basculer dans le monde obscur.

Il sait que le dérapage de sa vie sexuelle va commencer. Il sent son parfum envahir la pièce. Elle est là, autour de lui ,prête à le faire basculer.

A 50 ans, il sent ce besoin de se rajeunir, de repousser les limites de l’interdit. 

Elle lui met du gel pour lui titiller son séant vierge de tout plaisir. 

Il se met à sauter à cause de la suprise de cette sensation nouvelle : recevoir des doigts fouillant son intérieur. 

Face à ce sursaut, elle cravache son phallus arrogant. 

La lame de roulette glisse sur son corps frissonnant de plaisir. 

L’émergence de son liquide séminal traduit le plaisir qu’ il prend à cette Séance. 

Il entend au loin ses talons parcourir le sol. 

Il comprend alors que cette Séance est terminée. 

Quelle tristesse. Il était si bien dans ce monde interdit.

Le blog de Miss Pulpy

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Les oulimots de Lady Annia :

Il est quatre heures et j’arrive chez Gaston fatiguée de ma longue journée. Il ouvre la porte d’entrée et je vois en premier Goliath, son chien, me sauter dessus et me faire la fête avec joie. Je lui fais quelques caresses avant que son maître lui demande d’être sage et d’aller se coucher à nouveau dans son panier. J’enlace et embrasse Gaston avec douceur et dès que nous arrivons dans son salon, je vois posé sur la table basse le gel de massage que je préfère, celui qui sent bon la noix de coco et qui glisse à merveille sur ma peau au teint porcelaine. 

Il allume son projecteur et y glisse son téléphone, puis il met une playlist de musique suave qui nous détend presque instantanément.

Je retire mon chemisier gris et commence à me baisser pour me coucher sur le ventre quand je sens l’émergence d’une douleur dans le bas du dos, comme si on me plantait une lame de couteau qui me coupait le souffle et me faisait ressentir une douleur vive. Je le vois enjamber son canapé pour arriver plus rapidement jusqu’à moi. Il me rappelle que je dois faire attention à mon dos plutôt fragile depuis quelques années et je lui demande de se taire, car j’ai conscience que je ne vais pas rajeunir. Il dépose une bouillotte sur mon dos alors qu’il me masse et au bout d’une demi-heure, le mal de dos n’est plus qu’un lointain souvenir. Je devine le dérapage arriver dès que j’entends sa respiration s’agiter et mon envie monter crescendo.

Je ressens tout à coup ses lèvres embrasser mon cou et ses mains ne plus me masser, mais me parcourir avec fougue et expertise. 

Toute tristesse due à la fatigue que j’aurais pu ressentir avant ce moment est déjà très loin et laisse sa place à l’excitation et à la plus belle symphonie…

Le blog de Lady Annia 

Oulimots 2022S7 : la contrainte n’a pas changé

Image Eileen Eowyn

Mots contraints : Ange, ennemi, pensées, mots, fleurs, porte, changer, demoiselle, chimique.

Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Beau comme un ange déchu, ennemi de la pudeur, l’esprit empli de sulfureuses pensées, il alignait des mots intenses, fleurs vénéneuses, qu’il porte, pour changer des bouquets de roses, à quelque belle demoiselle son vit dressé et déjà couvert d’un latex peut-être chimique.

Le blog d’un Joueur Parisien 

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Les oulimots d’Elisa Stark :

La demoiselle paraissait être un ange pourtant elle pouvait être aussi terrible qu’une vraie ennemie. On s’en était rendu compte lors de la mort de son amoureux qui avait été empoisonné de façon chimique. En conflit avec la famille de celui-ci, elle avait changé le bouquet de fleurs qu’elle lui avait fait livrer devant la porte de la maison de ses parents. Elle n’était pas satisfaite et avait interverti son mot avec celui d’autres.

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Les oulimots de Dick :

Qui veut faire l’ange fait la bête paraît-il. Et ce soir je crois que je me suis fait des ennemis. Tout ça parce que, l’alcool aidant, mes mots ont dépassé mes pensées et, que, même si ça partait d’un bon sentiment, la demoiselle à qui j’ai dit qu’elle ne sentait pas la fleur mais plutôt un truc bien chimique et qu’il lui faudrait changer de parfum si elle voulait pécho, n’était ni plus ni moins que la fille du sponsor de l’événement.

J’aurai de la chance si, demain, mon patron ne me dit pas de prendre la porte.

Le blog de Dick 

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Les oulimots de Marie Bulsa :

J’étais assis au bar et une demoiselle est passée devant moi, mais elle n’était pas seule. Un homme l’accompagnait.

Elle avait le visage d’un ange. Je l’ai regardée avant de sentir les effluves de son parfum venir jusqu’à moi. C’était comme un appel.

J’ai fermé les yeux et mes pensées se sont bousculées. Comme dans un rêve, je l’ai vue allongée sur un champ rempli de fleurs. Sa peau s’imprégnait des senteurs florales.

Il y avait quelque chose de chimique entre nous. Une attirance particulière. Je lui faisais l’amour. Nos corps s’entrelaçaient.

Ensemble, nous étions en train de changer le monde. Soudain, un bruit m’a libéré de mes pensées. J’ai pris une serviette de papier et j’ai griffonné quelques mots d’amour pour elle et mes coordonnées. 

Je ne sais pas pourquoi, mais à cet instant l’homme qui l’accompagnait est devenu mon rival, mon ennemi à abattre. Cela tombe bien, je suis tueur à gages.

Je sais ce que vous pensez « il n’a rien fait » c’est vrai, il est juste au mauvais endroit au mauvais moment.

Je me suis levé pour filer vers la porte et lui ai remis la serviette entre les mains en prétextant qu’elle l’avait fait tomber. J’ai vu son visage rougir en lisant les quelques mots. 

Elle m’a regardé comme si elle me donnait son accord pour la séduire. En arrivant à ma voiture, j’ai sorti mon arme du coffre. J’ai hésité et j’ai tout remballé. Je ne pouvais pas faire ça même si l’envie était là.

Elle a mon numéro de téléphone. Peut-être va-t-elle m’appeler ?

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Les oulimots d’un Garçon Fragile :

« Tu vas voir, cette boite est démoniaque ! » m’annonce la demoiselle qui se pend à mon bras, alors que nous poussons la porte de l’établissement libertin. La soirée est déjà bien avancée, je me sens las, mais de toute façon, les mots crus qu’elle m’a susurrés plus tôt, au restaurant, ont fait chavirer mes pensées.

Je sais que ce club appartient à mon ennemi de toujours ; je sais aussi que s’il m’aperçoit là, il ne va pas m’envoyer de fleurs. Je prends le risque, au pire il me mettra dehors, mais cette fille me file la trique, sans même avoir besoin d’une aide chimique. « Commande-nous à boire, je vais me changer », me glisse-t-elle au creux de l’oreille. « Je n’en ai pas pour longtemps ». En effet, les cocktails se trouvent à peine dans mes mains que je la vois, assise dans un fauteuil suspendu en rotin, uniquement vêtue de bas et d’un body, sur lequel est fixée une paire d’ailes, faisant d’elle un ange du stupre et de la fornication. Vite, j’ai envie de prendre ses jambes à mon cou…

Le blog d’un garçon fragile. 

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Les oulimots d’Alexa D :

Mon pire ennemi ? L’hiver. Il me rend sauvage, désagréable, déprimée.  Je ne consulte même plus le bulletin météo. Mais le frigo ne va pas se remplir tout seul, et la luminosité qui envahit l’appartement me donne bon espoir. D’un pas décidé j’ouvre la porte. C’est à ce moment-là que je sens la chaleur du soleil se poser sur moi, comme si mon corps reprenait vie. Voilà enfin une journée printanière, et avec elle l’effervescence du marché ! Entre les étals, les bars ont installé leurs petites tables rondes où s’accumulent les tasses de café. Chemin faisant, j’entends des bribes de conversations, des mots ici et là. Je croise des regards qui me dévisagent lorsque je fais halte au stand de fleurs, je me demande quelles sont leurs pensées. Leur attention est si pesante que je suis presque gênée d’être une demoiselle qui a simplement décidé de changer son parfum d’intérieur chimique par des bouquets naturels de tulipes et de roses. Peut-être ai-je l’air d’un ange dans le jardin d’Eden, j’en souris à l’idée. 

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Les oulimots de Fabrice du Délice :

Mademoiselle, tu as cette combinaison chimique des mots qui change mes pensée
Aucune contrainte ne pourrait etre l’ennemie de cet ange qui fleurit mes sensations je te porte dans mon cœur

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Les oulimots de Lady Annia :

Ben est un homme comme tant d’autres que j’ai pu croiser. Il n’a rien de spécial et pourtant il ne quitte jamais mes pensées. J’apprécie les mots qu’il choisi pour me parler, toujours teintés de douceur et de bienveillance. J’apprécie également les fleurs qu’il fait livrer à ma porte les jours où nous ne pouvons pas nous retrouver. Il est un ange dans ma vie qui n’a pas peur de changer mes journées grises en journées ensoleillées. 

Et ce n’est pas tout : Il y a aussi la réaction chimique qui se produit quand sa peau touche la mienne et me fait me sentir la demoiselle la plus chanceuse sur la surface de la terre. 

J’ai parfois entendu dire qu’un bonheur de longue durée est le pire ennemi de la passion, mais il n’en est rien, je suis sure que notre histoire sera passionnée à jamais.

Le blog de Lady Annia

Oulimots 2022S06 : une nuit de contrainte

Image Aurélie Durand / Flickr

Mots contraints : Parole, derrière, monde, traiter, murmure, information, besoin, nuit, guider

Les oulimots d’Elisa Stark :

Il a traité l’information derrière tout le monde. Il a travaillé jour et nuit pour les besoins de sa société. Il avait donné sa parole à son chef de projet afin de traiter ce dossier avec sérieux. Il n’a presque pas eu de mots entre eux, juste un murmure, pas besoin d’être guidé. Ils se sont entendus à demi-mot sur le dossier classé secret défense.

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Les oulimots de DryadePolyM :

Tu sembles perplexe, on dirait que tu cherches comment traiter l’information. Mais tu sais, ce n’est pas la peine de t’en faire tout un monde : je n’ai nul besoin de parole, à peine un murmure, pour te guider dans la nuit vers les trésors de mon derrière.

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Les oulimots d’un garçon fragile :

Tu n’arrives pas à dormir, trop d’idées s’entrechoquent sous ton crâne. Tu as beau tenter de te focaliser sur ta respiration, visionner chaque partie de ton corps pour qu’il se décrispe, rien n’y fait, tu restes sous le flot d’un murmure assourdissant dans la quiétude de la nuit. Tu décides de te relever et de sortir faire un tour, sans but précis. Tu sais pourtant que tes pas vont te guider vers la jetée, mais tu agis comme si ton cerveau s’évertuait à t’empêcher de traiter cette information. Tu ressens le besoin de sentir de l’air frais sur ton visage.

Tu chausses ton casque hi-fi, pour te couper totalement du monde ; malgré l’heure tardive, l’ambiance de la ville reste étouffante, les rares véhicules circulant faisant rugir leur moteur ou hurler une sirène, parfois l’un derrière l’autre. Tu espères également détourner ton esprit de ta logorrhée interne. Par une facétie dont elle a le secret, ton appli musicale diffuse dans tes oreilles le rythme entrainant de Take it easy, du groupe country-rock EAGLES. Tu fredonnes machinalement le refrain qui te colle à la peau.

Take it easy, take it easy

Don’t let the sound of your own wheels drive you crazy.

Tu marches vite, pour te réchauffer un peu, mais aussi pour rejoindre plus rapidement ce que tu vas chercher. Tu parviens sur l’esplanade qui sert de point de départ à la construction qui s’avance dans les eaux sombres à peine troublées par l’onde d’un petit vent, et tu continues ta route pour te retrouver sur la grève. Ils sont là, comme tu l’espérais. Machinalement, quand ils te voient arriver, et sans qu’une parole soit prononcée, le cercle s’élargit pour te laisser y prendre place. Tu enlèves ton casque, et tu commences à t’imprégner de l’ambiance. Ta respiration va à l’unisson du faible ressac et du reste du groupe. À tour de rôle, chacun chante un ohm. 

Enfin, tes pensées s’apaisent.

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Les oulimots de Lady Annia :

La nuit est presque tombée et je le sens collé dernière moi. Gênée, je lui dis d’arrêter car il y a trop de monde autour, mais il semble plutôt amusé de la situation. Je me retourne et il pose ma main sur son entrejambe pour que je puisse me rendre compte à quel point je lui fais de l’effet. Je ressens le besoin profond de continuer à le caresser, malgré les regards inquisiteurs des passants qui se posent quelques instants sur nous. Je le laisse désormais guider mes mouvements, hypnotisée par son regard.

Je lui murmure que j’aimerais lui faire découvrir, à son tour, l’effet qu’il a sur moi, dissimulés par exemple derrière le grand arbre au fond du parc.

Tandis que nous marchons d’un pas pressé vers un endroit plus discret, j’entends son téléphone sonner et ne le voyant pas réagir, je lui demande s’il compte répondre. Son regard me laisse penser qu’il n’a pas envie de traiter cette information.

Sans prononcer une parole et d’un pas déterminé, nous nous dirigeons vers l’endroit où nous pourrons laisser libre cours à nos instincts et nos envies.

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Les oulimots de Dick :

« Abondance de bois ne nuit pas au feu » 

Je savais que ce n’étaient pas des paroles en l’air et, en lui proposant cette pluralité, je ne doutais pas qu’elle allait relever le défi. 

En revanche, elle n’allait pas me guider dans le choix des garçons qui allaient l’honorer et je me laissais le plaisir de ne lui donner qu’au dernier moment l’information suivante : ils n’allaient la prendre que par derrière. Elle n’en avait pas besoin et adorait se faire traiter de la sorte.

Lorsque le grand jour arriva, un murmure parcourut l’assistance quand elle débarqua telle une déesse païenne avant de les saluer d’un : « Salut tout le monde ! On y va ?  » qui les prit un peu au dépourvu.

J’adorais ses entrées en matière. 

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Je regarde le monde, derrière la fenêtre de ma chambre. Il a bien changé. La façon de traiter l’information aujourd’hui est ignoble et mensongère. Les anciens qui comme moi protègent l’Histoire, la Culture et le Patrimoine sont recherchés et exécutés par les adeptes de la pensée universelle.


Je fume ma dernière cigarette, tout en la regardant dormir. C’est un besoin vital chez moi, tout comme mon petit verre d’Armagnac. La nuit est bien entamée.
Je lui ai fait l’amour comme jamais je ne l’avais fait. Puis elle a pris ces comprimés après avoir eu cette terrible conversation avec moi.

Elle m’a demandé de la guider vers l’autre monde, car celui-ci devient insupportable. J’entends toujours sa voix comme un murmure qui raisonne dans ma tête.
Je pense à ma promesse ! je n’ai qu’une seule parole et je lui ai promis de la rejoindre rapidement. Alors je finis ma cigarette en essuyant la buée sur la vitre et je ferme les yeux.

Mes larmes veulent s’échapper. Je m’approche d’elle et je caresse pour la dernière fois les courbes de son corps. Je la revêts du drap couleur lavande imprégné de son parfum à la fleur de cerisier.
Je me rhabille partiellement et avale l’autre boîte de comprimés avant de me recoucher près d’elle en enlaçant son corps encore tiède.

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Les oulimots de Gérald :

Je n’ai qu’une parole, comme promis, je vais te faire découvrir un monde que tu ne connais pas. Laisse-toi guider, je vais te traiter comme il se doit, et te faire découvrir le bonheur de la soumission. Elle arrive derrière moi, me murmure a l’oreille : « Je te veux nu, déshabille-toi, ne parle pas, je n’ai pas besoin de t’entendre. Et, pour ton information, sache que j’ai préparé cette soirée spécialement pour toi. Tu vas connaître une nuit comme tu en rêve depuis toujours. »

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Les oulimots d’ Alexa D :

En prenant un vol de nuit j’avais feint la sérénité. Avant même d’atterrir à New-York je savais que j’y découvrirai un monde à part. Sur internet on trouve n’importe quel type d’information sur la « Grosse Pomme », mais notre inconscient sait forcément qu’on se prend un choc à l’arrivée. Comment être prêt pour cette destination ?! L’immensité, beaucoup de choses, beaucoup trop ? La ville qui ne dort jamais…

J’avais besoin de sommeil. Que ce soit derrière moi, devant moi, ou sur les côtés de l’allée centrale, tout le monde dormait. Pile poil au-dessus de l’Atlantique nous étions à mi-chemin. L’hôtesse de l’air s’approcha de moi et me proposa d’une voix apaisante une tisane. « Volontiers » lui répondis-je. En se penchant pour verser l’eau chaude dans mon gobelet, son regard fut attiré par l’écran de mon iPad : « Comment se guider dans New-York : les lignes de métro ». Elle me souffla d’un murmure : « croyez-moi sur parole, on s’y fait vite ». J’avais beau traiter avec le plus grand sérieux les articles de blogueurs « ma première fois à New-York », chaque expérience est propre à chacun. Avec mon visa professionnel la mienne allait durer six mois. 

Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Une parole, une seule, pour lui ordonner de dévoiler son cul non pas derrière la maison mais ici devant alors que du monde pourrait passer. Elle aime se faire traiter ainsi. Elle en jouit et, sans un murmure, trousse haut sa jupe, se cambre, exhibe son cul pendant qu’il lui bande les yeux. Sans avoir plus d’information, elle sent des mains posées sur son cul offert, tout ce qu’elle sait c’est ce besoin impérieux de se faire baiser, enculer, d’être son objet de désir et d’en jouir intensément. La nuit sera longue de plaisirs et d’orgasmes, et il sera là pour la guider.

Oulimots 2022S05 : le péché de contrainte

Mots contraint : Orgueil, gourmandise, paresse, luxure, avarice, colère, envie, eau, fleur

Les oulimots d’Alexa D :

A l’approche de la Saint Valentin plane autour de moi une odeur de fleur, un peu comme lorsqu’un décor de théâtre se monte avant que les comédiens ne prennent place. Sur la scène, j’imagine un couple, les habituels verres d’eau remplacés par des coupes de champagne, s’abandonnant à la gourmandise d’une fraise enveloppée d’un chocolat doux et crémeux.  Ce n’est pas un rôle que j’aurais envie de jouer,  j’ai toujours eu la paresse de mettre les petits plats dans les grands… Surtout pour cette occasion commerciale qui prêche la surenchère en titillant votre orgueil. Je ne saurais dire si c’est par colère ou avarice que je me sermonne en boucle cette phrase : « La solitude est l’art des gens qui s’estiment suffisamment pour ne pas s’imposer une compagnie qui leur serait défavorable »*,  même si c’est juste pour assouvir mon péché préféré : la luxure.

*citation de Stéphanie Abellan (Les Médéores d’Ankaa)

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Les oulimots de P_apanoel :

Orgueil

Il ne voit rien,

Le monde entier l’admire,

Il est si grand, et eux petits

Gourmandise

Sa bouche, cavité inlassable,

est le tunnel humide.

Univers avalé

Paresse

Remettre à demain,

Caprice d’amateurs

il est allongé, et le monde vient à lui.

Luxure

Le corps et l’esprit alignés,

Tout ici-bas n’est que plaisirs

Et là-haut ?

Avarice

Comptons encore, s’il vous plaît

Ces deniers que le monde me doit.

Chut ! une pièce roule au sol.

Colère

tout va de travers,

Le désordre est immense.

Je vais m’en occuper !

Envie

Le regard et la tête

ne savent que tourner

vers les valeurs des autres

Eau

Se frotter aux épines

que le monde nous inflige m’a assoiffé.

Un thé ?

Fleur

Présente avant le fruit

Sexe coloré, odorant, producteur

elle ondule dans le vent.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

J’ai l’orgueil de ne pas me laisser tenter par la gourmandise. La paresse à la rigueur, la luxure absolument. L’avarice, non vraiment ce n’est pas pour moi, la colère, elle ne fait pas partie de ma personnalité. L’envie parfois, surtout quand il s’agit de fleurs fraîches plongées dans un grand vase d’eau claire.

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Les oulimots de Dick :

Cet homme dans la fine fleur de l’âge n’avait pas bu que de l’eau quand il s’est planté devant moi pour me dire qu’il avait envie de moi. Il n’avait hélas pas l’ivresse reluisante et j’étais plus triste qu’en colère devant ce début de naufrage.

J’ai tout de même accepté quand il m’a proposé de prendre une bouteille de champagne. J’étais loin de me douter qu’il allait me demander d’en partager le paiement. Quelle avarice franchement ! Son mousseux il allait pouvoir se le mettre au cul, ce serait la seule luxure que je lui accorderais.

C’était hélas le seul mec disponible et pas trop dégueu qui restait. Par paresse, j’avais laissé échapper de beaux spécimens qui auraient pu assouvir ma gourmandise, et je devais ravaler mon orgueil pour ne pas finir seule.

Le blog de Dick 

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Il vivait dans la luxure d’une demeure du XIXe. Son père, qui avait un orgueil démesuré, rejetait sa colère sur lui quotidiennement. 

Dorénavant, il était seul, car son père venait de mourir. Il était libre, avec cet héritage colossal. Jamais un denier n’était sorti de cette maison.

Il n’avait plus à subir l’avarice de son père. Il avait envie de s’adonner à la paresse et à la gourmandise, mais il s’ennuyait, seul. 

Finalement, ce matin, il décida de se prendre en main. Il se promenait au bord de l’eau et la vit se baignant nue dans le lac. 

Il n’avait jamais vu quelque chose d’aussi beau. Elle ressemblait à une fleur de nénuphar faisant la planche sur le dos. Il ne pouvait pas dévier son regard d’elle.

Qui était-elle ? Il n’avait jamais vu quelqu’un sur le lac et pour cause il appartenait à sa propriété. Il était privé.

Il la laissa s’habiller et fit mine d’arriver sur le rivage pour la surprendre. Elle avait un sourire éclatant. Il décida de l’aborder. Après tout, elle était chez lui.

La suite, vous allez la deviner tout seul.

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Les oulimots de Gérald :

Elle est fâchée et en colère contre moi, sans que je sache vraiment pourquoi. Et mon orgueil en prend un coup.

Je n’ai qu’une envie, retrouver ses faveurs. Pour cela, je vais, pour son anniversaire, lui offrir des fleurs et, au diable l’avarice, ce sera un très beau bouquet. Et comme je sais que la gourmandise est  un de ses petits défauts, des chuques du nord, son péché mignon.

Et quand je lui offrirai ces fleurs, je me jetterai à l’eau et lui déclarerai mon amour. Je l’inviterai dans un charmant gîte ou l’on passera le week-end et pas question de se laisser aller à une certaine paresse, ce sera un week-end de folies et de luxure.

Un bonheur retrouvé.

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Les oulimots de Nicolaï Drassof :

Je te quitte, Estelle. Cette fois c’est fini !                                                                                            Ta gourmandise n’a d’égale que ta paresse. Tu étais une fleur, tu deviens une grosse vache, en moins gentil. La colère déforme tes traits trop souvent, tu n’as plus rien d’une fleur, même fanée. 

Je forçais mon avarice naturelle pour te couvrir de cadeaux, par orgueil de posséder la plus belle, la plus gâtée. Tu as tout gâché en ne buvant pas que de l’eau, en te vautrant dans la luxure (sans moi).                       

 Adieu,Estelle »je t’aimais bien, tu sais », désormais je te hais !

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Les oulimots de Lady Annia :

Si mes amis et moi devions être un des sept péchés capitaux : Jordan, qui n’arrive pas à se contenir face à la plus petite contrariété, serait la colère. Mickael, qui n’a même pas la volonté de se servir un verre d’eau, la paresse. Alice, qui n’appelle jamais la première après une dispute, l’orgueil. Cédric, qui sort tard le soir acheter un pot de glace, la gourmandise. Danielle, qui essaie de négocier les prix même quand elle va acheter une fleur, l’avarice. Christophe, qui jalouse le succès de son voisin, l’envie. Quant à moi… au vu de mes envies, je serais certainement la luxure !

Le blog de Lady Annia 

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Les oulimots de Laurent Chamoux :

Envie de vivre,de sentir ta colère s’exprimer sur ma peau comme une eau dessoiffant ma gourmandise. Comme une fleur au milieu d’un désert, tu illumines mon ciel de ta luxure,mon orgueil s’enfonce dans le néant de mon cerveau malade dont la paresse s’étale dans le creux de ta main. Ton amour m’est délivré avec parcimonie et crée en moi une avarice de sentiments, un tracé plat sur un électro encéphalogramme, détruit, annihile par tant de tristesse.

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Les oulimots de Ssaara

– Comment tu m’aimes mon amour ?

– Avec gourmandise, et tendre luxure , parfois avec paresse , et même nonchalance , celle de juste succomber à tes envies, de me noyer dans l’eau de ta fleur de femme enflammée , ou avec l’orgueil du mâle conquérant aussi , fier de sa force virile , de toutes les manières en fait , mais jamais avec la moindre once d’avarice de nos envolées ni colère d’aucune sorte .

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Est-ce par orgueil que j’ai un jour de 2018 accepté ce défi, est-ce par gourmandise que j’ai continué par gourmandise ce jeu, je ne sais. Mais peut-être est-ce un effet de ma profonde paresse de me contenter d’égrener ces fichus péchés tout au long des phrases. À moins que ce ne soit ma luxure extrême qui m’incite à produire ces textes en espérant ainsi séduire quelques belles. Par contre n’évoquez pas mon avarice, cela me mettrait dans une colère noire. Je ne suis pas avare de moyens lorsque j’écris, même si le résultat est rarement à la hauteur, par contre, je le confesse volontiers, j’ai quelque peu, ou furieusement envie de quelques personnes qui me lisent.

Vous comprendrez qu’après un tel effort, je vous abandonne aussitôt pour aller siroter une petite eau-de-vie de derrière les fagots, en attendant, en vain certes, le bouquet de fleurs du vainqueur.

Le blog d’un Joueur Parisien