Oulimots 2021S8 : une contrainte musicale

Mots contraints : Blanche, ronde,  portée, silence, bémol, piquée, ut, mineur, canon

Les oulimots de Starkette : 

Sa peau était blanche,

Elle était ronde,

Portée sur le sexe,

Qu’elle pratiquait en silence, 

Actuellement, il y avait un bémol,

Elle avait été piquée,

Au niveau de son ut, euh de son cul, 

Mais l’impact était mineur, 

Elle n’en restait pas moins canon.

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Les oulimots de Fran : 

D’aucuns pourraient me trouver trop ronde, pas dans les canons de beauté actuels. Ils ne savent pas ce qu’ils perdent. Car chaque rencontre avec moi n’est pas piquée des hannetons et surtout pas autorisée à un public mineur. Je mesure la portée de mes paroles quand je déclare que personne n’est sorti indemne d’avoir passé une nuit avec moi. Car elles sont souvent blanches.

Petit bémol : il me faut bien évidemment garder le silence sur l’identité de certains de mes amants, qui pourraient bien mieux parler de mes prouesses que je ne peux le faire, et qui ont été capables de me faire chanter un contre-ut sous leurs assauts. Je dois savoir faire le distinguo entre notre vie privée et leur vie publique.

Je connais la musique.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Ssaara :

La vie est une symphonie, une étrange mélodie, tu sais. 

Certains jours elle te charme en mode allegretto, ronde et harmonieuse, ponctuée de silences et d’envolées joyeuses.

Tantôt fortissimo ! , claquante et piquée de fleurs.

Tantôt doloroso faite de nuits blanches, sombre et dissonance. 

Puis en canons polyphoniques, jubilatoires partages, où l’on exulte choral.

Puis sotto vocce, presque inaudible, te plongeant dans l’engourdissement, petits instants réconfort et mineurs. Le seul bémol de ces moments sourds est de ne pas s’y oublier. 

J’aimerais savoir mettre en ut, en fa dièse, en chanson, tracer sur une portée ma vie en mélodie. 

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Blanche, valant deux noires, en musique,

Ronde en quatre temps emplit la mesure

Portée en noir sur blanc et sur cinq lignes

Silence entre une pause et un soupir,

Bémol, signe d’un bel abaissement

Piquée, un beau détachement pointé,

Ut il est indispensable à la clé

Mineur, naturellement la mineur.

Canon, dernier arguments des rois, non ?

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Jeanne_écrivant :

 Je peux être blanche ou ronde et c’est souvent un avantage pour être bien perçue. En effet, on assoit son effet à être ainsi tenue. Le seul bémol à cette description somme toute très succincte, c’est que loin d’être canon, piquée par le silence qui me succède, que ce soit en ut ou en la, je deviens mineure et ma portée n’est plus la même quand l’interprète me raccourcit.

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Les oulimots d’Alexandre :

Blanche est une jeune fille un peu ronde, que ses formes appétissantes rendent canon aux yeux des mâles en rut prêts à se jeter sur le premier gibier à leur portée. Mais ces derniers ignorent que Blanche préfère les filles depuis qu’elle a eu une aventure l’été dernier avec sa cousine. Toutes les deux ont fait le serment de vivre ensemble, signant un contrat d’amour éternel en lettres de sang après que chacune se soit piquée une veine. Bel élan de romantisme, allez-vous me dire, mais il y a un bémol dans cette histoire. Blanche et sa cousine, Agathe, sont encore mineures et ne peuvent crier leur amour au grand jour.

Elles doivent garder le silence jusqu’à leur majorité prochaine. Alors c’est certain, elles s’enfuiront en prétextant une inscription commune dans l’une des universités du Groupe UT, Troyes, Belfort ou Compiègne, peu importe mais loin de leurs familles.

Oulimots 2021S7

Mots contraints : Cerise, manette, lunette, correspondance, volet, fauteuil, souris, chocolat, cahier.

Les oulimots de Ssaara :

— Madame , j’ai trouvé ce qui ne va pas  pour le volet : rien de bien grave : c’est un faux contact dans la prise.

— Pourquoi vous me parlez de tarte à la cerise ?

— Non la PRISE !  Là où le mécanisme est branché !

— Ah un cahier ? , je dois avoir ça . Je vous le cherche 

Devant les yeux ébahis du technicien, la vieille dame s’extrait de son fauteuil en abaissant d’abord la manette pour l’aider à se révéler , ôte ses lunettes et trottine dans la pièce adjacente.

Il entend un tiroir qui grince , des soupirs , le bruit de quelqu’un qui fouille , et une petite exclamation .

Elle revient à petits pas pressé un sourire fiché sur son beau visage ridé : 

— Voilà jeune homme , j’avais ce cahier au fond de mon tiroir , celui où j’ai gardé toutes mes correspondances avec mon amoureux , si vous voulez je vous en lirai , il m’écrivait de si belles lettres mon Jules. 

Interdit , il saisit le vieil objet jauni , et qui semble grignoté à un coin . Elle intercepte son regard un peu dégoûté .

— Eh oui que voulez vous , pour les souris , le papier c’est comme du chocolat , mais dites moi , mon volet , est ce que vous allez pouvoir me le réparer ? 

Je sens qu’on est pas rendus , pense-t-il , entre agacement et attendrissement avant de s’asseoir en face d’elle et de lui répéter fort et lentement en quoi va consister son travail tout en pensant 

— A défaut je pourrai toujours écrire sur ce cahier en espérant que ses lunettes sont adaptées à sa vision !

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Les oulimots de Fran :

J’attends ma correspondance sur le quai de la gare en griffonnant quelques mots sur un cahier quand elle vient s’asseoir sur le même banc que moi. Elle me dévisage avec un regard trouble et ses lèvres se retroussent sur ses dents, comme si elle allait me dévorer tout cru. Cerise sur le gâteau, en se penchant vers moi elle m’offre un point de vue incomparable sur son décolleté. Je lui souris, l’imaginant déjà aux manettes et nous amenant dans un fauteuil vers des plaisirs inoubliables.

Elle pose sa main sur la mienne. Je bande déjà. C’est alors qu’elle chausse une paire d’épaisses lunettes de myope. 

— Oh pardon ! Je vous avais pris pour quelqu’un d’autre ! 

Et elle se lève avant de disparaître dans l’escalier, me laissant chocolat. 

Encore un volet de ma vie de séducteur sur lequel je ne vais pas m’apesantir.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Starkette :

Le chat s’appelait Chocolat. Sa maîtresse l’amenait chez le vétérinaire pour lui faire enlever les cerises. Elle avait pris le bus et avait presque raté sa correspondance tant le chat était lourd et agité dans sa boîte de transport. Elle avait fini par arriver au cabinet vétérinaire et avait rempli les formalités d’usage en fournissant le cahier de santé de cette pauvre bête qui s’époumonait en miaulant avec force. Ceci fait, l’assistant avait pris la cage du matou et était entré dans la salle pour l’intervention. Les volets en étaient baissés. Le vétérinaire assis dans un fauteuil, lunettes chaussées sur le nez, préparait les ustensiles et autres manettes pour réaliser l’opération. Puis le chat avait été sorti de sa caisse et posé sur le billard avant de respirer le gaz anesthésiant et de s’endormir, sûrement en rêvant de quelques souris. 

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Cerise, le printemps, joli petit fruit rouge,

Manette, jeu, écran, plus de points de vie, rouge,

Lunette colorée, monde devenu rouge,

Correspondance entre la lettre I et rouge,

Volet clos, chambre obscure, au centre un grand lit rouge,

Fauteuil, lieu d’abandon, envie vraie, désir rouge,

Souris courant dans l’herbe, mais une souris rouge,

Chocolat, noir, amer, enveloppé de rouge,

Cahier, mots, noir sur blanc, sous couverture rouge.

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots d’Alexandre :

Aux manettes, votre serviteur ! Je vous ai concocté une playlist qui vous fera danser jusqu’au bout de la nuit. Lumière tamisée, volets fermés, meubles et fauteuils repoussés, avouez que cette pièce a pris une allure de dancefloor.

Allez on se lance, inutile mademoiselle de vous glisser dans un trou de souris, invitez au contraire votre voisin, oui ce beau jeune homme à lunettes qui n’attend qu’un signe de votre part.

Vous êtes fatigués d’avoir trop dansé ? Profitez du buffet spécialement dressé pour les gourmandes et les affamés : goûtez donc les brownies au chocolat, vous m’en direz des nouvelles, les plus téméraires dégusteront les cerises à l’eau de vie, préparées selon une recette de ma grand-mère. Elles vous donneront, Messieurs, courage et vigueur pour emballer votre partenaire.

Après cette soirée, je suis prêt à parier que personne n’ira inscrire une réclamation sur le cahier posé sur la table à l’entrée. Je vais vous dire, la dernière fois, certains ont préféré rater leur correspondance plutôt de partir trop tôt.

Allez musique !

Oulimots 2021S6 : la voix de la contrainte

Mots contraints : Tout, misère, plage, seul, moderne, retour, voix, sens, vie 

Les oulimots de LibNoa :

Je pousse la voix un peu plus fort, pour qu’on m’entende de loin. Je ferme les yeux et me laisse emporter. Loin d’ici, sur une plage avec des amis tout autour. Assise sur le sable chaud, autour d’un feu de camp, les cheveux dans le vent, un air de guitare et moi qui chante. Le tintement d’une pièce dans mon chapeau me ramène violemment sur le bitume, dur retour à la réalité froide de ce quai de métro. Je suis seule au milieu de cette foule qui ne me voit pas, qui ne m’entend pas, même si je chante encore plus fort. Mes cheveux je les ai rasés, pour enlever toute féminité, car être une femme dans la rue, c’est être une proie. Où est la réalité? Cette vie ne peut être la mienne, c’est impossible, ça n’a pas de sens. La misère, c’est pour les autres. Moi j’étais censée être de l’autre côté, du côté de ceux qui réussissent, ceux qui se lèvent tôt, qui bossent pour se payer leurs 2 semaines sur la côte d’azur. Putain de mensonge du monde moderne.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Tout va toujours très bien malgré sa sale toux,

Misère de santé, cependant la miss erre,

Plage de temps perdu ? Elle met à plat « Je ».

Moderne elle cherche et fait, de mots d’air, nœud.

Seul ce mot dans les neuf garde son sens, un seul !

Retour brutal sur terre après un heureux tour,

Voix brisée dans ce temps mais sans trouver la voie,

Sens perdu dans la quête éperdue des cinq sens,

Vie vouée au plaisir et au désir du vit !

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Julie Plume :

La misère  de cœur et des sens en ce monde moderne? Une vie sans retour, une voix trop minimale d’essence primale de l’individu contraint d’explorer seul tout l’univers des corps masqués inatteignables et incontournables cependant !

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Les oulimots de Gérald :

J’avais quitté le monde moderne pour vivre seul en ermite dans ce coin perdu. Certes dans une relative misère mais avec un tel bonheur.

J’étais perdu dans mes pensées, seul sur la plage quand j’entendis sa voix juste derrière moi. Je n’aurais jamais imaginé un seul instant qu’elle puisse me rejoindre. Je lui avait bien laissé un SMS pour lui dire où je partais, mais de là à ce qu’elle me rejoigne, c’était inespéré. Son retour était tout pour moi. Elle qui avait donné un sens à  ma vie.

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Les oulimots de Starkette :

Plus rien n’avait de sens. En quelques heures, toute ma vie s’était effondrée et je m’étais isolé pour réfléchir. J’étais seul sur la plage.  Je marchais en longeant le bord des vagues. Je me sentais comme vide, je ne pouvais plus penser à rien. Une fois de plus la misère m’était tombée dessus et je ne savais pas si j’allais pouvoir revenir à une vie différente. Comment allais-je faire pour traverser une nouvelle épreuve?

Je l’avais rencontré quand nous étions étudiants et le coup de foudre s’était produit. Notre vie s’était construite ainsi, nous avions évolué ensemble allant même jusqu’à monter notre entreprise à deux. Nous étions dans l’événementiel coquin. Elle en était la patronne : normal vu sa position dans notre couple. Moi, son simple collaborateur. Je faisais tout pour lui rendre le travail facile et agréable. J’étais à ses pieds,  son soumis depuis le début de notre relation.

Et puis lors d’un événement, elle avait rencontré un dominant qui lui avait donné l’envie de se soumettre. Il l’avait guidée de sa voix puissante vers des chemins qu’elle ne pensait pas découvrir. Pour elle, aucun retour en arrière n’était possible. Elle désirait une relation plus moderne en vivant le polyamour et je ne le voulais pas. Elle m’avait posé un ultimatum pour accepter cette nouvelle vie. Mais je ne m’étais pas senti capable de partager ainsi ma Maîtresse.

Je me retrouvais seul maintenant. J’avais tout perdu en un instant. 

Les oulimots de Fran : 

N’avoir de  plage horaire que le temps d’une pause déjeuner pour chambouler ses sens , quelle misère.

Voilà ce à quoi je pense en attendant son retour. Car elle revient toujours, même si ces rapides étreintes post prandiales sont tout ce que je peux lui offrir. J’illumine sa vie me dit-elle, et ça, elle ne l’abandonnera pas si facilement. Moi non plus. 

Alors nous restons sourds aux voix de la raison et, presque chaque jour, nous courons nous enfermer ensemble dans une salle de réunion sitôt que les rares collègues qui ne sont pas en télétravail sont descendus chercher leur repas.

Je ne sais pas combien de temps durera notre variante moderne des amours clandestines. Je ne veux pas le savoir. Je cueille avec elle les roses de la vie et, même si cela ne nous rassasie pas tout à fait, c’est déjà mieux que rien.

Le blog de Fran

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Les oulimots d’Airelle :

Tout un ensemble de misère éparpillées sur la plage des points de non retour. Devrais-je donner de ma  vie, de ma seule voix, pour un peu de sens moderne et non conventionnel en amour ?

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Les oulimots de Louarn Breizh :

Elle a rompu la veille de notre départ en week-end pour Cancale. Je mentirais en disant que je n’avais rien vu venir. Notre relation n’avait plus aucun sens. D’ailleurs, elle n’en avait jamais eu. Qu’attendre d’une liaison commencée dès le premier rendez-vous, comme si la misère affective dont nous souffrions nous avait jeté dans les bras l’un de l’autre ? Nous avions banalement commencé à échanger sur un site de rencontre, outil moderne et terriblement froid pour rapprocher les âmes laissées au bord de la route de l’amour. Immédiatement, sa voix m’avait mis mal à l’aise. Un côté rocailleux qui aurait pu lui donner du charme mais que j’avais trouvé férocement vulgaire. Pourtant, nous nous sommes donné ce premier baiser après une petite heure de discussion sur les quais de Seine. Peut-être son regard, ses mots sincères, sa robe dévoilant une peau visiblement douce et chaude. Nous avions fini l’après-midi chez elle, partagé une bouteille de vin et abandonné nos vêtements… Sur le chemin du retour, malgré l’ivresse de ces instants, j’étais déjà assailli de doutes, presque de remords. La peur de la solitude avait été plus forte que le bon sens. Pendant deux mois, nous nous sommes beaucoup vus, nous avons souvent fait l’amour, mécaniquement, sans y mettre véritablement du cœur. Ses injonctions à baiser me faisaient perdre mes moyens alors que j’avais déjà si peu de confiance en moi. Nos discussions étaient, au fil des jours, de plus en plus empreints de lourdeur et d’incompréhension. Tout ou presque nous opposait et pourtant, nous nous accrochions l’un à l’autre. Nos échanges devenaient oppressants, l’ambiance mortifère. Alors, pourquoi sommes-nous restés si longtemps ensemble ? Espérions nous trouver un subterfuge de bonheur ou simplement l’assurance que nous pouvions être intéressants, séduisants, baisables ? 

J’ai pris ma voiture, fais la route avec la radio comme seule compagne. C’était presque apaisant, cette absence d’obligation de combler les silences. Je me suis retrouvé seul sur la plage de Cancale avec un sentiment de liberté et la sensation d’être véritablement en vie. 

Louarn Breizh

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Les oulimots de Ssaara :

Un prochain jour peut-être , la vie sera plus douce ,

Sa voix retentira , il sera de retour .

Tout dans cette ville moderne leur sera de velours ,

La misère s’enfuira : le bonheur éclabousse .

Ils iront sur la plage seuls au milieu de tous

Respirer le soleil le bonheur et le jour .

Il volera sa main dans la sienne, son amour .

Elle captivera ses sens , ils rêveront de toujours .

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Les oulimots de Patrice Saucier :

Tout me ramène à la plage. Là où la misère fond au soleil. Seul sur ma serviette, je lis en paix et, débarrassé de ma honte d’être pauvre, je me prends pour un riche industriel. C’est louche. Les industriels ne lisent pas, sauf les cotes de la bourse. Jouer un personnage ne me donnera nullement un sens profond à ma vie. Dans la mer, toutefois, il y a cette femme qui m’aborde. D’allure moderne et raffinée, elle me parle du dernier roman qu’elle a lu avec une voix inhabituellement douce et franche. Je rapporterai certainement ce souvenir sur le chemin du retour.

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Les oulimots de Camille Sorel :

Je voudrais savoir vivre sans y mettre tout ce que j’ai.

Cette histoire avec toi, forcément lumineuse. Intense, immorale, magnifique, interdite.

Un interdit sans âge, d’ailleurs, de ceux qui ne fanent pas.

Nous croyions-nous modernes d’oser le contourner ? Originaux, peut-être ?

Misère. Triste banalité. D’autres, trop proches, ont flanché, des premiers babillages aux râles de jouissance. Et pourtant. Cette malédiction, le mur qui s’éleva, nos colères et même… les envies de coups. C’est elle qui a frappé.

Pas un seul jour depuis sans tourner ces pensées comme un fauve qui arpente une cage trop étroite. J’entends ta voix : « Je t’ai toujours aimée, je t’aimerai toujours ». Je ne croyais plus les hommes, mais toi, tu n’étais pas « un homme » ! Je t’aimais au berceau. Pas un jour dans l’enfance, les trop rares ensemble, où tu ne fus aimant.

L’été dernier sur la plage, nous nous moquions de tout. Les convenances, les rumeurs, la gêne de notre famille… au diable ! Nous nous tenions la main, nous embrassions, amants. Impudiques, seuls au monde. Ma vie était à toi, je voulais toutes mes nuits dormir contre ton corps. Le monde s’y ferait, notre amour éclatait !

Mais la malédiction ne m’avait pas omise. Comme des serpents vicieux, elle s’est insinuée, répandant en tout sens son venin trop amer.

Le retour à la vie fut retour à la rage.

Le blog de Camille Sorel

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Les oulimots d’Alexandre :

Le jour où tu te retrouves tout seul sur une plage entouré de couples qui se bécotent sans vergogne ou de familles aux bambins joyeux, tu te dis que tu as peut-être raté quelque chose.

Sans pour autant parler de misère sexuelle, tu te demandes si, à force de jouer à l’homme moderne, toujours accaparé par les créations, le travail, bref la réussite, tu n’a pas su voir celle qui aurait donné un autre sens à ta vie, celle qui aurait été ton double parlant d’une même voix  des passions partagées.

Et puis au retour, coincé dans les embouteillages, comme tout le monde, tu changes d’avis en voyant les parents excédés demandant à leur progéniture de se calmer à l’arrière de la voiture ou quand tu observes que visiblement l’amour n’est plus  au beau fixe entre le garçon en train de faire la gueule et la jeune femme semblant te trouver un charme fou, le temps d’une œillade.

0ulimots 2021S5 : une contrainte épique

Mots contraints : Demande, absence, tendre, besoin, neige, romance, épique, souffle, ardente. 

Les oulimots de Ssaara :

Voilà jeunes gens le sujet de la dissertation que j’attends pour la prochaine semaine :

Je vous demande, qu’il neige ou qu’il vente cette semaine, ou que le vent souffle à arracher les tuiles, de raconter une histoire d’amour .

Oui j’entends bien vos murmures de récrimination, mais oubliez un peu vos Blockbusters habituels et inventez-moi une tendre romance. Vous pouvez même la glisser dans un récit épique, une fiction futuriste, y ajouter d’ardentes batailles telles que vous semblez les apprécier.

Je vous précise que même une absence de votre part jeudi prochain  ne vous exonérera pas de me rendre ce travail, nul besoin de chercher une manière d’y échapper !

Alors à vos stylos Messieurs , étonnez-vous ! Étonnez-moi . 

Je sais que même de futurs couvreurs zingueurs comme vous sont capables de cette création un peu trop romantique à votre goût. La note qui plus est sera prise en compte dans la note du bac.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Je me demande, à l’instant où je décide d’arrêter de publier mes billets si cette absence sera remarquée. Certes, j’ai reçu quelque tendre remarque me suggérant de poursuivre. Je ne sais si l’envie, je n’ose dire le besoin, d’écrire est toujours là ou si une neige noire a tout recouvert. Ni romance érotique, ni délire porno épique ne me viennent sous mes doigts, aucune idée ne souffle à mon esprit.

Et cette nuit, assis devant une table chargée de livres, mon ordinateur portable ouvert devant moi, j’ai en tête le début du Faust de Gounod, « Rien! En vain j’interroge, en mon ardente veille, la nature et le Créateur; Pas une voix ne glisse à mon oreille Un mot consolateur! »

Le blog d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de Starkette :

La demande était la suivante. Malgré son absence, il devait se montrer tendre envers elle. C’était ce dont elle avait besoin au quotidien. Elle était lumineuse comme la neige et ne rêvait que d’une romance épique. Elle avait envie de sentir son souffle contre le sien. Elle voulait vivre une passion ardente qui la ferait se consumer d’amour. 

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Les oulimots de P_apanoel :

Reverrons-nous un  jour la neige ?

Ce tapis blanc, figure imposée des romances télévisuelles de saison, qui n’ont souvient rien d’épique.

Cette carte du tendre où toutes les trajectoires restent visibles, bien longtemps après le passage des amants, ou alors immédiatement effacée par le souffle de la rencontre manquée, du rendez-vous dispensable, du grand courant d’air qui permet de faire le vide dans la mémoire, et remplace le souvenir gênant par l’absence confortable de point de fixation du ruminement boudeur.

Non, il est préférable de se tourner vers l’avenir, rêver de plages dorées, de marques de pas côte à côte – ou en lignes suggérant une collision ardente – même si les unes comme les autres sont effacées par la vague qui laissera la page encore une fois vierge de toute trace, prête pour écrire la prochaine histoire à se raconter, coup de foudre disponible sur simple demande.

Avec le cerveau qui turbine à 100 à l’heure, pas du hasard qui gouverne si souvent la réalité, les situations se présentent, s’enroulent et se déroulent à l’infini,

Et pas besoin de sortir la pelle pour dégager l’entrée.

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Les oulimots de Diable et Ange :

Je constate chère madame, que suite à votre demande,

Non-réponse de ma part est prise comme une absence. 

Être tendre est un besoin et non un privilège 

L’envie peut disparaître comme fond souvent la neige 

Entre nous la romance s’annonçait bien épique

Entre amour prometteur et illusion tragique 

Le souffle est retombé de manière si troublante 

Je lui dresse de ce pas une chapelle ardente

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Les oulimots de LibNoa :

Tu cours mon amour. D’une façon délicieusement maladroite, trébuchant avec grâce.

Tu sèmes des taches pourpres dans la neige, un petit chemin que tu dessines pour moi.

Je ne me presse pas, je sais que nous allons nous retrouver. Je devine déjà ton souffle chaud sur ma joue.

Ton absence a été une torture. Chaque seconde depuis ton départ sonne creux. Tu as créé un vide en moi, une enfonçure ardente qui me dévore chaque jour un peu plus. Ce vide, je veux le remplir de toi.

Alors je t’ai cherché. J’en ai mis du temps avant de te retrouver, dans ce charmant chalet isolé. Isolé, mais pas seul.

Tu ralentis. Nos retrouvailles approchent. A moi pour toujours.

Je t’ai guetté, tapie dans l’ombre. Tel le fantôme qui hante mes pensées, ta silhouette a fini par apparaître. Tu t’es dirigé vers le tas de bois, pour saisir une bûche, je me suis approchée, j’avais tellement besoin de te parler. Tu t’es mis à gesticuler, crier, tu m’as rejetée, encore. Soit-disant notre histoire était à l’agonie. Je ne pouvais pas te laisser dire ça, tu le comprends, je sais.

Chut. Dès que le pieu dans ma main pénétra ton flanc étonnamment tendre,  je voulus y pénétrer encore. Sentir ton sang chaud humidifier un peu plus mes doigts. Mais tu t’es dérobé.

Et maintenant, tu es là à m’attendre, délicieusement allongé entre deux arbustes. Ils seront les chanceux témoins de notre étreinte. 

Je lis dans tes yeux écarquillés ta demande mon cher. Je le vois dans tes entrailles à nu. 

Tu souffres autant que moi, et je ne peux supporter de te voir ainsi. J’accepte. Je donne à notre romance la fin épique qu’elle mérite. Ne me remercie pas.

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Les oulimots de Fran :

Son absence commençait à lui peser. Pourtant il était partie à sa demande. Elle avait prétendu qu’ils avaient besoin d’un peu de distance et d’aller explorer leur carte du tendre chacun de leur côté pour rendre leur romance plus épique lorsqu’ils se retrouveraient.

Elle s’en mordait les doigts. La plus ardente des rencontres qu’elle avait pu faire depuis, même si elle lui avait fait perdre le souffle et un peu les pédales n’avait fait que raviver son manque de lui.

Alors, pour tenir le coup, se plongeait régulièrement le nez dans la neige. Une addiction en chassait une autre.

Le blog de Fran

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Les oulimots de Bruneline :

Devant ce feu dont il ne reste que des braises ardentes, ils sont installés tout proches, inclinés l’un vers l’autre. Il lui prend la main dans un geste tendre. Un peu endormie elle demande la suite, encore. Elle ne veut pas céder au sommeil, celui qui mène fatalement à l’absence.

Il n’a pas besoin de se forcer beaucoup pour accéder à sa requête, dans un geste ample et avec un sourire heureux, il saisit le livre posé sur l’accoudoir.

Doucement la neige tombe devant la fenêtre qui s’assombrit, et dans ce cocon suspendu ou rien d’autre n’a sa place, il crée pour elle mille mondes, des contes, une pointe de romance, le souffle épique d’une bataille qui ébouriffe les boucles blondes.

Sans bruit, sur la pointe des pieds, je ferme la porte.

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Les oulimots de Diablesse Jeanne :

Oh toi mon tendre amant,

Qui d’un souffle me rend ardente

Ton regard me fait fondre

Telle la neige au soleil

Nul besoin de rendre épique notre romance

Ton absence me fait déjà prendre les montagnes russes

Alors que je n’ai qu’une demande

Toi, moi, nous, encore …

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Les oulimots de Gérald :

Les romances les plus courtes sont sans doute les plus belles. Mais elle me manque. Son absence me laisse un vide qu’il m’est impossible de combler. Chaque seconde, je me demande si elle va bien, si elle pense toujours à moi.

Je garde religieusement en mémoire notre soirée dans son chalet. C’était tout à la fois, une soirée tendre et ardente.

Tendre quand, ensemble, dans les bras l’un de l’autre, près d’un feu de bois, nous regardions tomber la neige.

Ardente, quand elle m’a présenté des menottes et un olisbos noir ébène, puis ensuite quand elle est venue derrière moi, et que j’ai senti son souffle sur mon cou. Je savais que cette soirée allait être épique.

J’ai besoin d’elle.

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Les oulimots d’Alexandre :

Ah Madame, à ma demande accorderez-vous une oreille attentive ?

Votre absence, je ne puis la supporter plus en avant

M’offrirez-vous ce tendre moment que j’espère tant ?

Les temps, vous le savez Madame, ne sont pas à la solitude, 

oserais-je vous confesser ce besoin impérieux d’être à vos côtés ?

Vous savoir proche de moi me remplirait de joie

tel un enfant devant les premiers flocons  de  neige.

Ne voyez pas Madame dans cette excitation enfantine

les prémices d’une romance à l’eau de rose

mais au contraire l’annonce d’une histoire commune

digne d’une épopée au souffle épique.

signé 

Votre amoureuse ardente