Oulimots 2021S47 : une contrainte fumeuse

Mots contraints : amplitude décrépitude, sonorité, ubiquité, pourpre, fumeux, clameur, rumeur, ivoire.

Les oulimots d’Ande :

Ode à la nuit 

Le ciel couleur pourpre

Infini à l’amplitude spectrale 

Du noir à la sonorité bleue 

Telle la clameur

Décrépitude de l’obscurité 

Sensation d’ubiquité

Comme la rumeur ou le bas bruit 

Brumeux, fumeux

Inaudible de la tour d’ivoire. 

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Les oulimots d’Ada :

L’amplitude est à  l’ampleur ce que  la décrépitude est au déclin ; 

le son est à la sonorité ce que l’omniprésence est à l’ubiquité ;

le pourpre est au bordeaux ce que le fumeux est au brumeux ;

la clameur est à la rumeur ce que l’ ivoire est au braconnier. 

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Il n’avait plus, comme quand il était jeune, de l’amplitude pour faire des mouvements, lever sa baguette magique devenait de plus en plus difficile. Il disait de lui que maintenant il était tombé en décrépitude, il aimait la sonorité de ce mot. Jadis il aurait aimé, en tant que magicien et non moldus, avoir le don d’ubiquité, mais il n’avait pas développé cette pratique car elle demandait beaucoup d’énergie. Une fois ça l’avait tellement fatigué qu’il en était devenu de couleur pourpre. Sa spécialité était les coups fumeux qu’il avait mis au point avec Finnigan lors des cours de magie de Minerva McGonagall. Son ami était devenu un spécialiste en feu d’artifice pour épater les moldus. Il aimait se souvenir de cette époque quand il était à Poudlard, la clameur dans le stade de Quiddich. La folle rumeur qui l’avait poursuivie toute sa vie comme quoi il était l’élu, celui qui allait tuer celui dont on ne doit pas prononcer le nom. Effectivement il s’était battu avec lui et après une lutte difficile où il avait perdu amis et camarades, il l’avait anéanti. Il ne s’était pas enfermé dans sa tour d’ivoire après cet épisode, bien que considéré en héros. Il avait continué à vivre normalement ce disait-il au fond de son lit. Il était bien vieux maintenant Harry Potter.

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Les oulimots de Laurent Chamoux :

Du haut de ta tour d ivoire tu fredonnes une mélodie qui résonne,une sonorité de métal teinté de clameurs qui habille ma décrépitude, moi être fumeux si sur de moi,attaché à ses rumeurs. Je n ai pas le don d ubiquité, mon amplitude métaphysique reste banale,je ne suis qu un être de rêve, qui se rêve être dieu,drapé de pourpre.

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Les oulimots de Dick :

La rumeur prétendait que l’un des plus conservateurs des cardinaux avait renoncé à la pourpre à cause des charmes d’une nonne, et elle avait pris tant d’ampleur que sa Sainteté elle-même s’était fendue d’un tweet fumeux pour tenter de détourner l’attention des fidèles. 

En vain. 

La clameur furieuse qui avait accueilli le Pape lors de sa dernière bénédiction urbi et orbi avait montré aux hautes sphères du catholicisme l’état de décrépitude avancée de la considération qu’elles pouvaient avoir. 

Il fallait agir et non pas se réfugier dans sa tour d’ivoire. Un consistoire avait donc été réuni, dont on disait qu’il avait des sonorités plutôt libérales.

Et pour cause. 

L’amplitude entre ce qu’il en était sorti et les préceptes habituels de l’Église était sans précédent. La fin du célibat des prêtres leur conférait l’ubiquité d’aimer tout à la fois leur Créateur et les plaisirs de la chair.

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Les oulimots de Ian_nale :

Je me perdis dans l’amplitude de sa flamme ;

Elle était partie loin la décrépitude de l’âme. 

L’idée même de son être, pourvue d’ibiquité 

M’en fit songer au monde, à sa réelle sonorité.

L’orage s’en gronde, pourpre ; éclairs fumeux. 

La rage des dieux s’embourbe ; une clameur. 

Je me tins là, tenant cette volage rumeur, 

Je me tins là, sentant cette divine fureur ;

On en veut à ma dame couronnée d’ivoire, 

Les dieux en veulent à son âme où naît l’espoir.

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Les oulimots d’une nymphe des forêts :

Il n’était pas homme à avoir don d’ubiquité…bien qu’il partageait sa vie entre sa demeure coloniale à la façade ivoire donnant sur le Mekong, et ce fumoir d’opium d’où lui parvenait sans cesse la clameur pourpre de la nuit.

Il était double, avec une immense amplitude et faisait fit de la rumeur. 

Il aimait ces fumeux personnages côtoyés dans cette décrépitude humaine….il adorait par-dessus tout la sonorité des langues femelles pompant son gland tandis que lui tirait sa pipe.

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Avec l’âge, avouons-le, l’empan diminue, en clair, l’amplitude couverte par la main diminue, effet d’une décrépitude générale. L’effet sur la sonorité n’est pas des meilleurs, sauf à acquérir un don d’ubiquité ce qui me permettrait de place mes doigts en deux emplacements différents du clavier. Je n’ose vous dire quel fut l’effet lorsque je tentais récemment de jouer la musique de La rose pourpre du Caire, le résultat fut tellement fumeux qu’une clameur s’éleva, qu’une rumeur courut la ville, je quittai aussitôt et pour toujours les touches d’ivoire et d’ébène.

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Les oulimots de Nicolaï Drassof :

Avis fumeux, rumeur érigée en clameur en un réflexe moutonnier des foules, qui prend de l’amplitude, son intimité dévoilée: il était devenu célèbre. Bien que dépourvu du don d’ubiquité et marqué par la décrépitude due à l’âge, il devenait ce qu’il n’avait jamais voulu être, une idole. Il est difficile, à son déclin, d’entendre la sonorité de son nom clamée à coups de cor d’ivoire, au moment où la pourpre du pouvoir n’a plus aucun attrait. Il voyait arriver sa mort en grand arroi, loin de la simplicité qu’il aurait souhaitée. 

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Les oulimots de Marie Bulsa :

La rumeur disait qu’une troupe un peu spéciale se produisait dans un théâtre en décrépitude, perdu au milieu d’une forêt. Elle disait aussi que les lieux avaient une sonorité formidable.

Ma curiosité avait pris une telle amplitude que je me devais d’y aller. Une personne m’avait donné les coordonnées secrètes. J’espérais seulement que ce n’était pas un plan fumeux, car nous étions fin octobre et certains plaisantins y allaient de bon cœur. 

Je garai ma voiture sur un chemin, et je marchai lorsque le bâtiment apparut devant mes yeux. Son état faisait peur à voir. Un anneau en ivoire faisait office de sonnette. Je frappai à la porte et un homme peu souriant, vêtu d’un costume pourpre m’ouvrit. 

Il n’y avait pas trop de monde dans la salle. La troupe fut accueillie sous une forte clameur par une cinquantaine de personnes. Ils commençaient leur spectacle. Je notais alors quelque chose de curieux. Les acteurs avaient une ubiquité extraordinaire. Ils se trouvaient à plusieurs endroits à la fois, sur scène et au milieu du public. Des êtres humains normaux ne pouvaient pas faire ça. Je compris à cet instant que je ne sortirais jamais de cet endroit qui était une sorte de quartier général de vampires. Et nous, les humains, étions les proies pour leur festin prévu après le spectacle.

Oulimots 2021S46 une contrainte qui ne manque pas de courage

Mots contraints : abandon, autrefois, centre, chapelle, courage, historique, humanitaire, œuvre, recherche

Les oulimots d’une nymphe des fontaines :

Elle avait ce goût d’autrefois,  celui de l’abandon à une noble cause. 

Dans cette chapelle historique du centre de Morteau, elle n’avait pas eu besoin de recherches poussées  pour le trouver,  enfin, ce curé défroqué.

Dans le confessionnal,  elle eût envie d’œuvre humanitaire et prit son courage à deux mains pour lui agiter le goupillon.

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Les oulimots de Dick :

Le temps que j’ai passé autrefois dans un centre de soins me l’a prouvé : sans qu’on ne le recherche, on peut parfois vivre des choses insensées. 

Je pense notamment à cette patiente qui disait accorder ses faveurs à titre humanitaire mais qui m’avait littéralement sauté dessus dans la chapelle de la clinique. Je n’avais pas eu le courage de la repousser malgré les risques encourus alors elle avait insisté pour que nous y retournions dès que possible. 

 Nous avions bien sûr fini par nous faire prendre et la belle avait prétendu que c’était l’œuvre du démon qui l’habitait. Ce n’en était pas moins un événement historique dans la vie de l’établissement et nous n’avions dû l’abandon des poursuites contre nous qu’à ses relations très haut placées.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

Cette ville est totalement à l’abandon maintenant. Elle avait perdu de son charme au vu des événements de l’histoire. Autrefois au centre du village se trouvait La Chapelle. Elle avait été construite avec courage par les bâtisseurs des cathédrales du moyen âge. Cette cité avait un passé historique important et elle faisait partie du chemin de Compostelle ce qui lui donnait une dimension humanitaire. L’œuvre du Maire de l’époque était complètement consignée dans des registres on pouvait y noter l’évolution de la construction et la vie de l’époque y était développée.

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Les oulimots de Gérald :

Pour oublier ma déception amoureuse, je suis parti faire de l’humanitaire au centre de l’Afrique. 

A mon retour, même si je ne faisais pas trop d’idées, je lui ai donné rendez-vous près de la chapelle qui était notre lieu historique, et, ou autrefois, nous avions l’habitude de nous voir.

Malheureusement, elle n’est pas venue. J’étais très triste, mais pas question d’abandon. Je me suis mis en œuvre pour la retrouver, et n’écoutant que mon courage, je suis parti à sa recherche. Je l’aime trop.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Autrefois, j’étais un fervent défenseur de la pauvreté. J’ai mis tout mon courage et ma détermination pour faire fleurir durant des années mon œuvre humanitaire. J’ai fait de la recherche pour sauver des gens. Et aujourd’hui, je ne suis plus qu’un grain de sable dans un fait historique. Ma tombe se trouve au centre d’une chapelle à l’abandon. On m’a oublié, car on oublie toujours les gens qui font du bien et en revanche, on se souvient des grands criminels.

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Les oulimots d’Alexa D :

Autrefois j’aurais mieux préparé mon voyage, pris quelques notes, griffonné un plan, mais cette fois ci j’y suis allé à l’aveuglette; mon historique de recherche sur internet était vierge. A peine arrivé je vis le sommet de la chapelle, en plein cœur du centre ville on ne voyait qu’elle. Les fêtes de fin d’année étant imminentes je m’attendais à plus d’effervescence dans les rues. Deux jeunes femmes attiraient mon attention, elles arrêtaient quelques passants pour leur présenter des posters de reproductions d’œuvres dont les bénéfices étaient totalement versés à une association humanitaire. Il en fallait du courage pour rester statique dans le froid. Je me dirigeai vers elles et leur proposai de laisser leur stand à l’abandon le temps d’un vin chaud en ma compagnie. Ma première soirée à Strasbourg commençait et je comptais bien la faire durer jusqu’au lever du jour.

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Les oulimots de Nicolaï Drassof :

Notre recherche pour une œuvre humanitaire: des personnes pleines de courage pour retaper une petite chapelle historique à l’abandon.Elle était autrefois au centre d’un hameau dont il ne reste que des ruines.

Apportez votre tente et vos outils. Toutes les bonnes volontés pourront participer, quelle que soit la spécialité. Ne soyez pas trop fantaisistes quand même, C’est très beau la musique, mais il faut aussi mettre la main à la pâte !

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Les oulimots d’un garçon fragile :

Autant le dire tout de suite, Pierre flairait bien que l’enquête n’était plus au centre des préoccupations des polices locales depuis bien longtemps ; il n’irait pas jusqu’à parler d’abandon, mais il sentait l’agacement se faire crescendo lorsqu’il composait le numéro des trois brigades qui semblaient les plus concernées par la disparition d’Augustine. Le pire dans cette histoire, c’est que lui-même ne savait plus trop pourquoi il s’obstinait à téléphoner hebdomadairement ; par acquit de conscience ? Par peur, qu’un jour il n’ait tout bonnement plus le courage de cocher les cases de rappel dans son agenda et qu’il supprime la tâche « recherche », en moins de temps qu’il en faille à votre serviteur pour l’écrire ?

Il l’avait rencontrée quand les routes du monde étaient encore un peu sûres, que les flux migratoires étaient le fruit de famines ou de conflits locaux, que des vautours comme celui qu’il était devenu ne se jetaient pas sur la moindre matière premium pour la vendre tant de fois qu’entre son extraction et son arrivée dans une usine, elle était passée par tant de mains qu’il était devenu impossible de connaître combien de portefeuilles d’actions en avaient fait augmenter inexorablement le prix, et que les produits proposés par la société de consommation soient toujours de plus en plus chers. Et tout cela se faisait dans des immeubles semblables au sien, à la décoration tellement simplissime que l’on se serait cru dans n’importe quel immeuble de n’importe qu’elle place financière. Bien entendu, ce vampirisme s’effectuait au détriment de la population, de la faune, de la flore, d’une planète déjà morte de l’intérieur, mais qu’importe quand on a son billet de réservé en première classe de l’Arche, non ?

D’un mouvement de pied, il fit faire un demi-tour à son fauteuil nec plus ultra, afin d’admirer la vue. Tout ce qui s’étalait sous ses yeux sur une dizaine de pâtés de maisons, écoles, parcs et cinémas inclus, lui appartenait, littéralement. Il faisait autrefois partie de cette jeune génération qui croyait en la recherche et le développement d’un capitalisme vert, mais en fin de compte, il n’était qu’un patron comme les autres ; en gardant ses employés au plus près de lui, en leur fournissant de quoi satisfaire leurs besoins immédiats, il leur fournissait les chaines qui les maintenaient sous son joug.

Avec Augustine, ils s’étaient croisés il y a une trentaine d’années, alors qu’elle avait organisé un voyage humanitaire avec des fonds de la fondation dont il avait pour unique charge de dilapider une partie, le temps d’obtenir un diplôme au nom horriblement compliqué et, c’était historique, devenir l’héritier le plus riche du consortium le plus vaste, vous voyez le genre. Il avait quelques jours de temps libre, il avait feuilleté les fiches des donations en cours et avait été charmé par la photo d’une antique chapelle. C’était si loin, mais dans ses souvenirs, c’est comme si c’était hier.

Ils avaient passé la soirée à se chamailler. Elle, la marxiste, convainque que seule une transformation radicale pouvait sauver le monde. Lui, persuadé au contraire que le système pouvait être changé de l’intérieur. Ils s’étaient souvent retrouvés tout au long de leurs vies, étonnamment sans sortir d’une relation purement platonique. Il avait tout de même réussi à la convaincre de prendre la tête de la fondation ; elle avait accepté, se rendant bien compte qu’ainsi, elle devenait sa bonne conscience. La seule condition qu’elle avait imposée : pouvoir continuer d’aller sur le terrain. Pierre avait mis en œuvre des moyens colossaux quand la balise GPS qu’elle s’était vue implanter avait cessé d’émettre, dans cette zone d’une vingtaine de kilomètres carrés aux confins du Brésil, du Pérou et de la Colombie, proche d’une exploitation forestière dirigée par une de ses équipes « aguerrie ».

Oulimots 2021S45 : la servitude de la contrainte

Crypte, marionnette, jouer, plongeur, servitude, vorace, plan, critique, pique.

Les oulimots d’Ada :

Dans un  décor de crypte des hommes-marionnettes jouent ; une sorte de plongeur des ombres venu les délivrer de leur servitude est aussitôt avalé par une vorace créature dans l’obscurité ; le plan sombre graduellement dans le noir. Sans esprit critique, qui se pique d’avoir compris ?

Les oulimots de Dick :

J’avais osé émettre l’hypothèse qu’il y en avait d’autres qu’elle : fatale erreur. Sa position ne pouvait souffrir la moindre critique et je le découvrais à mes dépens. Elle m’avait convoqué en ce lieu dédié à l’amour qui pique et le cerbère de céans, sans doute au fait de ma venue m’avait immédiatement conduit dans une pièce dont la décoration avait tout d’une crypte.

Je me retrouvai donc dans les ténèbres, suspendu à des chaînes comme une marionnette à ses fils, sans savoir ce qui allait advenir de moi. J’y passai des heures dont je perdis rapidement le compte et l’angoisse commença à monter en moi J’avais beau avoir connu l’entraînement d’un plongeur de combat, je n’étais plus prêt à subir un tel stress. Vous comprendrez donc que lorsqu’elle ouvrit la porte, éclairée par la maigre flamme d’une bougie, j’étais décidé à tout accepter d’elle pourvu qu’elle me libère. Elle donna du mou à mes liens et, toujours entravé, je me retrouvai à genoux devant elle avant qu’elle ne me pousse à terre d’un coup de pied bien placé entre les omoplates. Je ne dus qu’à la longueur parfaitement calculée de mes attaches de ne pas m’exploser la face sur le béton glacial du sol.

J’en étais quitte pour une belle frayeur mais je n’étais pas au bout de mes peines. Elle commença par me piétiner de ses talons, sans doute pour attendrir mes chairs, puis, je reçus la cire de sa bougie qu’elle finit par racler avec une lame bien affûtée dont je craignis qu’elle ne me coupe. Elle me fit ensuite me relever et asséna quelques coups bien sentis sur mes fesses. J’avais la sensation d’être à vif lorsqu’elle s’arrêta.

— Alors ? Tu veux toujours jouer ailleurs ?

Je l’assurai que non. Contente de ma servitude retrouvée, elle déposa un baiser vorace sur mes lèvres. Son plan avait parfaitement fonctionné.

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Les oulimots de Laurent Chamoux :

L as de pique habille ta cheville gauche,joli tatouage montrant ta servitude,ton plaisir de jouer et parfois de servir de marionnette à des appolons musclés. Je reste dans cette crypte qui est mon appart et attend vorace le récit de tes plans. Leurs sens critique m éloigne de toi,je subit les critiques, je ne suis qu un plongeur ,qui va loin dans l abime de cet amour destructeur.

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Les oulimots de Nicolaï Drassof :

Qui saura déplorer la servitude du plongeur devant son évier; Qui comprendra le joueur dont le plan a raté, et son regard vorace sur la caisse du Casino;  Qui saura convaincre le ventriloque de ne pas faire dialoguer sa marionnette avec le méchant critique; Et qui dira au bavard de s’en tenir  au silence de la crypte ? / Qui ça ? Qui ? On demande des volontaires !

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Les oulimots de M :

Pour cette nouvelle rencontre, le plan va être différent. Je le recevrai dans la crypte. Ce lieu si impressionnant ou j’ai partagé une séance avec sa domina propriétaire. Pour piquer sa curiosité j’ai choisi de le faire venir habillé en plongeur de restaurant. J’ai porté la vaisselle pour tester sa servitude. Je sais que sans sa vie de tous les jours,  il est assez critique par rapport aux tâches ménagères. Mais s’il veut que j’apaise son appétit vorace de fist, il va falloir jouer et devenir ma marionnette le temps qui nous est imparti.

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Les oulimots d’Izia Frank :

Mettant à exécution leur plan machiavélique, marionnette et marionnettiste s’échinent au fond de la crypte. Réfractaires à toute servitude amoureuse, les amants savent se cacher et jouer de leurs voraces baisers. La pique est à la critique ce que l’apnée est au plongeur.

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Les oulimots d’Elisa Stark :

J’ai reçu pour mon anniversaire un baptême de plongée. Mon rêve se réalise enfin, quand petit on me demandait ce que je voulais faire je répondais toujours plongeur comme Jacques Mayol. Sauf qu’il n’avait pas de servitude par rapport au matériel et aux bouteilles qui vont me permettre de respirer sous l’eau. J’ai quand même j’ai l’appréhension de ressembler à une marionnette quand nous visiterons la crypte. Je sais que cette passion peut être vorace avec l’envie de rester le plus longtemps dans les profondeurs aquatiques. Je n’ai pas de plan, je me laisserai porter par les recommandations de l’instructeur, je ne serai pas critique car je n’y connais pas grand chose. Je ne lui lancerai pas mes piques acerbes car je ne suis pas spécialiste dans cette pratique. Je vais profiter et jouer avec l’élément dans lequel je me sens serein.

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Je vis dans une contrée lointaine, seule à l’abri dans la crypte d’une église abandonnée dont le seul accès est sous l’eau. Puis un plongeur est entré dans mon antre. Alors j’ai voulu jouer avec lui comme on joue avec une marionnette. Je n’avais pas de plan. Rares sont les intrus qui trouvent ma cachette.

Celui-ci est beau et je veux le garder en servitude même si je suis dans un état critique, car je ne mange pas à ma faim alors que mon appétit est vorace ! Je me contente de petits animaux. Habituellement, je pique mes proies avant de les dévorer, car elles se montrent craintives et veulent s’échapper.

Pas besoin avec lui. Me montrer sous mon irrésistible couverture de femme a suffi pour piquer sa curiosité et s’abandonner à moi. Ma part de scorpion me donne envie de faire couler dans ses veines mon poison, mais il m’a offert le plaisir, il a assouvi tous mes désirs et je lui ai rendu la pareille. Alors, pourquoi ne pas le garder pour moi ? Peut-être réussira-t-il à me transformer en femme pour toujours. Alors je pourrais partir de cet endroit sordide. Je pourrais avoir de nouveau un appétit d’humain et quitter ce corps de scorpion qu’un vieil homme m’a attribué en sortilège, il y a bien longtemps.

Oulimots 2021S44 : une contrainte de folie

Mots contraints : Loi, sauter, ange, parmi, vendre, réunion, mère, bête, folie. 

Les oulimots d’Elisa Stark :

La loi que nous avons instauré pour ce dernier bain ensemble, c’est de sauter comme un ange parmi les autres qui sont déjà dans la piscine. Il faut profiter de cette maison que nous allons vendre. Nous avons fait une réunion avec famille et amis, même ma mère est venue. Ça peut paraître bête car je ne l’avais pas vu depuis des années mais cette visite m’a fait plaisir. Je sais que c’est une folie de tout vendre et de partir faire un rond-trip mais si nous ne le faisons pas maintenant, je suis sûre que nous le regretterons.

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Les oulimots de Carole Bessiere 

Dans le théâtre Novecento, seule la coupole originelle témoignait d’un passé faste. Dans l’amphithéâtre, les décors pourpre et ivoire se devinaient à peine. Les maîtres italiens avaient œuvré 50 ans à élever cet édifice à la gloire de la déesse Chokrana. Tout aujourd’hui n’était que décrépitude. Un autre temple dévoué à la déesse s’élevait désormais à 2 lieus de ce spectacle affligeant. 

Sous la voûte de la salle annexe, persistaient les clameurs des troupes ennemies. Rumeurs des vainqueurs, cris aux sonorités barbares, l’atmosphère fumeuse entraînait une odeur de terre humiliée. Nos victimes par milliers se faisaient encore entendre par un écho ricochant sur les pierres de grès. Du théâtre festif à l’autel du sacrifice, la destinée de ce monument tenait en son fronton : « vincere et renasci. »

J’ouvrais grand les bras, de toute l’amplitude possible. Si j’avais pu stopper ce carnage, être là-bas tout en demeurant ici, ubiquité salvatrice.

Le blog de Carole Bessiere 

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Les oulimots d’un Joueur Parisien :

 » L’homme est un apprenti, la douleur est son maître,

Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert.

C’est une dure loi, mais une loi suprême,

Vieille comme le monde et la fatalité,

Qu’il nous faut du malheur recevoir le baptême,

Et qu’à ce triste prix tout doit être acheté. »

Ce texte, extrait de la Nuit d’octobre est d’une telle beauté que je n’ai pu que sauter sur l’occasion pour vous l’offrir, des vers issus d’un ange descendu parmi les hommes non pour vendre sa camelote mais pour offrir des poèmes sublimes. Mais que dire de plus après cela, je ne vais pas organiser une réunion pour vanter les mérites de ce poème, ni écrire à ma mère pour lui suggérer de le lire, ni me lancer dans quelque autre initiative tout aussi bête. Vouloir ajouter un mot à ces vers ne serait que folie.

Les oulimots d’un Joueur Parisien

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Les oulimots de M :

Pour lui montrer que je ne suis pas sa mère, même si parfois en séance je le materne, j’ai décidé de le vendre à la prochaine vente de soumis esclaves. La réunion aura lieu le week-end prochain et, à chaque fois la loi est la même : chacune met sa bête aux enchères. Parmi toutes les soumises et soumis, le mien a l’air d’un ange : je veux lui faire sauter le pas d’être dominé par une autre que moi. Pour lui c’est de la folie mais il accepte car il obéit à mes désirs.

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Les oulimots de Dick :

Pourquoi me suis-je rendu à cette réunion d’anciens élèves ? Parmi tous les présents je suis le seul à ne pas avoir réussi. Enfin, pour eux cela consiste à avoir un salaire à cinq chiffres minimum et une maison avec piscine.

Alors, quand je leur dis que je raconte la folie ordinaire dans des nouvelles éditées par un obscur journal local, j’ai au mieux un sourire apitoyé quand ce n’est pas une grimace de dégoût. 

Ils m’écœurent avec leurs gueules d’anges qui doivent tout à la chirurgie. Ce sont pourtant des bêtes, prêtes à vendre leur âme au diable s’ils peuvent en tirer le moindre profit. Et ils sont tellement au-dessus des lois, j’aimerais tellement les déboulonner de leur piédestal. 

Maintenant que j’y pense, l’ex reine de la promo me regarde en coin. Elle avait un petit faible pour moi à l’époque mais, déjà, les conventions nous séparaient. C’est décidé, je vais aller lui parler, l’arracher à l’assemblée et, une fois que nous serons à l’écart, je la vais la sauter. J’ai envie d’être sauvage, brutal presque, histoire de lui faire appeler sa mère, avant de l’abandonner dépenaillée et souillée. 

Je tiens ma revanche.

Le blog de Dick 

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Les oulimots d’Izia Frank :

À l’entrée en guerre, on ouvrit grand les vannes de la folie. Vendre son âme au diable devint la norme. Un inspecteur, parmi ceux présent à la réunion, fut chargé de ramener le petit ange chez sa mère. À cette époque, la loi imposait un black-out des plus sévère. L’adolescente huma l’air nocturne, contempla la pleine lune, s’installa aux côtés du policier. Aux ordres de la Bête, notre collègue démarra, emportant sa passagère pour un aller simple vers l’enfer. On lui mit la main dessus six jours plus tard. Il fallut se rendre à l’évidence : nous avions dû sauter un chapitre ; eu égard à son intégrité morale.

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Les oulimots de Gérald :

Ma vie est la réunion de deux extrêmes. Je peux être très gentil, aussi doux qu’une bête à bon dieu, un petit ange selon certains, mais aussi être un démon, prêt à vendre son âme au diable, à renier père et mère, et à sauter le pas pour devenir un hors la loi.                                                                          Parmi ces extrêmes, d’après vous, lequel est celui que j’ai envie de vivre à la folie et ou je me sens le plus heureux ? 

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Mais comment ai-je pu être aussi bête ? Ma mère m’a toujours dit de respecter la loi et moi je suis entré dans une folie meurtrière. 

J’étais à cette réunion de travail. Parmi toutes les personnes présentes, il y en avait une qui ne disait rien. Elle ne faisait qu’écouter nos arguments de vente. Nous devions vendre ce satané produit dont personne ne voulait.

Et puis, elle a stoppé les bavardages d’un coup de règle sur le bureau. Elle m’a fixé dans les yeux et a dit « tu vires, je ne peux pas tolérer une personne meilleure que moi dans ce groupe ». 

Je ne savais plus où me mettre. Elle m’a humilié devant tout le monde. Plus personne ne parlait et je sentais tous ces regards se poser sur moi. J’ai pris mon porte-documents et je suis parti déçu et enragé ! Et comme je ne suis pas un ange, mais plutôt un démon, je suis allé au marché noir me procurer du plastic. J’ai placé des charges lorsque je suis allé chercher les affaires dans mon bureau et j’ai tout fait sauter. J’étais vengé, soulagé. Mais il y avait un problème. J’étais devenu le principal suspect.

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Les oulimots d’un garçon fragile :

C’est un rituel si bien huilé que Les Tables de la Loi auraient pu prévoir un onzième commandement à ce sujet. Chaque retrouvaille du Groupe d’Entraide Mutuel, qui se tient au sein de la petite paroisse provinciale, débute de la même manière. D’ailleurs, les plus fidèles observent les réactions des novices avec une certaine impatience. Ainsi, depuis des années, chaque réunion démarre sur un silence, demandé d’un geste de la main de la « révérende mère », surnom affectueusement alloué à l’animatrice de la rencontre.

La femme, à qui l’on ne saurait donner un âge, se lève et, sans un mot, pose un doigt sur ses lèvres, quelques secondes durant ; un ange passe. Puis, le rythme de folie conjointement écrite par Iggy Pop et David Bowie emplit soudainement la pièce, provenant d’une enceinte sans fil disposée parmi les convives. Le volume est ensuite progressivement diminué lorsque les paroles de Lust for life débutent, et Yena, puisque c’est son prénom, commence son discours, sa voix douce couvrant le texte de la chanson.

« Je vous souhaite la bienvenue à toutes et tous, en ce lieu qui nous est prêté afin que nous puissions parler, librement, des démons qui nous hantent. Je prie celleux qui prétendent avoir une formule miracle à nous vendre de mettre les voiles immédiatement. Pour les nouvelles têtes, personne ne vous obligera à vous exprimer, la bienveillance est une règle d’or et qu’il n’y a pas de question bête. »

Yena anime ce groupe qui traite d’addictions, d’affirmation ou de compréhension de soi, de stress post-traumatique, bref, de souffrances psychiques depuis tellement longtemps qu’elle place ses silences et sa voix de façon à ce que son sermon se termine au bout des cinq minutes et douze secondes de la chanson. 

C’est alors qu’elle s’assied, se penche pour ramasser un calepin ainsi qu’un stylo, puis, d’une intonation toujours aussi douce, reprend la parole : « Nous avions conclu la semaine dernière sur une méthode qui peut vous aider à gérer la colère, qui veut bien sauter le pas et nous rappeler les grandes lignes de cette méthode ? »

Le blog d’un garçon fragile

Les oulimots de Nicolaï Drassof :

C’est une folie, cette envie de vendre en réunion tout et n’importe quoi. Je ne suis pas un ange parmi les bêtes, ma mère peut en témoigner, mais cette façon de sauter sur le client, sans lui laisser de liberté, est réprouvée par la loi. Je suis des vôtres, si vous respectez les règles d’un commerce honnête. Votre deal ne paie pas assez pour que l’on me compromette.

J’ai une offre pour un séjour en ermite au pôle nord avec un bouquin à la clé. Je suis très tenté. Alors il va falloir une offre bien plus sérieuse que celle que vous me faites si vous voulez me garder parmi vous.

Je ne suis pas un homme facile, voyez-vous. A bon entendeur…