Oulimots 2022S06 : une nuit de contrainte

Image Aurélie Durand / Flickr

Mots contraints : Parole, derrière, monde, traiter, murmure, information, besoin, nuit, guider

Les oulimots d’Elisa Stark :

Il a traité l’information derrière tout le monde. Il a travaillé jour et nuit pour les besoins de sa société. Il avait donné sa parole à son chef de projet afin de traiter ce dossier avec sérieux. Il n’a presque pas eu de mots entre eux, juste un murmure, pas besoin d’être guidé. Ils se sont entendus à demi-mot sur le dossier classé secret défense.

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Les oulimots de DryadePolyM :

Tu sembles perplexe, on dirait que tu cherches comment traiter l’information. Mais tu sais, ce n’est pas la peine de t’en faire tout un monde : je n’ai nul besoin de parole, à peine un murmure, pour te guider dans la nuit vers les trésors de mon derrière.

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Les oulimots d’un garçon fragile :

Tu n’arrives pas à dormir, trop d’idées s’entrechoquent sous ton crâne. Tu as beau tenter de te focaliser sur ta respiration, visionner chaque partie de ton corps pour qu’il se décrispe, rien n’y fait, tu restes sous le flot d’un murmure assourdissant dans la quiétude de la nuit. Tu décides de te relever et de sortir faire un tour, sans but précis. Tu sais pourtant que tes pas vont te guider vers la jetée, mais tu agis comme si ton cerveau s’évertuait à t’empêcher de traiter cette information. Tu ressens le besoin de sentir de l’air frais sur ton visage.

Tu chausses ton casque hi-fi, pour te couper totalement du monde ; malgré l’heure tardive, l’ambiance de la ville reste étouffante, les rares véhicules circulant faisant rugir leur moteur ou hurler une sirène, parfois l’un derrière l’autre. Tu espères également détourner ton esprit de ta logorrhée interne. Par une facétie dont elle a le secret, ton appli musicale diffuse dans tes oreilles le rythme entrainant de Take it easy, du groupe country-rock EAGLES. Tu fredonnes machinalement le refrain qui te colle à la peau.

Take it easy, take it easy

Don’t let the sound of your own wheels drive you crazy.

Tu marches vite, pour te réchauffer un peu, mais aussi pour rejoindre plus rapidement ce que tu vas chercher. Tu parviens sur l’esplanade qui sert de point de départ à la construction qui s’avance dans les eaux sombres à peine troublées par l’onde d’un petit vent, et tu continues ta route pour te retrouver sur la grève. Ils sont là, comme tu l’espérais. Machinalement, quand ils te voient arriver, et sans qu’une parole soit prononcée, le cercle s’élargit pour te laisser y prendre place. Tu enlèves ton casque, et tu commences à t’imprégner de l’ambiance. Ta respiration va à l’unisson du faible ressac et du reste du groupe. À tour de rôle, chacun chante un ohm. 

Enfin, tes pensées s’apaisent.

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Les oulimots de Lady Annia :

La nuit est presque tombée et je le sens collé dernière moi. Gênée, je lui dis d’arrêter car il y a trop de monde autour, mais il semble plutôt amusé de la situation. Je me retourne et il pose ma main sur son entrejambe pour que je puisse me rendre compte à quel point je lui fais de l’effet. Je ressens le besoin profond de continuer à le caresser, malgré les regards inquisiteurs des passants qui se posent quelques instants sur nous. Je le laisse désormais guider mes mouvements, hypnotisée par son regard.

Je lui murmure que j’aimerais lui faire découvrir, à son tour, l’effet qu’il a sur moi, dissimulés par exemple derrière le grand arbre au fond du parc.

Tandis que nous marchons d’un pas pressé vers un endroit plus discret, j’entends son téléphone sonner et ne le voyant pas réagir, je lui demande s’il compte répondre. Son regard me laisse penser qu’il n’a pas envie de traiter cette information.

Sans prononcer une parole et d’un pas déterminé, nous nous dirigeons vers l’endroit où nous pourrons laisser libre cours à nos instincts et nos envies.

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Les oulimots de Dick :

« Abondance de bois ne nuit pas au feu » 

Je savais que ce n’étaient pas des paroles en l’air et, en lui proposant cette pluralité, je ne doutais pas qu’elle allait relever le défi. 

En revanche, elle n’allait pas me guider dans le choix des garçons qui allaient l’honorer et je me laissais le plaisir de ne lui donner qu’au dernier moment l’information suivante : ils n’allaient la prendre que par derrière. Elle n’en avait pas besoin et adorait se faire traiter de la sorte.

Lorsque le grand jour arriva, un murmure parcourut l’assistance quand elle débarqua telle une déesse païenne avant de les saluer d’un : « Salut tout le monde ! On y va ?  » qui les prit un peu au dépourvu.

J’adorais ses entrées en matière. 

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Les oulimots de Marie Bulsa :

Je regarde le monde, derrière la fenêtre de ma chambre. Il a bien changé. La façon de traiter l’information aujourd’hui est ignoble et mensongère. Les anciens qui comme moi protègent l’Histoire, la Culture et le Patrimoine sont recherchés et exécutés par les adeptes de la pensée universelle.


Je fume ma dernière cigarette, tout en la regardant dormir. C’est un besoin vital chez moi, tout comme mon petit verre d’Armagnac. La nuit est bien entamée.
Je lui ai fait l’amour comme jamais je ne l’avais fait. Puis elle a pris ces comprimés après avoir eu cette terrible conversation avec moi.

Elle m’a demandé de la guider vers l’autre monde, car celui-ci devient insupportable. J’entends toujours sa voix comme un murmure qui raisonne dans ma tête.
Je pense à ma promesse ! je n’ai qu’une seule parole et je lui ai promis de la rejoindre rapidement. Alors je finis ma cigarette en essuyant la buée sur la vitre et je ferme les yeux.

Mes larmes veulent s’échapper. Je m’approche d’elle et je caresse pour la dernière fois les courbes de son corps. Je la revêts du drap couleur lavande imprégné de son parfum à la fleur de cerisier.
Je me rhabille partiellement et avale l’autre boîte de comprimés avant de me recoucher près d’elle en enlaçant son corps encore tiède.

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Les oulimots de Gérald :

Je n’ai qu’une parole, comme promis, je vais te faire découvrir un monde que tu ne connais pas. Laisse-toi guider, je vais te traiter comme il se doit, et te faire découvrir le bonheur de la soumission. Elle arrive derrière moi, me murmure a l’oreille : « Je te veux nu, déshabille-toi, ne parle pas, je n’ai pas besoin de t’entendre. Et, pour ton information, sache que j’ai préparé cette soirée spécialement pour toi. Tu vas connaître une nuit comme tu en rêve depuis toujours. »

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Les oulimots d’ Alexa D :

En prenant un vol de nuit j’avais feint la sérénité. Avant même d’atterrir à New-York je savais que j’y découvrirai un monde à part. Sur internet on trouve n’importe quel type d’information sur la « Grosse Pomme », mais notre inconscient sait forcément qu’on se prend un choc à l’arrivée. Comment être prêt pour cette destination ?! L’immensité, beaucoup de choses, beaucoup trop ? La ville qui ne dort jamais…

J’avais besoin de sommeil. Que ce soit derrière moi, devant moi, ou sur les côtés de l’allée centrale, tout le monde dormait. Pile poil au-dessus de l’Atlantique nous étions à mi-chemin. L’hôtesse de l’air s’approcha de moi et me proposa d’une voix apaisante une tisane. « Volontiers » lui répondis-je. En se penchant pour verser l’eau chaude dans mon gobelet, son regard fut attiré par l’écran de mon iPad : « Comment se guider dans New-York : les lignes de métro ». Elle me souffla d’un murmure : « croyez-moi sur parole, on s’y fait vite ». J’avais beau traiter avec le plus grand sérieux les articles de blogueurs « ma première fois à New-York », chaque expérience est propre à chacun. Avec mon visa professionnel la mienne allait durer six mois. 

Les oulimots d’un Joueur Parisien :

Une parole, une seule, pour lui ordonner de dévoiler son cul non pas derrière la maison mais ici devant alors que du monde pourrait passer. Elle aime se faire traiter ainsi. Elle en jouit et, sans un murmure, trousse haut sa jupe, se cambre, exhibe son cul pendant qu’il lui bande les yeux. Sans avoir plus d’information, elle sent des mains posées sur son cul offert, tout ce qu’elle sait c’est ce besoin impérieux de se faire baiser, enculer, d’être son objet de désir et d’en jouir intensément. La nuit sera longue de plaisirs et d’orgasmes, et il sera là pour la guider.

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