S45 07/11 : une contrainte élégante

Mots contraints : Eau vive, scrupule, llumine-alcôve, succulent, rustique, coloration, vétyver, élégance.

 

Les oulimots de Kali : 

Sans aucun scrupule, je recouvrirai ton corps de racines de vétyver,  l’aspergerai d’eau vive et observerai la coloration rouge sang qui, depuis ton cou jusqu’à ta queue, rejoindra ma bouche en un met succulent.      

         — Est-ce que tu as pensé à acheter le pain, chérie ?

Je crierai j’hurlerai je te mettrai au défi. Bats-toi, relève-toi, soulève-toi, élève-moi. 

         — Si tu ne l’as pas pris, tu prendras une baguette mais rustique, plutôt !

Je lâcherai la chienne. Elle te forcera à voir ce qui l’illumine, au fond, tout au fond de l’alcôve où elle repose, presque morte du pain-pain quotidien.

         — Chérie ? Tu m’as entendu pour la baguette ? Rustique, hein ! 

J’espère que tu auras alors l’élégance de manier cette baguette pour que, peut-être, nous reprenions vie sous ses coups. Pour que mon cul se souvienne qu’il vit.

         — Chérie ? Tu veux des sous ?

Mais je vais peut-être m’éteindre avant.

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Les oulimots de Pidgy :

Je vais t’aimer…

Leste comme une eau vive, tu illumines notre alcôve d’amoureux de ton élégance gracieuse. Un bref scrupule m’envahit, moi, le rustre, le rustique comme tu dis en riant, en pensant aux désordres que je vais te faire subir. Désordres, plutôt des ordres muets que tu vas me faire parvenir de tes gémissements, de tes gestes, de tes caresses, de tes impudeurs…

Succulent va être ce repas des fruits de nos amours. Pour Moi. Pour Toi. Je vois déjà la rougeur de tes joues après nos corps à corps ! Tendre coloration qui dit quelles forces ont été déployées, quelles vigueurs ont été mises en oeuvre, quelles étreintes ont vu le jour !

Allongés, serrés l’un contre l’autre, les yeux fermés nous saurons, dans les fragrances mêlées de Vétyver et de Guerlain, combien ces étreintes nous ont emmenés loin d’ici, dans ces pays inconnus que seules visitent les amours intemporelles.

Le blog de Pidgy

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Les oulimots de Bruneline :

Je l’aimais pour son port élancé, sa grande structure qui se déployait avec élégance au dessus de moi quand je pique niquais de succulents mets à ses pieds au bord de l’eau vive. Mais un jour foudroyé, il s’effondra. Ne pouvant me résoudre à le perdre à tout jamais, je passais outre mes scrupules et mis tout mon art et ma patience à le découper en longues planches, à lui appliquer la coloration adéquate et à l’assembler en un meuble plus vivant que rustique. Depuis, il illumine mon alcôve de sa présence chaleureuse et de son odeur étonnante de vetivier, je le caresse chaque jour au passage et je prend chaque petit déjeuner…à ses pieds.

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Les oulimots de Docile :

Elle m’avait donné rendez-vous dans ce petit chalet de montagne aux portes et aux fenêtres d’une jolie coloration rouge basque. L’intérieur était rustique et joliment décoré.

Je l’attendais là, comme elle me l’avait demandé, à l’extérieur, assis sur une pierre, perdu dans mes pensées, regardant l’eau vive d’un torrent descendre dans la vallée.

Elle arrivera. Nous parlerons de choses et d’autres, je lui offrirai un parfum aux essences de vétiver. Nous allons nous confier l’un à l’autre nous enivrant de paroles en savourant ce succulent vin de Savoie. Et, tout doucement, je m’abandonnerai. Je m’abandonnerai à elle et, sans honte et sans scrupules, je lui serai soumis. L’espace d’un soir, je serai à elle. Je serai sa poupée. Et peut- être aurais-je le bonheur de partager son lit. Ou alors me fera-t-elle dormir dans cette petite alcôve près de sa couche. Mais peu importe. Elle sera là, tout près de moi. Et je serai un homme soumis et heureux. Elle illumine ma vie.

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Les oulimots de Zebalts : 

Si ce soir là il se confond tout à fait parmi les citadins venus peupler le cabaret, Betixa devine que derrière son élégance des grands jours se cache un être bien plus véritable. À peine s’est-il approché qu’elle sent son authenticité. Une nature ardente, timidement grimée. Comme un soupçon de vétyver de Java mêlé à d’autres fragrances qui chercheraient à masquer un puissant et rustique parfum de terre. La danseuse lit dans l’expression de ses gestes la force de paysages entiers. Cet accoutrement de boulevardier n’a de raison que de déguiser le fabuleux en banal. 

L’homme l’intrigue. Betixa l’invite donc à boire en sa compagnie et, fine buveuse,  décide du vin. Les premières impressions qu’elle se fait de l’inconnu la poussent à choisir un Gigondas. Une robe sombre, brillante de ses rubis de nuit, un nez promettant des cerises mûres et délicatement poivrées. Alors qu’ils portent leurs verres aux lèvres, elle s’imagine déguster celui qu’elle écoute. Un succulent bouquet d’arômes flatte ses papilles, des fruits profonds empruntant à la terre des notes presque fumées.  Il lui raconte les raisons de son voyage mais elle sait qu’il ment. La coloration grave de sa voix raconte une tout autre histoire. Peu importe. Elle décèle en lui une vérité qui vibre, qui résonne et la fait presque trembler. 

Bientôt ils ne se parlent plus qu’avec les yeux. La prenant par la main, son regard s’illumine. Betixa le suit dans une alcôve au fond du cabaret et, sans plus attendre, lui offre sa bouche. Le désir court en elle comme de l’eau vive. Tout est si inné. La danseuse ne se laisse que très rarement mener mais  l’attraction de ses doigts sur sa peau finit par balayer ses derniers scrupules. Elle décide alors d’offrir à l’inconnu, qu’elle jurerai être vigneron dans le Vaucluse, le goût obsédant de son fruit défendu.

Le blog de Zebalts

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Les oulimots de Faffwah :

Aqua Viva. Eau vive en italien. C’était le parfum qu’il avait choisi pour la rencontrer, comptant sur le vétyver pour l’aider à la séduire. Sans se faire trop d’illusions. Il se savait de ceux dont on devient ami plus qu’amant.

Cela avait fonctionné au delà de ses espérance.

Un sourire l’avait illuminée quand, déposant un chaste baiser sur sa joue, elle avait senti l’attention. Elle l’avait alors félicité pour son élégance olfactive et lui avait carrément avoué que ça la changeait bigrement des eaux un peu rustiques utilisées habituellement par ses rencards. Et elle avait fait glisser ses lèvres dans son cou. Presque imperceptiblement.

Il en avait été touché. A l’âme et puis au corps quand il avait senti ses orteils se presser contre son entrejambe. Et la coloration qu’avait alors pris son visage ne l’avait pas quitté tout au long d’un repas qui, tout succulent qu’il ait pu être, était passé au second plan tant elle l’avait captivé.

Il savait qu’il y avait des alcôves au sous-sol. Et le pied, qui n’avait pas quitté la bosse qui déformait son pantalon, était un bel encouragement pour la suite. Mais ils savaient tous deux qu’il ne pouvait pas lui offrir plus qu’un second rôle pour le moment. Ce qui lui faisait nourrir quelques scrupules. Il n’osait pas aller plus loin.

C’était finalement elle qui, gardant l’initiative, lui avait proposé de descendre boire un verre. Ses dernières défenses étaient alors tombées.

Ce qui s’était ensuite passé n’était que le début de sa nouvelle vie. Elle lui avait montré une nouvelle voie. Il s’y était reconnu. Et il avait décidé de s’y perdre pour mieux se retrouver.

Le blog de Faffwah

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Les oulimots dAlexandre :

Être créateur de parfums à Grasse, ce n’est pas un métier mais un plaisir sans cesse renouvelé.
Je suis un « nez », comme on le dit dans la profession. « Eau vive », c’est moi qui l’ai créée, avec cet arôme de vetyver qui rend cette eau de toilette unique. Secret d’Alcôve, c’est encore moi, j’ai mêlé la senteur d’un cacao rustique avec celle de la vanille et des extraits d’’aloé vera, cette plante succulente.
Dans le secret de mon laboratoire, j’associe les fragrances et je vends mes créations au plus offrant. Oui je suis un mercenaire sans scrupule mais en retour j’illumine le chiffre d’affaires  des grandes maisons qui joueront autant sur le mystère de la composition que sur l’élégance du flacon. Ajoutez à cela une campagne de publicité où apparait une superbe femme à la coloration blond platine et le tour est joué. Mon parfum devient un cadeau de Noël incontournable, tintent les tiroirs-caisses des marchands et moi je me régale des royalties.
Quand je vous disais que mon métier n’était que plaisir !