S41 10/10 : Une contrainte pas si enfantine que ça

 

Contrainte : Miyazaki, lapin, pimpon, brique, couleur, doudou, 20h35, console, 169€

 

Les oulimots autocontraints de Camille Sorel :

— Je ne suis pas inquiet du tout.

Pimpon semblait sûr de lui. En revanche, moi… Il faut dire que c’est seulement mon second casse et que le premier m’a certes rapporté une brique, mais aussi un an à l’ombre.

— Eh bin Doudou, ne fais pas cette tête.

Il en a de bonnes, lui. J’ai mal au bide. Et Doudou, il flippe, comme moi. Reprenons. À 20h35 pétantes, on fonce, on pète tout et vingt minutes plus tard on est sur la route et à nous la belle vie. Si ça foire pas, je serai au Japon pour toujours demain soir.

—Hé, Miyazaki, t’as pensé aux masques ?

— Yamazaki, andouille. Putain, on se connaît depuis vingt piges. Ils sont posés là.

— Des lapins ? T’es con ou quoi ?

— C’était ça ou la gueule à Trump, et ça, je peux pas.

— On est des voleurs, conno. On fait pas une campagne. Par contre on est censés faire peur.

— Un lapin armé d’une kalash ça te fait pas flipper ?

— Ah ça. C’est plus surprenant qu’un Trump armé. Mais ça fait con.

— On va parler longtemps de goûts et de couleurs ?

— Bon maintenant ta gueule, j’ai un message de ma petite chérie à 169€ la passe, j’me casse et dans une heure elle me console de ta connerie.

Le blog de Camille Sorel

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Les oulimots de Pidgy :
On ne badine pas avec la livreuse de pizza !

20h35.

Nu.

Enfoui dans un plaid, pelotonné sur mon canapé, j’ai le regard rivé à ma console. La séance va commencer.

Je vais me faire peur !

Heureusement, j’ai pour me protéger, serré contre moi, mon lapin couleur brique. Il s’appelle Pimpon. Je le sais. Il m’a dit lui-même son nom. Avec ce doudou protecteur, je ne crains rien !

Enfin presque rien…

D’ici quelques minutes ma pizza Miyazaki va m’être livrée. Pizza spéciale à base de riz, nid d’hirondelle et de sushis. Particulière et chère ! 169€ !

Pas pour les ingrédients, oh non, mais parce qu’elle fait l’objet d’un rituel spécial de la livreuse !

Après une séance plus ou moins douloureuse à base de chaînes et de cordes, elle m’emmaillote suspendu dans le salon et me donne la becquée avec dextérité en employant des baguettes en guise de couverts. Elle me mène à la baguette si je puis dire.

Bien sûr elle assaisonne chaque morceau d’une liqueur intime de son cru, étant entièrement nue elle aussi !

Gare à moi si je venais à manger salement et à faire une tache sur le tapis. Sa badine, maniée avec vigueur, viendrait signifier avec vigueur que cela ne se fait pas !

J’en frémis d’avance !

20h37 ! On sonne ! C’est Elle !

File vite te cacher Pimpon ! Je ne veux pas que tu vois ça !

Le blog de Pidgy

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Les oulimots de John Doe :

20h35, je suis devant la télé. 

C’est le trou cathodique, cette tranche horaire décérébrée où, quelle que soit la chaîne, tu as droit à un tunnel de pubs.

Je coupe le son mais je regarde néanmoins la mire. Comme hypnotisé. 

Et les publicités se mélangent : un lapin sur piles qui console une voiture qui parle. Laquelle se transforme en doudou géant.

L’image perd sa couleur et passe au noir et blanc. Un homme nu plonge dans un bol de chocolat chaud. Puis le technicien, en combinaison rouge, remplace le pare-brise pour seulement 169€ (100 au-dessus du tête-à-queue) et le brique en chantant : « Tireli pimpon sur le chihuahua, faut que ça brille ! »

« Mon amour, tu ronfles… » me murmure Hell à l’oreille.

Je me suis encore endormi comme une merde.

« Y a un Miyazaki sur Arte, ça te dit ? »

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Les oulimots de Bruneline :

Je voulais que tu me vois comme une héroïne de Miyasaki, pure et n’ayant peur de rien, aventurière, forte et tu persistais à m’appeler « mon lapin » , à vouloir me coucher tous les soirs à 20h35, un bisou, un doudou et au lit…j’en avais assez!

J’ai pris toutes mes économies, et décidé de les dépenser pour que tu me vois enfin, femme et désirable.

169 euros de culottes aux couleurs les plus improbables, pas de soutien gorge, je n’en porte jamais et je veux te jeter ma féminité aux yeux…

Je rentre dans la chambre où tu lis paisible, vêtue seulement d’une culotte rouge brique en criant pimpon à tue tête, certaine de mettre le feu à tes envies. Je trébuche dans le pas de la porte, fini ma course tête la première dans une commode.

Enfin! je suis dans tes bras, dans ton lit…dommage que ce soit parce que tu me consoles.

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Les oulimots de De La Vega :

20h35. Je commence déjà à ressentir l’effet des antibiotiques…

En revanche, je ne présageais pas que cela arrive si tôt. A dire vrai, je ne m’attendais pas non plus à tomber sur Helena dans ce petit restaurant de banlieue. Il semble que les éléments se soient tous ligués contre, ou avec moi…

Cela étant, un rouleau compresseur euphorique – vague intérieure sucrée irradiant le cœur, le corps et l’esprit et ne laissant qu’un sourire figé sur son passage – était à l’œuvre. Les couleurs devenaient plus vives, acidulées, phosphorescentes. Assise à notre table robotisée, Helena ne tardait pas à se changer en un énorme Lapin-Panda. Ce gros doudou à la posture hospitalière ne parlait pas, il émettait simplement çà et là de petits cris et semblait appeler de ses vœux mes plus chaleureux câlins (que j’avais de plus en plus de peine à contenir). Il n’était pas triste mais il fallait que je le console.

Dans le fond du restaurant, les joints de maçonnerie dessinaient, entre les briques, une luxuriante forêt de lianes bleues qui dansaient et progressaient au fil de nos échanges. La discussion était passionnée et chacun des miaulements de mon doudou me remplissait d’un bonheur incommensurable.

Epris l’un de l’autre, nous partîmes avec hâte. Je réglai la note en coquillages (qui après enquête s’est avérée être un peu salée : 169€) et, nous jetant dans le premier camion de pompiers disponible, je fis preuve de la plus grande démonstration d’affection qui n’ait jamais été donnée. Le chant d’un pimpon affectueux nous accompagnant toute la nuit.

10h31, le réveil est un peu plus difficile que d’habitude, l’esprit est embrumé ; probables restes de cette angine carabinée que je m’évertue à traiter avec cet antibiotique générique : Le Miyazaki et ses effets secondaires reconnus.

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Les oulimots de Hell :

On s’est rencontrés sur les ruines de familles composées, déjà un peu dissoutes. 

Nos enfant rêvaient chacun aux images de Miyazaki, et nous nous sommes retrouvés sur un ton de magie. 

Mon fils a tenté d’emporter ses doudous dans notre lit et a émis (et le fait encore à sa façon) le regret de ne plus scruter avec sa mère exclusive les pimpons des voitures de police sous les fenêtre. Les tiens ont claqué à mon nez des portes endolories d’un effondrement quotidien pour lequel je resterai la meilleure coupable.

Tu as résisté, comme tu sais faire, et as forgé un couple en dehors de ces considérations parentales.

Un couple d’envies, de soupirs et d’avenir, nos enfants, mes lapins, étant bien présents dans leurs vies que nous avons ensemble contribué à leur confier, avec leurs histoires et nos contraintes, mais vivants, chacun d’eux, finalement.

Les couleurs d’un ciel nouveau nous ont effleurés. Puis séduits. 

Brique après brique, nous avons construit la forteresse qui nous conforte aujourd’hui.

20h35 le vendredi, l’heure du champagne, que tu as partagé en d’autres heures avec autrui.

Je reprends doucement le goût de ces bulles, qui ne furent qu’à moi, un temps, et qui me pèsent un peu, encore, je l’avoue. Mais de moins en moins à mesure que tu les oublies.

J’en suis à guetter les consoles pour l’entrée chez ta mère, 169€ c’est encore un peu trop pour une maison dans laquelle elle ne viendra plus. 

Mais pourquoi pas après tout, cela pourrait bien être chez nous.

Un jour. Plus tard.

Quand nous aurons vieilli.

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Les oulimots de Faffwah :

— Doudou, viens voir, là, dans la vitrine. C’est super mimi. 

— Pfff, encore un truc à une brique que je ne te pourrai jamais t’offrir de toute façon.

— Mais non, ça ne coûte que 169€. Et tu vas aimer, j’en suis persuadée. Regarde donc ! 

— Vite fait alors. La séance commence à 20h35 et  je ne voudrais pas la rater. 

— Ça ne te prendra qu’un instant. Et si tu n’aimes pas, alors tant pis. Mais mon petit doigt me dit que…

— C’est bien pour te faire plaisir…  

(Regarde la vitrine)

— Mais c’est …  Wahou ! Changement de programme ! Il faut absolument que je te voie là dedans ! Miyazaki attendra. Un dîner au Pimpon en sortant ?

—Pas que. Il faudra que je te console de ton film raté. Et il faudra étrenner la tenue. Tu vas en voir de toutes les couleurs mon lapin…

Le blog de Faffwah

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Les oulimots d’Alexandre

Je crois bien qu’elle m’a posé un lapin. Il est déjà 20h35 et la séance commençait à 20H00.
J’avais déjà eu du mal à la convaincre de venir voir le château ambulant.
Que voulez-vous,  j’adore ces films japonais d’animation, c’est quand même autre chose que les films de kung fu où l’on voit des athlètes casser des briques à main nue. Entre la poésie de Miyazaki et les exploits de Bruce Lee il n’y a pas photo. Je collectionne même les objets de cet univers féerique. J’ai été jusqu’à dépenser 169 € pour acheter une figurine numérotée représentant Princesse Mononoké, elle trône maintenant à coté de ma console de jeux.
Et la voilà qu’elle m’appelle au téléphone se lançant dans des explications abracabantesques, l’étudiante appelée pour garder son petit bout de chou n’arrivait pas, ensuite impossible de retrouver le doudou indispensable pour la nuit, pourtant d’une couleur vive facile à repérer et pour couronner le tout, l’étudiante se blesse méchamment à la main avec un couteau au point de devoir appeler le SAMU. D’ailleurs me dit-elle, tu dois entendre le pimpon de l’ambulance qui s’éloigne.
Et de conclure par ces mots : « Je crois que ce n’est pas mon jour de chance, je reste chez moi. Et je préfère que tu ne passes pas me voir. Je semble vraiment porter la poisse. A bientôt. Bises »

Bon il ne me reste plus qu’à aller tenir compagnie à Princesse Mononoké.

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