S36 5/09 : Joie, une contrainte !

Contrainte : Envie, caduque, tirelipompon, joie, verdure, bovin, végan, endorphine, contrainte

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Jimmy Marble

Les oulimots de Bruneline: 

Allongée dans la verdure, elle suivait d’un air un peu endormi les déambulations de son ami le plus vegan, un magnifique spécimen de bovin de près d’une tonne, encore pourvu de tous ses attributs et nommé Ferdinand. 

Tout à l’heure si l’envie la prenait elle jouerait à tirelipompon avec son toupet de queue, juste pour la joie de voir son air vaguement indigné et recevoir le souffle chaud de ses naseaux en plein visage…

Un arbre à feuillage caduque lui renvoya brutalement un rappel di temps qui passe sous la forme d’un limbe virevoltant. Demain déjà approchait à grand pas la contrainte de la rentrée des classes, chassant sournoisement les endorphines qui parcouraient ses veines en ce moment presque parfait.

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Les oulimots d’Eholienne : 

Grommelant dans sa barbe, Benjamin repoussait l’aliment de ses bovins vers le cornadis. Dans sa combinaison verte un peu trop serrée à son goût, il commençait sérieusement à transpirer. Il ouvrit la fermeture éclair jusqu’à son nombril, posa un instant sa pelle et pris le temps d’essuyer la sueur sur son front. Il contempla quelques minutes le jeu de la poussière avec les rayons de lumière dans sa stabulation, se remémorant – une fois de plus ! – la journée de rêve passée il y a déjà trois semaines avec Béatrice. Béa. Un sourire de joie illumina son visage, puis il se renfrogna en repensant que tout était déjà caduque. Son sourire reparu un instant quand il se remémora ses boucles blondes, son air sévère et joueur tout à la fois, ses yeux bleus et sa robe légère.

Elle était arrivée à l’improviste dans sa ferme, se garant devant sa stabulation dans un grand nuage de poussière. Ils discutaient depuis peu sur l’appli, il lui avait dit où il habitait. Elle était venue, sans prévenir, sur un coup de tête, suivant un désir, ou une envie. Il avait commencé par se décomposer dans sa combi verte, avec ses bottes en caoutchouc et sa pelle. Elle lui avait souri, elle avait regardé la paille dorée et la poussière dans les rayons du soleil, le poil brillant de ses vaches, elle avait écouté le silence à peine perturbé par le vol des mouches et les mouvements des bovins. Puis elle l’avait embrassé, elle avait abaissé la fermeture éclair de sa combinaison, s’était emparée de son sexe et l’avait lentement léché, avant de l’engloutir. Il n’avait pu dire un mot, il était resté là, paralysé, avec elle à ses genoux. Il avait senti le plaisir monter, sa main qui se glissait sous le tissu de sa combinaison, qui caressaient son scrotum, et lui, lui, il regardait tour à tour ses boucles, ses vaches, ses épaules, la paille, ses mains, ses deux taureaux. Elle avait cessé ses va et vient pour le fixer dans les yeux. Gêné, il n’avait pu détourner le regard de sa langue jouant avec son gland. Elle s’était relevée, elle l’avait à nouveau embrassée, libre et sans contrainte. Il l’avait soulevée avec la facilité de ceux qui travaillent chaque jour de leurs mains, elle s’était laissée portée dans ses bras, telle une princesse. Il l’avait déposée dans la paille fraîche et, sous le regard approbateur de Tirelipompon et Chihuahua, ses taureaux, il l’avait lentement déshabillée. Elle n’avait cessé de le fixer de ses grand yeux bleus. Aimait-elle ses muscles longilignes, sans artifices, sa barbe brune, ses cheveux bouclés, ses yeux presque noirs ? Il avait plongé sa bouche entre ses cuisses, et, dans cet écrin de verdure aux creux des collines, ils avaient fait l’amour avec tendresse, avec fougue, avec lenteur, avec passion, jusqu’à rendre les armes et à s’abandonner au plaisir et aux endorphines. Il était tombé instantanément amoureux. Elle avait juste suivi ses envies.

Il se remémora encore son cul trempé par la sueur et la cyprine alors qu’elle se rhabillait devant lui. Son dos. Son sperme qui finissait de sécher sur sa cuisse.

Son dernier regard alors qu’elle s’était penchée une dernière fois sur lui pour l’embrasser.

Ses sourcils.

Ses derniers mots, alors qu’elle balayait la stabulation du regard : « je ne comprendrai jamais les végans ».

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Les oulimots de Faffwah :

L’été est passé et voilà que vient l’automne. Et je me pose la question suivante : mes amours, que je crois caduques, vont-elles se comporter à l’instar des feuilles des arbres ? Et jaunir avant de me quitter ? Non pas que j’en aie envie, elles m’ont quand même apporté plus de joie que de peine. Mais je me dis que leur verdure ne peut pas être éternelle. Rien ne l’est je le crois. La contrainte du temps qui passe est universelle.

Mais voyons le bon côté des choses : je garde d’elles, précieusement, un stock d’endorphines qui me servira à supporter la mauvaise saison et m’évitera sûrement d’avoir un regard bovin dû à quelque dépression hivernale.

Une mention tout particulière à celle dont le pseudo reprend curieusement le mot « vegan » alors que je connais maintenant ses appétits pour ce qui est de l’ordre du charnel. Elle m’a ouvert la porte d’un autre monde que je suis bien décidé à explorer.

Et puis je me dis que nul ne sait ce que peut nous réserver l’avenir. Et que, si ça se trouve, je rencontrerai quelqu’un qui me dira ses désirs de tirelipompon et dans la bouche de laquelle je trouverai le mot charmant. L’amoureux des mots que je suis a déjà adoré entendre « crapitouillerie », même si je n’en ai pas commis avec celle dont j’ai appris l’expression.

Alors oui, en ce début du mois de septembre, c’est une page qui se tourne. Mais la suivante est blanche et, si j’ai un peu d’angoisse devant elle, elle est mêlée de mon désir de l’écrire au mieux. 

Et je crois avoir quelques idées.

Le blog de Faffwah

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Les oulimots de Dans l’œil du cyclone :

Trou de mémoire. 

Ce jour là, elle se réveilla avec une chanson en tête, mais impossible de retrouver les paroles ! Une chanson de Carlos. Mais pas sûr. Avec une histoire de Chihuahua… Elle prépara son café en fredonnant un célèbre refrain de Peter et Sloane « besoin de rien, tralalala ». Bon sang, c’était quoi déjà ? Décidément elle n’était pas douée avec les chansons. Mais un coup d’œil par la fenêtre lui indiquant que le soleil brillait, la mit en… en… en quoi déjà ? Fête? Bonheur ? Rhaaa, ces mots manquants commençaient à l’agacer.

Un running en forêt lui ferait sans doute le plus grand bien ! Elle aimait beaucoup se défouler au milieu des sapins. L’odeur de la résine l’aidait à autoproduire sa morphine. (tiens, encore un mot oublié) et le fait qu’ils ne perdent jamais leur aiguilles comme certains autres arbres dont les feuilles tombaient en automne (elle savait qu’il existait un mot pour ça), la rassurait sur le temps qui passait. En plus, en hiver, c’était sa seule source de vert, avec la salade et la roquette du primeur.

Hélas, sa petite balade en forêt ne lui remit pas les idées en place. En rentrant, elle passa devant la ferme de ses voisins. Le genre de ferme où l’élevage est intensif, où l’exploitation animale est poussée à son paroxysme, le genre de ferme qui lui donne envie de pousser à l’extrême son végétarisme. Mais était-elle prête à s’infliger une telle pression, un tel assujettissement? La question la laissa avec le même air que les vaches qui la regardaient passer.

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Les oulimots de De La Vega :

Voilà, nous y sommes… après de longs mois d’attente, le rendez-vous est donné. Mais, comme toujours, la réalité prend quelques libertés avec les rêves auto-proclamés prémonitoires.

Je nous voyais sur une terrasse cosy ou un rooftop, place Bellecour, à Lyon, profitant de la clémence d’une fin d’été généreuse. Rafraîchis par la verdure d’un mur végétalisé, bercés par le gazouillis d’une cascade artificielle, le moment aurait été comme suspendu. En arrière-plan sonore de nos échanges presque chuchotés, j’imaginais volontiers un vieux Blues Mississippi, un jazz mélodieux ou même un rock tiens ! Pourquoi pas ! En une heure à peine, peinant à contenir notre envie mutuelle pour l’autre, nous aurions fait l’amour dans la cage de l’escalier de service ou le hall d’un immeuble voisin. A l’énoncé de ces mots, je peux presque ressentir la montée d’endorphines que j’ai connue mille fois en rêve.

Mais c’était sans compter sur ce troupeau de bovins qui décida, ce jour précis, de se balader sur la voie ferrée supposée me guider vers toi. La joie se changeait en résignation et le restaurant branché se transformait en authentique bouchon Lyonnais, sur le bord de la Nationale 7. En effet, l’ensemble des voyageurs du TGV 9659 avait dû descendre du train à la gare suivante, petit village authentique, dont l’unique attraction était justement ce très caractéristique « Routier ». Nul doute que la carte de ce restaurant « 100% cochon » peinerait à satisfaire les papilles d’une végan avertie.

Le plan initial était caduque, mais notre motivation restait inchangée. A dire vrai, je crois que même un déluge de contraintes n’aurait pu nous faire renoncer. 

Nous y voilà donc… assis à ma table, dans ce restaurant encore imperturbablement fumeur, grignotant des chips rances en regardant BFM TV, j’attends celle dont la simple vue me fera oublier ce contexte peu enchanteur. Celle dont les mots feront taire le ô combien approprié « Tirelipompon sur le Chihuahua » que hurle la sono depuis près de 15 minutes.

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Les oulimots de Pidgy :

Des mots à grimper…

Elle avait envie ! Encore ! 

L’amour ce n’est pas toujours la joie. Cela peut être une contrainte parfois !

Bref, comme disait Pépin, je prends mon regard bovin en lui disant “ Oui Mamour, j’arrive !”.

Je vais me transformer en simili végan pour aller brouter la verdure de sa voie sacrée. Verdure c’est vite dit mais passons. Je me prépare pour l’escalade de mon tirelipompon personnel. Nous allons libérer de l’endorphine pour rendre caduque la morosité des premiers jours d’automne.

Rouge aux joues, souffles courts et chaleurs animales, à nous, l’alpinisme d’alcôve, les escalades salaces, les passages à doigts, les moments à avaler, à brouter ou à pomper, le frottage de couennes, les bras en croix, les jumps, les oppositions hardies, les ramonages énergiques, les relances successives. 

Tu avais envie ? Je vais te faire connaître l’ivresse dans l’escalade du plaisir ! Maintenant, c’est moi qui ai envie !

Le blog de Pidgy

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Les oulimots de Ludoludic :

En cette rentrée des contraintes l’envie est de retour. Après des vacances ou j’ai contemplé des champs de verdure avec des bovins vegans placés là je ne sais pourquoi,  ce retour me procure une dose d’endorphine comme j’en ai eu lors de ma rencontre où j’ai fait tirelipompon. Ces souvenirs ne sont pas caduques et me permettent de me remettre à l’écriture.

Le blog de Ludoludic

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Les oulimots de Louarn Breizh

Je déteste le mois de septembre. La rentrée enfouit les joies futiles, fugitives mais bien réelles de l’été. Les paysages de verdure ne seront plus que de vieux souvenirs, peut-être subrepticement ravivés par le regard bovin de mes congénères dans le métro. Je vais vite oublier la forte dose d’endorphine ressentie après les somptueuses randonnées, notamment celle du ‘Tirelipompon’ en Vanoise ! Franchement, où sont-ils aller trouver des noms aussi poétiques ? 

Face au petit cataclysme émotionnel que représente cette maudite période, à l’absence de quelconques envies et au retour en pleine gueule des contraintes quotidiennes, je refuse de prendre la moindre résolution qui sera caduque dès qu’elle sera formulée. Cela ne sera que dans quelques années que je deviendrai végan !

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Les oulimots  de DomVauvert :

Contrainte de la vallée perdue.

Comme un parfum dans l’air, les flux d’endorphines se répandaient dans l’atmosphère viciée de l’appentis. L’envie était là mais le charme avait déjà jeté bas son masque, ce serait pour une autre fois le tirelipompon. En serait-il ainsi jusqu’à la nuit des temps?

Joie de regarder, sentir encore cette fleur céleste.

De la terrasse, l’on pouvait contempler la verdure se balancer harmonieusement en ces derniers jours d’été. Au loin, les monts, comme des gardiens éternels, veillaient sur nous.

En contrebas, les bovins, clarines en chant, témoins de ces caduques moments, enjambaient le ru pour disparaître au fonds des bois !

Le soleil de fin d’après-midi caressait encore leurs visages radieux.

Se tournant vers moi, elle m’asséna cette question:

— Chéri, tu les aimes mes steaks ?

— Oh oui je les aime. Avec toi impossible de devenir vegan.

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